Capesterre-Belle-Eau

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 Ne doit pas être confondu avec Capesterre-de-Marie-Galante.
Capesterre-Belle-Eau
Les chutes du Carbet.
Les chutes du Carbet.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Guadeloupe
Département Guadeloupe
Arrondissement Basse-Terre
Canton chef-lieu de 2 cantons
Capesterre-Belle-Eau-1, Capesterre-Belle-Eau-2
Intercommunalité Communauté d'agglomération du sud Basse-Terre
Maire
Mandat
Joël Beaugendre
2014-2020
Code postal 97130
Code commune 97107
Démographie
Gentilé Capesterriens
Population
municipale
19 107 hab. (2014)
Densité 183 hab./km2
Géographie
Coordonnées 16° 03′ 00″ nord, 61° 34′ 00″ ouest
Altitude Min. 0 m – Max. 1 450 m
Superficie 104,31 km2
Localisation

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Capesterre-Belle-Eau

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Capesterre-Belle-Eau
Liens
Site web www.capesterre-belle-eau.fr

Capesterre-Belle-Eau (anciennement Capesterre de Guadeloupe, appelée en créole Kapestè) est une commune française, située dans le département de la Guadeloupe. Les habitants sont appelés les Capesterriens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

En rouge le territoire communal de Capesterre-Belle-Eau.

La commune se situe au sud-est de la Basse-Terre. Au nord, elle se limite à la ravine de la petite Briqueterie qui la sépare de Goyave ; au sud, à la rivière du Trou-aux-Chats qui la sépare de Trois-Rivières.

Elle est traversée par trois principaux cours d'eau : la rivière du Grand Carbet, la Grande Rivière de la Capesterre et la rivière du Pérou qui se rejoignent pour former une embouchure commune avant de se jeter dans l'océan Atlantique juste au nord du bourg principal au niveau de la pointe de la Capesterre.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Bananier, Bélair, Bord-Bois, Cacador, Cacoville, Cambrefort, Cantamerle, Carangaise, Christophe, la Digue, Fonds-Cacao, Fromager, Grande-Chasse, L'Habituée, Îlet-Pérou, Manceau, Marquisat, Mon Repos, Moravie, Moulin-à-l'Eau, Neuf-Château, la Plaine, Routhiers, Saint-Denis, Saint-Sauveur, Sainte-Marie, Source-Pérou.

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Goyave Rose des vents
Vieux-Habitants/Baillif/Saint-Claude N
O    Capesterre-Belle-Eau    E
S
Gourbeyre Trois-Rivières

Histoire[modifier | modifier le code]

Le lundi , lors de son second voyage Christophe Colomb accosta aux environs de l'embouchure du Grand Carbet. Des Caraïbes y avaient installé un village. Lorsque l'équipage y débarqua pour s'approvisionner en eau après un si long voyage, les autochtones furent effrayés et prirent la fuite ; bientôt huit d'entre eux dont six femmes furent capturés et ce ne fut que bien plus tard qu'après leur avoir offert des présents ils furent relâchés. Le lendemain, Colomb mouilla à l'endroit correspondant à Sainte-Marie. Afin de commémorer cet événement un buste de Christophe Colomb a été élevé en 1916. Dix jours plus tard, Colomb quitta le mouilla après y avoir planté plusieurs espèces de plantes venues d'Europe et laissé plusieurs paires de cochons afin qu'ils se multiplient ; car au cas où il reviendrait, il puisse s'approvisionner en victuailles sans craindre de souffrir de la famine. En 1496, Lors de sa seconde escale, Christophe Colomb fut reçu à coups de flèches empoisonnées, car les Caraïbes furent dès lors au courant de ce que commettaient les Européens à l'encontre des autochtones sur les autres îles, notamment Saint-Domingue. C'est ainsi que la Guadeloupe est devenu un des poches de résistance des Caraïbes. Depuis, malgré les vaines tentatives et non moins nombreuses des Espagnols pour exterminer ceux qu'ils considèrent comme des sauvages, l'île est abandonnée car trop dangereuse, du moins jusqu'au débarquement des Français en 1635.

En 1636, alors que la guerre entre Français et Caraïbes fait rage, ces derniers se fixent principalement à Capesterre. Alors pour les y déloger, Longvillier de Poincy (gouverneur général des Îles depuis 1637) chargea le sieur Sabouilly avec 264 hommes afin d'assister la colonisation de la Guadeloupe en février 1640. La guerre est féroce et après plus de 30 heures d'une résistance presque fanatique, les Caraïbes quitte l'île depuis Capesterre pour Marie-Galante et la Dominique. C'est en 1644 que Charles Houël du Petit-Pré, gouverneur de la Guadeloupe (1643-1664) et fondateur de Basse-Terre en 1649) impulse durablement la naissance du bourg de Capesterre, en effet, il développe ses alentours par l'introduction de la canne à sucre et l'édification du premier moulin. Vers 1654, des Hollandais juifs et protestants s'installent à Capesterre et valorisent son territoire par le défrichement du Carbet, de Bois-Riant, de Carengaise, de Changy et de Sainte-Marie et 1659, le gouverneur érige à Sainte-Marie, 'le fort de Cabesterre'. En avril 1661, Louis XIV fait de cette Sainte-Marie et de ses environs un marquisat.

Jusqu'en 1848, ce sont des esclaves importés d'Afrique qui valorisent la terre, mais après l'abolition de l'esclavage, on fit appel à des Indiens improprement nommés Hindous. Le premier convoi sera fort de 344 Indiens en 1854.

C'est le 4 juin 1974 ou 1976 (le décret n'est pas publié)[réf. souhaitée] que Capesterre devient Capesterre-Belle-Eau. Son nom provient d'une expression de la marine du XVIIe siècle : cab-est-terre, qui désigne une terre exposée au vent de l'est ; l'abondance des cascades, des rivières et des plans d'eau lui vaut par ailleurs l'adjonction du complément Belle Eau.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1945-1976 Paul Lacavé app PCF Député de 1967 à 1973
1977-1983 Alexius De la Croix PC
1983-1989 Gérard Lauriette DVG
1989-1995 Léo Andy PS Député de 1993 à 1994
depuis 1995 Joël Beaugendre UMP Député de 2002 à 2007,

Conseiller général depuis 2011

Les mandats antérieurs sont visibles par le lien suivant.
http://www.francegenweb.org/mairesgenweb/resultcommune.php?id=1443."

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[1],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 19 107 habitants, en augmentation de 0,02 % par rapport à 2009 (Guadeloupe : -0,34 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011 2014
16 085 17 912 18 143 17 472 19 012 19 568 19 610 19 448 19 107
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[3].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

L'activité économique communale est principalement basée sur l'agriculture, avec les cultures de bananes et de café. Sur le territoire de la commune se trouve la distillerie Espérance qui produit les rhums Longueteau et Karukera à partir de la canne à sucre venant principalement d'autres communes guadeloupéennes.

Société et services publics[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune accueille sur son territoire le collège Germain-Saint-Ruf, le lycée d'enseignement professionnel Paul-Lacavé et depuis 2013, un nouveau collège, Bonne-Espérance à Bel-Air.

Santé[modifier | modifier le code]

L'offre de soins de la commune est assurée par le centre hospitalier de Capesterre-Belle-Eau qui dispose en 2012 d'une capacité totale d'accueil de 49 lits[4], avant une importante reconstruction de l'établissement qui portera celle-ci à 198 lits en janvier 2016[5].

Sports[modifier | modifier le code]

La commune possède un stade d'athlétisme avec 1 500 places en tribune, des salles multisports, trois courts de tennis et quatre boulodromes. Plusieurs clubs permettent de faire du sport :

  • Sarlasonne Tennis Club (Tennis)
  • OMSC (Multisports)
  • Club Sportif de Capesterre-Belle-Eau (Football)
  • Club Amical de Marquisat (Football)
  • AS Cambrefort (Football)
  • USC Bananier (Football)
  • OSC Old School Capestè (Basket-Ball)http://www.oldschoolcapeste.ayosport.com/
  • Rayon d'Argent (Cyclisme)
  • Union Cycliste Capesterienne (UCC) (Cyclisme)

Culture[modifier | modifier le code]

  • Le cinéma-théâtre Le Majestic.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Sites naturels[modifier | modifier le code]

La commune de Capesterre-Belle-Eau constitue le point de départ des célèbres chutes du Carbet située dans le parc national de la Guadeloupe. Ayant donné son attribut de « Belle Eau » à la commune – et plus largement le nom premier de Karukéra à la Guadeloupe –, ce sont les plus hautes chutes d’eau de l'archipel (plus de 100 m pour les deux premières). Il s'agit de l'un des sites les plus visités de Guadeloupe accessible seulement à pied. Le Grand Étang se trouve sur la route d'accès des chutes et constitue un site d’observation ornithologique.

Les principales plages de la commune sont les anses Bernard, Saint-Sauveur, à la Fontaine ainsi que la plage de Roseau et la plage de Bananier. Le lieu de débarquement de Christophe Colomb en Guadeloupe en 1493 est au site de Sainte-Marie où se trouve un buste du navigateur, érigé en 1916[6].

Monuments civils et religieux[modifier | modifier le code]

La commune est célèbre pour son allée Dumanoir[7] – anciennement « allée des Palmistes » –, bordée de palmiers royaux. Cette portion de route pittoresque constitue un image touristique classique de l'île.

Différents éléments du patrimoine civil et religieux de la commune ont été construits par l'architecte Ali Tur entre 1930 et 1935 dont la mairie, le marché, le groupe scolaire, l'école mixte et des filles, le clocher de l'église et sa réhabilitation[8]. La communauté hindoue de Capesterre célèbre ses cérémonies au temple hindou de Changy. La commune possède également un cimetière des Esclaves.

Le patrimoine économique et industriel inclut le port de pêche du lieu-dit de Bananier et la plage, près de la rivière du Bananier ; la savonnerie de Saint-Sauveur, juste au sud de l’accès à la route des chutes du Carbet ; la distillerie Rhum Longueteau, qui fonctionne toujours à la vapeur, chauffée avec la bagasse, résidus sec de la canne à sucre ; la plantation Grand-Café-Bel-Air ; et la kassaverie traditionnelle. L'habitation Bois-Debout est l'une des anciennes maisons de la famille de Saint-John Perse (sur la branche maternelle Dormoy). Enfin, le jardin des épices et des senteurs de Cantamerle est jardin pédagogique conservatoire de plantes médicinales, d'épices, d'arbres fruitiers, d'orchidées et de fleurs tropicales[9].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Philippe-François Pinel Dumanoir (1808 Capesterre-1865 Pau), auteur dramatique.
  • Amédée Fengarol, homme politique (1905-1951) né dans la commune.
  • Sonny Rupaire (1908 Pointe-à-Pitre-1991 enterré à Capesterre), poète et militant.
  • Paul Lacavé, homme politique (1913 Capesterre-1976 Pointe-à-Pitre) pharmacien, maire, puis député-maire, app P.C.
  • Junot Mistoco (1979-), joueur français de volley-ball.
  • Henry Sidambarom (1863-1952), juge de paix du canton de Capesterre-Belle-Eau et défenseur de la cause des travailleurs indiens.
  • Germain Saint-Ruf (1927 Capesterre-1987 Pointe-à-Pitre), chercheur et historien.
  • Sylviane Telchid (1941-) professeur de français et de créole, défenseur de l’introduction de la langue créole dans le cursus scolaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  4. Présentation sur le site officiel du Centre hospitalier de Capesterre-Belle-Eau.
  5. Diagnostic satisfaisant pour le chantier du centre hospitalier
  6. Photo académie Guadeloupe
  7. horizon-guadeloupe.com Capesterre - Allée Dumanoir sur www.horizon-guadeloupe.com, consulté le 17 avril 2017.
  8. Michèle Robin-Clerc, Note descriptive de l’œuvre d’Ali Tur, Basse-Terre, Conseil régional de Guadeloupe, (lire en ligne), p. 7-8.
  9. Le Jardin Cantemerle, consulté le 17 avril 2017

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]