Grussenheim

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Grussenheim
Grussenheim
La mairie.
Blason de Grussenheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Circonscription départementale Haut-Rhin
Arrondissement Colmar-Ribeauvillé
Intercommunalité Communauté de communes du Ried de Marckolsheim
Maire
Mandat
Martin Klipfel
2020-2026
Code postal 68320
Code commune 68110
Démographie
Population
municipale
818 hab. (2018 en augmentation de 2,89 % par rapport à 2013)
Densité 109 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 08′ 50″ nord, 7° 29′ 18″ est
Altitude Min. 176 m
Max. 185 m
Superficie 7,53 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Colmar
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Colmar-2
Législatives Première circonscription
Localisation
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Grussenheim

Grussenheim [gʁysənaɪm] est une commune française située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Grussenheim fait partie du canton de Colmar-2 et de l'arrondissement de Colmar-Ribeauvillé. Les habitants sont appelés les Grussenheimois.

Communes limitrophes de Grussenheim
Illhaeusern Elsenheim
Bas-Rhin
Colmar Grussenheim Marckolsheim
Bas-Rhin
Jebsheim

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Vieux village nommé successivement :

  • Grosinhaim en 737 ;
  • Grucinhaim en 768 ;
  • Grutsinhaim en 777 ;
  • Grusenheim en 824 ;
  • Grussenheim en 1114.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Grussenheim est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Colmar, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 95 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (84 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (82,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,9 %), zones urbanisées (5,6 %), forêts (4,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,5 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Une voie romaine venant d'Ehl traverse le ban de Grussenheim. Des vestiges romains sont mis au jour par les fouilles de Coste en 1862-1863, puis celles de Winckler et Gutmann en 1894. Coste avait cru pouvoir affirmer que l'Argentovaria ne se situait pas à Horbourg (un peu plus au sud, à l'entrée de Colmar) comme tout le monde l'avait admis mais sur le site découvert à Grussenheim. À l'ouest du village ont été découverts des pièces de mosaïques ainsi que d'autres objets qui remonteraient à l'ère romaine. Ainsi on pense qu'il y avait à Grussenheim une importante villa romaine (entre -58 et -450 av. J.-C.). En fait, en dehors de rares pièces de musée, Grussenheim est un site qui reste à étudier.

En 667 ap. J.-C., Grussenheim est donné à l'abbaye d'Ebersmunster par le duc Etichon, qui possédera plusieurs biens dans le village. Aujourd'hui, la forme en bulbe du clocher du village rappelle encore cette partie de l'histoire, le clocher d'Ebermunster ayant une forme similaire et assez unique en Alsace.

Au cours des siècles, Grussenheim passera entre les mains de la famille Habsbourg et de la famille des Rathsamhausen[8].

En 1747 est construit le presbytère et en 1750 l'église de l'Exaltation de la Sainte Croix. Cette dernière sera agrandie en 1850, détruite dans les combats pour la libération du village en 1945 puis reconstruite en 1950. En 1810 est également construite la mairie du village.

Dès 1850 a lieu le « Hafalamarik »[9], traduit littéralement de l'alsacien : le marché aux pots. Ce marché tient ses origines d'une tradition potière. Ce marché avait habituellement lieu le 1er mai. Ce marché, qui devint peu à peu la fête du village, se détourna de ses ambitions originelles pour devenir la fête de la tarte flambée. Celle-ci sera abandonnée dans les années 2000.

Les XVIIIe et XIXe siècles sont également synonymes de développement démographique pour le petit village qui comptera à la fin du XIXe siècle près de 1 200 habitants. Ce développement est notamment dû à l'installation de familles juives (400 personnes sur 1 200 en 1866). La présence de familles juives a contribué au développement économique du village, qui comptait un certain nombre d'ateliers et d'artisans. Une synagogue, située rue du Ried, est construite en 1850 et se voit augmentée d’un mikvé en 1852[10]. De plus, une école israélite a été construite en 1869, rue des Vosges, et un cimetière israélite a été aménagé en 1810, à l'ouest du village[11],[12].

Alors que beaucoup de communes de la région sont vidées de leurs occupants dès l’entrée en guerre contre l’Allemagne en septembre 1939, Grussenheim reste occupée jusqu’au , date à laquelle les habitants sont envoyés dans le Sud-Ouest, à Seyches[13]. Ne restent sur place que quelques hommes chargés de protéger le village des pillages et les soldats occupant les ouvrages de la ligne Maginot situés sur le territoire de la commune[14].

Entre le et le , date du retour des habitants dans la commune, la majeure partie des maisons de la rue du Neudorf (plus tard rue de la 2e Division Blindée) et de la rue d’Alsace sont détruites par le feu. De même, dès leur arrivée dans le village, les Allemands incendient la synagogue et s’en prennent à tous les signes évoquant les Juifs ou la France[10].

La suite de la guerre se passe à Grussenheim de la même manière que dans le reste de l’Alsace annexée et placée sous la férule du gauleiter Wagner : le , le conseil municipal doit cesser ses activités et est remplacé par un maire nommé par l’occupant et en 1942 commence l’incorporation de force des hommes valides dans les forcées armées allemandes. S’ensuit le la réquisition des cloches pour les besoins de l’industrie militaire[15].

Dès les premiers jours de l’année 1945, le village est bombardé presque quotidiennement par l’artillerie et l’aviation alliées pendant trois semaines. Les Français de la 2e Division Blindée tentent une première attaque du village par l’Ouest le , mais ne parviennent pas à traverser la Blind et doivent faire un détour par Jebsheim pour effectuer une deuxième attaque par le Sud. Des combats particulièrement violents se déroulent dans la commune, qui est détruite à soixante-quinze pour cent, tandis que plus de cinq cents soldats des deux camps et civils sont tués[16].

Grussenheim est déclarée « libérée » le matin du et le conseil municipal d’avant-guerre reprend immédiatement ses fonctions. Le , la commune est décorée de la croix de guerre avec étoile bronze en hommage à la population ayant endurée les épreuves de la guerre[17]. Seule une infime partie de la communauté juive revint toutefois à Grussenheim après la guerre, et même ceux-là ne restèrent que brièvement sur place, la dernière famille ayant quitté la commune en 1955[18].

Héraldique[modifier | modifier le code]


Blason de Grussenheim

Les armes de Grussenheim se blasonnent ainsi :
« D'or à la croix pattée alézée de sinople. »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2008 Jean-Louis Seiler   Agriculteur
mars 2008 En cours
(au 31 mai 2020)
Martin Klipfel [19]
Réélu pour le mandat 2020-2026
  Instituteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[21].

En 2018, la commune comptait 818 habitants[Note 3], en augmentation de 2,89 % par rapport à 2013 (Haut-Rhin : +0,82 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5935667258869531 0019851 0241 114
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 0341 1011 1241 1351 0871 1321 0661 0451 049
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
988875856755770730716605588
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
645618638628714768823805808
2018 - - - - - - - -
818--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Croix[modifier | modifier le code]

Synagogue avant 1898.

L'église avait vraisemblablement été équipée d'une horloge d'Urbain Adam, comme en atteste la méridienne visible à l'extérieur de l'église. L'horloge existe peut-être encore[24]. L'église a été construite de 1748 à 1753 par un architecte tyrolien (Jean-Michel Schnöller)[25]. Elle s'inspire, par sa façade incurvée, unique en Alsace, du style baroque propre à l'architecture sacrée d'outre-Rhin. La nef, qui compte six axes, est agrandie en 1854 et l'église entière est reconstruite dans les années cinquante après les destructions de la Seconde Guerre mondiale[26]. Le cloche bulbe appartient au style baroque populaire très répandu outre-Rhin et dans les églises savoyardes françaises, mais peu représenté en Alsace. Seule l'abbaye d'Ebersmunster a emprunté à cette architecture.

L'orgue est de Georges Schwenkedel[27] en 1957[28],[29].

Presbytère[modifier | modifier le code]

Le presbytère est la résidence officielle du prêtre du village. Il compte de nos jours plusieurs logements. Le marché de Noël du village (« Noël à Grussenheim ») tourne autour du presbytère.

Synagogue[modifier | modifier le code]

La synagogue construite en 1850, située rue du Ried, sera incendiée par l'armée nazie lors de la Seconde Guerre mondiale[30].

Mairie[modifier | modifier le code]

Bâtiment actuel de 1810[31].

Char « Chemin des Dames »[modifier | modifier le code]

Commandé par le lieutenant Pierre de La Fouchardière, qui fut grièvement blessé, son char[32] recevant un obus allemand de plein fouet, tuant ses camarades, il est blessé du bassin aux pieds[33]. Il se traîne hors du char et reste durant vingt heures dans la neige ; le froid (−20 °C) gèle son sang[33].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Les bus Kunegel[modifier | modifier le code]

Cette commune est desservie par les lignes et arrêts suivants :

Parcours Arrêts dans la commune
346 Artzenheim – Théâtre - Gare Grussenheim Centre, Grussenheim École

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Colmar », sur insee.fr (consulté le ).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Notice no IM68008316, base Palissy, ministère français de la Culture Monument funéraire de Léopold Eberhard de Rathsamhausen
  9. La céramique et les origines du « Hafalamarik »
  10. a et b Strauel 2009, p. 120.
  11. « Cimetière juif », notice no IA68004879, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. Le mobilier du cimetière juif
  13. Strauel 2009, p. 119.
  14. Strauel 2009, p. 119-120.
  15. Strauel 2009, p. 121-122.
  16. Strauel 2009, p. 123-124.
  17. Strauel 2009, p. 124.
  18. Strauel 2009, p. 122.
  19. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  24. cf. L'Alsace du 27 août 2008
  25. « Maison de Rathsamhausen », notice no IA68004867, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  26. « Église paroissiale de l'Exaltation-de-la-Sainte-Croix », notice no IA68004863, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  27. La maison Schwenkedel
  28. Inventaire de l'orgue
  29. Les facteurs d'orgues qui sont intervenues à Grussenheim : Joseph Bergäntzel, Antoine Herbuté, Les Frères Valentin II et Charles Rinkenbach
  30. Historique de Grussenheim
  31. « Mairie », notice no IA68004864, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  32. M4A2 Sherman "Chemin des Dames" at Grussenheim
  33. a et b La Voix du Nord : Pierre de la Fouchardière, libérateur de Paris
  34. 27-31 Janvier 1945 – Réduction de la poche de Colmar. La 1re D.F.L. et la 2e D.B. à Grussenheim
  35. [1] Fiche biographique sur le site de l'Ordre de la Libération
  36. [2] Fiche biographique sur le site de l'Ordre de la Libération