Martine Wonner

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Martine Wonner
Illustration.
Martine Wonner en juillet 2017.
Fonctions
Députée française
En fonction depuis le
(3 ans, 7 mois et 6 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 4e circonscription du Bas-Rhin
Législature XVe
Groupe politique LREM (2017-2020)
EDS (2020)
LT (depuis 2020)
Prédécesseur Sophie Rohfritsch (LR)
Biographie
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Hayange (France)
Nationalité Française
Parti politique LREM (2017-2020)
Diplômée de Université de Strasbourg
Profession Médecin

Martine Wonner, née le à Hayange (Moselle), est une médecin psychiatre et une femme politique française.

Elle est élue députée dans la quatrième circonscription du Bas-Rhin en 2017 sous l'étiquette de La République en marche (LREM). À l'Assemblée nationale, elle fait partie de l'aile gauche du groupe LREM, avant d'en être exclue en . Elle participe ensuite à la fondation du groupe parlementaire Écologie démocratie solidarité, puis le quitte pour le Groupe Libertés et territoires.

Elle s'illustre au sujet de la pandémie de Covid-19 par des positions polémiques sur le recours à l'hydroxychloroquine et la validité du port du masque barrière, ainsi que par sa participation au documentaire complotiste Hold-up.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Martine Wonner est diplômée de médecine psychiatrique après avoir réalisé son internat à l'université de Strasbourg. Elle commence sa carrière comme médecin conseil pour l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Lorraine et d'Alsace puis rejoint en 2006 le groupe privé Générale de santé. Elle travaille ensuite comme psychiatre dans la maison d'accueil spécialisée de Ganzau, avant d'occuper des postes de cadre dirigeant, d'abord pour le Samu social de Paris puis pour le groupe médical privé Sinoué[1].

Députée[modifier | modifier le code]

Avant son élection à la députation, Martine Wonner n'avait eu aucun mandat électif. Elle se définit comme libérale et sociale, et s'est engagée à ne servir qu'un seul mandat[2].

Candidate de La République en marche aux élections législatives de 2017 dans la quatrième circonscription du Bas-Rhin, elle est élue députée au second tour face à Sophie Rohfritsch (Les Républicains), avec 55,86 % des voix[3]. Elle est membre de la Commission des Affaires sociales à l'Assemblée nationale[4].

Peu après son élection, l'association de lutte contre la corruption Anticor saisit la justice pour « des faits susceptibles d'être qualifiés d'escroquerie » commis par Martine Wonner. Cette dernière, en congé maladie de fin 2016 au 22 mai 2017, aurait été indemnisée par la Sécurité sociale pour un congé maladie alors qu'elle menait campagne pour les élections législatives[5]. L'affaire est néanmoins classée sans suite par le procureur[6].

N’hésitant pas à exprimer publiquement ses critiques à l'égard de la ligne gouvernementale, elle reconnaît s’être posé la question de quitter le groupe La République en marche (LREM) pour « retrouver une liberté de parole »[7]. Tentée de rejoindre le nouveau groupe Libertés et territoires, elle y renonce, jugeant qu'il penche trop à droite[8]. Elle participe à la fondation du « Collectif social-démocrate », groupe d'une vingtaine de députés de l'aile gauche du groupe LREM, constitué en juin 2019[9],[10]. Elle est proche de Matthieu Orphelin[10].

Elle vote contre la prorogation du glyphosate en mai 2018 et contre la ratification de l'Accord économique et commercial global (dit CETA) en juillet 2019[10]. Elle s'abstient sur la loi asile et immigration au printemps 2018 après s'être notamment opposée à la ligne du gouvernement sur les demandeurs d'asile, finissant cependant par retirer ses amendements sur ce point[10],[11]. En septembre 2019, avec d'autres députés de l'aile gauche du groupe LREM, elle signe une tribune appelant à répartir les migrants dans les zones rurales en pénurie de main-d'œuvre[12]. En novembre 2019, elle cosigne une tribune avec dix autres députés LREM pour s’opposer aux mesures prévues par le gouvernement sur l’immigration concernant la santé et notamment l’aide médicale d’État (AME), plaidant pour ne pas céder « à l’urgence et à la facilité »[13],[10].

Elle s'oppose aussi au projet controversé du contournement Ouest de Strasbourg[14], et s'engage lors de nombreuses manifestations[15], et rassemblements[16] contre cette autoroute.

Pandémie de Covid-19[modifier | modifier le code]

En 2020, durant la pandémie de Covid-19 et à la suite d'études observationnelles contradictoires[17] et controversées[18] sur les effets de l'hydroxychloroquine, menées en Chine puis à l'IHU de Marseille et médiatisées par le microbiologiste Didier Raoult, le gouvernement émet le un décret restreignant la possibilité de prescrire « en ville » (hors des hôpitaux) cette molécule aux malades de la Covid-19[19].

Martine Wonner participe alors au lancement du collectif « #COVID19-laissons les médecins prescrire »[20], regroupant 1 200 praticiens qui émettent dans un rapport public le souhait que les restrictions de la prescription de l'hydroxychloroquine soient levées[21]. Le collectif publie dans le même temps les résultats d'une étude rétrospective portant sur 88 personnes, principalement des médecins et leurs proches[22]. Selon leur analyse des résultats de l'étude (coécrite par huit membres du collectif, dont Wonner), la prescription de la molécule doit se faire de façon précoce et par les médecins en cabinet libéral, confortant la thèse de Didier Raoult[21].

Suite à la publication de l'étude dans la revue Asian Journal of Medicine and Health mi-juillet, l'Institut Pierre-Louis d'épidémiologie et de santé publique (iPLesp) — dont l'un des huit auteurs de l'étude est membre — réfute « la méthodologie et les conclusions du manuscrit », s'interrogeant également sur le « statut réglementaire de l'étude ». D'autres critiques visent la revue elle-même, dont le sérieux est remis en cause. Ainsi, des chercheurs français soumettent en août un article incongru, qui sera accepté par la revue avant d’être rétracté, afin de démontrer sa mauvaise qualité et son caractère de revue prédatrice[23]. Violaine Guérin, première auteure de l'étude, déclare avoir soumis l'étude à plusieurs revues, dont cette revue asiatique, qu'elle avait proposée elle-même à ses co-auteurs ; Martine Wonner dit faire autant confiance à cette revue qu'à The Lancet, également touché durant la pandémie par la publication d'une étude faussée[24].

En , Martine Wonner suscite de nouveau une controverse, affirmant lors d'une prise de parole à l'assemblée nationale que les autorités sanitaires américaines auraient déclaré les masques sanitaires inutiles. Il s'agit en réalité d'une fake news diffusée notamment par les réseaux QAnon, le Center for disease control réaffirmant quant à lui l'utilité du port du masque[25],[26],[27],[28].

Martine Wonner apparaît dans le documentaire complotiste Hold-up de 2020[29]. En novembre 2020, L'Obs estime qu'elle « est devenue l’un des porte-étendards de la mouvance conspirationniste »[30]. Le , au moyen d'un courrier envoyé depuis l'Assemblée nationale, elle menace de poursuites le site Conspiracy Watch, qui a constitué une fiche sur sa personne[31], si tout contenu à son propos n'est pas retiré[32].

Exclusion de La République en marche[modifier | modifier le code]

Le , elle est la seule députée LREM à voter contre le plan de déconfinement porté par le gouvernement Philippe[33]. Elle explique son vote par « l’absence d’une quelconque stratégie thérapeutique »[34], et indique qu'elle « ne [fait] plus confiance à ce gouvernement », qu'elle accuse d’« amateurisme » et d’« une forme de mensonge » dans la gestion de la crise[10]. Cette position lui vaut d'être exclue du groupe LREM le [10]. Elle quitte le parti peu après[35]. Elle participe le même mois avec 16 autres députés, pour la plupart membres et anciens membres de LREM, à la création du nouveau groupe parlementaire Écologie démocratie solidarité[36].

Elle rejoint le groupe Libertés et territoires[37] en septembre 2020.

Fondation de l'association BonSens[modifier | modifier le code]

Martine Wonner cofonde à l'automne 2020 l'association BonSens avec plusieurs figures controversées, parmi lesquelles le chroniqueur d'une web-TV d'extrême droite et un youtubeur conspirationniste persuadé que la lune est « artificielle »[38], suscitant des critiques dans la presse. Quelques semaines plus tard seulement, elle quitte l'association, officiellement « pour se consacrer à son travail parlementaire »[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucile Guillotin, « Législatives : qui est Martine Wonner, la nouvelle députée REM de la 4e circonscription du Bas-Rhin ? », France Bleu,‎ (lire en ligne, consulté le 19 juin 2017)
  2. « Martine Wonner est en marche », Dernières nouvelles d’Alsace,‎ (lire en ligne, consulté le 19 juin 2017)
  3. Ministère de l'Intérieur, « Élections législatives 2017 », sur elections.interieur.gouv.fr, (consulté le 19 mai 2018).
  4. Sa page sur le site nosdeputes.fr
  5. « Législatives : une candidate LREM aurait mené campagne tout en étant indemnisée par la Sécurité sociale », Atlantico.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 juin 2017)
  6. « Pour Martine Wonner, un début de campagne « en arrêt maladie » mais un classement sans suite », Rue 89,‎ (lire en ligne)
  7. Manuel Jardinaud, « Le groupe LREM à l’Assemblée reste impuissant face à l'exécutif », sur Mediapart, (consulté le 7 octobre 2018).
  8. « Trois députés En marche ! arrière vers Libertés et territoires », sur La Lettre A.fr, (consulté le 25 novembre 2018).
  9. Manuel Jardinaud, « Un «Collectif social-démocrate» se crée au sein du groupe LREM à l’Assemblée », sur Mediapart, (consulté le 25 juillet 2019).
  10. a b c d e f et g Alexandre Lemarié, « Qui est vraiment Martine Wonner, la députée anti-déconfinement exclue de LRM », sur lemonde.fr, (consulté le 6 mai 2020).
  11. Samuel Le Goff, « Les députés LRM entrent progressivement dans le moule parlementaire », sur contexte.com, (consulté le 21 février 2018).
  12. Jules Pecnard, « En durcissant le ton sur l'immigration, Macron sème le trouble au sein de La République en marche », sur bfmtv.com, (consulté le 18 septembre 2019).
  13. Hortense de Montalivet, « Immigration: ces députées LREM révoltées par le plan du gouvernement », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 10 novembre 2019).
  14. « Députée "En marche", Martine Wonner rejoint le front anti-GCO », Rue89 Strasbourg,‎ (lire en ligne, consulté le 24 septembre 2018)
  15. « ZAD du GCO : Martine Wonner, députée LREM, ne se rendra pas à son rendez-vous au ministère de la transition écologique », France 3 Grand Est,‎ (lire en ligne, consulté le 24 septembre 2018)
  16. L'adieu aux arbres, « Il y avait un jardin... », (consulté le 25 septembre 2018)
  17. Barthélémy Philippe, « Chloroquine, l’autre essai clinique qui affaiblit l’espoir d’un traitement miracle », sur Capital.fr, (consulté le 28 novembre 2020).
  18. « Coronavirus : que vaut la nouvelle étude du professeur Raoult, qui vante l'efficacité de l'hydroxychloroquine ? », sur Franceinfo, (consulté le 28 novembre 2020).
  19. Fabien Leboucq, « Covid-19 : la délivrance d'hydroxychloroquine est-elle de nouveau autorisée ? », Libération,‎ (lire en ligne).
  20. « Cosignataire d'une tribune pour la liberté de prescrire l'hydroxychloroquine, la députée et psychiatre Martine Wonner exclue du groupe LREM », Le Quotidien du Médecin,‎ (lire en ligne).
  21. a et b Lionel Ormières, « Coronavirus - Un collectif de médecins soutient la controversée chloroquine », L'Indépendant,‎ (lire en ligne).
  22. Damien Coulomb, « Étude à l'appui, un collectif de médecins plaide pour la liberté de prescrire en ville », Le Quotidien du Médecin,‎ (lire en ligne).
  23. « Comment une étude sur l’hydroxychloroquine et les accidents de trottinette s’est retrouvée en ligne pendant une journée », sur leparisien.fr, (consulté le 28 novembre 2020).
  24. Fabien Mangnanou, « Il faut être vigilant pour ne pas se faire piéger » : comment les « revues prédatrices » parasitent les études scientifiques », France TV Info,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2020).
  25. Felicia Sideris, « Non, les autorités américaines n'ont pas estimé que "le masque ne sert à rien" », sur LCI, (consulté le 10 octobre 2020).
  26. « "Le masque ne sert à rien" : la députée Martine Wonner contredite par les sources mêmes qu’elle avait citées à l’Assemblée », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 10 octobre 2020).
  27. Jacques Pezet et Claire-Line Nass, « En France aussi, la chasse à QAnon est ouverte », sur Libération, (consulté le 10 octobre 2020).
  28. Fabien Leboucq, « Non, les CDC américains n'ont pas déclaré que le port du masque était inutile, comme l'a dit la députée Martine Wonner », sur Libération.fr, (consulté le 4 novembre 2020).
  29. https://www.nouvelobs.com/politique/20201129.OBS36748/martine-wonner-une-complotiste-a-l-assemblee.html
  30. Alexandre Le Drollec, « Martine Wonner, une complotiste à l’Assemblée ? », sur nouvelobs.com, (consulté le 29 novembre 2020).
  31. « Martine Wonner », sur Conspiracy Watch, (consulté le 14 décembre 2020).
  32. Rudy Reichstadt, « La députée Martine Wonner nous enjoint de supprimer toute publication la concernant », Conspiracy Watch,‎ (lire en ligne, consulté le 14 décembre 2020).
  33. Loris Boichot et F. I. G. Data, « Déconfinement: votre député a-t-il voté le plan de l’exécutif, largement approuvé par l’Assemblée? », sur Le Figaro.fr, (consulté le 28 avril 2020).
  34. AFP, « Déconfinement : Martine Wonner, seule députée LREM à avoir voté contre, convoquée », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 30 avril 2020).
  35. Caroline Kellner, « Bas-Rhin : exclue du groupe LREM de l'Assemblée nationale, Martine Wonner va quitter le parti », sur France 3 Grand Est, (consulté le 15 mai 2020).
  36. « L'ex-députée LREM Martine Wonner participe à la création d'un nouveau groupe parlementaire à l'Assemblée nationale », sur francetvinfo.fr, .
  37. Modifications à la composition des groupes.
  38. Vincent Coquaz et Fabien Leboucq, « Qu’est-ce que l’association «BonSens» cofondée par la députée Martine Wonner et des personnalités pro-Raoult ? », sur Libération.fr, (consulté le 23 octobre 2020).
  39. Vincent Coquaz, « La députée Martine Wonner quitte l’association BonSens qu’elle venait de cofonder », sur Libération.fr, (consulté le 23 octobre 2020).

Liens externes[modifier | modifier le code]