Transports en Alsace

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Le transport en Alsace est bien développé, mais eu égard à la densité de la population, de nombreux projets d'aménagements pour augmenter le nombre de voies rapides (rocades, contournements, autoroutes) devraient voir le jour (à l'instar du Grand Contournement Ouest de Strasbourg), comme dans d'autres régions de France. L'association infra-régionale Alsace Nature demande au contraire la diminution du trafic, et reprend l'argumentaire[1] de Strasbourg respire, une association de médecins qui préconise d'améliorer la qualité de l'air en Alsace[2]. Le plan climat-air-énergie territorial élaboré par l'ancienne région d'Alsace prévoit la diminution des distances parcourues et le recours accru à l'intermodalité[3], autant d'éléments qui participent du transport durable.

En sus d'un taux d'artificialisation élevé, proche de 10%, l'Alsace est également un territoire qui se caractérise par l'une des plus rapides diminutions de ses terres agricoles[4].

Le réseau routier[modifier | modifier le code]

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Le transport, qu'il s'agisse de celui des personnes ou des marchandises, s'effectue principalement sur l'autoroute gratuite A35 assurant la liaison nord-sud, de Lauterbourg à Saint-Louis/Bâle (Suisse) en passant par Strasbourg, Colmar et Mulhouse avec une courte portion en nationale à 2x2 voies, dont la prolongation autoroutière est à l'étude.

L'axe A4 (en direction de Paris), dense, (à péage à 20 km au nord-ouest de Strasbourg), commence à atteindre un point de saturation de même que l'axe A36 en direction de Paris-Lyon, à péage dès Burnhaupt-le-Bas (10 km à l'ouest de Mulhouse), gratuit jusqu'en Allemagne. La passerelle à gibier négligemment jetée au-dessus de l'autoroute A4 dans la traversée des Vosges ne sert qu'aux randonneurs, et pas à la faune sauvage. Elle a été mal conçue, et ne permet pas l'échange de population entre les Vosges du Nord et le reste du massif[5].

Du fait de la conception des autoroutes - comme étant à la fois des voies de transit et des voies de desserte des grandes agglomérations - qui prévalait dans les années 1970 et 1980, les villes de Strasbourg et de Mulhouse voient leurs agglomérations traversées par des voies autoroutières portées aujourd'hui à 2 fois 3 voies, et ce, à moins d'un kilomètre du centre-ville pour Strasbourg et d'1,5 km pour Mulhouse. Il en résulte de fortes nuisances : principale source de pollution et saturation du trafic, notamment à Strasbourg où le trafic de l'autoroute A35 (170 000 véhicules par jour en 2002) est l'un des plus importants de France. La traversée urbaine de l'A36 à Mulhouse provoque également des perturbations régulières de trafic, temporairement apaisées par sa transformation en 2 fois trois voies.

Par décret[6], le gouvernement donne suite au projet autoroutier du Grand Contournement Ouest de Strasbourg (officiellement A355) à 2 fois 2 voies, dont le but est de capter le trafic de transit nord-sud et de délester Strasbourg. Le tracé prévoit de relier l'échangeur de Vendenheim au nord, à Innenheim au sud. L'ouverture est prévue en 2020 pour un trafic envisagé de 41 000 véhicules par jour. Toutefois, une étude du bureau d'études allemand TTK a déjà conclu à la faible diminution du trafic sur l'A35 à la hauteur de Strasbourg en cas de construction de l'A355[7]. Les services de l’État aboutissent à la conclusion que l'A355 conduira à un surcroît de trafic à la hauteur de l'autoroute de Hautepierre, ce qui aurait un impact négatif sur le projet de transport en commun Transport en Site Propre de l'Ouest strasbourgeois [8]. Les opposants au GCO rappellent que dans le rapport de la commission d'enquête, on pouvait lire que le « désengorgement de Strasbourg n'est pas l'enjeu ni l'objectif du GCO »[9]. Dans ces conditions, pourquoi le GCO se fera-t-il, comme l'a confirmé Nicolas Hulot[10]? La réponse est probablement à trouver dans le document de la CCI de Strasbourg, où l'on apprend que le « trafic entre le nord et le Sud de la région ne fait que croître, tout comme celui lié aux échanges internationaux »[11]: il s'agit, entre autres, de garantir la croissance du trafic de transit autour de Strasbourg, qui est une métropole, dans un monde globalisé.

À cela s'ajoute la décision de l'Allemagne voisine d'imposer une taxe sur les poids-lourds empruntant son réseau autoroutier[Note 1]. Ainsi, une partie du trafic de transit de l'A5 allemande se reporte sur le réseau alsacien, parallèle et gratuit, ce qui aggrave aujourd'hui la saturation de celui-ci. Pour tenter d'y remédier, le député Yves Bur fait adopter par l'Assemblée nationale en décembre 2005 un amendement instituant également une taxe sur les poids lourds en Alsace. Finalement, la taxe alsacienne sur les poids-lourds ne sera jamais appliquée, mais une taxe nationale est décidée, et votée. La contestation née en Bretagne, sous la forme du Mouvement des Bonnets rouges, a finalement raison de la taxe nationale, qui n'est pas non plus appliquée. Principalement pour des raisons de qualité de l'air, Alsace Nature dépose un recours auprès du Conseil d’État. Le rapporteur public donne raison à Alsace Nature[12]. Mais la réponse du gouvernement ne tarde pas: le parlement avalise l'abandon définitif de la taxe poids lourds[13], ce qui va tarir les sources de financement des transports collectifs. Dans un dernier sursaut, Alsace Nature lance une pétition en faveur de la taxe sur les poids-lourds, et partant, de l'amélioration de la qualité de l'air[14], pétition qui n'aboutit pas[15]. Il est vrai que pour faire face à la croissance du trafic, l'A5 voisine est récemment passée de 2x2 à 2x3 voies.

L'État a pris la décision de construire le GCO. Maintenant, l'Allemagne envisage de créer l'autoroute Bienwaldautobahn[16], ce qui accroîtrait très fortement le trafic de camions sur l'A35[17], alors qu'aucune taxe sur les poids-lourds ne s'y applique.

Le réseau ferré[modifier | modifier le code]

Article détaillé : TER Alsace.

Les Vosges n'étant franchissables que par le col de Saverne, la trouée de Belfort ou encore par quelques cols peu roulants, l'Alsace a besoin de se désenclaver et de se rapprocher du reste de la France. Différents projets sont ainsi réalisés :

Dans le cadre de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, le gouvernement cherche à attirer les entreprises allemandes. Et dans ce cadre, un projet de transport en commun entre Colmar et Fribourg sera étudié[18]. Le président de l'association TransRhinRail a profité de la venue en Alsace du secrétaire d'État Sébastien Lecornu, pour plaider en faveur de l'ouverture de la ligne ferroviaire Colmar - Fribourg[19]. Winfried Kretschmann (ministre-président de Bade-Wurtemberg), en présence de Sébastien Lecornu, a annoncé le lancement d'une étude franco-allemande relative à la création d'une ligne ferroviaire Colmar - Fribourg[20].

En raison de l'augmentation du trafic de camions sur la rive gauche du Rhin que ne manquerait pas de générer la construction du GCO et de l'autoroute allemande Bienwaldautobahn (chaînon manquant entre l'A35 et l'A65 allemande), les associations allemandes et françaises de protection de l'environnement pensent qu'il faut renforcer le réseau ferroviaire[21]. Ce dernier étant particulièrement bien développé au sud de l'Alsace, on pense ici au nord de l'Alsace et à la plus petite ligne ferroviaire de Strasbourg à Lauterbourg, qui, dès Lauterbourg, se prolonge en Allemagne par la Bienwaldbahn.

Le réseau fluvial[modifier | modifier le code]

Le trafic portuaire dépasse 15 millions de tonnes, dont près des trois quarts pour le port de Strasbourg, second port fluvial français[22]. La plateforme de Lauterbourg, qui dépend du port de Strasbourg, est en cours d'extension[23]. Un projet de navette fluviale entre Dettwiller et Strasbourg est à l'étude, sous l'égide du port autonome de Strasbourg[24],[25]. Le transport de conteneurs sur un canal à petit gabarit, en l'occurrence le canal de la Marne au Rhin, constituerait une première en France.

Le projet d'élargissement du canal Rhin-Rhône, destiné à relier le Rhône (et la Méditerranée) au réseau d'Europe centrale (Rhin, Danube, mer du Nord et mer Baltique) a finalement été abandonné en 1998 pour des raisons de coût et de dégradation des paysages, notamment dans la vallée du Doubs.

Le réseau aérien[modifier | modifier le code]

Il y a deux aéroports internationaux en Alsace :

En raison de la proximité des aéroports de Bâle-Mulhouse et de Karlsruhe-Baden-Baden, et de la bonne desserte de Strasbourg par les TGV, la question de l'utilité de l'aéroport de Strasbourg est posée[26].

Transports et environnement en Alsace[modifier | modifier le code]

Énergie et transport[modifier | modifier le code]

Efficacité énergétique des voitures en ville et sur autoroute (Document DoE).

L'ASPA (Association pour la surveillance et l’étude de la pollution atmosphérique en Alsace) met à jour un bilan complet des énergies en Alsace [27]. Les transports représentent 17 % de l'énergie primaire consommée en Alsace, la route se taillant la part du lion (voir page 8 du document). Les carburants sont utilisés à hauteur de 13,9 TWh/a tandis que l'électricité (qui alimente tramways et trains électriques) ne représente que 0,2 TWh/a (voir page 11 du document).

Ci-contre, le graphique du DoE nous montre que le rendement des voitures thermiques est d'un peu moins de 20 %. L'efficacité d'une voiture électrique s'élève à environ 50 % à la prise de courant (en tenant compte de la climatisation et du chauffage[28]), ce qui conduit à un rapport d'efficacité entre la chaîne électrique et la chaîne thermique (carburant) de 1 à 2,5[28]. Dans ces conditions, si toute la mobilité en Alsace devenait électrique, il faudrait donc en sus des 0,2 TWh/a déjà consommés, environ de , soit au total environ 5,7 TWh/a sous forme électrique. Le document de l'ASPA montre que l'Alsace produit 9,1 TWh/a d'électricité d'origine nucléaire, soit en moyenne 4,6 TWh/a par réacteur à Fessenheim. Pour assurer la mobilité électrique en Alsace, sans rien changer aux habitudes de transport, il faudrait donc environ un réacteur nucléaire de type de ceux rencontrés à Fessenheim.

Transport durable[modifier | modifier le code]

Article connexe : FNAUT Grand Est.
Le Grand Contournement Ouest de Strasbourg s'inscrit dans une démarche de croissance du trafic[11], là où la démarche négaWatt préconise de considérer la sobriété énergétique, et même la sobriété en général, en tout premier lieu.

Strasbourg fait partie des métropoles pionnières en matière de développement du vélo, en France[29]. Parmi les villes moyennes, Colmar sort du lot [30].

Le site internet vialsace[31] encourage l'utilisation des transports collectifs dans toute l'Alsace, aidé en cela par le maillage fin du réseau ferroviaire et d'autocars, ainsi que les réseaux de tramway de Strasbourg et de Mulhouse. L'autopartage se développe dans les grandes villes, grâce à la bonne implantation de Citiz. Cet opérateur entend développer l'intermodalité dans les gares[32],[33]. Par ailleurs, l'offre de transport à la demande s'étoffe en Alsace[34]. La métropole de Strasbourg mise plutôt sur le taxibus[35]. Depuis le 11 décembre 2016, les usagers de la compagnie des transports strasbourgeois peuvent, sans supplément de coût aucun, utiliser le réseau de train TER entre les gares de la métropole de Strasbourg[36], à condition de justifier d'un domicile sur le territoire de cette même métropole.

Dans le domaine touristique, l'office du tourisme alsacien propose des séjours sans voiture[37]. En maints endroits, la location de vélos électriques est proposée à la demi-journée ou à la journée[38].

Eu égard à la présence de deux aéroports internationaux sur le sol alsacien, et à l'influence défavorable de la croissance du trafic aérien sur le climat, l'utilité de l'aéroport d'Entzheim est à débattre[26].

L'association Alter Alsace Énergies[39], membre d'Alsace Nature, fait l’éloge de la lenteur au travers du train Paris-Moscou, qui transite par l’Alsace[40].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (de) Voir de:LKW-Maut in Deutschland (article traitant de la taxe poids lourds allemande).

Références[modifier | modifier le code]

  1. une-seule-solution-contre-la-pollution-diminuer-le-trafic site web actus.alsacenature.org
  2. Strasbourg respire
  3. [PDF] synthese_climat_air_energie voir page III
  4. [PDF] Le_point_sur___Sols_V7.pdf sur www.developpement-durable.gouv.fr Le taux d'artificialisation en Alsace est d'environ 10%, cependant qu'entre 2000 et 2006, les terres agricoles ont diminué de 0,3% (voir graphique en première page)
  5. Une passerelle à piétons sur dna.fr
  6. decret-approuvant-la-concession-du-gco-paru-au-journal-officiel site web les dernièeres nouvelles d'Alsace
  7. bureau d'étude TTK site web gcovendenheim voir page 50.
  8. l’État donne raison aux anti-GCO site web gcononmerci.org
  9. Page principale sur gcovendenheim.free.fr
  10. Le GCO sera construit sur lalsace.fr
  11. a et b [PDF] Plaquette GCO sur strasbourg.cci.fr Voir page 11
  12. Le rapporteur public donne raison à Alsace Nature sur alsacenature.org
  13. [PDF] Abandon de la taxe poids-lourds sur alsacenature.org
  14. appel à mobilisation lancement d'une pétition pour la mise en œuvre de la taxe poids-lourds sur alsacenature.org
  15. Le président préfère enterrer notre santé que de mettre en place l'écotaxe sur alsacenature.org
  16. (de) [PDF] Bienwaldautobahn sur suedpfalz.bund-rlp.de
  17. lalsace-couloir-a-camion sur gcononmerci.org
  18. Les dernières nouvelles d'Alsace, en date du samedi 20 janvier 2018. Voir article intitulé « Inventer l'avenir ».
  19. Ibid. voir page 15
  20. Les dernières nouvelles d'Alsace, en date du vendredi 13 avril 2018. Voir page 13, article intitulé « Un projet commun au cœur de l'Europe ».
  21. (de) GCO et Bienwaldautobahn sur pfalz-express.de
  22. 2eme-3eme-ports-fluviaux-france-sont-alsace site web meet-in-alsace.com
  23. Lauterbourg site web strasbourg.port.fr
  24. Navette Saverne-Strasbourg site web strasbourg.port.fr
  25. Projets site web strasbourg.port.fr
  26. a et b [PDF] rapport-maillage-aeroportuaire-francais-2017 sur cget.gouv.fr Voir pages 31, 33 et 46
  27. Chiffres clés Alsace site web atmo-alsace.net
  28. a et b La voiture électrique est-elle LA solution aux problèmes de pollution automobile? sur jancovici.com, site de Jean-Marc Jancovici.
  29. « Le top 5 des villes où il fait bon pédaler selon Terraéco.net », sur http://www.terraeco.net,
  30. Frédéric Héran. Le Retour de la bicyclette. Éditions la découverte. Paris 2014. (ISBN 978-2-7071-8202-9).
  31. vialsace site web vialsace.eu
  32. [1] sur sncf.com
  33. citiz en France sur citiz.coop
  34. Transport à la demande sur vialsace.eu
  35. [PDF] taxibus sur cts-strasbourg.eu
  36. Le mag' Strasbourg Eurométropole en date de novembre-décembre 2016 n°10. Voir page 23
  37. L'Alsace sans ma voiture site web tourisme-alsace.com
  38. moveloalsace
  39. Alter Alsace Énergies sur alteralsace.org
  40. [PDF] Paris-Moscou en train sur alteralsace.org; voir pp. 6-7

Liens externes[modifier | modifier le code]