Rocade de Grenoble

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Carte de la périphérie routière de la ville de Grenoble

La rocade de Grenoble est composée de deux rocades : la RN87 (au sud, et à l'est), ainsi que l'autoroute urbaine A480 (à l'ouest). Ces deux rocades, sous forme autoroutière à 2 × 2 voies, sont limitées à 90 km/h et desservent la proche banlieue grenobloise ainsi que les principaux quartiers de la ville-centre.

Le terme « périphérique » n'est pas utilisé localement, mais plutôt celui de « rocade ». Toutes les autoroutes ainsi que la rocade sont équipées de panneaux à messages variables, afin de prévenir les usagers des ralentissements, bouchons, accidents.

Historiquement, le contournement au nord de Grenoble a été envisagé mais jamais été réalisé en raison de la difficulté et du coût d'aménager un tunnel dans le massif de la Chartreuse, contre lequel la ville s'appuie, et dont les entrées auraient été situées dans des quartiers résidentiels (particulièrement dans le secteur de la commune de La Tronche).

Rocades[modifier | modifier le code]

Les deux principales rocades permettant de contourner l'agglomération grenobloise par le Sud et l'Ouest sont :

  1. Rocade Sud, ou RN87 (qui contourne l'agglomération par le sud, assurant la jonction autoroutière l'A480 et et l'A41).
  2. Rocade Ouest, ou A480 (qui assure également la jonction autoroutière entre l'A48 et l'A51).

Route nationale 87 (Rocade Sud)[modifier | modifier le code]

Rocade Sud de Grenoble

La rocade sud commence à Meylan, au niveau de l'échangeur avec l'A41

La rocade sud se terminent à Grenoble (en limite de Seyssins), au niveau de l'échangeur du Rondeau avec l'A480.

Une plateforme internet permet de connaitre l'état de la circulation sur la rocade sur de Grenoble en temps réel (nombre et vitesse des véhicules, temps de parcours, taux de pollution)[1].

Autoroute A480 (Rocade Ouest )[modifier | modifier le code]

Rocade Ouest de Grenoble

Cette autoroute urbaine totalement gratuite mais concédée à un opérateur privé, dessert l'Ouest de l'agglomération de Grenoble sur une distance de 12,5 km. Celle-ci constitue donc sa rocade Ouest, et borde la rivière Drac sur l'ensemble de son parcours et permet le lien entre l'A48 et l'A51.

Cette voie aurait aussi pu servir de lien avec l'A41 si le projet de Rocade Nord avait abouti. À noter que cette autoroute à tout d'abord porté le numéro B48, et ce jusqu'en 1982.

Les autres voies[modifier | modifier le code]

Autoroute A41[modifier | modifier le code]

A41

L' autoroute A41 se termine à Meylan, au carrefour de l'Europe, également appelé carrefour de la carronnerie, mais 1,5 km auparavant elle sert de jonction d'autoroute avec la Rocade Sud.

C'est son arrivée à Meylan qui devait être utilisée pour le raccordement de la rocade Nord, lors du projet.

  • Sortie 24.1 (Villard-Bonnot) : Villes desservies : Villard-Bonnot, St Ismier (demi-échangeur)
  • Sortie 25 (Montbonnot) : Villes desservies : Montbonnot-Inovallée, Domène
  • Sortie 26 (Meylan) : Ville desservie : Meylan (trois-quart-échangeur)
  • Sortie  bifurcation A41 | Rocade Sud
  • Sortie 27 (Meylan-Mi-plaine) : Villes desservies : Meylan-Mi-plaine, La Tronche-centre, Corenc (demi-échangeur)
  • Fin autoroute.gif Meylan, carrefour de l'Europe

Autoroute A48[modifier | modifier le code]

A48

L'autoroute A48 se termine à l'entrée de Grenoble à l'endroit appelé porte de France, mais trois kilomètres auparavant, celle-ci permet une jonction grâce un échangeur avec la rocade Ouest ou A480.

  • Sortie 14 (Saint-Égrève-nord) : Ville desservie : Saint-Égrève
  • Sortie bifurcation A48 | A480
  • Sortie 15 (Saint-Martin-le-Vinoux) : Villes desservies : Saint-Martin-le-Vinoux Z.I., Saint-Égrève (demi-échangeur)
  • Sortie 16 (Polygone Scientifique) : Ville desservie : Polygone scientifique, Europole (demi-échangeur)
  • Sortie 17 (Saint-Martin-le-Vinoux) : Ville desservie : Saint-Martin-le-Vinoux (demi-échangeur)
  • Sortie Entrée sur autoroute direction Voreppe uniquement
  • Fin autoroute.gif Grenoble, porte de France

Ce tronçon est équipé d'un système permetant aux bus d'utiliser la bande d'arrêt d'urgence lors de la présence de bouchons aux heures de pointe.

Le , la partie située au sud de la bifurcation avec l'A480 a été déclassée de la catégorie des autoroutes et reclassée en route nationale sous la dénomination RN 481[2].

Autoroute A51[modifier | modifier le code]

A51

L'Autoroute A51 est le prolongement de la rocade Ouest ou A480 à partir de la limite des communes de Claix et de Varces. Le premier échangeur N°10 dessert donc le nord de Varces.

  • Sortie 10 (Varces) : Villes desservies : Varces, Claix
  • Sortie 11 (St-Paul-de-Varces) : Ville desservie : Saint-Paul-de-Varces (demi-échangeur)
  • Sortie 12 (Vif) : Villes desservies : Vif, Le Gua
  • Sortie 13 (Sinard) : Villes desservies : Sinard, Lac de Monteynard-Avignonet

Il s'agit du tronçon nord de cette autoroute, le tronçon sud étant situé cent kilomètres plus au sud entre La Saulce, située au sud de Gap et l'agglomération marseillaise.

Projets[modifier | modifier le code]

Projet de rocade Nord[modifier | modifier le code]

Réseau Autoroutier de Grenoble

Un projet de rocade Nord (schématisé ici en rouge) a été étudié qui nécessitait le percement d'un tunnel de 1,7 km sous la Bastille ainsi que la construction de 2,4 km de tranchée couverte dans une zone fortement urbanisée et 2 km seraient restés à l'air libre. La longueur totale de 6,1 km aurait eu deux chaussées séparées à 2 voies et une hauteur maximum de 3 mètres et donc interdit aux camions.

Mais la Commission d'enquête a rendu un avis défavorable au caractère d'utilité publique de ce projet[3]. Le Conseil général de l'Isère, dans une délibération adoptée le , a pris acte de cet avis négatif et a renoncé à demander au Préfet de prononcer une déclaration d'utilité publique.

Descriptif d'ouest en est[modifier | modifier le code]

  • Du départ de l'A480 puis la traversée du polygone scientifique jusqu'au franchissement de l'Isère et de l'A48, la portion serait non couverte, suivie d'un viaduc passant à proximité immédiate d'un site historique classé, la Casamaures à Saint-Martin-le-Vinoux.
  • Puis un tunnel de 1,7 km sous la colline de la Bastille.
  • De la sortie de la colline jusqu'à la boucle des Sablons, la portion aurait été en caisson, à l'exception d'une section de 300 m non couverte le long du Centre Hospitalier Universitaire et du cimetière.
  • Enfin entre la boucle des Sablons et le carrefour de l'Europe (ou carronnerie), la rocade serait enterrée sous la voie rapide existante, laissant la possibilité d'accueillir ultérieurement une ligne de tramway. Cette portion où deux voies rapides se superposeraient aurait une longueur d'environ 1 080 m. Elle est symbolisée sur le schéma par la partie de la rocade en rouge et bleu.

Un projet très contesté[modifier | modifier le code]

Ce projet prévoyait de construire un tunnel sous la colline du fort de la bastille (photo), située au nord de Grenoble

Des associations, des groupes écologistes, et des communes aussi bien de la majorité que de l'opposition, s'opposent à ce projet de rocade nord. Plusieurs élus locaux, dont le député-maire de Grenoble et le vice-président transports du Conseil général, ont admis publiquement que la rocade nord ne résoudrait pas le problème de congestion des entrées d'agglomération en heure de pointe, mais viserait à améliorer le cadre de vie du centre historique de Grenoble, au prix d'une dégradation de celui des communes de la proche périphérie. Ce constat est confirmé par l'étude de trafic de l'AURG[4], agence d'urbanisme de la région grenobloise. Ces mêmes études de trafic, confirmées par celles figurant dans le dossier de l'Enquête publique de novembre 2009, montrent aussi que la Rocade Nord ne délesterait pas significativement la Rocade Sud.

Le projet était estimé à 580 millions d'euros dans la plaquette publiée par le Conseil général de l'Isère en 2007. Les associations écologistes et l'Observatoire des finances et politiques publiques (L'OFIPOPU est une association dirigée par Vincent Comparat, fondateur de l'ADES, parti écologiste local) estiment, en se basant sur des études antérieures de la DDE de l'Isère que le coût sera d'au moins 830 millions d'euros. Ce coût est indexé sur le prix des travaux publics (indice TP01 : 630,7) de juin 2008. En 2008, le président du Conseil général de l'Isère a répondu à la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) qu'il ne dispose d'aucune nouvelle étude pour justifier le montant de 580 M€.

Compte tenu du coût de construction, les collectivités locales devraient à la fois contracter des emprunts, et faire appel à des partenaires privés. La rocade serait alors à péage, avec un coût d'au moins 1,5 € par passage.

Étude de l'influence du prix du péage sur le trafic capté par la rocade Nord [5]:

  • Péage gratuit.............. : 75 000 véhicules par jour (recettes: 0 €/an);
  • Péage médian à 0,75  : 56 070 véhicules par jour (recettes: 15 349 162 €/an);
  • Péage médian à 1,00  : 50 230 véhicules par jour (recettes: 18 333 950 €/an);
  • Péage médian à 1,50  : 40 200 véhicules par jour (recettes: 22 009 500 €/an).

Projet d'élargissement de la rocade Ouest[modifier | modifier le code]

En 2015, cette autoroute aurait dû être aménagée sur une portion de 12 km depuis l'échangeur A48/A480/RN481 au nord de Grenoble jusqu'au raccord avec la RN 85 au sud, afin de palier l'absence de contournement par le nord de l'agglomération grenobloise, le projet de tunnel ayant été abandonné.

Le projet d'élargissement, unique solution proposée par les défenseurs du transport routier, est tout de même défendue par la majorité conseil départemental et de Grenoble Alpes Métropole contre l'avis de la majorité municipale écologique de Grenoble[6].

La première phase de travaux prévoyait la création d'une voie réservée dans le sens Nord-Sud entre l'A48 et l'échangeur du Vercors pour fluidifier le trafic, la réalisation de deux voies d'entrecroisement entre les échangeurs du Vercors et de Catane et les échangeurs de Catane et Louise Michel et la reprise de l'échangeur Martyrs-Ouest qui permettrait d'améliorer son insertion urbaine et de pouvoir créer un accès à la presqu'île depuis le nord[7]. Les travaux d'élargissement à 2 fois 3 voies auraient dû débuter en 2015 pour une mise en service en 2016.

carte de l'échangeur du Rondeau en 2015. L'A480 correspond à l'axe nord-sud et la rocade sud (RN87) à l'axe situé à l'est

Un décret est signé le concernant ces travaux, mais en décembre 2015, le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, dépose un recours gracieux auprès du Premier ministre contre ces travaux[8]. Le 8 décembre, Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental de l'Isère lui répond à ce sujet en annonçant des “Rendez-vous de la mobilité” pour la première semaine de février à Grenoble[9]. À ses côtés, des chefs d'entreprises de l'agglomération grenobloise[10] signent un manifeste pour l'élargissement affirmant que « l'engorgement » de la zone représente « un vrai danger pour l'économie »[11]. De son côté Christophe Ferrari, président de la métropole de Grenoble promet que la « métropole et les communes qui la composent parleront d'une seule voix » mais sans pour autant prononcer le mot d'élargissement[12]. Il rappelle qu'un autre projet, celui du réaménagement de l'échangeur du Rondeau fait l'unanimité dans la classe politique locale. Pour Jean Vaylet, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble, l'élargissement de l'A480 et la réfection de l'échangeur du Rondeau sont tous les deux indispensables et complémentaires[13].

En mars 2018, la commission d’enquête émet un avis favorable sur le projet de réaménagement de l’A480 et de l’échangeur du Rondeau. Une seule réserve est émise quant à la continuité des écrans phoniques que le concessionnaire devra lever. La limitation de la vitesse à 70 km/h et le renforcement du verrou Nord, réclamés par la municipalité de Grenoble, sont relégués au rang de simples recommandations par la commission[14]. L’arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique (DUP) est signé par le préfet de l’Isère le . Les travaux, soumis encore à l’enquête publique au titre de l’autorisation environnementale, devraient normalement commencer en 2019[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site GTL de l'INRIA, consulté le 27 août 2018
  2. Journal officiel n°0047 du 25 février 2011 page 3409, texte n° 6
  3. Avis négatif de la Commission d'enquête sur le projet de Rocade Nord, sur le site grenews.com
  4. étude de trafic par l'AURG
  5. (d'après les simulations de l'AURG)
  6. « Conseil municipal : sur la rocade, on tourne en rond », sur lessor.fr, (consulté le 16 juillet 2017)
  7. Aménagement de l’échangeur du Rondeau et de l’A480, sur le site rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr du 26 novembre 2015.
  8. A 480 : le recours gracieux de la municipalité grenobloise., sur le site lessor.fr du 3 décembre 2015.
  9. Barbier à Piolle : "On n'a pas tous la chance d'habiter Grenoble et de circuler à vélo...", sur le site ledauphine.com du 8 décembre 2015.
  10. Des chefs d'entreprise militent pour "des aménagements routiers qui permettent de désengorger" l'agglomération de Grenoble., sur le site francetvinfo.fr du 8 décembre 2015.
  11. Les chefs d'entreprises de Grenoble affirment leur soutien à l’élargissement de l’A480., sur le site mgrenoble.fr du 9 décembre 2015.
  12. Grenoble : sur l'A480, la métropole parlera d'une seule voix dit son président PS Christophe Ferrari. sur le site francebleu.fr du 4 décembre 2015.
  13. Jean Vaylet (CCI) : "A480, Rondeau, les deux sont indispensables", sur le site ledauphine.com du 13 septembre 2015.
  14. Site Place Gre'net, article du 19/03/2018 "A 480 Rondeau, la commission d'enquête donne un avis favorable moyennant une seule réserve, consulté le 25 août 2018
  15. Site du quotidien le dauphiné libéré, article du 26/07/2018, consulté le 25 août 2018

Liens externes[modifier | modifier le code]