Éditions de la Table ronde

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Logo de la maison d'édition
Repères historiques
Création 1944
Fondée par Roland Laudenbach et Roger Mouton
Fiche d’identité
Siège social Paris  (France)
Dirigée par Alice Déon
Société mère Groupe Madrigall

Les Éditions de la Table ronde est une maison d'édition française, fondée en 1944 par Roland Laudenbach et Roger Mouton, qui fait partie du Groupe Madrigall.

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Les Éditions de la Table ronde sont créées en décembre 1944, avec la sortie d'un premier Cahier par Roland Laudenbach et Roger Mouton[1] : le nom de cette maison aurait été suggéré par Jean Cocteau.

La première publication importante de la jeune maison d'édition est le texte de la pièce Antigone (1944) de Jean Anouilh qui est confié par ce dernier à Roland Laudenbach, sans limitation de tirage. Les ventes atteignent 150 000 exemplaires. Un autre succès fut au rendez-vous, les trois premiers tomes de la saga Tant que la terre durera d'Henri Troyat (1947), avec 100 000 exemplaires vendus[2]. En juillet 1945, elle reprend Les Amitiés particulières de Roger Peyrefitte, titre qui fut aussi un succès.

En janvier 1948, pour réagir face à ce qu'elle considère être du « terrorisme intellectuel »[1] — notamment via la revue Les Temps modernes qui prône une « littérature engagée » —, la maison lance une revue appelée La Table ronde avec comme contributeurs réguliers François Mauriac, Henry de Montherlant, Paul Morand : ce dernier y fait paraître par épisode son Journal d'un attaché d'ambassade et, Jean Giono, Un roi sans divertissement. La revue compta près de 3 000 abonnés.

La maison est en partie rachetée, fin 1949, par Plon, puis c'est Jacques Duhamel qui devient l'actionnaire majoritaire en septembre 1953[1]. Au printemps 1953, la maison édite le premier numéro de The Paris Review. En mars 1954, Roger Mouton revend ses parts (30 %) au groupe Publicis[2]. La maison accueille alors des auteurs comme Bernard Frank, Jean Freustié ou Roger Stéphane.

Guerre d'Algérie et crise de conscience[modifier | modifier le code]

Laudenbach publie également nombre de ses amis désignés par Bernard Frank sous le nom de « hussards » que sont Antoine Blondin, Michel Déon, Jacques Laurent, Roger Nimier, mais la plupart de ces auteurs partent chez Gallimard, Grasset ou Plon : il faut alors chercher de nouveaux capitaux et auteurs. En 1957, la maison est en partie reprise par Gallimard. Duhamel quitte la maison en 1961, en désaccord avec la nouvelle politique éditoriale. À cette époque, en effet, La Table ronde est marquée à droite par la personnalité de Laudenbach, droite dont il se réclame[3], notamment au moment de la guerre d'Algérie, quand la maison publie, entre 1958 et 1961, des ouvrages pro-Algérie française qui vont jusqu'à contrarier les élus politiques au pouvoir[1]. Menacé, Laudenbach adopte une attitude anticolonialiste en 1961 lorsqu'il signe une pétition en faveur de Jérôme Lindon qui vient de publier Le Déserteur de Maurienne. En novembre 1963, L'Histoire de l'OAS de Jean-Jacques Susini est saisi par les autorités mais peut reparaître en septembre 1964. Protégé par Bolloré, toléré par Claude Gallimard qui est proche de Roger Nimier[2], Laudenbach voit sa direction éditoriale renforcée, puisqu'il est nommé plus tard directeur général de la maison en 1966. La maison qui s'affichait résolument anti-gaulliste, accélère en ce sens au moment des événements de Mai 1968.

Les années 1970-1990[modifier | modifier le code]

Une seconde génération d'écrivains est ensuite éditée par La Table ronde tels que Alphonse Boudard, Gabriel Matzneff, ou encore Éric Neuhoff. La maison s'oriente de plus en plus vers la publication d'essais. Mais elle perd ses anciens auteurs comme Michel de Saint-Pierre ou Jacques Laurent. En 1975, Gallimard, qui ne parvenait pas à prendre le contrôle de cette maison, revend ses parts à Gwenn-Aël Bolloré. Entre temps, La Chambre des dames (1979) de Jeanne Bourin connaît un gros succès et permet de faire vivre la maison.

Dans les années 1980, c'est la maison Grasset qui prend la majorité des parts. Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, Laudenbach publie des ouvrages de Jean Cau et François Brigneau. Malade, Roland Laudenbach se retire en 1985. Via son oncle, Vincent Bolloré devient l'actionnaire majoritaire et injecte des capitaux, puis il revend ses parts à Alain Lefebvre en 1989[2].

Denis Tillinac, arrivé en 1990, prend la direction de la maison en 1991 et intègre de nouveaux auteurs comme Jean-Paul Kauffmann, Frédéric Fajardie, Yves Charnet, Jean-Claude Pirotte, Frédérick Tristan, Xavier Patier, le poète William Cliff...

En 1997, La Table ronde acquiert le catalogue des éditions « Quai Voltaire » — fondée en avril 1987 par le notaire Gérard Voitey qui avait racheté la majorité de La Table ronde en janvier 1994 —, afin de s'ouvrir à la littérature étrangère et publier notamment les œuvres d'Alice McDermott, Tracy Chevalier et Richard Russo.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Après le départ de Tillinac en janvier 2007, Alice Déon, le fille de l'écrivain Michel Déon, lui succède[1],[4].

Filiale à 100 % du groupe Gallimard depuis 1998[1], le catalogue compte environ 10 000 titres et publie environ une cinquantaine de titres par an.

Publications d'importance[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Principaux romans et prix littéraires[modifier | modifier le code]

Récit à caractère biographique[modifier | modifier le code]

Essais politiques[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Table ronde, La » par Marie-Gabrielle Slama, dans Dictionnaire encyclopédique du livre, Paris, Cercle de la librairie, 2011, tome III, p. 804-805.
  2. a, b, c et d Selon Jean-Yves Mollier, dans Jean-François Sirinelli (sous la direction), Histoire des droites en France. 2. Culture, collection « Tel », Paris, Gallimard, 2006 — extrait en ligne.
  3. « Roland Laudenbach et La Table Ronde, Jacques Perret et Aspects de la France » par Guillaume Gros, dans Michel Leymarie et Olivier Dard, Maurrassisme et littérature, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2012, p. 226-229, (ISBN 9782757404010).
  4. « Alice Déon remplace Denis Tillinac à La Table Ronde » par Annie Favier, dans Livres-Hebdo, 13 décembre 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Dard, « Destins de la Jeune droite », dans Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), La recomposition des droites en France à la Libération, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004, p. 333-342, lire en ligne.

Lien externe[modifier | modifier le code]