Julien Freund

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Julien Freund
Naissance
Henridorff (Moselle)
Décès (à 72 ans)
Colmar (Haut-Rhin)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Autres activités

Julien Freund, né à Henridorff le et mort à Colmar[1], le est un sociologue et philosophe français. Principal introducteur de Max Weber en France, Freund fut un « libéral conservateur insatisfait » selon Pierre-André Taguieff. Son œuvre de sociologue et de théoricien du politique prolonge celle de Carl Schmitt. Il fut aussi un médiateur entre la pensée allemande et française[2]. Dialectophone du fait de son lieu de naissance, Julien Freund comme beaucoup de personnes issues de cette région, s'exprimait aussi bien en français qu'en allemand. Il publia donc un grand nombre d'articles dans les deux langues. Il faut avoir cette notion à l'esprit car pour apprécier les œuvres et les idées de Freund il faudra se plonger dans les deux langues car la plupart des articles sont originaux et non des traductions et l'œuvre en allemand est presque aussi abondante que la française ce qui traduit également le rôle de passeur de culture de Julien Freund . Ses œuvres ont été traduites en près de 20 langues.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Né à Henridorff (Moselle) le 8 janvier 1921, d’une mère paysanne et d’un père ouvrier socialiste, Julien Freund était l'aîné de six enfants. Après la mort de son père, il dut interrompre prématurément ses études et devint instituteur dès l’âge de 17 ans et secrétaire de mairie dans son village natal .

Son frère Antoine, enrôlé de force comme malgré-nous dans la Wehrmacht, fut blessé à la bataille d'Orel en Russie et déserta[3], ce qui aurait dû entraîner la déportation du reste de la famille qui œuvrait par ailleurs dans la résistance lorraine et faisait partie de réseaux de passeurs lorrains[4]. Fort heureusement, ils réussirent, grâce à une complicité, à faire disparaître le dossier compromettant détenu par la Gestapo. En 1940[5], le jeune Julien Freund fit preuve d'un courage exceptionnel en prenant volontairement la place d'un père de famille nombreuse (8 enfants) de son village pris en otage à la suite d'un attentat ayant coûté la vie à un soldat allemand[6].

À la libération, de retour en Lorraine, Julien Freund échappa de peu à la mort ayant été victime d'une tentative d'assassinat par arme à feu sur la place du Marché à Sarrebourg[réf. souhaitée] pour des raisons politiques[7]. Étant donné l'action de résistance exceptionnelle du village de Henridorff, le village fut décoré de la Croix de Guerre avec palmes de vermeil par Robert Schuman en présence de Julien Freund, son ami personnel[6]. Gaulliste de la première heure et régionaliste, comme le rappelle Taguieff et bien d'autres[8], Freund fut comme Schuman, dès le retour de la paix, un partisan de la réconciliation franco-allemande et de l'Europe[9]. Il resta toute sa vie antinazi malgré sa fréquentation de Carl Schmitt comme il le lui écrivit : « Si nous nous étions rencontrés plus tôt, nous n'aurions pas été du même bord. » (cité également par Taguieff).

Bachelier à 15 ans, sorti de la résistance et de la guerre à 22 ans, il possède une expérience d'adulte ; faire croire qu'il aurait été un jeune étudiant à peine sorti de l'adolescence, tombant sous le charme « venimeux » du juriste allemand (Carl Schmitt), est à la fois ridicule et stupide. Freund a simplement eu l'intelligence de comprendre, parmi les premiers, la formidable perspicacité de C. Schmitt[10].En effet Julien Freund a été le second découvreur de Carl Schmitt en France la première ayant eu lieu en 1930 et 1940[11].Comme le souligne David Cumin <<Courageusement Freund a donc été l'avocat de Schmitt.. alors que lui-même n'était que partiellement <<schmittien>>!C'est ce que révèle la comparaison de leur conception du politique, aussi bien les formes et intentions des ouvrages clés que les approches et les contenus. Malgré des prémisses wébériennes communes, les différences sont sensibles[12].Au regard de ces analyses évoquer une fascination de Freund pour Schmitt est intellectuellement faux et erroné car ce serait induire l'idée d'une subjugation de Freund par Schmitt, Freund s'était intéressé au politique avec la relation ami-ennemi de Schmitt et sa théorie du partisan. Ces études révélaient par ailleurs que essentiellement pour Carl Schmitt la politique relevait d'une finalité théologale supplantant tout alors que pour Freund elle visait la concorde intérieure et la paix extérieure, sa finalité étant le bien commun[13]. Il fut également élu conseiller municipal de la ville de Sarrebourg où la mairie lui échappa de peu.

La résistance[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participa activement à la Résistance. Membre du mouvement de résistance Libération fondé par Jean Cavaillès[14], pris en otage par les Allemands en juillet 1940, il parvint à passer en zone libre et, dès janvier 1941, milita à Clermont-Ferrand (où s’était repliée l’université de Strasbourg) dans le mouvement Libération d’Emmanuel d'Astier de la Vigerie, puis dans les groupes-francs de Combat animés par Henri Frenay, tout en achevant une licence de philosophie.

Arrêté en juin 1942 à Clermont-Ferrand, puis en septembre à Lyon, il fut avec Emmanuel Mounier l’un des accusés du procès Combat. Incarcéré à la prison centrale d’Eysses, puis à la forteresse de Sisteron, il parvint à s’évader le 8 juin 1944 et rejoignit jusqu’à la Libération les maquis FTP des Basses-Alpes et de la Drôme. Rentré à Strasbourg en novembre 1944, il se consacra quelque temps au journalisme et à l’action politique, expériences qui furent pour lui une source de déception en même temps que le point de départ d’une longue réflexion. Il fut en 1945-46 responsable départemental du Mouvement de libération nationale (MLN) de la Moselle, et eut pendant quelque temps une activité de représentant syndical comme secrétaire académique du SNES.

À la libération, il découvre l'épuration sauvage et les règlements de compte partisans, ce qui le bouleversera profondément[15].

Carrière académique[modifier | modifier le code]

Il fut jeune instituteur à Hommarting (Moselle). Ayant postulé dès 1946 un poste de professeur de philosophie, il fut admis à l'agrégation, puis enseigna successivement au collège Mangin de Sarrebourg (1946-49), au lycée Fabert de Metz (1949-53) et au lycée Fustel de Coulanges de Strasbourg (1953-60). De 1960 à 1965, il fut maître de recherche au CNRS, spécialisé dans les études d’analyse politique. En 1965, année de la soutenance de sa thèse de doctorat à la Sorbonne, il fut élu professeur de sociologie à l’université de Strasbourg, où il fut le principal fondateur puis le directeur de la faculté des sciences sociales. Il y créa un certain nombre d'institutions, comme l’Institut de polémologie de Strasbourg (témoignage de sa proximité avec Gaston Bouthoul), le Centre de recherches et d’études en sciences sociales (en 1967), la Revue des sciences sociales de la France de l'Est (en 1972) ou le Centre de recherche en sociologie régionale (1973). Il enseigna également de 1973 à 1975 au Collège d'Europe de Bruges, puis en 1975 à l’université de Montréal. Nommé en 1979 président de l’Association internationale de philosophie politique, il prit peu de temps après une retraite anticipée, réprouvant les évolutions de l'enseignement et de l'administration universitaires. Retiré à Villé, il se consacra entièrement à ses livres. Il fut également durant cette période un conférencier fécond et effectua notamment une longue tournée en Amérique latine : Chili, Bolivie, Argentine, Brésil...mais aussi en Europe en Espagne.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Marqué par la pensée de Max Weber, de Georg Simmel, de Vilfredo Pareto et de Carl Schmitt, auteurs qu’il contribua à mieux faire connaître en France, Julien Freund s’était imposé avec son livre sur L’essence du politique, issu de la thèse de doctorat qu’il avait soutenue le 26 juin 1965 sous la direction de Raymond Aron (le philosophe Jean Hyppolite ayant préféré se récuser pour n’avoir à patronner ses thèses).

Influencé par Carl Schmitt, il s'efforçait dans sa thèse d'analyser les catégories fondatrices du politique, insistant sur la triple relation entre obéissance et commandement, ami et ennemi, public et privé. Il ne cessera, par la suite, de s’intéresser aux invariants de l’esprit humain, qu’il s’agisse de l’esthétique, de l’éthique, de l’économique ou du religieux. Il a également mis en évidence le rôle du tiers en reprenant les théories du conflit posées par Weber et Simmel dans sa Sociologie du conflit.

En France l'aura de Julien Freund fut tardivement reconnue, alors qu'il jouissait d' une réputation flatteuse dans le monde entier, en particulier pour son livre sur Max Weber, mais surtout pour son Essence du Politique et plus tard pour son ouvrage sur La Décadence et son analyse du conflit. Il avait refusé de quitter sa Lorraine natale tout comme l'Alsace où il s'était établi pour venir s’installer dans la capitale : « Kant vivait à Königsberg et non à Berlin », répondait-il à ceux qui s’en étonnaient. Il était amateur de peinture - il avait épousé en 1948 la fille du peintre alsacien René Kuder (1882-1962), Marie-France, pharmacienne, dont il avait fait la connaissance à Gergovie dans la résistance - et de gastronomie régionale. « L'honneur de la cuisine alsacienne est d'être alsacienne, donc à nulle autre pareille, même à l'intérieur de l'hexagone. »[16].Il affectionnait également la poésie.

Son appropriation d 'un certain nombre de concepts de Carl Schmitt, indissociable de son approche fondamentalement agonistique du politique, de même que son engagement dans la revue Nouvelle École du Groupe de recherche et d'études sur la civilisation européenne (GRECE ; il fait partie du comité d'honneur de la revue) et publie dans la revue d'extrême droite Nationalisme et République ainsi que dans Thule Seminar de Pierre Krebs, ce qui fait de lui pour Alain Bihr un penseur engagé auprès de groupuscules d'extrême-droite.(ref nécessaire)

Ainsi, Julien Freund participe une première fois au Congrès du GRECE les 27 et 29 septembre 1974 à Nice. Il réintervient lors d'un autre Congrès du GRECE à Paris le 25 juin 1975. Le thème de ce dernier congrès est alors Des élites pour quoi faire ?. Freund y intervient aux côtés de Alain de Benoist, Pierre Bercot, Jacques Bompaire (passé entre-temps au Front national), Armin Mohler (ancien secrétaire de Ernst Jünger et longtemps conseiller de Franz-Joseph Strauss). Sa contribution portait le titre de Plaidoyer pour l'aristocratie[17]. Il intervient également lors du congrès du Grece le 11 novembre 1984 aux côtés d'Alain de Benoist, Guillaume Faye (un des théoriciens de l'extrême-droite française contemporaine), Pierre Vial (longtemps membre du Conseil scientifique du Front national). Sa contribution porta sur le thème Le pluralisme des valeurs[18]. Connaisseur de la pensée politique allemande, Freund œuvre également à l'époque à l'instauration de liens entre extrême-droite allemande et française(ref nécessaire). Il intervient ainsi dans le premier numéro de la revue Elemente (pendante de la revue Éléments du GRECE) et qui compte plusieurs plumes historiques de l'extrême-droite. Communiste libertaire et spécialiste de l’extrême-droite(réf nécessaire), Alain Bihr voit dans cette collaboration à la revue Elemente la preuve d'un engagement clair de Julien Freund aux côtés de nostalgiques du nazisme. Il signale notamment que « Yann Broun de Colstoun, apparaît dès le numéro 3 de la revue Elemente comme son régisseur de publicité puis comme chargé de son "management" alors qu'il " faisait partie de l'équipe dirigeant la librairie parisienne Ogmios, spécialisée notamment dans la littérature révisionniste (négationniste) ». De même Ersnt Anrich « qui fit un passage éclair, en 1979, au comité de patronage de Nouvelle École, en même temps presque que Freund y faisait son entrée, avant de collaborer de nombreuses années durant à cette revue » était le « principal idéologue du parti néo-nazi NPD, Anrich faisait aussi partie de la direction du Witiko Bund, une organisation d'Allemands originaires des Sudètes, dont les cadres étaient presque tous d'anciens animateurs de la NSDAP dans la région. »[19] Cette accusation compte tenu du passé reconnu de résistant et déporté de Julien Freund a entrainé de vives réactions parmi ceux qui le connaissaient. Julien Freund lui même a récusé le nazisme sous toutes ses formes sa vie durant et le simple bon sens s'accommode mal d'une version de ce type. En effet il s'agit d'une conclusion isolée d' Alain Bihr qui pose la question de sa pertinence car on n'en trouve aucune autre équivalente dans la littérature extrêmement abondante consacrée à Julien Freund ne serait-ce dans les deux recensions quasi exhaustives du Professeur Piet Tommissen. D'où la réaction suivante qui n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

Dans sa réponse à Alain Bihr, Jean-Paul Sorg répond[20] :

« Si un homme de gauche voit un penseur s'égarer à droite, voire dans les zones de l'extrême-droite, il devrait, avant de condamner, se demander si la gauche, par ses erreurs politiques répétées et ses sottises idéologiques, n'y est pas pour quelque chose et si son sectarisme même parfois, ne la pousse pas à repousser de son camp ceux parmi les intellectuels qui tiennent seulement à leur indépendance d'esprit. Par son expérience même de maquisard et puis de militant politique, si brève fût elle, Freund ne pouvait plus se faire sur l'humanité certaines illusions sentimentales nécessaires aux « eschatologies de gauche » ; et il n'était pas non plus du genre cynique, ni assez froid ni assez chaud (fanatisé) pour estimer qu'une fin glorieuse justifie des moyens bas. Ce n'était pas un salaud et davantage un niais ; il avait vu comment des partisans s'instaurent promptement en « tribunal du peuple » et rendent une justice sans preuves qui assouvit ses vengeances. Tous dans sa section sauf lui avaient été volontaires pour exécuter une jeune institutrice qui probablement n'avait pas « trahi » autre chose que l'amour possessif du commandant. Il avait vu aussi comment l'argent rentre dans les caisses d'un parti et comment il en sort. Il démissionna. Il lui fallait du recul, pensait-il, pour mieux comprendre l'« essence du politique ». »

Intronisé Citoyen d'honneur de la ville de Sélestat en 1984 par le maire d'alors, le Docteur François Kretz, ce dernier dit à cette occasion : « Malgré le contexte culturel français où les idées et les valeurs ne sont pas neutres, ce qui les rend récupérables, accaparables, monopolisables, Julien Freund a su en toutes circonstances préserver son indépendance et sa probité intellectuelles, exercice douloureux, puisque les coups viennent de tous les côtés. Sa biographie est là pour le rappeler. »[21]. Jean Hur rapporte aussi cette remarque de Julien Freund lui-même : « C'est avec le sourire que j'accumule les diverses manières de me classer politiquement, depuis l'extrême-gauche jusqu'à l'extrême-droite »[22].

Julien Freund était essentialiste c à d qu'il cherchait les invariants des activités humaines, invariants qui les soutendaient quel que soit le régime politique ou l'époque.<<Il y a une essence du politique>> De même pour l'économique, l'art, le religieux.Et ces activités sont autonomes. Il aimait manier le paradoxe dans son approche philosophique car le paradoxe jetait un éclairage cru et pertinent mettant facilement en relief les mensonges des politiques mais c'était un art difficile pas toujours exempt de surprises.

Les partisans de Freund rappellent que Julien Freund a aussi intégré dans ses travaux une grande partie du libéralisme antique et renaissant (Aristote, Machiavel). Une place plus importante est accordée à l'individualisme méthodologique wébérien et au réalisme hobbesien.

En 1984 paraît La Décadence, qui fait suite à La Fin de la Renaissance (1980). L'ouvrage est une somme, selon l'expression de Taguieff. Il sort à peu près en même temps que Plaidoyer pour une Europe décadente de Raymond Aron. L'ouvrage traduit l'esprit de synthèse de Julien Freund et embrasse des pans entiers de la pensée humaine, de Thucidyde à Toynbee, en passant par Ibn Khaldoun, Paul Valéry, Volgraff et von Lasaulx, Herder, Schlegel, Goethe, Novalis, O.Seek, Rostovzeff, Sorel et Ferroro, Dostoîewski, Djuvada, Oswald Spengler et Pareto.

Parmi les auteurs qui se sont attachés à l'étude de Julien Freund, beaucoup ont salué son courage, sa lucidité, la clarté de sa pensée, sa finesse, son aspect de visionnaire, son indépendance et son sens de la tolérance . Il avait le goût du paradoxe qu'il maniait souvent mais il avait une autre qualité dont il ne rougissait pas, au contraire, c'était un besogneux. Il n'aimait pas parler de choses qu'il ne connaissait pas et avançait parfois avec prudence : témoin Racisme Antiracismes, car il avait conscience des nombreux problèmes soulevés par l'immigration[23]. Il savait toutefois prendre position sur des questions brûlantes comme l'affaire Rushdie, auteur des Versets sataniques : ce qui serait en jeu ce serait la liberté de création, présentée comme une espèce d'absolu dans la littérature ou dans l'art. Freund n'approuve ni l'un ni l'autre au motif que toute civilisation a pour fondement une hiérarchie des valeurs et des normes qu'un absolu réduirait à néant. Quelle que soit la civilisation, les valeurs ne se valent pas, ou bien elle devient moribonde[24]. En cela il rejoint la pensée de Max Weber sur Le polythéisme des valeurs mais se distancie de la pensée prédominante.

Attaché à la démocratie (et préférant peut-être même la mésocratie), Freund considère qu'elle est un régime politique et réside dans la manière tempérée d'appliquer la contrainte mais qu'elle peut se corrompre par « démocratisation » étant entendu que le politique ne doit pas résoudre tous les problèmes. On voit mal le politique résoudre les problèmes de l'art ou du religieux. À l'inverse, il n'appartient pas au religieux d'imposer tous ses principes au politique en démocratie. Il attire également l'attention sur les corruptions du langage et la ruse « La démocratie se décompose quand elle dilapide la sincérité en démagogie et en flatterie »[25] .

La mésocratie[26] selon Julien Freund Ce terme est employé par le philosophe J. Freund la première fois en 1978.Pour lui le terme de démocratie a été galvaudé.<<Quand tout le monde est démocrate, personne n'est démocrate>>. <<La mésocratie[27] est comme la racine grecque permet de le deviner, un pouvoir qui respecte une certaine mesure, un pouvoir qui est entouré de contre pouvoirs. Il n'y a rien de plus terrible que le pouvoir solitaire.>>Les contre pouvoirs doivent contrôler le pouvoir ce qui suppose une constitution. La liberté c'est aujourd'hui et non demain. Plutôt que de parler de 'la 'liberté' J. Freund préfère utiliser le terme de libertés concrètes, de la liberté de la presse, d'association, de conscience. Si l'on ne donne pas d'abord les libertés concrètes, on n'aura jamais la liberté au singulier .Dans la mésocratie telle que la conçoit Julien Freund la séparation des pouvoirs se fait automatiquement du fait qu'il y a plusieurs pouvoirs. Il rappelle également que la politique confisque la violence pour la domestiquer dans une sorte de monopole du pouvoir et elle est la seule à pouvoir le faire sinon ce sera la guerre civile.

Philosophe de formation, Freund souhaitait remettre la philosophie à l'honneur et notamment la métaphysique[28].<<Si elle renonce à ses ambitions prométhéennes , réhabilite la métaphysique et considère l'homme dans sa complexité, la philosophie peut recouvrer tout son éclat>> Il y œuvra dans Philosophie Philosophique. Sa dernière œuvre achevée sera L'essence de L'Économique. Il mourra peu après. Dans ce livre figure une note manuscrite de l'auteur dans laquelle il se confie, notamment au sujet de sa santé. Depuis plusieurs années déjà il avait accumulé les problèmes de santé qu' il avoue avoir combattus grâce à l'écriture. Il sera enterré à Villé. Enfin il est un aspect de Julien Freund qu'il convient de rappeler: c'était un homme de foi[29]. Lecteur de Chestov et de sa théologie négative, qui enseignait que l'impérialisme du savoir obscurcit le gouffre de la vie ,Julien Freund supportait mal que la science envahisse tout et veuille supplanter la métaphysique et la foi religieuse. Après l'éclipse religieuse de sa jeunesse il était revenu vers la foi de ses parents notamment celle de sa mère.<<C'est curieux, disait-il je suis arrivé à la foi par la raison à partir du moment où j'avais cru comprendre le fait religieux. Alors je me suis dit que je devais être en accord avec moi-même >>.Mais ce n'était point une foi facile à vivre, comme il le répétait souvent. Pour sa messe d'enterrement , il avait souhaité qu'on interprétât le <<Dies irae, Dies ira>> qui fut chanté par la chorale des étudiants de Strasbourg. L'homme Julien Freund était tout entier dans le choix de ce chant.

En 1993, Julien Freund s'est vu attribuer par l'historien Pierre Chaunu[30], Président de l'Académie des Sciences morales et politiques de l'Institut de France, le Prix Emile Girardeau[31]. Ce prix couronnait l'ensemble de son œuvre.

Ses travaux ont fortement influencé deux de ses anciens élèves, la philosophe Chantal Delsol et le sociologue Michel Maffesoli[32], mais aussi Pierre-André Taguieff.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Pierre-André Taguieff dans son ouvrage sur Julien Freund rapporte un dialogue entre Jean Hyppolite et Julien Freund lors de la soutenance de thèse en 1965 de ce dernier. Hyppolite dit :

« Sur la question de la catégorie de l'ami-ennemi, si vous avez vraiment raison, il ne me reste plus qu'à aller cultiver mon jardin. »

Freund répliqua :

« Écoutez, Monsieur Hyppolite, vous avez dit […] que vous aviez commis une erreur à propos de Kelsen. Je crois que vous êtes en train de commettre une autre erreur, car vous pensez que c'est vous qui désignez l'ennemi, comme tous les pacifistes. Du moment que nous ne voulons pas d'ennemis, nous n'en aurons pas, raisonnez-vous. Or c'est l'ennemi qui vous désigne. Et s'il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d'amitiés. Du moment qu'il veut que vous soyez son ennemi, vous l'êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin. »

Hyppolite répondit :

« Dans ce cas, il ne me reste plus qu'à me suicider. »

P.-A. Taguieff cite ensuite le commentaire critique fait par Raymond Aron à propos de Jean Hyppolite et rapporté par Julien Freund :

« Votre position est dramatique et typique de nombreux professeurs. Vous préférez vous anéantir plutôt que de reconnaître que la politique réelle obéit à des règles qui ne correspondent pas à vos normes idéales. »

Dans un Eloge du paradoxe Julien Freund exposait les avantages et les inconvénients du paradoxe avec le risque pour celui qui le manie de se retrouver parfois dans des situations embarrassantes. Jean Hur rapporte cette anecdote à ce propos racontée par J.Freund lui-même.<<J'ai participé à des tables rondes à la radio et à la télévision allemandes et parmi mes interlocuteurs il y avait des pacifistes . J'ai posé un paradoxe à propos de l'idée de paix. Or la paix on la fait avec l'ennemi......Il n'est pas nécessaire de faire la paix avec des amis puisque par définition ,l'amitié est un état de paix. Par conséquent l'ennemi est un concept central aussi bien de la paix que de la guerre ....Cette façon de raisonner n'a pas plu à un jeune pacifiste allemand qui m' a tout simplement qualifié de nazi. Et voilà comment passe pour un nazi un homme qui a été l'otage de l'armée allemande en juillet 1940,"coffré" par la Gestapo en novembre 1940,qui a fait partie un des premiers de la résistance en France(J.Cavaillès), qui a fait 2 ans de prison et de camp...,s'est évadé en juin 1944 pour combattre dans le maquis jusqu'à la libération du territoire!>>

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L’Essence du politique (Sirey, 1965).
  • Sociologie de Max Weber (PUF, 1966 et 1983).
  • Europa ohne Schminke (Drückerei Winkelhagen, Goslar 1967).
  • Qu’est-ce que la politique ? (Seuil, 1968 et 1978).
  • Max Weber (Collection «Sup-Philosophie» PUF, 1969).
  • Le Nouvel âge. Éléments pour la théorie de la démocratie et de la paix (Marcel Rivière, 1970).
  • Le Droit d’aujourd’hui (PUF, 1972).
  • Les Théories des sciences humaines (PUF, 1973).
  • Pareto. La théorie de l’équilibre (Seghers, 1974).
  • Georges Sorel. Eine geistige Biographie (Siemens-Stiftung, Munich 1977).
  • Les Problèmes nouveaux posés à la politique de nos jours (Université européenne des affaires, 1977),
  • Utopie et violence (Marcel Rivière, 1978).
  • Il luogo della violenza (Cappelli, Bologna 1979).
  • La Fin de la Renaissance (PUF, 1980).
  • La crisis del Estado y otros estudios (Instituto de Ciencia política, Santiago de Chile 1982).
  • Idées et expériences. Les activités sociales: regards d’un sociologue (Institut des Sciences Politiques et Sociales de l’U.C.L., Louvain-la-Neuve 1983).
  • Sociologie du conflit (PUF, 1983).
  • Idées et expériences (Institut de sociologie de l’UCL, Louvain-la-Neuve 1983).
  • La Décadence. Histoire sociologique et philosophique d’une catégorie de l’expérience humaine (Sirey, 1984).
  • Philosophie et sociologie (Cabay, Louvain-la-Neuve 1984).
  • Politique et impolitique (Sirey, 1987).
  • Philosophie philosophique (Découverte, 1990).
  • Études sur Max Weber (Droz, Genève 1990).
  • Essais de sociologie économique et politique (Faculté catholique Saint-Louis, Bruxelles 1990).
  • L’Aventure du politique. Entretiens avec Charles Blanchet (Critérion, 1991).
  • D’Auguste Comte à Max Weber (Economica, 1992).
  • L’Essence de l’économique (Presses universitaires de Strasbourg, Strasbourg 1993).
  • Diritto e Politica. Saggi di filosofia giuridica (Edizioni Scientifiche Italiane, Napoli 1994).
  • Il Terzo, il nemico, il conflitto. Materiali per una teoria del Politico (Giuffrè, Milano 1995).
  • Warfare in the modern world: a short but critical analysis (Plutarch Press, Washington D.C. 1996).
  • Voci di teoria politica (Antonio Pellicani Editore, Roma, 2001).
  • Vista de conjunto sobre la obra de Carl Schmitt (Struhart & Cía., Buenos Aires, 2002).
  • Les Lettres de la vallée (non paru).
  • Die Industrielle Konfliktgesellschaft(1977)
  • Der Unauffindbare Friede(1964 Berlin pour le 75ème anniversaire de Carl Schmitt)
  • Die Politik als Heillehre(1974)
  • Die Demokratie und das Politische(Berlin 1967 288 pages)
  • Die neue Bewertung des Krieges als Mittel der auswärtigen Politik nach 1870(1970)

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Max Weber, Le Savant et le Politique, Plon, Paris 1959.
  • Max Weber, Essais sur la théorie de la science, Plon, Paris 1965, et Agora/Presses-Pocket, 1992.
  • Max Weber, Économie et société, Plon, Paris 1971.

Son œuvre comprend aussi un nombre très important d’articles, d’essais, de préfaces et de communications. On en trouvera la liste dans La bibliographie de Julien Freund dressée par Piet Tommissen dans le numéro spécial de la Revue européenne des sciences sociales (Nr. 54-55, 1981, p. 49-70) offert à Freund pour son 60e anniversaire. Une autre bibliographie, prolongée jusqu’en 1984 et également établie par Piet Tommissen, figure en annexe de Philosophie et sociologie (Cabay, Louvain-la-Neuve 1984, p. 415-456 : Julien Freund, une esquisse bio-bibliographique).

Études sur l'auteur[modifier | modifier le code]

  • Julien Freund 1921-1993 Le maître de l'intelligence du politique et notre ami à l'"enfance éternelle" de Charles Blanchet IFOCAP Philosophie 1993
  • Revue Agone, n°54, 2014, article de Alain Bihr, « L’extrême droite à l’université : le cas Julien Freund », avec une introduction de Sylvain Laurens.
  • Revue européenne des sciences sociales, "Critique des théories du social et épistémologie des sciences humaines: études en l’honneur de Julien Freund", 19, no 54-55, Droz, Genève 1981.
  • Revue des sciences sociales de la France de l’Est, "Région et conflits. Hommage à Julien Freund" (Strasbourg), no 10.
  • Tijdschrift voor de studie van de verlichting en van het vrije denken, "Politiek en decadentie volgens Julien Freund", 11, no 4, 1983.
  • Studi Perugini, Università degli Studi di Perugia, no 1, 1996.
  • Empresas políticas, Sociedad de Estudios Políticos de la Región de Murcia, no 5, 2004.
  • Jerónimo Molina Cano, La filosofía económica de Julien Freund ante la economía moderna, Fund. Cánovas del Castillo, Cuadernos Veintiuno de Formación, no 10, Madrid 1997.
  • Jerónimo Molina Cano, Julien Freund, lo político y la política, Ediciones Sequitur, Madrid, 1999.
  • Jerónimo Molina Cano, Conflicto, gobierno y economía (cuatro ensayos sobre Julien Freund), Struhart & Cía., Buenos Aires 2004.
  • Alessandro Campi, Carl Schmitt, Freund, Miglio: figure e temi del realismo politico europeo, La Roccia di Erec, Fiorenza 1996.
  • Sébastien de la Touanne, Julien Freund - Penseur "machiavélien" de la politique, L'Harmattan, Paris, 2004.
  • Juan Carlos Valderrama Abenza, Julien Freund, la imperiosa obligación de lo real. Estudio bio-bibliográfico, Sociedad de Estudios Políticos de la Región de Murcia, 2005.
  • Thierry Paquot, "Julien Freund, l'intellectuel frontière qui n'a pas de frontière", Revue des sciences sociales, no 40, 2008, p. 154-161.
  • Gil Delannoi, Pascal Hintermeyer, Philippe Raynaud, Pierre-André Taguieff, Julien Freund La dynamique des conflits, Berg International, Paris, 2010 ISBN 978-2-917191-36-1
  • Profil de Julien Freund Revue Sociétés novembre 1986 de Monique Hirschhorn(Orléans)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henridorff, Bulletin municipal no 20 cf page 58 du bulletin (= page 59 du pdf)
  2. Jean Hur Julien Freund, philosophe, sociologue et ethnologue ; médiateur entre la pensée allemande et française, dans Biographie alsacienne, Heimetsproch, 1993
  3. Déserteurs recherchés par la Gestapo : archives de la Moselle Metz, Cote 4 AR 14. En liste 1, KUGLER Hermann 20.7.1921 Forbach SKT GEORG mari de Emilie Freund ainée des sœurs de Julien Freund, et en liste 2, Freund Antonius Heinrichsdorf disparu à Heinrichsdorf (N°3). Les noms ont été germanisés.
  4. Joseph Dillenschneider Les passeurs lorrains, Souvenirs de Guerre de passeurs et de résistants au pays de Sarrebourg et de Dabo 1940-1945, Éditions Pierron (Sarreguemines), décembre 1979 Dépôt légal : 79/4-N° 337
  5. Annexion 1940-1945 Témoignages du Pays de Sarrebourg Société d'histoire et d'Archéologie de Lorraine Édition Sarrebourg Recueillis et classés par Bruno Schoeser Imprimerie Sarrebourgeoise - Novembre 1993 - Dépôt légal 11-1993 N° 03781 ISBN 2-909-433-04-8
  6. a et b Henridorff, Village-Rue Du Pays De Phalsbourg, Auguste Kolopp, André Martinelle, Edmond Riedinger et Yvonne Krumenacker-Dreyer, Scheuer (éditeur), 1988
  7. Témoinages de Julien Freund lui-même
  8. Le Républicain Lorrain du 12.09.1993, article nécrologique de Gérard Stricher intitulé Disparition d'un grand penseur
  9. Dernières Nouvelles d'Alsace (date ?), Festival européen des écrivains à Strasbourg, article signé Christian Lutz-Sorg : Julien Freund à l'honneur, Prix européen de l'écrivain d'Alsace
  10. Paru dans Relève politique n°5, hiver 2005 - Texte de Georges Feltin-Tracol-Primautés métapolitiques. Recensions I. Julien Freund et l'essence du Politique
  11. Muller Pierre: Carl Schmitt et les intellectuels français. La réception de Carl Schmitt en France, Mulhouse, Éditions de la Fondation Alsacienne pour les Études Historiques et Culturelles, 2003 p. 55-104
  12. David CUMIN:Le concept du politique:Carl Schmitt et Julien Freund Comparés p. 203 à 216 in Julien Freund et la dynamique des conflits Berg International ISBN 978-2-917191-36-1
  13. Id;
  14. Rémi Soulié, Julien Freund, maître oublié
  15. Paul-François Paoli, « Julien Freund, l'«inconformiste» capital », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  16. La Cuisine alsacienne et la Cuisine à l'alsacienne. Citation de J. Freund par Gilles Pudlowski dans La jeune cuisine d'Alsace, Albin Michel, ISBN 2-226-02816-1
  17. Alain Bihr, « Julien Freund : De la résistance à la collaboration », H&A, no 7, 1994
  18. Les Actes du congrès ont été publiées aux éditions Labyrinthe, Paris, 1985, pages 7 à 19.
  19. Alain Bihr, « Julien Freund : de la résistance à la collaboration », op. cit.
  20. Jean-Paul Sorg Julien Freund, ou de la difficulté de penser la politique !, réponse à Alain Bihr dans Histoire et Anthropologie n°8, juillet-septembre 1994
  21. Le Doyen Julien Freund, dans Biographie alsacienne Heimetsproch de Jean Hur
  22. Julien Freund, philosophe, sociologue et ethnologue, médiateur entre la pensée allemande et française dans Biographie alsacienne Heimetsproch de Jean Hur, chapitre Un esprit singulier et non conformiste
  23. Racisme Antiracismes, sous la direction d'André Béjin et de Julien Freund, MERIDIENS KLINCKSIECK, 1986, ISBN 2-86563-163-X
  24. Lettre d'Europe, Faux raisonnements sur l'affaire Rushdie par Julien Freund, L'Analyste 27/automne 1989 (revue du Québec)
  25. La démocratie et ses dégénérations, Julien Freund dans Spécial démocratie. Revue Géopolitique N°11, automne 1985, préface de M.F. Garaud.
  26. LA MESOCRATIE: CRITERES Montréal N°22,1978 p 31-46
  27. http://agora.qc.ca/dossiers/Mésocratie site consulté le 13.03.2015
  28. Julien Freund : Vive la philosophie ! Idées.1990) On attend d'elle (la philosophie) qu'elle soit ce qu'elle a toujours été:l'illustration du monde et de l'être par les idées
  29. Julien Freund Le maître de l'intelligence du politique et notre ami à l'"enfance éternelle"Ifocap Philosophie 1993
  30. Républicain Lorrain du 31.12.1993, L'hommage à Julien Freund
  31. Académie des Sciences morales et politiques de l'Institut de France à Paris, présidé en 2015 par Chantal Delsol, élève de Julien Freund - Information confirmée par son secrétaire Pierre Kerbrat consulté le 17.02.2015
  32. Paul-François Paoli, « Michel Maffesoli : Julien Freund, penseur libre et non libre penseur », Le Figaro,‎ (lire en ligne)

    « J'ai rencontré Julien Freund au cours de mes études à Strasbourg où il dirigeait l'Institut de polémologie. J'avais été frappé par son esprit décapant, ouvert, non conformiste. En mai 1968, il était un des rares professeurs à être à la fois présent et opposé au mouvement ; n'hésitant pas à venir haranguer les étudiants et leur signaler telle ou telle incohérence. Fort de son aura universitaire, cette attitude avait suscité le respect… Entre Julien Freund, admirateur de la pensée de Carl Schmitt et auteur de L'Essence du politique - essai considéré comme un maître livre par Raymond Aron - et Michel Maffesoli, théoricien d'une postmodernité dionysiaque, auteur du Temps des tribus, on imagine assez mal une amitié intellectuelle. Celle-ci eut pourtant lieu. « Le vrai maître n'impose rien, il accompagne une œuvre en cours, affirme Michel Maffesoli. En initiateur, Julien Freund s'est employé à faire croître ce qui lui semblait original dans ma démarche. Faut-il le préciser, celle-ci était parfois fort éloignée de ses propres positions. Mais là n'était pas l'essentiel. L'important était les discussions passionnées que nous avions, notamment durant des colloques où il m'emmenait, à Rome, Athènes, Munich… » Maffesoli ajoute : « Je n'oublie pas qu'il m'a fait découvrir le philosophe et sociologue Georg Simmel. C'est grâce à tout cela que j'ai pu engager mes recherches sur la postmodernité. Voilà ce que je retiens de l'œuvre et de la pensée d'un tel maître, qui se moquait des “libres penseurs” et se qualifiait avant tout de “penseur libre”. »

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