Krisis (revue)

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Ne doit pas être confondu avec Krisis, groupe de philosophes allemands.
Krisis
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité 4 numéros par an
Genre Débats, idées
Prix au numéro 24 euros
Date de fondation 1988
Ville d’édition Lille

Directeur de publication Alain de Benoist
Rédacteur en chef Thibault Isabel
ISSN 0994-2440
Site web krisisdiffusion.com

Krisis est une « revue d'idées et de débats » créée en 1988 par Alain de Benoist, qui en est directeur de publication, assisté depuis 2003 de Thibault Isabel à la rédaction en chef. Issue du courant de la « Nouvelle Droite », publiée par La Méduse, elle paraît quatre fois par an selon une formule de numéros thématiques.

Contenu[modifier | modifier le code]

Affichant pour objectif le débat intellectuel à propos d'enjeux concernant la France ou, plus largement, l'Europe, cette revue accueille des contributeurs venus d'horizons différents, tant sur un plan disciplinaire que géographique ou idéologique. Krisis se distingue par une approche pluraliste et son ouverture aux points de vue adverses. La revue n'hésite d'ailleurs pas à publier des auteurs de gauche autant que de droite, voire connus pour leur position critique vis-à-vis des idées qu'elle défend[Lesquelles ?]. Cette stratégie du dialogue a été critiquée et a été au centre de plusieurs polémiques reprochant à certains intellectuels d'avoir collaboré à Krisis, comme Roger-Pol Droit, qui les taxait d'un "manque de vigilance" (voir par exemple Le Monde du 13 juillet 1993).

Le numéro intitulé Art/Non-Art, auquel participent Jean Baudrillard, Jean-Philippe Domecq, Jean Clair et l'artiste Ben qui adopte une perspective globalement critique à l'égard de l'art contemporain, avait suscité en avril 1997, une réponse virulente intitulée « L’extrême droite attaque l’art contemporain » dans la revue Art Press qui y consacre son numéro 223[1]. Pour Annette Lévy-Willard dans Libération cette « offensive de l'extrême droite contre l'art moderne n'est pas une nouveauté historique Hitler avait commencé de détruire tout ce qui ressemblait à de l'art moderne »[2]. Laurent Danchin considère comme une « imposture » cet amalgame politique collé à toute prise de position contre l'« art contemporain », « mécanisme d’autodéfense jouant sur les tabous dans le but de culpabiliser et de paralyser l’adversaire », jugeant également une imposture « sa prétention à être le seul art légitime ou possible »[1].

Krisis est une revue parfois sulfureuse, qualifiée d'extrême droite par Annick Colonna-Césari dans L'Express[3], bien que lue par « nombre d'universitaires » selon Pierre-André Taguieff[4]. Son audience « reste cependant limitée : environ six cents abonnés. »[5]

Contributeurs[modifier | modifier le code]

De nombreux auteurs ont écrit dans les colonnes de Krisis, parmi lesquels Michel Maffesoli, Maurice Godelier, Jacques Julliard, Boris Cyrulnik, André Comte-Sponville, Régis Debray, Tariq Ramadan, Raphaël Liogier, Nancy Huston, François Flahault, Jean-Luc Mélenchon, Émile Poulat, Alain Bauer, Costanzo Preve, Aldo Naouri, Guy Hermet, etc.

Titres[modifier | modifier le code]

  • Krisis : Culture ?, Paris (no 1),
  • Krisis : Évolution ?, Paris (no 2),
  • Krisis : Tradition ?, Paris (no 3),
  • Krisis : Société ?, Paris (no 4),
  • Krisis : Nation ?, Paris (no 5),
  • Krisis : Mythe ?, Paris (no 6),
  • Krisis : Morale ?, Paris (no 7),
  • Krisis : Morale (2) ?, Paris (no 8),
  • Krisis : Communication ?, Paris (no 9),
  • Krisis : Stratégies ?, Paris (no 10-11),
  • Krisis : L’argent ?, Paris (no 12),
  • Krisis : Europe ?, Paris (no 13-14), avril 1993
  • Krisis : Écologie ?, Paris (no 15),
  • Krisis : Communauté ?, Paris (no 16),
  • Krisis : Sexualité ?, Paris (no 17)
  • Krisis : Travail ?, Paris (no 18),
  • Krisis : Art/Non-art  ?, Paris (no 19),
  • Krisis : L’avenir ?, Paris (no 20-21)
  • Krisis : Fédéralisme ?, Paris (no 22),
  • Krisis : Les Grecs ?, Paris (no 23), juillet 1999
  • Krisis : Technique ?, Paris (no 24)
  • Krisis : Droit ?/Non-droit ?, Paris (no 25),
  • Krisis : Droit ?/Non-droit (2) ?, Paris (no 26),
  • Krisis : Origine ?, Paris (no 27),
  • Krisis : Politique ?, Paris (no 28),
  • Krisis : Populisme ?, Paris (no 29),
  • Krisis : Psychologie ?, Paris (no 30),
  • Krisis : Droite/Gauche, Paris (no 31),
  • Krisis : Gauche/Droite ?, Paris (no 32),
  • Krisis : La guerre ?, Paris (no 33),
  • Krisis : La guerre ? (2), Paris (no 34),
  • Krisis : Le chaos ?, Paris (no 35),
  • Krisis : Polythéisme ? Monothéisme ?, Paris (n°36), février 2012
  • Krisis : Religion ?, Paris (n°37), avril 2012
  • Krisis : Education ?, Paris (n°38), septembre 2012
  • Krisis : Sciences ?, Paris (n°39), septembre 2013
  • Krisis : Identité ?, Paris (n°40), mars 2015
  • Krisis : Sexe(s)/Genre(s) ?, Lille (n°41), septembre 2015
  • Krisis : Socialisme ?, Lille (n°42), décembre 2015
  • Krisis : L'Amérique ?, Lille (n°43), mars 2016
  • Krisis : Modernité ?, Lille (n°44), juin 2016
  • Krisis : Progrès ?, Lille (n°45), septembre 2016
  • Krisis : Nation et souveraineté ?, Lille (n°46), janvier 2017
  • Krisis : Paganisme ?, Lille (n°47), juin 2017

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « A propos d'un débat sur l'art dit contemporain », entretien de Jean-Philippe Catonné avec Laurent Danchin en décembre 1997, in L'art contemporain, et après, Phénix Editions, Paris, 1999
  2. Quand l'extrême droite récupère la croisade anti-art moderne, Annette Lévy-Willard, Libération, 26 mars 1997.
  3. L'art contemporain à couteaux tirés, selon L'Express.
  4. « À nos questions sur Krisis, nombre d'universitaires et d'intellectuels “légitimes” ont répondu qu'il s'agissait, à leurs yeux, d'une revue de haute tenue, mais ils nous ont tous prié de ne point les citer par leurs noms (...) » (Pierre-André Taguieff, Sur la Nouvelle Droite. Jalons d'une analyse critique, « Descartes et cie », 1994).
  5. Les élans ratés de la nouvelle droite, Abel Mestre, Le Monde, 9 août 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]