Razmig Keucheyan

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Razmig Keucheyan
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Naissance
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Razmig Keucheyan (né en 1975) est un sociologue et militant de la gauche radicale suisse, professeur au centre Émile Durkheim de l'université de Bordeaux[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Razmig Keucheyan est né le 20 novembre 1975. Il commence ses études à Genève, où il fait ses premiers pas de militant dans le groupe solidaritéS. Après avoir obtenu sa maîtrise en 2000, il s'installe à Paris où il obtient un DEA en 2001 puis un doctorat de sociologie de l’université de Paris-Sorbonne en 2005 sous la direction de Raymond Boudon.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Il intègre en 2007 le Groupe d'étude des méthodes de l'analyse sociologique de la Sorbonne (GEMASS) et devient membre du comité de rédaction de la revue Contretemps. Il est maître de conférences en sociologie à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris IV)[2].

En 2016, il est professeur des Universités au Centre Émile Durkheim de l'université de Bordeaux et membre du comité de rédaction de la revue Actuel Marx[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Razmig Kecheuyan adhère au Nouveau Parti anticapitaliste dès sa création en 2008 où il participe à son courant unitaire. En mai 2011, il cosigne l'appel Pour une candidature de la gauche de transformation sociale et écologique pour les présidentielles de 2012[3]. En 2014, aux côtés de nombreuses autres personnalités, il signe l'appel du Mouvement pour la 6e République initié par Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche[4].

Le 30 novembre 2015, il est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[5],[6].

Travaux[modifier | modifier le code]

Razmig Keucheyan est connu pour avoir réalisé une cartographie des « nouvelles pensées critiques », publiée dans son ouvrage Hémisphère gauche[7]. Selon lui, on assiste, depuis les manifestations contre l'Organisation mondiale du commerce de Seattle en 1999 et le Forum social mondial de Porto Alegre de 2001, à l'apparition de « nouvelles théories critiques », lesquelles remettent en question, de façon globale, l'ordre social existant et non plus des aspects limités de cet ordre comme l'instauration d'une taxe sur les transactions financières[8].

Également reconnu comme l'un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Antonio Gramsci[7], il a contribué au documentaire réalisé par Fabien Trémeau sur le philosophe marxiste italien paru en 2014 et intitulé : Antonio Gramsci, penseur et révolutionnaire.[9]

Il s'intéresse également à la problématiques de l'écologie et montre que la crise écologique n'est pas indépendante des enjeux et des luttes politiques. Il met ainsi en avant que les conséquences environnementales dues à l'activité humaine affectent avant tout les populations et les classes dominées. Selon lui, on ne doit pas faire abstraction des oppositions de classes lorsqu'on aborde la question de l'environnement[10]. Il développe et analyse au cours de nombreuses interventions et tribunes le phénomène qu'il nomme « racisme environnemental ». En partant de situations édifiantes comme la décision, prise en 1982, d’installer une décharge de déchets toxiques dans le comté de Warren (Caroline du Nord), majoritairement peuplé de Noirs pauvres, Razmig Keucheyan montre comment « la distribution des populations les plus vulnérables doit être corrélée à la division raciste de l’espace physique, mais aussi aux rapports de force genrés et à la répartition des dégâts écologiques contemporains (industries toxiques, réserves de déchets…) »[11].

Dans cette même perspective, il a beaucoup travaillé sur la « financiarisation de la nature » (la création de produits financiers branchés sur le changement climatique, comme les marchés carbone ou les dérivés climatiques)[12], qu'il pointe comme étant l'une des solutions apportées par le capitalisme à la crise écologique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Razmig Keucheyan - Centre Emile Durkheim »
  2. Fiche de Razmig Keucheyan au Groupe d'étude des méthodes de l'analyse sociologique de la Sorbonne (GEMASS).
  3. « Pour une candidature de la gauche de transformation sociale et écologique en 2012 », sur europe-solidaire.org,
  4. « Déclaration pour la 6e République », sur m6r.fr (consulté le 7 octobre 2014)
  5. Collectif, « L'appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence » », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  6. AFP, « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point,‎ (lire en ligne).
  7. a et b Compte rendu de René Charest dans Nouveaux Cahiers du socialisme, numéro 14, automne, 2015, pp. 255–257 : « Connu pour Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques, ouvrage visant à faire connaître la « nouvelle gauche » sur le plan international, Keucheyan a aussi proposé une nouvelle présentation des textes de Gramsci. »
  8. Gisèle Ampleman, Linda Denis, Jean-Yves Desgagnés, Théorie et pratique de conscientisation au Québec, PUQ, 318 pages, (rubrique 1.3. La conscientisation et les nouvelles pensées critiques).
  9. Jean-Claude Zancarini, « Fabien Trémeau, Antonio Gramsci, penseur et révolutionnaire », Lectures,‎ (ISSN 2116-5289, lire en ligne)
  10. Compte rendu de René Charest, op. cit.
  11. compte rendu de Jérôme Lamy & Arnaud Saint-Martin sur le site ZILSEL : « L’État, la nature et le capital : le triptyque infernal. Compte rendu et entretien flash avec Razmig Keucheyan », 21 juin 2014.
  12. Razmig Keucheyan, « Quand la finance se branche sur la nature », Le Monde diplomatique,‎ (ISSN 0026-9395, lire en ligne).

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Direction d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Guerre de mouvement et guerre de position. Textes des Cahiers de prison d’Antonio Gramsci, choisis et commentés par Razmig Keucheyan, Paris, La Fabrique, 2012. Voir un extrait de ce livre publié par la revue Contretemps.
  • Avec Gérald Bronner, La théorie sociale contemporaine, Paris, PUF, collection « Quadrige », 2012.

Articles de revues[modifier | modifier le code]

  • « Identité personnelle et logique du social », in Revue européenne des sciences sociales, 2002/3 (XL).
  • « Les communautés de fans de Matrix sur Internet : une étude de sociologie de la connaissance », in L'Année sociologique, 2006/1 (vol. 56).
  • « L'imagination constructiviste. Une enquête au centre de sociologie de l'innovation », in L'Année sociologique, 2008/2 (vol. 58).
  • « Philosophie politique du pirate », in Critique, 2008/6 (n° 733-734).
  • « Présentation. De la piraterie au piratage », avec Laurent Tessier, in Critique, 2008/6 (n° 733-734).
  • « Durkheim, Wittgenstein et les normes de la pensée », in Diogène, 2009/4 (n° 228).
  • « Un réalisme intransigeant. À l'occasion du cinquantenaire de la New Left Review », in Mouvements, 2010/2 (n° 62).
  • « Le moment américain. Sur la mondialisation des pensées critiques », in Revue française d’études américaines, 2010/4 (n° 126).
  • « L’état de l’utopie. La question de l’État dans les pensées critiques contemporaines », in Revue française de socio-économie, 2015/2 (hors-série).
  • avec Cédric Durand, « Financial Hegemony and the Unachieved European State », in Competition & Change, vol. 19 (2), 2015.
  • « La lutte des classes dans la nature. Classe, race et environnement en perspective historique », in Cahiers d’histoire, 130, 2016.
  • « Le marxisme et les guerres du climat. Les théories critiques face aux évolutions de la violence collective », in Raisons politiques, 2016/1 (N° 61).
  • « Financiariser les catastrophes naturelles : assurance, finance et changement climatique », in Actuel Marx, 2017/1 (n° 61).

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • « Anatomie d’une triple crise », Le Monde diplomatique, août 2017, p. 3.
  • « Ce dont nous avons (vraiment) besoin », Le Monde diplomatique, février 2017, p. 3.
  • « La crise climatique va aggraver encore les inégalités », entretien réalisé par Nicolas Dutent, L'Humanité, 1er décembre 2015
  • « Quand la finance se branche sur la nature », Le Monde diplomatique, mars 2014, p. 1, 22 et 23.
  • « Gramsci, une pensée devenue monde », Le Monde diplomatique, juillet 2012, p. 3.

Liens externes[modifier | modifier le code]