Eileen Gray

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Eileen Gray
Image illustrative de l'article Eileen Gray
Présentation
Nom de naissance Kathleen Eileen Moray Smith
Naissance 9 août 1878
Enniscorthy, Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Décès 31 octobre 1976 (à 98 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Irlande Irlande à partir de 1922
Mouvement(s) Mouvement moderne, courant puriste, Union des artistes modernes...
Activité(s) Designer
Architecte
Diplôme dessinatrice
Formation Slade School of Fine Art
Académie Julian
Académie Colarossi
Œuvre
Agence Galerie Jean Désert
Réalisations Fauteuil aux dragons

Paravent en brique de laque noir
Fauteuil Bibendum
Table-guéridon à plateau en verre E-1027
Villa E-1027

Publications "E.1027: Maison en bord de mer"(1929)
Entourage familial
Père James Maclaren Smith
Mère Eveleen Pounden

Eileen Gray, née Kathleen Eileen Moray Smith le 9 août 1878 à Enniscorthy dans le sud de l' Irlande alors Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et morte le 31 octobre 1976 à Paris, est une designer et architecte irlandaise. Elle est surtout connue pour avoir incorporé de luxueuses finitions laquées sur des meubles d'esthétique Art déco puis évolué vers le mobilier à structure en acier tubulaire de Style international dans les années 1920.

Dans le domaine architectural, elle est célèbre pour avoir créé la Villa E-1027 avec Jean Badovici, interprétation libre de l'architecture moderniste. Après avoir été largement oubliée par le corps architectural pendant de longues années, elle a connu un regain de popularité à la fin de sa vie. Aujourd'hui, elle fait partie du « Panthéon » des architectes et designers qui ont marqué cette discipline de leur empreinte. En témoignent les expositions posthumes et les classements au titre des monuments historiques de certaines de ses œuvres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Kathleen Eileen Moray Smith est née le 9 août 1878 à Enniscorthy, aujourd'hui en République d'Irlande[1]. Ses parents sont Eveleen Pounden et James Maclaren Smith. En 1893, la famille prend le nom de Gray après que sa mère a hérité d'un titre de Pairie d'Écosse[2] (celle-ci devint Eveleen Smith-Gray, 19e Lady Gray). En 1900, elle découvre Paris à l'occasion de l'Exposition universelle qui se tient dans la capitale française.

Elle commence des études de peinture à la Slade School of Fine Art (section d'art de l'University College de Londres) en 1901[2] où elle fait la connaissance de Kathleen Scott. En 1902, elle arrive à Paris pour suivre des cours à l'Académie Julian et à l'Académie Colarossi. Deux ans plus tard, Gray retourne à Londres pour continuer sa formation aux techniques de laque et reprend des cours à la Slade School. Elle s'installe définitivement à Paris en 1907 et quitte la peinture pour étudier le laquage sous la direction de l'artisan laqueur Seizo Sugawara. Elle achète un appartement dans un hôtel particulier rue Bonaparte, qu'elle conservera toute sa vie[3]. En 1908-1909, Gray apprend à teindre et à tisser les fils de laine avec son amie Evelyn Wyld dans les contreforts de l’Atlas. En 1910, elle ouvre deux ateliers, l’un dédié au laque, 11, rue Guénégaud auquel collabore également l'ébeniste Kichizo Inagaki et l’autre au tissage de tapis, 17-19, rue Visconti.

Les débuts : Art Déco et laque[modifier | modifier le code]

Galerie Jean Désert, Rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris

En 1913, elle présente sa première exposition, comportant des panneaux décoratifs, au Salon des artistes décorateurs. Elle combine laques et bois rares, abstractions géométriques et motifs d'inspiration japonaise dans son travail. Ceci attire l'attention du couturier Jacques Doucet, amateur et collectionneur d'art[4]. Il lui passe commande de quelques œuvres dont le paravent « le Destin » et la table « Lotus »[5], qui seront les seules créations signées et datées, ainsi que la « Table aux chars » et la « Table au bilboquet ». À Londres, après le début de la Première Guerre mondiale, Gray doit compter sur le support financier de sa famille. De 1919 à 1924, Gray est chargée de décorer l'appartement de Suzanne Talbot, rue de Lota à Paris, une célébrité du monde de la mode dont le The New York Times célébrait l'élégance dans un compte-rendu illustré du 5 mars 1914[N 1]. C'est pour ce projet qu'elle réalise le « Fauteuil Aux Dragons » et une chaise longue en bois laqué qu'elle baptise « Pirogue », possédant des lignes aux influences africaines populaires dans les années 1920[4], ou ses paravents en briques et le « Canapé Lota » d'influence plus japonaise. Photographié par le Baron de Meyer à partir de 1922, son design d'intérieur suscite alors une avalanche d'éloges dans la presse. L'appartement de Suzanne Talbot, devenue Madame Mathieu Lévy, était considéré comme un des exemples les plus exceptionnels de décoration du début des années 1920. Eileen Gray avait mis cinq ans à en peaufiner le décor[6].

Gray ouvre en 1922 la Galerie Jean Désert au no 217, rue du Faubourg-Saint-Honoré avec l'aide de Jean Badovici, architecte et critique roumain, qu'elle a rencontré l'année précédente[3],[N 2]. Le couple entretiendra une relation professionnelle et intime[7]. Cette galerie est l'opportunité pour Gray de promouvoir et commercialiser ses réalisations « paravents en laque, mobilier en bois, tentures murales, lampes, divans, miroirs, tapis » selon la publicité de la galerie. La galerie elle-même attire l'attention du monde créatif ; l'influence de Badovici s'y fait sentir. La façade faite d'acier et de verre imaginée par l'architecte roumain, dans la lignée de René Herbst, contraste fortement avec la façade en pierre de l'immeuble[8]. Bien qu'elle ne soit pas une réussite financière, la galerie séduit la clientèle chic : on peut citer la vicomtesse Marie-Laure de Noailles, le metteur en scène René Clair, l'écrivain James Joyce, Damia, Romaine Brooks, Loïe Fuller ou encore la créatrice de mode Elsa Schiaparelli. Gray obtient alors des commandes pour lesquelles elle collabore avec Sugawara ainsi qu'avec la tisseuse Evelyn Wyld. Elle conçoit en 1923 le « Boudoir de Monte-Carlo » pour le XIVe Salon des artistes décorateurs de Paris, où un lit de type « Pirogue » et des lampe de chevet et lampadaire « afro-cubistes » en ivoire, parchemin et bois laqué[9],[10], jugés extravagants, focalisent cette fois la critique[11],[12]. Ce projet, qui présente également ses tapis et paravents en briques, attire en revanche l'attention du mouvement De Stijl, un groupe dont les théories et réalisations l'inspireront par la suite[5].

Vers le modernisme[modifier | modifier le code]

Le tournant[modifier | modifier le code]

Elle est ainsi remarquée en 1923 par Sybold van Ravesteyn (en) et J. J. P. Oud du mouvement De Stijl, dont elle visite la même année l'exposition à la Galerie de l'effort moderne à Paris. Admirative du designer et architecte Gerrit Rietveld, auquel elle rend hommage par sa « Table De Stijl » de 1924 et dont elle visite la maison Schröder[13] en 1925, à la suite de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes où figure le Pavillon de l'Esprit nouveau[14], elle réagit alors en renonçant aux « monstruosités de l'Art déco »[15] et renie ses lampes et bois laqués pour saisir ces nouvelles tendances. Inspirée également par les récentes réalisations en tube d'acier de Marcel Breuer, comme sa « chaise Wassily » de 1925, elle crée un mobilier axé sur la fonctionnalité. Déjà en 1925-1926 avec son prototype de « Table ajustable » elle commence a utiliser le tube de métal pour le mobilier, d'abord laqué, puis nickelé ou chromé à partir de 1927[16],[17], après l'avoir expériménté sur des lampes. Avec ces nouveaux meubles symbolisés également par son fauteuil rond Bibendum, vers 1930, qui sera ensuite acheté par Suzanne Talbot pour son nouvel appartement parisien du boulevard Suchet, aménagé en 1933 sous la direction de l’architecte Paul Ruaud, elle amorce son tournant moderniste. Elle est avec Marcel Breuer, René Herbst, Charlotte Perriand ou Gerrit Rietveld, l'un des précurseurs du mobilier à structure acier tubulaire[18].

Persuadée par Jean Badovici, elle se dirige ensuite vers l'architecture à partir de 1924. Elle apprend cette discipline sur le tard avec l'aide de Badovici, qui souhaite faire construire sur la Côte d'Azur, et d'une jeune architecte nommée Adrienne Gorska, qui lui enseigne les bases de l'architecture et sa pratique[19]. La même année, « Maison avec petite fabrique », un bois qui hésite entre la sculpture et la maquette, exprime peut-être sa première manière d’approcher l’architecture. En 1926, son projet de « Maison pour un ingénieur » fait encore partie de son œuvre simplement projetée. C’est au Cap Martin, à Roquebrune, qu’elle choisit et achète un terrain en 1926 au nom et pour le compte de Badovici, et que ceux-ci commencent à travailler sur la Villa E-1027 à partir de maquette et de plans, dont les croquis sont réalisés avec Badovici en 1926, puis finalisés par Gray en 1927 en liaison avec l'agencement intérieur. Le nom de la maison[20] est un code pour Eileen Gray et Jean Badovici : E pour Eileen, 10 pour le J de Jean, 2 pour le B de Badovici, 7 pour le G de Gray[21].

La E-1027 allie alors ouverture et compacité. Elle forme un L, le toit est plat, avec des baies vitrées en longueur, des pilotis à rez-de-chaussée et un escalier hélicoïdal pour la chambre d'ami. Gray qui crée le mobilier, avec notamment la « Table ajustable » circulaire en verre E-1027, les fauteuils « Transat » et « Non-Conformiste », collabore aussi avec Badovici sur la structure de la maison[22]. Au même moment, Le Corbusier, qui a déjà construit une dizaine de « villas blanches » de style moderne pour une clientèle privée, participe parallèlement aux premières réflexions théoriques et expérimentations d'habitat collectif, cette fois, du Mouvement moderne, en réalisant deux pavillons dans la cité expérimentale du Weissenhof, conçue en 1926 et construite en 1927 sous l'égide du Deutscher Werkbund, près de Stuttgart après avoir réalisé la Cité Frugès à partir de 1924. Alors qu'il publie à cette occasion une plaquette exposant la base de son travail, résumée par les « cinq points d'une architecture moderne », appliqués à la conception extérieure de ses pavillons, l'un d'eux, qu'Eileen Gray visite en 1927 lors de cette manifestation, est également aménagé intérieurement de manière particulièrement minimaliste sur le modèle collectif d'un wagon de chemin de fer, avec des casiers intégrés, desservis par un étroit couloir, lequel attire les critiques. Le Corbusier s'attache alors à concevoir en 1928 des aménagement intérieur et ameublement plus intimistes, appliqués à un habitat privé individuel, celui des villas La Roche et Church (détruite) qu'il avait édifiées de 1923 à 1927[23], en collaboration avec Charlotte Perriand qui avait réaménagé son appartement parisien dans cette optique en 1927[24]. Mais ceux-ci ne seront exposés au public qu'à l'occasion du Salon d'automne de 1929. La villa E1027 est également achevée et publiée en 1929 par Badovici, sous forme de dialogue avec Gray, dans le numéro spécial d'automne-hiver de L'Architecture vivante, ce qui rend par ailleurs difficile la datation précise de la fabrication de son mobilier entre 1926 et 1929, dans cette période cruciale d'apparition du mobilier dit moderne. Avec la villa E-1027, le couple d'architectes Gray et Badovici, tout en reprenant extérieurement les cinq points de l'architecture moderne énoncés en 1927 par Le Corbusier, entame une critique des premières réflexions proposées parallèlement par celui-ci pour l'aménagement intérieur d'un habitat moderne collectif standardisé. Cette critique est notamment introduite par l'idée que l'aménagement interne doit demeurer intimiste et n'est pas uniquement le résultat de la structure externe. la villa sera également présentée en 1930 dans le tout premier numéro de la revue L'Architecture d'aujourd'hui[25] à laquelle participe leur ami Le Corbusier, qui en apprécie l'originalité.

Le Corbusier, qui fréquente alors régulièrement Gray et Badovici dans la résidence d'été de ce dernier, y peint en 1938 neuf fresques murales, encouragé par le critique roumain, après en avoir orné sa maison de Vezelay en 1936 avec Fernand Léger. Celles-ci deviennent cependant un point de discorde entre Gray et Le Corbusier, l'artiste irlandaise estimant que ces fresques ne rentrent pas dans sa démarche architecturale[N 3],[26]. Après le décès de Badovici en 1956, la villa sera vendue aux enchères à une amie de Le Corbusier. Après un second changement de propriétaire en 1974, la maison est vidée de son mobilier en 1992 et laissée à l'abandon à la mort de ce dernier en 1996. La maison, classée et acquise en 2000 par le Conservatoire du littoral, est aujourd’hui en cours de réhabilitation[27].

En 1929, Eileen Gray est membre fondateur du mouvement d'artistes décorateurs et d'architecte, l'Union des artistes modernes. En 1932 elle commence une nouvelle maison baptisée « Villa Tempe a païa » située route de Castellar à Menton[28]. Le nom de la maison, provenant du dicton provençal « avec du temps et de la paille, les nèfles mûrissent[N 4] », est directement liée à l'évolution de l'œuvre et de la vie de Gray. En effet, ce projet architectural est son plus personnel. Jean Badovici ne collabore pas à ce projet. Elle continue sa réinterprétation des cinq points de l'architecture moderne énoncés par Le Corbusier. C'est, de plus, un lieu synonyme de repos et de solitude. Le terrain comporte déjà des bâtiments-citernes qu'elle transforme pour deux d'entre eux en garage et chambre d'amis, la troisième gardant sa fonction de réservoir d'eau. Au-dessus de celle-ci, elle crée les lieux de vie où la limite entre espace privé et espace commun est clairement définie[29].

Vers une architecture sociale[modifier | modifier le code]

Les années 1930 sont une période charnière pour la société française. La montée du chômage puis l'accès aux congés payés poussent les architectes à repenser les équipements sociaux et culturels. Ainsi, Eileen Gray, qui a une sensibilité politique de gauche est l'une des précurseurs dans le domaine, et fait des enjeux du logement social l'une des caractéristiques de son œuvre[30],[N 5].

Le premier projet où elle intègre cette dimension sociale se nomme « Tente de camping » en 1930 où elle intègre une conception résolument tournée vers le loisir de masse[31],[32]. La même année, elle imagine un concept de logement appelé « maison minimum » où elle développe l'idée de maison individuelle à ossature démontable se modulant selon la topographie du lieu[33]. Le thème de la maison individuelle préfabriquée se retrouvera ponctuellement dans l'œuvre de Gray, comme en 1936 avec la « maison ellipse ». Explorant l'impact des congés payés sur la vie sociale des gens, elle imagine un centre de vacances et de loisirs en 1936-1937. Projet complet, il intègre services administratifs, parking, différents modes de logement et les équipements liés aux loisirs et activités[34]. Ce projet est présenté à l'Exposition internationale « Arts et Techniques dans la Vie moderne » de 1937 dans le « Pavillon des temps nouveaux » du Congrès international d'architecture moderne (CIAM) aux côtés de Mallet-Stevens et Le Corbusier[35].

L’oubli et la renaissance[modifier | modifier le code]

Peu avant l'ouverture de l'exposition, elle entame une longue période de réclusion. En 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, Menton est annexée par l'armée italienne et les côtes françaises sont interdites aux étrangers, elle trouve alors refuge dans le Vaucluse à Lourmarin puis Cavaillon. Lors de cette période, beaucoup de ses travaux restés à Menton sont pillés[36]. Après la guerre, elle est largement oubliée par le corps architectural. Elle continue cependant ses recherches sur l'urbanisme social avec le projet d'un « centre culturel et social » de 1946 à 1947. En 1954 Gray commence les travaux de sa nouvelle maison, baptisée « Lou Pérou », près de Saint-Tropez qui sera son dernier projet[37]. Sur un terrain inhabité acheté dès 1939, où trône un corps de ferme, elle réhabilite le lieu dans l'esprit initié avec Tempe a Pailla c'est-à-dire un lieu refuge. Ses projets donnent lieu à publication jusqu'en 1959, à l'âge de 81 ans, avec la présentation de son Centre culturel et social des années 40 dans L'Architecture d'aujourd'hui.

En 1968, un article flatteur de Joseph Rykwert, publié dans le magazine Domus, au succès inattendu, suffit à remettre en production la table E-1027 et le fauteuil Bibendum. En 1972, la vente aux enchères du mobilier du grand couturier et collectionneur Jacques Doucet participe à la redécouverte de l'œuvre de Gray[18]. En 1973, plusieurs expositions rétrospectives sur l'œuvre d'Eileen Gray sont organisées notamment par le Royal Institute of British Architects ou encore l'Architectural League of New York[38].

Le 31 octobre 1976, Eileen Gray s'éteint dans son appartement rue Bonaparte à Paris à l'âge de 98 ans[38]. L'architecte et auteur, Michel Raynaud, dit à son propos :

« Quatre ans avant sa mort, Eileen Gray, devint célèbre[39]. »

Un film sur la vie d'Eileen Gray est tourné en 2014, The Price of Desire.

Héritage[modifier | modifier le code]

Expositions posthumes[modifier | modifier le code]

Le Musée national d'Irlande qui abrite une exposition permanente sur l'œuvre d'Eileen Gray

Depuis sa disparition, Eileen Gray fait l'objet d'expositions posthumes. On peut citer « Eileen Gray Designer 1879-1976 », une exposition présentée en 1979 au Victoria and Albert Museum à Londres, puis à nouveau en 1980 au Museum of Modern Art de New York. « Eileen Gray : An Architecte for all Senses », est présentée en 1994 au Harvard Graduate School of Design à Cambridge, puis à nouveau en 1996 au Deutsches Architektur-Museum de Francfort. « Eileen Gray une Importante Collection de soixante Œuvres Originales sur Papier », soixante projets originaux sur papier (gouaches, collages et photographies) réalisés de 1918 à 1950 ont été présentés en décembre 2007 à la Galerie Historismus à Paris. Une rétrospective Eileen Gray est présentée au Centre Pompidou au printemps 2013.

Suite à l'achat de ses archives en 2002, le National Museum of Ireland de Dublin ouvre une exposition permanente de son travail[40]. Le Victoria and Albert Museum possède deux paravents datant de sa période Art-déco[41]. Un fauteuil « Transat » se trouve quant à lui au Centre Georges Pompidou à Paris[42]. Un guéridon (1926-1929) et une coiffeuse (1926-1929) sont exposés au musée des arts décoratifs de Paris[43],[44].

Classement monuments historiques[modifier | modifier le code]

Le travail d'Eileen Gray est depuis reconnu officiellement avec le classement au titre des monuments historiques de deux de ses projets architecturaux. La Villa Tempe a Pailla[45] est classée depuis 1990 et l'E-1027 depuis 2000[46]. Son travail de décoratrice a aussi été reconnu avec le classement de la Villa Marie-Laure-de-Noailles où elle collabora, entre autres, avec Robert Mallet-Stevens et Pierre Chareau[47].

Enchères[modifier | modifier le code]

Le 24 février 2009, un « fauteuil au dragon » réalisé par Eileen Gray vers 1917-1919 a été vendu pour 21,9 millions d'euros lors de la vente aux enchères de la collection Yves Saint Laurent - Pierre Bergé, ce qui en fait le deuxième meuble le plus cher de l'histoire[48].

Liste chronologique des œuvres[modifier | modifier le code]

Mobilier[modifier | modifier le code]

  • 1914 : « le Destin », paravent en bois laqué rouge[49]
  • 1915 : « Bilboquet », table basse en bois laqué
  • 1919 : « Satellite », lampe suspension[50]
  • 1920 : « Pirogue », chaise longue[51]
  • 1925 : Commode en sycomore, mobilier d'architecte pour Henri Pacon[52]
  • 1925 : « Bibendum », fauteuil rond
  • 1926 : « Transat », fauteuil. Structure en sycomore et assise en cuir[53]
  • 1926 : Table d'appoint, bois laqué, acier chromé
  • 1926 : « Non Conformiste », chaise
  • 19271929 : « E-1027 », table d'appoint. Structure tubulaire métal chromé et plateau en verre[54]

Architecture[modifier | modifier le code]

Ici sont répertoriés uniquement les projets réalisés :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alias Mme Mathieu Lévy.
  2. Le nom de la galerie fait référence à un propriétaire fictif et à un voyage dans le désert.
  3. Eileen Gray considère l'apposition de ces fresques comme un « acte de vandalisme », dans Eileen Gray and Le Corbusier de Peter Adam, 9H, no 8, 1989, p. 150-153.
  4. Ce proverbe indique qu'il faut faire les choses avec patience et constance.
  5. Elle écrit notamment : « Maintenant que les Congés Payés sont universellement reconnus, on songe de plus en plus [...] à faciliter le repos si nécessaire des familles et des personnes dont les ressources sont limitées. Dans ce but, les campeurs sont assemblés, car il devient difficile d'obtenir l'autorisation de camper sur des terrains privés ; les postes d'eau aussi sont nécessaires, car l'hygiène, même aux endroits désignés, est souvent rudimentaire. » Sources : portfolio Eileen Gray et Eileen Gray de Caroline Constant, p. 175.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Caroline Constant 2003, p. 230
  2. a et b Caroline Constant 2003, p. 8
  3. a et b (en) Fiona MacCarthy, « Future worlds », The Observer,‎ 10/09/2005 (consulté le 16/08/2009)
  4. a et b Gordon Campbell 2006, p. 449
  5. a et b Charlotte Fiell, Peter Fiell 1999, p. 279-280
  6. L'appartement de Suzanne Talbot est publié dans le The New York Times du 7 avril 1924 et dans la revue L’Architecture vivante de Jean Badovici, n°14, hiver 1926.
  7. Friends of E.1027 - Eileen Gray (1878-1976) sur www.e1027.org. Consulté le 15 août 2009.
  8. Caroline Constant 2003, p. 43-44
  9. « Boudoir de Monte-Carlo », 1923, blog aestheticusrex.blogspot.fr
  10. Dossier pédagogique, parcours exposition Eileen Gray, Centre Pompidou, site mediation.centrepompidou.fr
  11. Eileen Gray - Architect + Furniture Designer (1878-1976) - Design Museum Collection sur designmuseum.org. Consulté le 6 décembre 2009.
  12. Caroline Constant 2003, p. 51
  13. Aménagement intérieur de la maison Schröder dans Programme Histoire de l’architecture, partie 8 : De Stijl, site ccilnb.free.fr
  14. Aménagement intérieur du Pavillon de l'Esprit nouveau, Paris, 1925, site www.fondationlecorbusier.fr
  15. Eileen Gray - une importante collection de 60 œuvres originales sur papier sur www.meublepeint.com. Consulté le 15 août 2009.
  16. Le Salon de Mme J. Henri Labourdette-Debacker publiée dans L’Art d’aujourd’hui n° 13, au printemps 1927, ne comporte pas encore de meubles nickelés ou chromés à la différence de la « Table Trombone », personnelle d’Eileen Gray réalisée pour son appartement ou de la « Table de salle à manger » réalisée en 1927 pour la villa E 1027 ; tandis que le « Fauteuil Non-Conformiste » est d'abord réalisé pour cette villa en tube peint et les premiers exemplaires de « Table ajustable » en tube laqué.
  17. Dossier de presse de l'exposition Eileen Gray, 20 février - 20 mai 2013, Centre Pompidou, pp. 18 à 21, site fr.scribd.com
  18. a et b Authenticité - Découvrir Eileen Gray (1878-1976). sur www.authenticite.fr. Consulté le 15 août 2009.
  19. Brenda Martin, Penny Sparke 2003, p. 99
  20. L'acronyme E1027 rappelle, volontairement ou non, la date 1927.
  21. Colin Davies 2006, p. 70
  22. Ce dernier brevête ainsi les fenêtres coulissantes.
  23. Villa Church, Ville-d'Avray, 1927, site www.fondationlecorbusier.fr
  24. Bar sous le toit en aluminium et acier chromé, Charlotte Perriand, Salon d'Automne de 1927, Base Mémoire, site www.culture.gouv.fr
  25. Caroline Constant 2003, p. 231
  26. Caroline Constant 2003, p. 122
  27. - The House Abandoned sur www.e1027.org. Consulté le 12 décembre 2009.
  28. Villa Tempe a Pailla sur www.paca.culture.gouv.fr. Consulté le 15 août 2009.
  29. Colin Davies 2006, p. 146
  30. Brenda Martin, Penny Sparke 2003, p. 107
  31. Caroline Constant 2003, p. 166
  32. Caroline Constant 2003, p. 171
  33. Caroline Constant 2003, p. 218
  34. Caroline Constant 2003, p. 175-176
  35. Brenda Martin, Penny Sparke 2003, p. 95
  36. Caroline Constant 2003, p. 161-163
  37. Caroline Constant 2003, p. 229
  38. a et b Caroline Constant 2003, p. 233
  39. Brenda Martin, Penny Sparke 2003, p. 87
  40. Eileen Gray exhibition at the National Museum of Ireland sur www.museum.ie consulté le 6 décembre 2009
  41. Art Deco objects in detail sur www.vam.ac.uk, consulté le 9 janvier 2010
  42. Le Fauteuil « Transat » D’Eileen Gray (1925-1930) sur www.meublepeint.com, consulté le 9 janvier 2010
  43. Guéridon - Eileen Gray (1878-1976) sur www.lesartsdecoratifs.fr, consulté le 9 janvier 2010
  44. Coiffeuse Eileen Gray (1878-1976) sur www.lesartsdecoratifs.fr, consulté le 9 janvier 2010
  45. « Notice no PA00080938 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  46. « Notice no PA00080824 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  47. « Notice no PA00081651 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  48. Voir la description du fauteuil sur le site de Christie's et l'article du Monde relatif à la vente.
  49. a et b Eileen Gray (1878-1976) : Une Artiste Du Laque sur www.meublepeint.com. Consulté le 8 janvier 2010.
  50. Caroline Constant 2003, p. 35
  51. Caroline Constant 2003, p. 49
  52. Caroline Constant 2003, p. 88
  53. Eileen Gray sur www.tribu-design.com. Consulté le 14 décembre 2009.
  54. Caroline Constant 2003, p. 102
  55. Caroline Constant 2003, p. 211
  56. a, b et c Brenda Martin, Penny Sparke 2003, p. 101
  57. a et b Caroline Constant 2003, p. 213
  58. Caroline Constant 2003, p. 222
  59. Caroline Constant 2003, p. 228

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles par ordre chronologique[modifier | modifier le code]

  • « Le Salon de la Société des Artistes Décorateurs », Art et Décoration, Paris,‎ 1913, p. 91
  • (en) « An Artist in Lacquer », Vogue, Londres,‎ 1917, p. 29
  • (en) « Lacquer Walls and Furniture Displace old Gods in Paris and London », Harper's Bazaar, Londres,‎ septembre 1920
  • E. de Clermont Tonnerre, « Les lacques d'Eileen Gray », Feuillets d'Art, Paris, no 3,‎ 1922, p. 147-148
  • "L'Art urbain et le mobilier au Salon d'Automne", Art et Décoration,‎ 1923, 78 p.
  • "Le XIVème salon des Artistes Décorateurs", Art et Décoration,‎ 1923, 175 p.
  • "Le XIVème salon des Artistes Décorateurs", L'Amour de l'Art,‎ 1923, 557 p.
  • "Le mouvement moderne" par G. Janneau dans La Renaissance de l'Art français et des Industries de Luxe,‎ 1923, 43 p.
  • (en) Jean Badovici, « Eileen Gray. Meubelen en interieurs », Wendingen, Amsterdam, vol. 6, no 6,‎ 1924
  • « Eileen Gray », L'Architecture Vivante, Paris,‎ 1924, p. 32
  • « Un temple pour l'art moderne, l'appartement de M.J.D. », Femina, Paris,‎ janvier 1925
  • Léon Deshairs, « Une villa moderne à Hyères », Art et Décoration, Paris,‎ 1928, p. 21
  • « La maison minimum », L'Architecture d'Aujourd'hui, Paris,‎ 1930, p. 61-62
  • « Le studio de Jacques Doucet », L'Illustration, Paris,‎ 1930
  • Sigfried Giedion, « L'architecture contemporaine dans les pays méridionaux », Cahiers d'art, Paris,‎ 1931, p. 102-103
  • « Une installation de Claude Lévy », Art et Décoration, Paris,‎ 1931, p. 83-86
  • « Eileen Gray », L'Illustration, Paris,‎ 1933
  • « Un centre de vacances par Eileen Gray », dans Le Corbusier, Des canons, des munitions ? Merci, des logis...S.V.P.: monographie du ″Pavillon des temps nouveaux″ à l'exposition internationale ″art et technique″ de 1937, Boulogne, Ed. de l'Architecture d'aujourd'hui,‎ 1938, 147 p..
  • « Numéro hors-série: Art », L'Architecture d'Aujourd'hui, Paris,‎ 1948
    Reportage sur les fresques de Le Corbusier à la villa E-1027 de Roquebrune et à la maison Badovici-Gray de Vézelay
  • « 25 années U.A.M. », dans René Herbst, Catalogue rétrospectif, Paris, Editions du Salon des Arts Ménagers,‎ 1956, p. 45, 70, 74, 98, 1930-1955.
  • Eileen Gray, « Jean Badovici (1893-1956) », Techniques et Architecture, Paris, vol. 4,‎ novembre 1956, p. 24
  • Eileen Gray, « Projet pour un centre culturel », L'Architecture d'Aujourd'hui, Paris, no 82,‎ 1959
  • Jean-François Revel, « Jacques Doucet, couturier et collectionneur », L'Oeil, Paris, no 84,‎ 1961, p. 47
  • (it) Joseph Rykwert, « Un Ommagio a Eileen Gray - Pioniera del Design », Domus, Milan, no 468,‎ décembre 1968, p. 33-46
  • Audap, Godeau, Solanet commissaires-priseurs, Catalogue de la vente Jacques Doucet, à l'Hôtel Drouot, 8 novembre 1972, Paris, C. Durand-Ruel et P. Cézanne,‎ 1972, 34 p.
  • Alice Rawsthorn, « Eileen Gray, Freed From Seclusion », The New York Times,‎ 24 février 2013 (lire en ligne)

Eileen Gray, études bibliographiques ou critiques[modifier | modifier le code]

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