Drepung

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Monastère de Drepung
Image illustrative de l'article Drepung
Présentation
Culte Bouddhisme
Type Monastère
Début de la construction 1416
Géographie
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Région Drapeau du Tibet Tibet
Coordonnées 29° 40′ 35″ N 91° 02′ 51″ E / 29.6764, 91.0475 ()29° 40′ 35″ Nord 91° 02′ 51″ Est / 29.6764, 91.0475 ()  

Géolocalisation sur la carte : Région autonome du Tibet

(Voir situation sur carte : Région autonome du Tibet)
Monastère de Drepung

Le monastère de Drepung ou Drépoung, situé au pied du mont Gephel, est une des trois grandes universités monastiques Gelugpa du Tibet. Drepung signifie « tas de riz », traduction en tibétain de son équivalent sanskrit. Les deux autres sont Ganden et Séra.

Histoire du monastère de Drepung au Tibet[modifier | modifier le code]

Photo datant de 1993 d'une partie détruite de Drepung

Drepung est le plus grand de tous les monastères tibétains, et de fait à son apogée était le plus grand monastère au monde. Il a été fondé en 1416 par Jamyang Chojey, un disciple direct de Je Tsongkhapa, le fondateur de l'école de Gelugpa. Les 2e, 3e et 4e Dalaï-lama furent enterrés à Drepung. C’est aussi à Drepung que s'établit le 5e Dalaï-lama avant de s'installer au palais du Potala dont il ordonna la construction pour l'administration de l'État tibétain. Drepung est situé sur la montagne de Gambo Utse, à 5 kilomètres à l’ouest de Lhassa, il domine la Kyi chu la rivière sainte qui coule près de Lhassa.

À son apogée, avant l'invasion chinoise[non neutre] du Tibet en 1951, le monastère a logé 15 000 moines. Il était pourvu d'une clinique médicale dont la responsabilité fut confiée en 1912 à Khyenrab Norbu[1]. Drépung est connu pour les niveaux élevés de ses études universitaires, et est appelé le "Nâlandâ" du Tibet, une référence à la grande université monastique bouddhiste de Nâlandâ, en Inde.

Heinrich Harrer indique dans son livre documentaire, Lhassa : le Tibet disparu que chaque année, avant l'invasion chinoise[non neutre], se tenait à Drepung, un grand festival dénommé Shutun. Le point culminant du festival était le déploiement d'un Thangka, très certainement un des plus imposants du Tibet après ceux du Potala lors du nouvel an[2].

De jeunes moines de Drepung

Drepung est divisé en sept grandes universités - Gomang, Loseling, Deyang, Shagkor, Gyelwa ou Tosamling, Dulwa, et Ngagpa. Par analogie, Drepung est une comme une université comparable à Oxford ou la Sorbonne, les diverses universités ayant différentes emphases, lignées d'enseignement, ou affiliations géographiques traditionnelles.

À la suite de la rébellion du collège de Loseling contre le 13e dalaï-lama en 1921, la soixantaine de moines arrêtés sur l'ordre de ce dernier furent confiés à la garde de diverses familles nobles après avoir été fouettés, entravés, mis à la cangue et exhibés dans Lhassa[3].

Ngawang Phulchung est un moine du monastère de Drepung, condamné en 1989 pour avoir, en particulier, diffusé la traduction en tibétain de la déclaration universelle des droits de l'homme, considérée par les chinois comme une « littérature subversive ». Il a été libéré en 2007 après avoir passé plus de 18 ans en prison.

Drepung se trouve à proximité du monastère de Nechung, l'oracle d'État du Tibet, médium par l’intermédiaire duquel s'exprime Dorjé Drakden, protecteur du Tibet et du gouvernement tibétain, qui se trouve de nos jours à Dharamsala où un petit temple a été construit et abrite l’actuel Nechung.

La salle de prière

Aujourd'hui la population au monastère située dans le Tibet est beaucoup plus restreinte avec simplement quelques centaines de moines, dus à la restriction de la population monastique imposée par le gouvernement chinois qui contrôle sévèrement les monastères tibétains. Ainsi, l’intensification de la "campagne de rééducation patriotique", exigeant des moines tibétains qu’ils dénoncent le Dalaï-lama, fut à l’origine de forte tension fin 2005. Selon le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, TCHRD, en octobre et novembre 2005, les officiels chinois ont mené une campagne “d’éducation patriotique” au monastère. Le 23 novembre 2005, les moines refusèrent de dénoncer le Dalaï-lama comme “séparatiste”. Cinq d’entre eux furent expulsés du monastère, et emprisonnés. Le 25 novembre, plus de 400 moines se sont assis dans la cour du monastère, manifestant leur solidarité. Un contingent de militaires chinois a alors investi le monastère, sévèrement battu les moines qui résistaient, et instauré un blocus. Deux moines seraient morts, soixante-dix auraient été battus et emprisonnés[4]. Après la remise de Médaille d'or du Congrès américain au 14e dalaï lama, les moines de Drepung et de Nechung ont voulu célébré l'événement. Ils se sont heurtés à 3000 policiers chinois de l'armée du peuple pendant 4 jours, et de nombreux moines ont été blessés et arrêtés[5],[6].

En 2006, le parlement européen adopte une résolution demandant à la Chine des explications pour différents cas de tortures concernant[7]

  • Un moine tibétain Ngawang Jangchub est décédé en octobre 2005 dans le monastère de Drepung durant une session "d'éducation patriotique".
  • Les cinq autres moines tibétains du monastère de Drepung eux aussi arrêtés en 2005, et incarcérés qui auraient probablement été torturés.

Troubles au Tibet en 2008[modifier | modifier le code]

En décembre 2008, suite au troubles au Tibet en mars 2008, le monastère de Drepung était passé sous contrôle des moines du monastère de Tashilhunpo de Shigatse qui seraient actuellement en majorité des collaborateurs des Chinois[8]. Des séances de rééducation conduisent les moines des monastères au Tibet à lire une forme d'éducation patriotique ou réforme de la pensée[9],[10]. Selon le gouvernement tibétain en exil, des séances similaires se déroulent au monastère de Drepung, tout juste rouvert en milieu d'année 2009[11].

Réétablissment de Drepung en Inde[modifier | modifier le code]

Cependant l'établissement a continué sa tradition en exil en Inde du sud, et s’est relocalisé à Mundgod dans le Karnataka, dans un espace donné à la communauté tibétaine en exil par le premier ministre Nehru. Le monastère en Inde loge aujourd'hui plus de cinq mille moines, avec 3000 à Drepung Loseling et 2000 à Drepung Gomang. Des centaines de nouveaux moines sont admis tous les ans, bon nombre d'entre eux sont des réfugiés du Tibet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rev. Khyenrab Norbu (1883-1962 A.D.)
  2. Lhassa : le Tibet disparu, texte et photographie de Heinrich Harrer, Édition de La Martinière, 1997 Pages 171.
  3. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, 1913-1951 : The Demise of the Lamaist State, University of California Press, 18 juin 1991, 936 pages, p. 108 : « All told, about sixty monks were arrested, paraded around the city, lightly flogged, and placed in shackles with cangues on their necks (see Figure 11). They were then put under the custody of various aristocratic families. »
  4. Tibet : forte répression au monastère de Drépoung, l’Europe réagit
  5. Répression de moines au Tibet
  6. Tibetan monks beaten as police halt dissent
  7. Intervention du parlement européen concernant le Tibet
  8. Récit du périple d'un Français à travers le Tibet, Nouvel Obs, Carlo Blanco, 13 décembre 2008
  9. Education, rééducation (1)
  10. Rue 89 Aggravation de la rééducation politique au Tibet
  11. 42 monks of Tibet's Drepung monastery have been sentenced to imprisonment and many others left infirm due to severe torture
  • Dowman, Keith. 1988. The Power-places of Central Tibet: The Pilgrim's Guide. Routledge & Kegan Paul, London and New York. (ISBN 0-7102-1370-0)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]