Préfecture autonome tibétaine de Garzê

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Préfecture autonome tibétaine de Garzê
甘孜藏族自治州
དཀར་མཛེས་བོད་རིགས་རང་སྐྱོང་ཁུལ་
Localisation de la préfecture de Garzê (en jaune)
Localisation de la préfecture de Garzê (en jaune)
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Sichuan
Chef-lieu Xian de Kangding
Statut administratif Préfecture autonome
Secrétaire du PCC liú dàopíng 刘道平
Gouverneur lǐ chāngpíng 李昌平 (tibétain)
Indicatif 0836[1]
Démographie
Population 880 000 hab.
Densité 5,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 30° 02′ 58″ N 101° 57′ 45″ E / 30.0495, 101.9624 ()30° 02′ 58″ Nord 101° 57′ 45″ Est / 30.0495, 101.9624 ()  
Superficie 15 300 000 ha = 153 000 km2
Divers
PIB total 12,283 milliards de yuans (2010)
PIB par habitant 11 659 yuans
Localisation

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Préfecture autonome tibétaine de Garzê

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Préfecture autonome tibétaine de Garzê
Liens
Site web www.gzz.gov.cn/

La préfecture autonome tibétaine de Garzê (chinois : 甘孜藏族自治州 ; pinyin : gānzī zàngzú zìzhìzhōu ; tibétain : དཀར་མཛེས་བོད་རིགས་རང་སྐྱོང་ཁུལ་, Wylie : dkar-mdzes bod-rigs rang-skyong khul, pinyin tibétain : Garzê Poirig Ranggyong Kü ) est une division administrative du nord-ouest de la province du Sichuan en République populaire de Chine. Son chef-lieu est le xian de Kangding.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, l’armée mongole aida le 5e dalaï lama a unifier le Tibet, en particulier en convertissant les royaumes du Kham à la tradition Gelugpa et en plaçant sous l’autorité du dalaï lama la région de Gartzé qui fut divisée en 5 principautés horpa. Deux dzongs furent construits à cette époque à Gartzé à proximité de la Dza-chu (Yarlung). L’un d’entre eux fut ultérieurement occupé et transformé en caserne par les troupes de Chao Er-Feng. Ces 2 dzongs ont été détruits[2].

Royaume de Dergé[modifier | modifier le code]

Le xian de Dêgê abrita le Royaume de Dergé un des plus importants de tous les royaumes du Kham. Ce royaume a conservé son indépendance jusqu'en 1865, passant alors temporairement sous le contrôle du pouvoir central de Lhassa, avant de retrouver son autonomie à la fin du XIXe siècle. Le XXe siècle fut beaucoup plus agité : successivement intégré à la Chine impériale de la dynastie Qing, puis à la République de Chine jusqu'en 1918, à la suite de son occupation par les armées du seigneur de guerre Zhao Erfeng, puis sujet à des luttes intestines entre clans, il se retrouva finalement rattaché à la République populaire de Chine après l'invasion du Tibet par l'armée populaire de libération (1950–1951).

C'est au XVe siècle que le roi Lodro Tobten fit bâtir le monastère de Lhundrupteng (ou monastère de Derge Gonchen). Selon les légendes, Thangtong Gyelpo aurait consacré le site de construction en 1448, après une période de méditation dans une grotte située dans la falaise sur la rive opposée de la rivière ; cette grotte est encore aujourd'hui un lieu de pèlerinage.

Vue du monastère de Litang en 2009
Maison tibétaine à Litang
Yaks dans une ruelle du monastère Ganden Thubchen Choekhorling

Xikang[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Xikang.

Kangding, le chef lieu de la préfecture autonome tibétaine de Garzê, a été la capitale de la province du Xikang de 1939 à 1945.

D'abord « district administratif spécial », le Xikang devint officiellement une province en 1939. En 1950, après la défaite du Kuomintang face au Parti communiste chinois dans la guerre civile chinoise, la province fut amputée du territoire de Qamdo, officialisant ainsi la situation antérieure où les Tibétains contrôlaient toute la région à l'ouest du fleuve Yangzi[3], et sa capitale transférée à Ya'an[4]. La province ainsi réduite disparut en 1955, lors de l'intégration du Kham oriental à la province du Sichuan ; quant au territoire de Qamdo, il fut rattaché en tant que préfecture de Qamdo à la région autonome du Tibet lors de sa création en 1965.

Monastère de Litang[modifier | modifier le code]

Le monastère de Litang fut construit en 1560, et a été fondé par le 3e Dalaï Lama, vers la même époque que le monastère de Kumbum[5].

Utilisé par la résistance tibétaine, le monastère de Litang fut assiégé pendant 2 mois par l’armée chinoise avant d’être bombardé et totalement détruit le 1er juin 1956. Des centaines de moines et de nonnes ont été achevées après les pires supplices, certains ont été enterrés vivants dans des fosses communes. Une délégation tibétaine envoyée par le 14e Dalaï Lama en 1980 à la demande du gouvernement chinois ne trouva à son emplacement que ruines et cendres [6].

Géographie[modifier | modifier le code]

La préfecture autonome tibétaine de Garzê se situe sur le bord sud-est du plateau du Tibet.

La Réserve naturelle de Yading où se trouvent les trois montagnes sacrées tibétaines de Shenrezig, Jambeyang et Chanadorje est située dans l'actuelle préfecture autonome tibétaine de Garzê. La région a été explorée par Joseph Rock en 1928[7].

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

La préfecture autonome tibétaine de Garzê exerce sa juridiction sur dix-huit xian :

  • le xian de Kangding - 康定县 Kāngdìng Xiàn ;
  • le xian de Luding - 泸定县 Lúdìng Xiàn ;
  • le xian de Danba - 丹巴县 Dānbā Xiàn ;
  • le xian de Jiulong - 九龙县 Jiǔlóng Xiàn ;
  • le xian de Yajiang - 雅江县 Yǎjiāng Xiàn ;
  • le xian de Dawu - 道孚县 Dàofú Xiàn ;
  • le xian de Luhuo - 炉霍县 Lúhuò Xiàn ;
  • le xian de Garzê - 甘孜县 Gānzī Xiàn ;
  • le xian de Xinlong - 新龙县 Xīnlóng Xiàn ;
  • le xian de Dêgê - 德格县 Dégé Xiàn ;
  • le xian de Baiyü - 白玉县 Báiyù Xiàn ;
  • le xian de Sêrxü - 石渠县 Shíqú Xiàn ;
  • le xian de Sêrtar - 色达县 Sèdá Xiàn ;
  • le xian de Litang - 理塘县 Lǐtáng Xiàn ;
  • le xian de Batang - 巴塘县 Bātáng Xiàn ;
  • le xian de Xiangcheng - 乡城县 Xiāngchéng Xiàn ;
  • le xian de Daocheng - 稻城县 Dàochéng Xiàn ;
  • le xian de Dêrong - 得荣县 Déróng Xiàn.

Démographie[modifier | modifier le code]

ethnie population proportion
rencensement 2000
Tibétains 703,168 78.37%
Hans 163,648 18.24%
Yi 22,946 2.56%
Qiang 2,860 0.32%
Hui 2,190 0.24%
Naxi 760 0.08%
Mongols 477 0.05%
Bai 292 0.03%
autres 898 0.11%

Personnalités liées à la préfecture de Garzê[modifier | modifier le code]

  • Phuntsok Wangyal est né en 1922 à Bathang (district de Batang). Phuntsok Wangyal a étudié dans une école missionnaire chrétienne à Bathang[5]. Phünwang a commencé son militantisme à l'école, où il a fondé le Parti communiste tibétain en secret en 1939. Il fut arrêté en 1960 et incarcéré pendant 18 ans à la prison de Qincheng.
  • Louis Liotard a effectué, en compagnie de André Guibaut, deux missions d'exploration au Kham. Lors de la première exploration, en 1936-37, ils furent les premiers a remonter la Salouen, aux confins du Yunnan occidental, jusqu'à la frontière tibétaine[8]. Lors de la seconde, en 1939-1940, ils partirent de Kangding, actuel chef-lieu de la préfecture autonome tibétaine de Garzê et se dirigèrent vers le nord au pays Goloks.
  • Tenzin Delek Rinpoché né en 1950 à Litang, est un lama arrêté par les autorités chinoises sur la base d'accusations d'attentats à la bombe et condamné à mort en décembre 2002[9]. Sa sentence, transformée en peine d'emprisonnement à perpétuité le 26 janvier 2005 suscita le scepticisme des Nations unies estimant que Tenzin Delek Rinpoché a été maltraité en prison, et qu'il n'a pas pu bénéficier d'un procès équitable. Les Tibétains de cette région, notamment ses disciples, et les membres de sa famille demandent un procès équitable. Sa libération a été demandée par plusieurs ONG[10], [11],[12].
  • Runggye Adak qui lors d'un festival à Litang, a appelé au retour du Dalai Lama et la libération de Gedhun Choekyi Nyima et de Tenzin Delek Rinpoché. Runggye Adak a été arrêté immédiatement. Une protestation spontanée des populations locales qui exigeaient sa libération a duré plusieurs jours avant d'être dispersée sous la menace par la police anti-émeute[13]. Adruk Lopoe, un moine, sera condamné à dix ans de prison pour avoir demandé la libération de Runggye Adak.

Culture[modifier | modifier le code]

C'est la région où sont parlées les langues rGyalrong.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques du Sichuan, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. Marc Moniez, Christian Deweirdt, Monique Masse, Le Tibet, Éditions de l'Adret, Paris, 1999 (ISBN 2-907629-46-8)
  3. « On 10th October 1932, Liu and the Tibetan leaders signed a truce in which it was agreed that the Tibetan forces would remain west of the Yangtze river and the Chinese would remain east of it. The river remained the de facto border between Tibet and China until October 1950 (Peissel 1972 Guibaut 1949) » John Studley, « The History of Kham »,‎ 12 octobre 2004 (consulté en 10 décembre 2007)
  4. « Xikang », The Columbia Encyclopedia, Sixth Edition (consulté en 9 décembre 2007)
  5. a et b Roland Barraux, Histoire des Dalaï Lamas, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Albin Michel, 1993. Réédité en 2002, Albin Michel, (ISBN 2226133178).
  6. Gilles Van Grasdorff, Panchen Lama, Otage de Pékin, Ramsay, 1999, ISBN 2-84114-283-3 page 214
  7. China Today
  8. Constantin de Slizewicz, Les peuples oubliés du Tibet, 2007, Perrin, Asie, 2007
  9. PE/Tibet: résolution sur le Tibet et le cas de Tenzin Delek Rinpoché
  10. Libérez Tenzin Delek Rinpoché
  11. Préoccupations d'Amnesty
  12. Trials of a Tibetan Monk
  13. RFA: Tibetan Protesters Withdraw Amid Threat of Force

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]