Songtsen Gampo

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Statue de Songtsen Gampo à cheval, Dehradun, devant le bibliothèque de Songtsen
Statue de Songtsen Gampo méditant, grotte de Yerpa (en)

Songtsen Gampo (tibétain : སྲོང་བཙན་སྒམ་པོ་, Wylie : Srong-btsan Sgam-po, pinyin tibétain : Songzain Gambo  ; né vers 609-613 - mort en 650), 33e souverain de la dynastie Yarlung, fut avec Trisong Detsen et Tri Ralpachen l'un des « trois rois religieux » du Tibet.

Il unifia le Tibet, fonda Lhassa où il installa sa résidence principale et son administration, et fit construire le premier bâtiment du Palais du Potala. Yumbulagang était son palais d'été où la princesse Wencheng de la Dynastie Tang le rejoint avant que Songtsen Gampo ne déplace son siège principal à Lhassa. Il donna au royaume du Tibet les frontières qui seront encore les siennes au début du XXe siècle. Il fit construire les temples de Jokhang et de Ramoché. Sous son règne sera créée l'écriture tibétaine.

Songtsen Gampo

Terme tibétain
Écriture tibétaine སྲོང་བཙན་སྒམ་པོ་
Translittération Wylie Srong-btsan Sgam-po
Prononciation phonétique [soŋtsɛ̃kampo]
Pinyin tibétain Songzain Gambo
Translittération THDL Songtsen Gampo
Autres transcriptions Songtsän Gampo
Terme chinois
Sinogrammes traditionnels 松贊干布
Sinogrammes simplifiés 松赞干布
Transcription Pinyin sōngzàn gānbù

Accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

Bien que la date de sa naissance et certaines dates de la première partie de son règne soient discutées, la chronologie devient plus précise dans la seconde moitié.

Après la mort par empoisonnement de son père Namri Songtsen en 618, Songtsen Gampo monte sur le trône alors qu'il est encore mineur, après avoir probablement maté une brève rébellion.

Il montrera qu'il est versé aussi bien dans la diplomatie que dans l'art de la guerre. Vers 627, son ministre, Myang Mang-po-rje, avec les troupes de Zhang Zhung (Chinois Tang: 羊同 Yangtong), défait le peuple Sumpa (Chinois: Subi) du nord-est du Tibet[1]. Mais six ans plus tard, vers 632-633 il est accusé de trahison et exécuté[2]. Il est remplacé par Mgar-srong-rtsan.

Conquêtes[modifier | modifier le code]

En 635-638, toujours avec l'aide des troupes de Zhang Zhung, il attaque et défait le peuple A-zha (Ce pays est nommé en mandarin Tuyuhun), qui vit autour du lac Kokonor au nord-est du Tibet et contrôle une route commerciale importante vers la Chine, notamment pour la route de la soie. Il entreprend également une campagne victorieuse contre l’empire Tang[3].

En 635-636, il entreprend une campagne avec succès contre la Chine dans la province frontière de Songzhou [4].

Acculé par les conquêtes de Gampo, l'empereur Taizong négocie la paix et accepte la proposition d'alliance matrimoniale sollicitée depuis 634 par l'empereur tibétain. Il lui offre en mariage la princesse Wencheng, probablement l'une de ses nièces, qui quitte la Chine en 640 et arrive un an plus tard à Lhassa. La paix entre la Chine et le Tibet perdurera durant le reste du règne. Songtsen Gampo aurait aussi eu trois épouses tibétaines dont la plus jeune, Mongso Tricham, lui aurait donné un fils.

Vers 639, après un conflit entre Songtsen Gampo et son frère cadet Brtsan srong, ce dernier est brûlé vif par le ministre Mkha’s-sregs (vraisemblablement sur ordre de son frère aîné)[5].

Il entreprend à partir de 640 une série de conquêtes vers la vallée de Katmandou, l’ouest du Tibet (Zhang Zhung, Népal occidental), le Tibet du Sud-Est et les régions au sud du lac Kokonor. Il soumet Zhang-Zhung, son plus important concurrent immédiat, et étend son influence jusqu'au Pamir, au Népal et en Chine occidentale.

Alliances et diplomatie[modifier | modifier le code]

autel représentant de gauche à droite, la princesse Wencheng, chinoise, Songtsen Gampo et la princesse Bhrikuti, népalaise

Pour consolider ses alliances politiques, le roi aurait obtenu, entre autres épouses, deux bouddhistes, la princesse népalaise Bhrikuti et la Princesse Wencheng (tib. : Mung-chang Kong-jo) chinoise, encore appelées Belsa (reine népalaise) et Gyasa (reine chinoise). Du fait de ces mariages, la tradition médiévale historique (Rgyal-rabs et Gsel-ba'i Me-long) et littéraire (Mani-bka'-'bum) le crédite de la première introduction du bouddhisme au Tibet. Les alliances sont également l'occasion d'échanges culturels. Des 'étudiants' tibétains sont envoyés en Chine et en Inde. Dans ce dernier pays ils apprennent le sanskrit. Le ministre Thonmi Sambhota crée l'écriture tibétaine à partir de l'alphabet indien devanâgarî.

La princesse Wencheng est cédé en mariage en 641, en échange de l'arrêt de la tentative d'invasion de Songtsen Gampo, à Songzhou, fortification protégeant la région des actuels Qiang, à l'Ouest de la Chine, du Tibet.

Le code juridique tibétain remonte au VIIe siècle, au règne du roi Songtsen Gampo[6]. Selon le dalaï-lama la peine de mort avait été strictement interdite au Tibet dès le VIIe siècle sous le règne de ce roi qui promulgua un code légal des 16 vertus morales inspiré des règles de conduites bouddhistes[7].

La diplomatie matrimoniale avec le Zhang-Zhung, centre important pour la religion traditionnelle bon-po, ne recueille pas le même succès. Sad-kar-ma, sœur de l’empereur du Tibet, se plaint de la non-consommation du mariage par le roi Lig-myi-rhya. S’ensuit une guerre qui s'achève par l'incorporation à l'Empire tibétain du Zhang-Zhung, qui devient à partir de 645 le Tibet occidental.

Succession[modifier | modifier le code]

À sa mort, son petit-fils et héritier Khri-mang-slon étant encore jeune, la régence fut assurée par le ministre Mgar-srong-rtsan dont la famille se maintiendra longtemps au pouvoir.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Annales Tibétaines Anciennes, ATA l. 2
  2. ATA l. 4-5, Richardson 1965
  3. ATAl. 607
  4. (OTA l. 607), Bushell, S. W. "The Early History of Tibet. From Chinese Sources." Journal of the Royal Asiatic Society, Vol. XII, 1880, p. 444.
  5. Richardson 1965, ATA l. 8-10
  6. Rebecca Redwood French, The golden yoke: the legal cosmology of Buddhist Tibet, Chapter 2, Reading Law Codes as Tibetan History, p. 41-44
  7. dalaï-lama, Gilles Van Grasdorff, Terre des dieux, malheur des hommes : "Sauver le Tibet", p 27-29 Jean-Claude Lattès, 1995, (ISBN 2709615010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]