Heinrich Harrer

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Heinrich Harrer

Description de cette image, également commentée ci-après

Heinrich Harrer en octobre 1997 à la foire du livre de Francfort signant son livre Retour au Tibet.

Naissance
Obergossen, près d'Hüttenberg, Carinthie
Décès (à 93 ans)
Friesach, Autriche
Nationalité autrichien
Formation
Distinctions
Citoyen d'honneur de la ville de Hüttenberg en 1983, Médaille d'or de la société Humboldt en 1985, Médaille d'or de l'Eiger, Médaille du club des explorateurs aux États-Unis en 1991, Médaille autrichienne des sciences et des arts en 1995, prix Lumière de la vérité, 2002.

Heinrich Harrer ( - ) est un alpiniste, sportif, explorateur, géographe et écrivain autrichien.

Membre de l'équipe qui réalisa la première ascension de la face nord de l'Eiger dans les Alpes suisses en 1938, Harrer en tira une notoriété qui lui permit de participer à l'expédition de reconnaissance allemande au Nanga Parbat (dans l'Himalaya) de 1939. Interné en Inde par les Britanniques au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il s'échappa en 1944 et gagna le Tibet avec son compagnon Peter Aufschnaiter. Il y séjourna jusqu'en 1951, travaillant notamment comme traducteur, photographe et enseignant, et se liant d'amitié avec le jeune dalaï-lama. De 1953 à 1986, il dirigea de nombreuses explorations en Afrique, Asie et Amérique, avec notamment la première ascension de la Pyramide Carstensz, plus haute montagne d'Océanie.

Écrivain, il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont Sept ans d'aventures au Tibet qui connut un succès planétaire et popularisa le Tibet ainsi que La Face nord de l'Eiger relatant deux décennies de tentatives et ascensions victorieuses.

Son passé nazi, dans les années 1930, révélé seulement neuf ans avant sa mort, l'a contraint à se justifier à la fin de sa vie. Il déclara qu'il s'agissait d'une erreur de jeunesse à une époque où il n'avait pas encore appris à penser par lui-même et condamna les crimes de l'époque nazie.

Un musée est consacré à Heinrich Harrer et à son œuvre près de son village natal.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Années de jeunesse (1912-1937)[modifier | modifier le code]

Obergossen, le village de Heinrich Harrer (2007).

Heinrich Harrer est né en 1912 dans une famille modeste, d'un père employé des postes et d'une mère ménagère, à Obergossen, près des villages d'Hüttenberg et de Knappenberg, dans la province autrichienne de Carinthie[1].

Il fit ses études au lycée puis à l'université Karl-Franzens de Graz, où il étudia l'éducation physique, la géographie[2],[3] et la glaciologie[4] et dont il sortit diplômé en 1933[3]. Il fut membre de l'association étudiante de la ville A.T.V. Graz (de)[5]. C'est alors que naquit son intérêt pour l'Himalaya. Ses études de géographie lui firent découvrir les récits des explorateurs britanniques concernant le « toit du monde ». L'explorateur Alexander von Humboldt devint un de ses modèles. Le jeune Harrer lisait les livres de l'explorateur suédois Sven Hedin qui, entre 1892 et 1935, avait mené plusieurs expéditions en Asie centrale. Il rencontra Hedin à l'occasion d'une conférence de ce dernier à l'université de Graz. Enfin, il se passionna pour le géographe et explorateur Alfred Wegener, l'auteur de la théorie de la dérive des continents[6].

Doté d'une stature athlétique, il commença très tôt à skier, après avoir fabriqué ses skis à partir de planches de barriques, les chaussant pour effectuer les courses que lui confiait sa mère, Johanna, ou pour porter du courrier à la poste où son père travaillait. Il exerça par ailleurs d'autres sports comme la course à pied et la course d'obstacles où il gagna quelques compétitions. Mais afin d'exceller dans un sport Heinrich Harrer décida de se spécialiser : il skierait l'hiver et ferait de l'alpinisme l'été[7].

Sélectionné pour l'épreuve de combiné alpin des Jeux olympiques d'hiver de Garmisch-Partenkirchen, Harrer n'y participa pas en raison du boycott de ces jeux par l'équipe autrichienne de ski alpin. Il participa cependant aux épreuves de sprint des Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin, puis remporta, en 1937, l'épreuve de descente du championnat universitaire mondial[2].

En été, Heinrich Harrer effectuait des ascensions toujours plus difficiles et périlleuses dans les Dolomites ou les Alpes suisses ou françaises[8]. En 1937, il fit la connaissance du Viennois Fritz Kasparek, avec qui il effectua de nombreuses courses.

Adhésion au national-socialisme (1933)[modifier | modifier le code]

Voir plus bas le chapitre « Harrer confronté à son passé (1997) » pour une présentation complète.

D'après un télégramme du 1er décembre 1938 signé par l'officier SS Schöne et directement adressé au directeur du RuSHA, 23/24 Hedenmannstrasse à Berlin, Heinrich Harrer s'engagea dès 1933, à 21 ans, dans la SA (Sturmabteilung), organisation paramilitaire du parti nazi[9], alors interdite en Autriche, impliquée dans des attentats et des assassinats[10]

Selon Gilles van Grasdorff, ce même télégramme indiquerait qu'en 1938, à 26 ans, il adhéra à la SS (Schutzstaffel), Unité SS 38, sous le matricule 73896, une des principales organisations du régime nazi[9],[10].

Selon le journaliste Gerald Lehner, le document de mariage de Harrer – document qui devait être demandé au RuSHA, le bureau chargé de vérifier la « pureté raciale » des membres de la SS – déclarait qu'il était membre des Chemises brunes (la SA) depuis octobre 1933 et était devenu membre de la SS depuis avril 1938. Un CV de la main même de Harrer confirme qu'il avait adhéré à la SA et la SS. Harrer devint Oberscharführer-SS (adjudant) et se maria en uniforme SS[11]. Selon l'universitaire Martin Brauen, il est contesté qu'il ait rejoint la SA en 1933[12].

Il avait adhéré, à partir du 1er janvier 1933, à la Ligue nationale socialiste des enseignants (en) autrichienne à Graz[13], association illégale jusqu'à l’Anschluss, l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne par le Troisième Reich en 1938[14].

Quand Harrer fut pris en photographie aux côtés du Führer Adolf Hitler à Breslau en juillet 1938, après l'ascension de la face nord de l'Eiger, il était déjà depuis deux ans formateur à l'Ordensburg Sonthofen (en), une école de cadres du régime[10].

L'ascension de la face nord de l'Eiger (1938)[modifier | modifier le code]

La face nord – Nordwand – de l'Eiger (l'orientation exacte est en fait le nord-est).

L'année 1938 vit l'apogée de la carrière d'alpiniste de Harrer avec son ascension de la face nord de l'Eiger (Eigernordwand) avec Fritz Kasparek, Anderl Heckmair et Ludwig Vörg.

La prouesse physique et technique[modifier | modifier le code]

En compagnie de son compatriote autrichien Fritz Kasparek, également membre du parti nazi [15], Harrer s'attaque à « l'Ogre », la mythique face nord de l'Eiger, un sommet des Alpes bernoises en Suisse[16]. Au deuxième jour de l'escalade, ils sont rattrapés par la cordée de deux as allemands, Anderl Heckmair et Ludwig Vörg[17], qui font partie, en tant que guides de montagne, de l'Ordensburg[18]. Alors que Harrer et Kasparek sont équipés pour le rocher, Heckmair et Vörg le sont pour la glace[19]. Le , au bout de trois jours et demi, les deux équipes, réunies en une seule cordée, conduite par Heckmair, atteignent la crête, où est planté le drapeau à croix gammée[20]. Selon Rainer Rettner, Harrer démentit jusqu'à sa mort avoir eu dans son sac une bannière frappée de la croix gammée, laquelle flottait sur sa tente les jours précédant l'ascension comme le montre une photo[21].

Quasiment verticale, la plupart du temps à l'ombre, exposée aux intempéries et sujette à de nombreuses chutes de pierres, cette paroi de 1 800 mètres, située au-dessus de la station de Grindelwald, dans le canton de Berne, avait vu la mort de 9 des 12 alpinistes qui s'y étaient frotté les années précédentes, à tel point que les autorités suisses en déconseillaient l'ascension et que les guides du cru menaçaient de ne pas aller secourir les imprudents. Encore aujourd'hui, la face nord de l'Eiger reste une des ascensions les plus périlleuses au monde.

Cette première marqua un progrès technique avec l'introduction de crampons à 12 pointes, dont étaient équipés les deux Allemands[22], et de pitons[23]. Au lieu d'avoir à tailler au piolet des points d'appui dans la glace raide, il suffisait d'enfoncer dans celle-ci les deux pointes frontales horizontales pour obtenir de la traction. Comme Kasparek avait des crampons classiques à 10 pointes, moins efficaces, et que Harrer n'avait que des chaussures à clous, Heckmair prit la tête de la cordée tandis que Harrer fermait la marche, ramassant les pitons[24].

Harrer narre l'ascension dans son ouvrage Die Weisse Spinne (traduit en anglais sous le titre The White Spider et en français sous celui de La face nord de l'Eiger), un des grands classiques de la littérature de montagne[25],[26]. L'« araignée blanche » est le surnom donné à la partie supérieure de la paroi rocheuse où des fissures, remplies de neige et rayonnant depuis un champ de glace, font penser aux pattes d'une araignée[27]. Au cours de l'ascension de l'« Araignée », les quatre hommes furent pris sous une avalanche mais trouvèrent assez de force pour rester rivés à la paroi et ne pas se laisser emporter[28],[29]. Leur lente et périlleuse progression est suivie depuis la vallée. Alerté par la presse et la radio, le monde se passionne pour cette équipée. Quand enfin, les quatre grimpeurs franchissent l'arête terminale, aveuglés par la tempête, ils ne s'aperçoivent pas tout de suite de leur victoire[30].

La photographie aux côtés d'Hitler[modifier | modifier le code]

Quatre mois après l’Anschluss, qui vit l'Autriche devenir l'Ostmark, l'alliance des deux alpinistes autrichiens et des deux alpinistes allemands, fut exploitée par la propagande du régime qui en fit le symbole de l'invincibilité de cette union[31]. Leur prouesse valut aux quatre héros l'honneur de se faire photographier, à l'instar de nombre d'athlètes et célébrités de l'époque, aux côtés d'Adolf Hitler, en 1938, à Breslau, à l'hôtel Monopol, Harrer et Kasparek, qui appartenaient tous les deux à la SS, figurant en bonne position de part et d'autre de leur hôte[32],[33], ainsi que d'être acclamés par une foule de 30 000 personnes[34]. Le dirigeant allemand, qui avait promis une médaille à ceux qui viendraient à bout de la face meurtrière (ou Mordwand[35]) de l'Eiger[36], avait suivi heure par heure la progression des alpinistes[37].

Un livre sur la face nord de l'Eiger (Um die Eiger-Nordwand)[9], publié en 1938 par la maison d'édition du NSDAP, attribue ces paroles à Harrer : « Nous avons gravi cette paroi pour parvenir, par dessus le sommet, jusqu'à notre Führer ». En 1997, Harrer affirme que « cette phrase a été rédigée par la propagande nazie »[10],[38].

Mariage (1938)[modifier | modifier le code]

Cette même année, dans une lettre en date du 19 décembre[39], Harrer demanda à Heinrich Himmler l'autorisation d'épouser la fille d'Alfred et d'Else Wegener, Charlotte Wegener, membre depuis 1936 des jeunesses nazies[40] et bien introduite parmi l'élite nazie[41]. Il dut faire la preuve de son aryanité et de celle de son épouse, arbre généalogique à l'appui[42]. Ils auront un fils, Peter[43]. Son mariage avec Lotte, qui a une sœur, Käthe, fait de Heinrich le beau-frère de l'époux de cette dernière, Siegfried Uiberreithe, chef de la brigade SA clandestine Steiermark et futur Gauleiter de Styrie[44].

L'expédition au Nanga Parbat en Inde (1939)[modifier | modifier le code]

Peter Aufschnaiter.

Après son exploit, Harrer retourne à la vie normale, travaillant comme entraîneur d'abord de l'équipe féminine de la Fédération autrichienne de ski (de) puis de l'équipe de ski de la SS styrienne (autrichienne)[45]. Le 30 novembre 1938, il écrit une lettre à son chef, le Reichsführer-SS Heinrich Himmler, afin de lui demander le privilège de participer à une grande expédition himalayenne[9],[10]. En 1939, alors qu'il collabore à un film sur le ski alpin réalisé par Leni Riefenstahl (Les merveilles du ski)[46], il reçoit un télégramme lui annonçant sa participation à la quatrième expédition allemande sur le Nanga Parbat dans l'Himalaya[45]. Harrer réalise alors le rêve de sa vie : « En vérité, j'avais escaladé l'Eiger dans l'espoir d'être un jour ou l'autre invité à participer à une expédition dans l'Himalaya. J'étais fou de joie »[47].

Le vainqueur de l'Eiger sera donc de l'expédition au Nanga Parbat de la Fondation himalayenne allemande (de)[48], sous la conduite de l'Autrichien Peter Aufschnaiter, membre du parti nazi, qui avait participé aux expéditions du Kangchenjunga au Népal en 1929 et 1931. L'expédition est chargée par Himmler de faire du repérage en vue de l'ascension de la face nord-ouest (ou « face du Diamir ») du Nanga Parbat (« la Montagne nue »), le 9e plus haut sommet du monde (8 114 m), aujourd'hui au Pakistan et à l'époque aux Indes britanniques. Après l'échec de plusieurs expéditions (10 morts en 1934, 16 morts en 1937), « la Montagne nue » est devenue pour l'alpinisme allemand une obsession, « le symbole de la montagne tueuse que seuls des surhommes pouvaient affronter »[49]. Les sacs à dos portés par les grimpeurs seront frappés de la croix gammée[50].

En mai, le SS-Oberscharführer (sergeant) Harrer prend congé de sa femme[51], alors enceinte d'un fils qu'il ne verra qu'une douzaine d'années plus tard. Le groupe d'himalayistes, où figurent également Lutz Chicken et Hans Lobenhoffer, quitte Rawalpindi le 11 mai pour s'installer dans les environs de Ghilas le 22 mai. Tous apprennent le succès de l'expédition SS à Lhassa[52] sur le chemin du camp de base où ils arrivent le 1er juin 1939. Pendant le mois de juin, ils effectuent des reconnaissances sur le versant sud du pic Ganalo (6 606 m). Loberhoffer et Chicken gravissent la voie classique empruntée par Albert F. Mummery sur la face ouest. Harrer et Aufschnaiter établissent le camp III autour des (7 000 m). Chicken explore le Rakaposhi. Le 23 juillet, Aufschnaiter et Chicken se lancent sur la face ouest du pic Ganalo. Le mauvais temps, les avalanches obligent finalement les membres du groupe à se retrouver dans le camp de base. On rend hommage aux héros des expéditions allemandes et autrichiennes passées, puis c'est le repli sur Srinagar, où les quatre hommes sont rendus le 22 août. Leur intention est de rejoindre Karachi pour y embarquer, le 24 août, sur un cargo qui doit les ramener à Gênes. À Karachi, ils apprennent la signature du pacte de non-agression entre l'Allemagne et l'Union soviétique. Comme le bateau a du retard et que la tension monte dans la ville, les membres de l'équipe décident de se séparer et de rejoindre l'Iran pour ensuite se frayer un chemin jusqu'à l'Allemagne[53]. Trois jours avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les membres de l'expédition sont arrêtés par les autorités coloniales britanniques au moment où ils s'apprêtent à gagner l'Iran. Harrer est arrêté par des soldats indiens alors qu'il déjeune dans un restaurant de la ville[54].

Internement en Inde (1939-1944)[modifier | modifier le code]

Quinze jours plus tard, les membres de l'expédition sont déplacés au camp central d'Ahmadnagar, près de Bombay. De la vie au camp, Harrer ne dit guère plus qu'« elle n'est pas faite pour les hommes épris de liberté »[55].Supportant difficilement cet enfermement, Harrer se porte volontaire pour travailler à l'extérieur du camp, espérant ainsi trouver l'occasion de s'évader. Mais persuadés que la fin de la guerre est proche, ils remettent sans cesse cette évasion[45].

Par la suite, ils sont transférés par camion dans un nouveau camp à Deolali (en). Chaque camion comprend 18 prisonniers gardés par un seul soldat indien, la majorité des gardes sont dans les deux camions situés en tête et en queue du convoi. Harrer et son compagnon Lobenhoffer décident de sauter pour rejoindre l'enclave portugaise de Damao qui est un territoire neutre. Mais Lobenhoffer est immédiatement repris, or il portait le sac à dos nécessaire à leur survie. Harrer décide de profiter de la confusion pour rejoindre sa place[45].

La vie au camp de Dehradun[modifier | modifier le code]

Quelques mois plus tard, ils sont envoyés au camp d'internement central de Prem Nagar, dans l'Uttarakhand (en), non loin de la ville de Dehradun, juste au pied de l'Himalaya[56].

Le camp est divisé en plusieurs ailes (Flügel). Les Allemands du Reich qui résidaient en Inde britannique sont cantonnés dans l'aile 1, baptisée Campus Teutonicus. Leur nombre est de 1 500. Les Nazis forment le « cercle doré » de l'aile 1 et occupent tous les postes importants. La figure centrale (Lagerleiter) de la communauté austro-allemande est l'Allemand Oswald Urchs, représentant (Landesgruppenleiter) du Troisième Reich en Inde avant l'internement de ses compatriotes (de). La plupart des détenus ont fait allégeance aux Nazis. Ceux qui, parmi eux, s'avisent de frayer avec des non-Nazis, s'exposent à des menaces de mort. Toutefois l'influence des partisans du Reich se fait moins sentir après la défaite allemande devant Stalingrad. Parmi les déténus de Dehradun, il y a Heinrich Harrer, Rolf Magener, Peter Aufschnaiter, Heins von Have, rendus célèbres ultérieurement par leur évasion du 29 avril 1944[57]. L'aile 2 est celle des anti-Nazis et anti-Fascistes[58].

Anagarika Govinda, initié au bouddhisme tibétain et ayant accompli un pèlerinage au mont Kailash au Tibet en 1932, fut lui aussi interné par l'armée britannique en 1942 à Dehradun avec Heinrich Harrer et d'autres ressortissants allemands, dont Nyanaponika Thera (en)[59],[60]. Nyanatiloka (en) fut lui aussi interné à Dehradun où il rencontra Nyanaponika, Lama Govinda et Harrer, entre autres[61].

L'alpiniste Harrer se sait capable de rejoindre les cols et, derrière eux, le Tibet, alors qu'auparavant son objectif était de rejoindre les enclaves portugaises. Il profite donc de sa détention pour préparer sa prochaine évasion[62]. Il étudie les livres présentant l'Himalaya, prend des notes et copie les cartes. Il organise son évasion avec un général italien dénommé Marchese qui ne manque pas d'argent et peut facilement se procurer tout ce qui est nécessaire à une fuite. Celle-ci a lieu en mai 1943. Ils réussissent à s'évader du camp sous le tir des sentinelles, rejoignent la jungle et décident de marcher de nuit vers l'Himalaya. Pour passer inaperçu, Harrer se teint les cheveux et la barbe en mélangeant du permanganate avec du fard et de la graisse, ce traitement lui vaudra de perdre ses cheveux brûlés. Après maintes péripéties, ils seront repris au bout de 38 jours par des paysans. De retour au camp, 28 jours de cachot les attendent[56].

La déclaration de Moscou (1943)[modifier | modifier le code]

Le 1er novembre 1943, les ministres des affaires étrangères des nations alliées signèrent la déclaration de Moscou, déclarant nulle et non avenue l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie et appelant à la libération de l’Autriche occupée et à sa reconstitution en tant qu’État. Selon un article du journaliste chinois Ren Yanshi publié dans Beijing Review (en)[63], les prisonniers de guerre autrichiens qui acceptaient cette déclaration et de rejoindre la résistance autrichienne dans les pays alliés étaient libérés. À Dehradun, Harrer aurait rejeté cette déclaration et de ce fait serait resté prisonnier de guerre en 1944[64]. Selon l'alpiniste et écrivain indien d'origine écossaise William McKay Aitken (en) (Bill Aitken), Harrer aurait pu être libéré dès 1943 lorsque les autorités britanniques du camp lui avaient proposé l'amnistie en tant que citoyen autrichien s'il rejetait officiellement l'idéologie nazie[65].

L'évasion (29 avril 1944)[modifier | modifier le code]

Harrer, qui a appris des rudiments d'hindoustani, de tibétain et de japonais[62], réussit à s'échapper du camp de Dehradun, le , avec les Autrichiens Peter Aufschnaiter et Bruno Treipel, les Berlinois Hans Kopp et Friedl Sattler, et deux autres Allemands, Rolf Magener (de), un employé de la multinationale IG Farben Industrie à Bombay, et Heins Von Have (de), un homme d'affaires, ces derniers voulant rejoindre les Japonais en Birmanie dans l'espoir qu'ils les renvoient en Allemagne[66] (Magener et von Have firent cap au sud, gagnèrent Rangoon en Birmanie puis de là le Japon, où ils attendirent la fin de la guerre comme consuls honoraires à l'ambassade d'Allemagne à Tokyo)[67].

Pour Alan J. Levine, Harrer et les autres évadés (sauf Magener et von Have) pensaient atteindre la Birmanie en passant par le Tibet oriental[68].

Le 17 mai 1944, Harrer et Kopp, Aufschnaiter et Treipel (Sattler a abandonné) pénètrent au Tibet par le col de Tchangtchock, à 5 300 mètres d'altitude puis se séparent[69]. Grâce aux deux cartes prises par Harrer dans un livre de l'alpiniste Eric Shipton se trouvant au cercle des officiers à Dehradun, les évadés savaient quel itinéraire suivre pour entrer au Tibet[70].

Les sept années au Tibet (1944-1951)[modifier | modifier le code]

Le livre autobiographique paru en 1953, Sieben Jahre in Tibet (« Sept années au Tibet »), est la source principale du séjour de Heinrich Harrer au Tibet. Une autre source est l'ouvrage de Peter Aufschnaiter, son compagnon d'escapade[71].

L'équipée vers Lhassa (1944-1946)[modifier | modifier le code]

Heinrich Harrer est entré dans Lhassa en 1946 par le Chorten de la porte ouest (photo de 1938).

Alors que Sattler, Kopp et Treipel sont retournés, par abandon ou capture, derrière les barbelés, Aufschnaiter et Harrer franchissent quelque 65 cols de plus de 5 000 mètres d'altitude, gagnant finalement Lhassa le 15 janvier 1946, après une équipée de 20 mois[72].

Sans qu'ils le sachent, leur avancée a été suivie par le Raj britannique depuis la mission britannique à Lhassa, ainsi que l'attestent les rapports hebdomadaires confidentiels de celle-ci : « 17 juin 1945 : Les deux évadés sont à Kyrong. On les a vus faisant des relevés et échangeant des médicaments contre des provisions. 26 août : L'ordre de refouler les deux évadés jusqu'à la frontière du Népal n'est apparemment pas suivi d'effet. On les dit vêtus comme des nomades tibétains de guenilles en peau de mouton, qu'ils ont un âne qui porte leurs maigres effets. »[73].

Le séjour à Lhassa (1946-1950)[modifier | modifier le code]

Dépourvus de papiers et d'autorisations de séjour, ils se postent devant la maison de Thangme, qu'ils surnomment le « Maître de l'électricité ». Il s'agit de Dadul Wangdi Tsering, un assistant de la centrale hydroélectrique de la vallée de Dodé[74]. Celui-ci accepte de les accueillir et les héberge pendant un mois[75]. D'après les rapports confidentiels de la mission britannique à Lhassa, « ils sont hébergés par un responsable tibétain qui les a trouvés dans la rue. Le gouvernement les interroge. »[76]. Par la suite Tsarong Dzasa les invite à résider dans une maison d'hôte de son domaine [77].

La vallée de la Kyi chu (photo de 2006).

Le 27 janvier, on leur permet de vaquer dans la ville. Les parents du dalaï-lama les reçoivent chez eux et leur donnent des provisions et du numéraire. On raconte que le dalaï-lama en personne (alors âgé de 11 ans) leur en a fait la demande. Le 10 février, les deux Allemands expriment le souhait de gagner la Chine par voie terrestre ; le gouvernement tibétain les aurait avertis de se tenir prêts à retourner en Inde. Le 24 février, ayant mis à leur disposition une escorte tibétaine et des moyens de transport, les autorités leur ordonnent de partir, mais ils demandent un sursis le temps que Harrer, qui ne peut pas bouger à cause de sa hanche, aille mieux. Le 24 mars, Tsarong Dzasa propose au gouvernement tibétain que les deux évadés ne soient pas expulsés afin que l'on puisse mettre à profit les connaissances d'Aufschnaiter en matière de plantation d'arbres[78].

En se rendant l'un et l'autre indispensables grâce à leurs savoir-faire, les deux Européens réussissent à échapper à l'expulsion. Leur situation administrative évolue : après avoir obtenu le statut de résidents permanents, ils sont nommés en 1948 fonctionnaires du gouvernement et reçoivent chacun un salaire, une maison, une écurie et des domestiques[2]. Dès lors, ils vont travailler et vivre à Lhassa en tant que nobles de 5e rang[79].

Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils ont bénéficié de la bienveillance de l'agent politique britannique au Sikkim, Bhoutan et Tibet, Arthur Hopkinson, lui-même ancien prisonnier de guerre pendant la Première Guerre mondiale, qui, jugeant inutile de les interner à nouveau, a usé de son influence pour leur permettre de rester[80].

Fonctionnaire du gouvernement (1948-1950)[modifier | modifier le code]

Peter Aufschnaiter, qui était ingénieur agronome de formation, réalisa à la demande des autorités un canal d'irrigation des champs autour de Lhassa, puis il conçut un barrage sur la rivière Kyi chu pour protéger le palais de Norbulingka des inondations. En 1948, il fut chargé de rénover la centrale hydroélectrique de Drapchi ainsi qu'un canal d'amenée d'eau à Lhassa. Harrer surveillait la réalisation des travaux. Par la suite, les deux Autrichiens établirent une carte de Lhassa et des environs en vue de concevoir un réseau d'égouts. Harrer fit le relevé de toutes les maisons et jardins de Lhassa, qui comptait à l'époque environ 30 000 habitants. Il décrit l'obélisque de pierre élevé en l'an 763 sous le règne du roi du Tibet Trisong Detsen pour commémorer les victoires des Tibétains sur les Chinois[81].

Cerné de bâtiments, l'obélisque ou pilier de Shöl à Lhassa en 1993.

En dehors de la charge qui lui avait été confiée d'écouter les radios étrangères de langue anglaise et de traduire en tibétain les nouvelles politiques de l'étranger pour le compte du gouvernement[2] et de faire office de photographe de la Cour[43], Heinrich Harrer pratiqua de nombreux sports pendant son séjour à Lhassa. Il initia de nombreux membres de la bonne société de Lhassa à la natation, au patin à glace (que les Tibétains appelaient « marcher sur des couteaux ») et au tennis. Il indique faire des parties de tennis hebdomadaires avec des membres de la mission népalaise et des légations chinoise et anglaise. Il pratiqua aussi le ski alpin après avoir fabriqué des skis avec du bois de bouleau, cependant cette activité sportive fut interrompue par les Tibétains qui lui demandèrent de ne plus « chevaucher la neige » de peur d'offenser les esprits de la montagne.

Le palais du Potala, résidence du dalaï-lama (photo de 1938).

En 1949, le dalaï-lama, alors âgé de 14 ans, fit savoir à Harrer, par l'intermédiaire de son frère Lobsang Samten dont l’Autrichien était devenu l’ami, qu'il avait besoin de lui pour pouvoir projeter des films[82],[83] ,[84]. C'est ainsi qu'Harrer devint l'ami du jeune dalaï-lama, lequel lui avait donné le surnom affectueux de gopa (« tête jaune ») à cause de la blondeur de ses cheveux[85]. Le jeune homme recevait alors son enseignement de moines qui n'avaient jamais voyagé. Ils lui enseignaient la méditation, la religion et l'art de gouverner[86]. À sa demande, Harrer lui donna des cours d'anglais[87] et de géographie[88],[89]. Il lui apprit aussi à serrer la main, à la mode occidentale[90].

Pour la biographe Patricia Cronin Marcello, l'amitié entre le dalaï-lama et Harrer a eu des répercussions importantes. Pour la première fois, quelqu'un qui n'était pas du sérail était en mesure de parler au dalaï-lama en tête à tête, rompant ainsi avec les règles protocolaires tibétaines. Alors que la coutume voulait que tout interlocuteur soit assis à une hauteur moindre que celle du dalaï-lama, Harrer pouvait s'asseoir à côté de ce dernier. Alors que personne n'était censé regarder le dalaï-lama dans les yeux, Harrer en devint le confident. De là, selon Patricia Cronin Marcello, l'abord facile du dalaï-lama par la suite[91].

Dans Lhassa : le Tibet disparu (1997), Heinrich Harrer qualifie ainsi sa relation avec le jeune homme : « […] En vérité, j'étais un trait d'union entre son monde médiéval et la vie qu'il aurait plus tard en Occident »[92]. Dans son autobiographie, Au loin la liberté (1990), le dalaï-lama évoque Harrer en ces termes : « Il parlait couramment le tibétain et possédait un sens de l'humour remarquable, tout en se montrant plein de courtoisie et de respect. À mesure que nous apprenions à nous connaître, il était plus libre et direct avec moi – en particulier quand nous étions seuls –, qualité que j'appréciais fort »[93].

Pour l'homme politique chinois Li Jianhua (en), il est logique de se demander si Harrer, du fait de ses convictions nazies, n'a pas influencé le jeune dalaï-lama par ses conseils[94]. Pour leur part, Victor et Victoria Trimondi font remarquer qu'il n'y a pas lieu de parler d'un enseignement partisan alors que la guerre était finie depuis plusieurs années[95]. Anne-Marie Blondeau précise qu'Heinrich Harrer ne côtoya le dalaï-lama, âgé de 14 ans, que deux heures par jour, et ne lui enseigna que des connaissances techniques au bout de cinq ans de séjour au Tibet, occupant cette fonction moins de deux ans. Elle demande « comment imaginer que Harrer ait même tenté d’« endoctriner » son élève, lui-même contraint de toutes parts par un programme scolastique très rigoureux, une étiquette pointilleuse, et un calendrier de cérémonies innombrables ? »[96].

Harrer se lia également d'amitié avec deux des frères du jeune dalaï-lama Thupten Jigme Norbu et Lobsang Samten, lesquels devaient, selon The Herald-Times (en), lui faire faire la connaissance de ses parents[97]. Selon d'autres sources, Harrer et Aufschnaiter furent invité par les parents du dalaï-lama en 1946, alors qu'ils attendaient du gouvernement tibétain l'autorisation de résider à Lhassa[98]. Sans en informer Harrer qu'il côtoya pourtant à Yatung[99], Norbu devait quitter le Tibet pour l'Inde en 1951[100],[101].

Le départ du Tibet pour l'Inde (1951)[modifier | modifier le code]

Devant l'avancée de l'armée chinoise, Heinrich Harrer, à son grand regret, doit quitter Lhassa en novembre 1950. Après avoir séjourné dans la Vallée de Chumbi, il quitte le Tibet en mars 1951 et rejoint les Indes muni de son passeport délivré par le gouvernement du Tibet. Selon John Kenneth Kraus, il est envoyé en mission par la mère du dalaï-lama, en compagnie d'un moine, Geshe Wangel, pour demander à l'ambassade américaine à New Delhi de persuader son fils de se réfugier en Inde[102].

Lorsque la revue américaine Life publie, dans son numéro du 23 avril 1951, un article sur la fuite du dalaï-lama (fuite suivie d'un retour à Lhassa en juillet 1951), les photos qui l'illustrent sont celles prises des événements par Harrer[103]. Après que le dalaï-lama eut rejoint Lhassa pendant l'été 1951, Harrer se résolut à regagner l'Europe, laissant derrière lui, selon ses termes, « un peuple dont la seule ambition fut de vivre libre et indépendant »[104].

Une fois en Inde, Harrer s'essaya sans succès selon Apurva Chaudhary à gravir par l'ouest le massif du Panchchuli (en) dans ce qui est aujourd'hui l'État de l'Uttarakhand[105]. Peter Aufschnaiter resta un peu plus longtemps à Lhassa mais partit à son tour en apprenant le départ du dalaï-lama. Il vécut d'abord à Kyirong, puis en janvier 1952 il quitta le Tibet pour rejoindre Katmandou au Népal[56], où il passa l'essentiel de la fin de sa vie. Il y effectua plusieurs missions de cartographie. Puis à partir de 1956, il travailla à Katmandou comme expert agraire pour l'ONU. Harrer regagna l'Europe en janvier 1952, et commença à écrire son livre sur ses années au Tibet qui fut publié en octobre 1952[106].

L'intermédiaire auprès des Américains[modifier | modifier le code]

Selon l'historien américain et spécialiste de la Chine et du Tibet Tom Grunfeld, Heinrich Harrer fut l'un des intermédiaires dans les tractations secrètes qui se déroulèrent entre le dalaï-lama et le ministère américain des affaires étrangères jusqu'en 1952, après que le gouvernement des États-Unis eut décidé d'empêcher la mainmise sur le Tibet de la République populaire de Chine, nouvellement proclamée le 1er octobre 1949. Les États-Unis tout d'abord se proposèrent d'extraire le dalaï-lama de Lhassa puis, lorsque le chef des Tibétains se fut réfugié à Yatung en 1951, essayèrent de lui faire franchir la frontière, mais ces projets avortèrent devant les réticences de la partie tibétaine à la perspective de voir l'intégrité religieuse du Tibet atteinte par l'exil du dieu-roi[107].

Thomas Laird écrit que des documents du Département d'État des États-Unis, rendus publics 10 ans auparavant, montrent qu'Harrer pourrait avoir été impliqué dans plusieurs opérations secrètes pour les Américains après avoir quitté le Tibet[108]. Melvyn C. Goldstein écrit qu'en mars 1951 James Burke de Time-Life amena Heinrich Harrer voir Loy W. Henderson (en), l'ambassadeur américain en Inde[109]. De même, Mikel Dunham mentionne que Harrer rencontra Loy W. Henderson après son arrivé à Delhi[110].

Harrer informa Evan M. Wilson, consul général américain à Calcutta, de la volonté de retour à Lhassa de Yuthok Dzasa, un haut responsable tibétain réfugié en Inde, et suggéra de lui montrer une lettre. Selon Melvyn C. Goldstein, Harrer se joua des Américains en exagérant ce qu'ils voulaient entendre, c'est-à-dire que le dalaï-lama souhaitait ardemment quitter le Tibet, mais qu'il manquait de soutien parmi les fonctionnaires laïcs pour vaincre l'opposition des religieux. Le 14 septembre 1951, le Secrétaire d'État Dean Acheson approuva l'idée, à la condition que la lettre ne quitte pas l'ambassade et soit seulement montrée aux Tibétains. Le lettre précise que les États-Unis étaient prêts à soutenir la résistance contre l'agression communiste au Tibet, à la condition que le dalaï-lama quitte le Tibet[111].

Selon un passage du livre CIA's Secret War in Tibet coécrit par Kenneth J. Conboy et James Morrison, en juillet 1951, des responsables de l'ambassade américaine en Inde ont songé à faire appel à Harrer ainsi qu'à George Patterson, ancien missionnaire dans le Kham et traducteur du consulat américain à Calcutta (en), pour enlever le dalaï-lama et acheminer celui-ci en Inde[112]. Melvyn C. Goldstein déclare que l'ouvrage de Conboy et Morrison contient une affirmation invraisemblable selon laquelle Harrer aurait porté une lettre à Yatung en avril 1951, mais qu'il n'existe par ailleurs aucune indication de sa présence à Yatung à cette date, les auteurs ne fournissant aucune source[113],[114].

La thèse de la rédemption[modifier | modifier le code]

La thèse « d'une quête rédemptrice » par laquelle un alpiniste autrichien inscrit à la SS serait devenu défenseur d'un « peuple opprimé »[115], est reprise par le journaliste sportif Benoît Heimermann, selon qui l'arrivée à Lhassa de Harrer, sa découverte du bouddhisme et ses contacts répétés avec le jeune dalaï-lama seraient parvenus à le transformer[116],[117]. Le réalisateur Jean-Jacques Annaud[118] et le critique James Berardinelli[119] confirment que le scénario du film de 1997, Seven years in Tibet, inspiré de l'aventure tibétaine de Harrer, présente la thèse d'une rédemption.

Victor et Victoria Trimondi affirment qu'on ne trouve pas la moindre trace dans le livre de la « profonde catharsis » dépeinte dans le film. À leurs yeux, il s'agit d'une invention pure et simple du réalisateur pour éviter de perdre la face devant son public planétaire[120].

Pour le journaliste américain Jared Hohlt, « il n'est pas certain que Harrer ait été transformé par son périple et ses rapports avec le dalaï-lama » : certains indices donnent à penser que sa position n'a pas changé sur des questions cruciales. Et de rappeler qu'une bonne partie de ce qu'on sait du séjour de l'Autrichien provient de ses mémoires[121].

Elisabeth Martens, pour sa part, s'interroge : s'il s'est converti au bouddhisme, comment expliquer la quasi-indifférence qu'il afficha devant les images des atrocités nazies qui lui parvinrent à la fin de la guerre[122].

Rencontre avec Sven Hedin (1952)[modifier | modifier le code]

Pendant son séjour à Lhassa, Harrer resta en liaison avec le célèbre explorateur suédois Sven Hedin, géographe comme lui et partageant les mêmes intérêts. Leur correspondance est conservée aux archives royales de Suède[123].

Durant l'été 1952, Harrer put revoir, à Stockholm, Sven Hedin, qui l'avait invité pour son 87e anniversaire, peu de temps avant sa mort. Étudiant, Harrer l'avait rencontré à Graz, où Sven Hedin donnait une conférence. À ce savant qui fraya avec le national-socialisme allemand tout en le critiquant[124], Harrer vouait une admiration qui se transforma en amitié comme en témoigne une correspondance active entre Lhassa et Stockholm[125]. « Vous avez atteint la ville de mes rêves… », lui écrivit le grand explorateur qui avait été contraint de mettre un terme à son expédition de 1907 à Shigatsé. Hedin renchérissait ainsi dans une autre missive :

« Chaque mot est précieux… C'est tout simplement fabuleux pour des Européens de vivre pendant des années dans la capitale hermétiquement fermée du Tibet, Mecque du monde lamaïste, et de s'y être fait tant aimer qu'on les charge même de missions de confiance… Je lis vos lettres comme des romans, elles me parlent de l'objet de mes rêves les plus anciens… Votre dévoué Sven Hedin ».

Rencontres avec le dalaï-lama après 1951[modifier | modifier le code]

Harrer revit le dalaï-lama en avril 1959, après le soulèvement à Lhassa et sa fuite du Tibet. Harrer effectuait un reportage pour le Daily Mail et Life-Magazine[126]. Il est stupéfait de voir combien le jeune homme a grandi et qu'il chausse ses lunettes en public[127].

Lors de son premier séjour en Occident, en 1973, le dalaï-lama retrouva Harrer en Scandinavie. Si ce dernier avait conservé intact son sens de l'humour, il avait toutefois perdu la blondeur de ses cheveux, signe du passage des ans pour lui-même comme pour le dalaï-lama, alors âgé de 38 ans et en plein âge mur selon les canons tibétains[128].

Le dalaï-lama n'a appris le passé de Harrer que lors de sa publication par la presse. Il dit à son ami que si sa conscience était claire, il n'avait rien à craindre. Harrer dit que c'était le cas[2].

En 1992, dans son livre Lhassa, le Tibet disparu, Harrer explicite ainsi cette relation : « À Lhassa, voilà plus de 40 ans, je lui expliquais certaines choses du monde. À présent c'est lui qui m'enseigne des vertus comme la tolérance ».

« L'affaire Corti »[modifier | modifier le code]

En 1957, un drame se déroule sur la face nord de l'Eiger. Deux cordées y tentent séparément leurs chances : Claudio Corti et Stefano Longhi, qui espèrent être les deux premiers Italiens à gravir le versant, et Günther Nothdurft et Franz Mayer, deux alpinistes allemands chevronnés. Se rencontrant à mi-chemin, elles joignent leurs forces mais se heurtent à de graves difficultés. Les Italiens, tour à tour, font une chute et, blessés, restent cloués sur des rebords où ils affrontent un temps effroyable. Pour aller chercher du secours, les Allemands poursuivent l'ascension mais périssent lors de la descente du versant sud. Corti est finalement secouru par une équipe internationale d'alpinistes qui se sont rassemblés au sommet. L'un d'eux, Alfred Hellepart, descend sur un câble d'acier jusqu'à Corti pour le remonter. Longhi, quant à lui, meurt avant d'être secouru.

Relatant cet épisode dans son livre L'Araignée blanche, paru en 1958, Heinrich Harrer dénigre les connaissances techniques de Corti et affirme que sa version des évènements est malhonnête : il aurait assassiné les Allemands (dont les corps n'ont pas été retrouvés) pour voler leur nourriture et leur équipement. Harrer est tellement convaincu de la culpabilité de Corti qu'il finance des recherches pour retrouver les cadavres à la base de l'Eiger. Quatre ans après le drame, la découverte des restes des Allemands prouve sans l'ombre d'un doute que ces derniers sont morts dans la descente, emportés par une avalanche, et que Corti n'avait rien à voir avec leur mort. Malgré les demandes qu'on lui fit, Harrer refusa de se rétracter et de s'excuser, renouvelant plus ou moins ses accusations dans chacune des éditions ultérieures de son livre. Pour Luca Signorelli, son attitude était peut-être celle qui avait cours dans les années 1930, l'âge d'or de l'alpinisme : il n'y avait pas de place en montagne pour ceux qui devaient être secourus (attitude quelque peu déplacée puisqu'en 1938 Harrer et Kasparek avaient été secourus par Hekmair et Vörg sur le versant nord)[129],[130].

Harrer et l'adoption d'enfants tibétains non orphelins en Suisse[modifier | modifier le code]

Article principal : Communauté tibétaine en Suisse.

Selon l'écrivain Gilles van Grasdorff, en 1961, des dizaines d'enfants tibétains, présentés comme orphelins, furent proposés par le gouvernement tibétain en exil à l'adoption (et non au parrainage) à des familles suisses alors que leurs parents naturels travaillaient en Inde dans les communautés tibétaines ou construisaient des routes sur les contreforts himalayens. Plus tard, apprenant la vérité, certains adoptés se sont suicidés, d'autres ont sombré dans la drogue ou l'alcool. Gilles van Grasdorf attribue la responsabilité de cet état de choses à l'auteur du projet, Heinrich Harrer, qui, « enfermé dans une direction spirituelle et idéologique SS », aurait clairement poussé le dalaï-lama à faire adopter des enfants dans l'intention d'en faire une élite, grâce à l'éducation qu'ils allaient pouvoir recevoir dans les meilleures écoles et les meilleures universités occidentales[131].

Cependant, le dalaï-lama, dans son autobiographie, mentionne avoir demandé l'aide à son ami le Dr Aeschimann pour qu'il propose au gouvernement suisse d'accueuillir des orphelins tibétains en Suisse[132].

Retour en touriste au Tibet (1982)[modifier | modifier le code]

Harrer tenta de retourner au Tibet à plusieurs reprises mais les autorités chinoises ne lui accordèrent pas de visa. Ce n'est que lorsque le tourisme fut enfin permis en 1982, trois décennies après sa fuite, qu'il réussit à revoir Lhassa, mêlé à un groupe de 60 touristes en majorité américains.

Il publia, en 1983, un livre relatant ce second voyage, traduit en français sous le titre Retour au Tibet. Il y raconte notamment sa rencontre avec l'ancien médecin personnel du 14e Dalai Lama, Tenzin Choedrak, qui fut torturé pendant 8 mois et emprisonné 17 ans par les autorités chinoises. Il y indique que Ngabo Ngawang Jigme était le plus réputé des « Doubles Têtes - nom donné au Tibet aux collaborateurs ». C'est Ngabo qui « collabora le premier avec les Chinois », il « passe à leurs yeux pour un homme sans courage »[133]. Signalant l'intervention du même pour qu'une école réservée aux enfants chinois soit ouverte également aux enfants tibétains, Harrer concède toutefois que l'on ne doit pas cacher certains aspects positifs de l'activité des collaborateurs[134],[135].

Il rapporte également que les Tibétains qui avaient résisté aux Chinois étaient majoritairement des nobles, des demi-nobles et des lamas, que pour les punir et les humilier on les avait fait travailler comme manœuvres à la construction de routes et de ponts et obligés à vivre dans un campement réservé autrefois aux mendiants et vagabonds[136].

Actions militantes liées au Tibet[modifier | modifier le code]

Dès 1953, Harrer se définit comme « ami de l'indépendance tibétaine »[137]. Jérôme Dupuis voit en lui « l'inlassable propagateur de la cause tibétaine »[138]. William McKay Aitken (en), pour sa part, trouve des plus factices, venant d'un ancien nazi, l'attitude de Harrer à la fin de ses mémoires lorsqu'il fustige l'indifférence du monde face à la perte de sa liberté par le Tibet[139].

Selon Lewis M. Simons, Heinrich Harrer « s'est battu pendant des décennies contre l'oppression par la Chine du peuple tibétain et la destruction délibérée de son ancienne culture. Il a écumé le monde à la recherche de fonds pour les réfugiés tibétains et a critiqué des gouvernements, dont celui des États-Unis […] resté insensible au sort des Tibétains »[140].

Harrer exprima publiquement son indignation lorsqu'en 1987 le chancelier allemand Helmut Kohl rendit visite aux dirigeants chinois à Lhassa, premier chef de gouvernement occidental à faire cette démarche[141].

Participation à la réunion de Londres (1994)[modifier | modifier le code]

Selon un communiqué de presse du gouvernement tibétain en exil, le 13 septembre 1994, à Londres, Harrer fut convié par le dalaï-lama à un déjeuner réunissant des personnalités ayant eu « le privilège de vivre, de voyager et de travailler au Tibet avant l'invasion chinoise du pays avant 1950 ». Étaient présents, outre Harrer : Kazi Sonam Togpyal (ancien interprète auprès de la mission indienne au Tibet), Robert W. Ford (ancien officier radio de la mission britannique à Lhassa puis du gouvernement tibétain), Ronguy Collectt (fille de Sir Charles Bell), Bruno Beger (membre de l'expédition allemande au Tibet de 1938-1939, dite expédition Schäfer), Joan Mary Jehu (séjours au Tibet en 1932), Archibald Jack (visite de la garnison britannique à Gyantsé), Fosco Maraini (séjour au Tibet en 1937 et 1948). Ces personnalités signèrent un document où elles affirmaient leur « conviction, en tant que quelques-uns des derniers témoins subsistants du Tibet indépendant, que celui-ci était un État pleinement souverain avant 1950 »[142].

Harrer confronté à son passé (1997)[modifier | modifier le code]

« L'affaire Harrer »[modifier | modifier le code]

À son retour en Autriche en 1952, Harrer s'installa au Liechtenstein, principauté limitrophe de l'Autriche et de la Suisse[143]. Quatre décennies durant, il ne souffla mot de son engagement passé et ses publications restent muettes à ce sujet[144]. « [Il] passa la deuxième partie de sa vie à cacher la terrible vérité de la première », écrit Lewis M. Simons dans le Smithonian magazine[145]. De temps à autre, une voix s'élevait pour signaler le passé de Harrer mais, faute de documents en apportant la preuve, elle n'était pas entendue[146]. Nombre de gens connaissaient le passé de Harrer mais, comme pour Kurt Waldheim ou pour Wernher von Braun, on préféra l'« oublier » dans les instances officielles pendant les années de guerre froide, Harrer étant devenu utile dans le nouveau contexte[147]. Tout au long des 300 pages de son livre paru en 1952, Harrer ne mentionne jamais l'Allemagne nazie ni ne fait le moindre commentaire sur la destruction de l'Europe et sur l'Holocauste alors qu'il n'a pas manqué d'apprendre la teneur de ces événements[148].

Quatre décennies plus tard, en 1997, ce passé devait réapparaître au grand jour, juste avant – « ironie du sort » selon le journaliste John Gittings – la sortie du film hollywoodien Seven years in Tibet (Sept Ans au Tibet), réalisé par le cinéaste français Jean-Jacques Annaud et inspiré de l'aventure tibétaine de Harrer (le personnage de ce dernier y est incarné par l'acteur américain Brad Pitt)[149].

Un journaliste salzbourgeois travaillant pour la radio nationale autrichienne[150], Gerald Lehner, avait trouvé dans des documents provenant des archives nationales des États-Unis, le certificat de mariage de Harrer, faisant état de l'appartenance de ce dernier à la SA et la SS. Harrer nia son appartenance à la SA, disant qu'il avait fait cette « fausse » déclaration pour accélérer son mariage avec Lotte Wegener, la fille de l'éminent géophysicien Alfred Wegener[151]. De plus, Gerald Lehner avait découvert, aux Archives fédérales de Berlin, un dossier de 80 pages concernant les antécédents nazis de Harrer[152], dont son adhésion au parti national-socialiste le 1er mai 1938 sous le matricule 6307081. Ces documents furent authentifiés pour le journal Stern par l'historien berlinois Hans Heinrich Wilhelm[153]. Mis devant les documents, Harrer nia tout d'abord en bloc. « On m'a simplement nommé instructeur en athlétisme auprès de la SS ». Ce n'est qu'à la vue de son CV écrit de sa main qu'il reconnut les faits, déclarant qu'il avait simplement « voulu se faire mousser un peu »[154].

En raccompagnant les journalistes Gerald Lehner et Tilman Müller venus chez lui, à Hüttenberg, le confronter à son passé, Harrer eut cette réflexion : « Nous savions que ce grand film allait nous valoir quelques ennuis »[155]. Lorsque l'article parut, une des premières réactions de Harrer fut de dire que cela pouvait être l'œuvre des agents chinois envoyés pour détruire le travail de toute une vie[156].

Réagissant à l'affirmation faite par Harrer qu'« il avait la conscience tranquille », le rabbin Abraham Cooper, du Centre Simon-Wiesenthal à Los Angeles, fit remarquer que personne n'avait forcé ce dernier à devenir membre de la SS, ajoutant que ce dernier devait souffrir du « syndrome de Waldheim », allusion à l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kurt Waldheim, qui avait caché son passé nazi des années durant[157].

Rencontre avec Simon Wiesenthal[modifier | modifier le code]

Harrer demanda à rencontrer le célèbre chasseur de criminels de guerre nazis Simon Wiesenthal (non lié au Centre autrement que nominalement) à Vienne pour mettre fin à la controverse. Lors d'une séance-photo le , les efforts de Harrer pour expliquer à Wiesenthal pourquoi il avait caché son passé pendant cinquante ans laissèrent ce dernier de marbre[158]. Abraham Cooper demanda à Simon Wiesenthal si Harrer lui avait dit qu'il avait adhéré à la SA en 1933. La réponse fut négative. Pour Abraham Cooper, il est important que Harrer soit clair et net à propos de son passé. La discussion qu'il a eue avec Simon Wiesenthal montre qu'il voudrait bien qu'on oublie cette affaire, il n'en est pas question[159].

Pour Abraham Cooper, si, dans les cinquante années ayant précédé la rencontre, Harrer était allé voir Wiesenthal de son propre chef, alors qu'ils habitent dans la même ville, le pardon aurait été envisageable. Mais ce n'est pas le cas, il a refusé d'examiner les choix moraux qui furent les siens[160].

Communiqué de Harrer[modifier | modifier le code]

Le 2 juillet, Harrer publia un communiqué pour reconnaître les faits et dénoncer les « insinuations » qui avaient accompagné leur publication : « J'ai été membre de la SS pendant une période limitée en 1938, et je n'ai porté l'uniforme SS qu'une seule fois, le jour de mon mariage. Je n'ai jamais été membre des SA. Jeune, je m'intéressais au sport, à l'alpinisme et au ski, pas à la politique. (...) Ma philosophie s'est construite lorsque j'ai vécu au Tibet (...), elle me conduit à condamner aussi fortement que possible les horribles crimes de l'époque nazie. Ma conscience est claire sur mes activités sous le régime de Hitler. Néanmoins, je considère ces événements comme l'une des aberrations de ma vie, peut-être la plus grande, et je regrette profondément que ces événements puissent produire une fausse impression »[161],[162].

Si l'appartenance de Harrer aux SS n'est pas mise en doute, son séjour en Asie de 1939 à 1951 l'a mis à l'abri de toute accusation de participation à des crimes de guerre, ce qui a été indiqué aussi bien par le rabbin Abraham Cooper[157]. que par le journaliste Gerald Lehner[163]. Chacun s'accorde à reconnaître que l'alpiniste n'a jamais commis la moindre brutalité sous l'uniforme nazi[161]. Selon un article de l'agence Associated Press en date du 14 juillet 1997, Simon Wiesenthal a déclaré lors d'une interview que Harrer n'avait pas fait de politique et était innocent de toute mauvaise action[164]. Pour H. Louis Fader (2004), Wiesenthal a disculpé Harrer[165].

Communiqué du gouvernement tibétain en exil[modifier | modifier le code]

À la suite de l'« affaire Harrer », le gouvernement tibétain en exil publia, le 1er novembre 1997, un communiqué affirmant qu'à l'arrivée de l'Autrichien au Tibet, le jeune « Dalaï Lama était occupé à sa formation spirituelle sous la conduite des plus grands maîtres tibétains », qu'« il ne passa donc qu’un temps limité avec Harrer, apprenant l’anglais et l’écoutant parler du monde extérieur » et qu'« à aucun moment de son séjour au Tibet, Harrer n’évoqua une quelconque sympathie pour le nazisme ». « En tout état de cause », ajoute le communiqué, « c’est Harrer qui finit par être influencé par la philosophie bouddhiste. »[166]

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le centre Simon Wiesenthal ayant déclaré qu'en faisant interpréter le rôle de Harrer par Brad Pitt, on courait le risque de transformer en héros un ancien nazi et d'occulter ainsi le legs du Troisième Reich[167], l'avocat de Harrer, le commanditaire et le réalisateur du film Seven years in Tibet conclurent un accord pour ne pas en compromettre la sortie. On tournerait de nouvelles scènes montrant l'appartenance de Harrer aux organisations nazies tout en laissant apparaître qu'il se serait déjà détaché de ses idéaux de jeunesse[168].

Le journaliste américain Karl E. Meyer (en) rapporte que lorsque Jean-Jacques Annaud, jusque là « curieusement peu curieux » du passé nazi de Harrer, en prit connaissance, le film fut remanié en toute hâte, Annaud expliquant désormais que celui-ci « tournait autour de la culpabilité, du remords et de la rédemption »[169].

Ces révélations gâchèrent les dernières années de Harrer[170].

Jean-Jacques Annaud sur Harrer[modifier | modifier le code]

Interrogé par Le Nouvel Observateur à la sortie du film en 1997, Jean-Jacques Annaud s'étonnait des silences du livre Sept ans d'aventures au Tibet sur les débuts de Harrer : « Lorsque j'ai découvert le livre de Heinrich Harrer, j'ai compris qu'il cachait quelque chose (...). On ne peut pas écrire un livre qui raconte sept ans de sa vie sans au moins une phrase qui raconte ce qui a été vécu précédemment. Pas une seule référence à la défaite, à la guerre, à l'Holocauste, pas un mot sur sa famille, ses origines »[171]. Annaud complète ainsi son appréciation de Heinrich Harrer: « C'est un homme qui se sent… une énorme honte… Je le respecte en tant qu'homme qui a des remords »[172].

Harrer et l'alpinisme national-socialiste[modifier | modifier le code]

Rapportant les propos supposés de l'alpiniste italien de renom Reinhold Messner, le journaliste chinois Ren Yanshi écrit que dans les années 1930 les alpinistes allemands et autrichiens avaient la fibre nazie : l'association germano-autrichienne d'alpinisme dont faisait partie Harrer, portait clairement l'estampille des Nazis[173]. Les clubs alpins allemands et autrichiens avaient exclu tout juif de leurs rangs depuis 1924[10].

Pour le régime hitlérien, l'ascension de sommets jamais gravis constituait un vecteur efficace de la propagande nazie car incarnant les vertus de la « race aryenne » : force musculaire, héroïsme, camaraderie[174]. Selon Michel Mestre, le succès de l'ascension était la garantie d'une valeur supérieure, l'échec l'illustration du courage à toute épreuve et de l'engagement total de l'« homme nouveau »[175].

Reinhold Messner accusa publiquement Harrer de refuser obstinément de reconnaître que les idéaux de l'alpinisme avaient été pervertis par les Nazis[176]. Edward Lisle Strutt (en), président du Club alpin britannique, était convaincu que les deux Autrichiens avaient été motivés par l'idéologie nazie autant que par le désir d'être les premiers à réussir l'ascension de la face nord de l'Eiger, accusation rejetée avec vigueur par Harrer et son coéquipier[177]. Le journaliste Charlie Buffet rapporte les propos de l'historien Rainer Amstädter, auteur d'un livre sur les liens entre le NSDAP et l'alpinisme[178], indiquant : « Heinrich Harrer fut un grand symbole de l'impérialisme nazi. Et un nazi convaincu »[10].

Pour Mechtild Rössler, l'attitude de Harrer après 1945, qui était d'éviter de porter un regard critique sur ses compromissions avec le nazisme, est typique de presque tous les alpinistes et de la plupart des géographes du Troisième Reich[179].

Après la guerre, les clubs d'alpinisme allemands furent interdits par les Alliés[180].

Harrer et l'expédition allemande au Tibet (1938-1939)[modifier | modifier le code]

Selon Philippe Forêt, un géographe et sinologue français, après la guerre, Harrer et les membres de l'expédition allemande au Tibet entretinrent des rapports dont a rendu compte en détail le journaliste Gerald Lehner dans un article publié dans la revue autrichienne Profil[181].

Selon Bruno Beger, cité par Gerald Lehner, si Harrer a été accueilli à Lhassa en 1946, c'est grâce aux bonnes relations que l'expédition d'Ernst Schäfer avait établies sept ans plus tôt avec les Tibétains. Beger ajoute que Harrer eut, après la guerre, une querelle avec Schäfer, qui l'accusait d'avoir présenté comme siennes des photos prises à Lhassa en 1939[10].

Questionné par la revue allemande Stern en 1997, Harrer déclara n'avoir pas entendu parler ni de Beger ni de Schäfer, ni d'une expédition allemande à Lhassa en 1939[10].

Harrer et son fils[modifier | modifier le code]

Lors de la sortie du film, Peter Harrer, le fils que Harrer avait quitté pour les neiges de l'Himalaya et dont il ne parle jamais dans ses mémoires, déclara qu'il avait été abandonné par sa mère et élevé par sa grand-mère pendant les absences de son père. Lors des deux remariages de ce dernier, il n'avait pas été invité[182]. Quand Harrer quitta sa femme pour l'Himalaya, elle était enceinte mais, selon le Time, il ne savait pas qu'elle l'était. Peter Harrer précise n'avoir pas de ressentiment à l'égard de son père et le voir de temps à autre[183].

Le journaliste Charlie Buffet s'interroge pour sa part sur cette « absence de fibre paternelle » : jamais, dans Sept Ans d'aventures au Tibet, Harrer n'exprime l'envie de voir son fils, dont il a appris la naissance. Il ne fera sa connaissance qu'en 1952, à son retour en Europe[184]. Quand on demanda à Harrer s'il n'éprouvait pas de la culpabilité à ne pas être rentré au pays plus tôt pour voir son garçon, il sembla presque perplexe et demanda : « Non, pourquoi en éprouverais-je ? »[185].

Récit des voyages au Tibet[modifier | modifier le code]

Les publications[modifier | modifier le code]

Heinrich Harrer fera le récit de l'épisode tibétain de sa vie dans plusieurs ouvrages ou articles :

  • Sieben Jahre in Tibet. Mein Leben am Hofe des Dalai Lama, publié en 1952 (traduction anglaise : Seven years in Tibet, E. P. Dutton, 1954; traduction française : Sept ans d'aventures au Tibet, Arthaud, 1954[186]), qui eut un énorme succès et fut traduit en 53 langues et vendu à plus de 4 millions d'exemplaires. En France, il bénéficia de la vogue de livres d'alpinisme comme Premier de cordée de Roger Frison-Roche (1942) ou Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog (1951). Ce premier ouvrage fit connaître la culture de l'ancien Tibet et l'institution du dalaï-lama à une foule d'Occidentaux qui jusque là n'en avaient jamais entendu parler. Cependant, son succès devait être éclipsé par celui de la trilogie faussement autobiographique de T. Lobsang Rampa : The Third Eye (1956) (Le troisième œil), Doctor from Lhasa (1959) (Lama médecin) et The Rampa Story (1960) (L'histoire de Rampa)[187].
  • My Life in Forbidden Lhasa (littéralement « Ma vie dans Lhassa interdit »), résumé des années passées à Lhassa paru dans la livraison de juillet 1955 de la revue américaine National Geographic.
  • Wiedersehen mit Tibet, publié en 1983 (traduction anglaise : Return to Tibet, 1984; traduction française : Retour au Tibet, 1985). Harrer y relate son second voyage au Tibet, effectué incognito en 1982.
  • Lost Lhasa: Heinrich Harrer's Tibet, publié en 1992 (la version française : Lhassa : le Tibet disparu est parue en 1997). Cet ouvrage, qui présente quelques-unes des milliers de photos prises par Harrer à Lhassa et alentour, est en quelque sorte la suite visuelle de Sept années d'aventures au Tibet.

Les observations[modifier | modifier le code]

Dans ses mémoires Harrer retrace la vie quotidienne de la noblesse, du clergé lamaïste et du petit peuple tibétains avant l'arrivée des Chinois[188],[189] et après l'intervention militaire chinoise de 1951. Il eut le privilège d'assister à des cérémonies et d'observer des coutumes que peu d'Occidentaux avant lui avaient eu l'occasion de voir[190]. Il est aussi amené à décrire des aspects de l'organisation sociale, économique, administrative et religieuse du Tibet.

Expéditions et explorations[modifier | modifier le code]

Le Puncak Jaya.

Pendant les décennies 1950, 1960 et 1970, Henrich Harrer effectua de nombreuses expéditions à vocation d’ethnographie ou d’alpinisme dans des pays du Tiers monde, son principal bailleur de fonds étant l’ancien roi des Belges, Léopold III[191],

En 1951, en compagnie d'un compatriote autrichien, Frank Thomas, d'un botaniste et de deux sherpas, Harrer essaya de gravir le massif du Panchchuli (en) par l'ouest. La chute d'un sherpa lui fit rebrousser chemin, mais il avait frayé la voie pour les expéditions ultérieures[192].

En 1952, en compagnie de Léopold III, il voyagea jusqu’aux sources de l'Amazone, crapahutant depuis Puerto Ayacucho jusqu'au río Cunucunuma ainsi qu’à San Carlos de Río Negro et San Fernando de Atabapo[193].

En 1953, Harrer épousa Margaretha mais joua à nouveau les maris absents[194], partant en expédition dans les Andes péruviennes, où il fut le premier à gravir l'Ausangate (6 336 m) dans la cordillère Vilcanota[195].

Il se rendit ensuite en Alaska, où il fit, en 1954, en compagnie de Fred Beckey, la première ascension du mont Hunter (en) (4 442 m), du mont Deborah (en) (3 761 m) et du mont Drum (3 661 m) dans la chaîne de l'Alaska oriental.

Enfin, en 1957, il fit un séjour de neuf mois en Afrique dans l'ancien Congo belge, où il gravit la chaîne du Ruwenzori ou « Montagnes de la Lune »[196].

Heinrich Harrer et Margaretha Truxa divorcèrent en 1958[197]. En 1962, Harrer épousa Katharina Haarhaus, mais n'en continua pas moins ses escapades[198]. Cette année-là, à la tête d'une expédition de quatre alpinistes, dont Philip Temple (en) comme guide, il fit la première ascension du Puncak Jaya (la pyramide de Carstensz), en Nouvelle Guinée hollandaise, le point culminant de l'Océanie (4 883 m) et, sur le plan technique, le plus difficile des sept sommets des sept continents[199]. Pour la conquête de ce sommet, il bénéficia des connaissances recueillies sur le terrain par une expédition néo-zélandaise qui avait déjà frayé la voie[200].

Dans le même mouvement, il essaya d'atteindre les carrières à silex de Ya-Li-Me (Jaelime), exploitées par les Papous pour fabriquer leurs outils. S'étant blessé en dégringolant du haut d'une cascade, il fut transporté par les indigènes jusqu'à Hollandia, d'où il repartit vers les carrières, une fois rétabli[201]. Il survécut non seulement à ce plongeon de 40 mètres, mais aussi aux attentions de chasseurs de têtes, bien que, selon Douglas Martin, il ne portât pas de fusil en raison du bouddhisme non-violent appris du dalaï-lama[2]. Il relate ces péripéties dans un livre, publié en 1963, Ich komme aus der Steinzeit (litt. « Je viens de l'Âge de pierre »). De son propre aveu, ce fut le voyage le plus difficile qu'il ait jamais fait.

En 1966, il alla au-devant des Indiens Xingu dans l'État du Mato Grosso au Brésil [202]. La même année, il partit en expédition avec Léopold III, au Suriname.

En 1971, avec Léopold III il se rendit dans le nord de l'île de Bornéo, où il fit l’ascension du Mont Kinabalu.

En 1974, il partit à la rencontre des Négritos des îles Andaman dans l’océan Indien[203] mais ne put débarquer dans l’île Sentinelle du Nord, où les indigènes refusent tout contact avec le monde extérieur[204]. Harrer se rendit également en Inde, en particulier au Ladakh dans l’État du Jammu-et-Cachemire (en 1974, 1976, 1978, 1979 et 1991) et au Sikkim (en 1965, 1979 et 1980), ainsi qu’au Népal (en 1965, 1973, 1974 et 1981), au Bhoutan (en 1980, 1981, 1983, 1985 et 1986) et en Birmanie (1979).

Il séjourna au Soudan en 1970 et au Zaïre (l’ancien Congo belge ou l’actuelle République démocratique du Congo) et en Ouganda en 1977. On le vit en Guyane française en 1969.

Une vingtaine de livres et une quarantaine de films documentaires rendent compte de ses voyages et explorations [2].

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Devenu célèbre, Harrer reçut diverses distinctions : entre autres, la médaille d'or de la société Humboldt en 1985, la médaille du club des explorateurs aux États-Unis en 1991 (en plus de la médaille d'or de l'Eiger). Il se vit décerner le titre de professeur par le président de la République autrichienne en 1964. Il fut fait citoyen d'honneur de la ville de Hüttenberg en 1983. Il reçut la médaille autrichienne des sciences et des arts en 1995[205].

Le dalaï-lama rendit visite à Harrer chez lui en Carinthie à l'occasion de son 80e anniversaire en 1992 puis à nouveau pour ses 90 ans, le 15 octobre 2002, alors qu'il donnait un enseignement sur le Kalachakra en Autriche[206] et, selon le politologue Barry Sautman, plus de cinq ans après la révélation du passé, longtemps inavoué, de Harrer à la SA et la SS[207], il lui remit le prix Lumière de la vérité[62] (une distinction créée par l'association International Campaign for Tibet et décernée la même année à Petra Kelly à titre posthume)[208], en reconnaissance de ses efforts pour attirer l'attention du public sur le Tibet et les Tibétains[209].

Le 80e anniversaire de Harrer donna lieu à une grande fête à l'hôtel Waldorf Astoria à New York. Des amis illustres, membres du Club des explorateurs (dont Thor Heyerdahl, Neil Armstrong, Edmund Hillary et Reinhold Messner) levèrent en son honneur leur verre : « Nous honorons le plus grand d'entre nous »[210].

Heinrich Harrer fut également un golfeur chevronné, remportant le championnat national d'Autriche en 1958 et 1970. Il fut président de l'Association autrichienne de golf de 1959 à 1964, puis président honoraire.

Derniers moments[modifier | modifier le code]

Heinrich Harrer est décédé le , à l'âge de 93 ans, à l'hôpital de Friesach, en Carinthie. Sa famille a annoncé sa mort à l'Associated Press déclarant seulement que « dans une grande paix, il a effectué son expédition finale »[2]. Selon Elisabeth Martens, il devait poser en mai de cette même année la première pierre d'un Centre européen du Tibet[211], en fait l'International Institute of Higher Tibetan Studies à Hüttenberg, voué à la médecine et à la culture tibétaines[212], et dont la pierre de fondation a été posée le 17 octobre 2006 par le dalaï-lama en présence du gouverneur de Carinthie Jörg Haider[96].

Également disparue, mais victime du réchauffement climatique, l'« araignée blanche », cette paroi de glace où périrent nombre d'alpinistes et dont Harrer avait fait le titre d'un de ses ouvrages[213].

Le musée Heinrich Harrer à Hüttenberg[modifier | modifier le code]

Inauguré en 1982 en présence du dalaï-lama[214],[215], le musée Heinrich Harrer à Hüttenberg a pour thème les voyages et explorations de son initiateur. Il abrite (à la date de 2008) près de 4 000 objets exposés sur une surface de 1 000 m².

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Harrer[modifier | modifier le code]

  • (de) Sieben Jahre in Tibet. Mein Leben am Hofe des Dalai Lama, Ullstein-Taschenbuch-Verlag, 1952 (ISBN 3548357539) - (en) Seven years in Tibet, translated from the German by Richard Graves; with an introduction by Peter Fleming; foreword by the Dalai Lama, E. P. Dutton, 1954 (ISBN 0874778883) - (fr) Sept ans d'aventures au Tibet, traduction de Henry Daussy, Paris, Arthaud, 1954, 292 p. (ISBN 2-7003-0427-6)
  • (de) (avec Heinz Woltereck) Meine Tibet-Bilder, Heering-Verlag, Seebruck am Chiemsee, 1953
  • (de) Die Weisse Spinne: die Geschichte der Eiger-Nordwand, Ullstein A. G., 1958 - (en) The White Spider. The Story of the North Face of the Eiger, Londres, Hart-Davis, 1959 (ISBN 0246120622) - (en) La face nord de l'Eiger, traduit par Frank Straschitz, Denoël, 1964, 312 p.
  • (de) Ich komme aus der Steinzeit, Schweizer Verlagshaus, 1963 - (en) I Come from the Stone Age, translated from the German by Edward Fitzgerald, New York, N.Y., Dutton, 1964, 256 p. (histoire de son ascension, en 1962, d'un des sept sommets, la Pyramide de Carstensz, dans ce qui était alors la Nouvelle-Guinée hollandaise)
  • (de) Huka-Huka. Bei den Xingu-Indianern im Amazonasgebiet, Francfort-sur-le-Main, Ullstein, 1968 (ISBN 3548320139)
  • (de) (avec Heinrich Pleticha) Entdeckungsgeschichte aus erster Hand; Berichte und Dokumente von Augenzeugen und Zeitgenossen aus drei Jahrtausenden, Würzburg, Arena, 1968
  • (de) Die Götter sollen siegen : Wiedersehen mit Nepal, Francfort-sur-le-Main, Ullstein, 1968, 182 p.
  • (de) (avec Martin Brauen) Heinrich Harrers Impressionen aus Tibet: gerettete Schätze, Innsbruck, Pinguin-Verlag, 1974, 244 p.
  • (de) Unter Papuas: Mensch und Kultur seit ihrer Steinzeit, Penguin, 1976 - (en) Among the Papuans: Man and Culture Since Their Stone Age, 1976
  • (de) Die Letzten Funfhundert: Expedition Zu d. Zwergvolkern Auf d. Andamanen, Ullstein, 1977 (ISBN 3550065744)
  • (de) Ladakh : Götter und Menschen hinterm Himalaya, Innsbruck, Pinguin-Verlag ; Francfort-sur-le-Main, Umschau-Verlag, 1978, 172 p. (ISBN 3524760023) - (en) Ladakh: Gods and Mortals Behind the Himalayas, Ungar Pub Co, 1981 (ISBN 0804454639)
  • (de) Geheimnis Afrika, Pinguin-Verlag, 1979, 152 p. (ISBN 3524760279 et 978-3524760278)
  • (de) Die letzten Paradiese der Menschheit: abenteuerliche Reise zu vergessenen Völkern, Praesentverlag Peter, 1979 (ISBN 3876440661 et 9783876440668), 253 p.
  • (de) Der Himalaja blüht: Blumen und Menschen in den Ländern des Himalaya, Umschau-Verlag, 1980 (ISBN 3524760317)
  • (de) Salzburger Lokalbahnen, Verlag Slezak, 1980 (ISBN 3900134146)
  • (de) (avec Axel Thorer, K. R. Waldorf) Unterwegs: Handbuch fur Reisende, Brockhaus, 1980 (ISBN 3765303186)
  • (de) Rinpotsche von Ladakh, Umschau Verlag, 1981 (ISBN 3701621020)
  • (de) Wiedersehen mit Tibet, Ullstein Sachbuch, 1983 (ISBN 3548356664) - (en) Return to Tibet: Tibet After the Chinese Occupation, translated from the German by Ewald Osers, Londres, Weidenfeld and Nicolson, c. 1984, (ISBN 0297783173) - (fr) Retour au Tibet, Arthaud, 1985 (ISBN 2700305086)
  • (de) Meine Forschungsreisen, Pinguin-Verlag, Innsbruck, 1986 (ISBN 3-7016-2242-6)
  • (de) Das Buch vom Eiger, 1988
  • (de) Borneo: Mensch und Kultur seit ihrer Steinzeit, Pinguin-Verlag, Innsbruck, 1988 (ISBN 3701622949 et 9783701622948)
  • (de) Das alte Lhasa. Bilder aus Tibet, Ullstein Buchverlage & Co. KG/Ullstein Tas, 1997 (ISBN 3550084358) - (en) Lost Lhasa: Heinrich Harrer's Tibet, New York, Harry N. Abrams; Hood River, 1992 (ISBN 0810935600) - (fr) Lhassa : le Tibet disparu, message du 14e dalaï-lama, introduction de Galen Rowell, texte et photographie de Heinrich Harrer, Éditions de La Martinière, 1997 (ISBN 2-7324-2350-5)
  • (de) Denk ich an Bhutan, Munich, Herbig Verlag, 2005 (ISBN 3776624396)
  • (de) (avec Hedda Pänke) Erinnerungen an Tibet, Ullstein, 1998 (ISBN 3550068131)
  • (de) Überleben am Gipfel, Ullstein Tb, 2001 (ISBN 3548362702)
  • (en) Tutor to the Dalai Lama, in Tibet: True Stories, Edited by James O'Reilly and Larry Habegger, Travelers' Tales, 2002, 320 p. (p. 16-31) (ISBN 1885211767), (ISBN 9781885211767)
  • (de) Mein Leben, Ullstein, 2002, 571 p. (ISBN 3550075243) (son dernier livre) - (en) Beyond Seven Years in Tibet: My Life Before, During, and After[216], translated from the German by Tim Carruthers, Labyrinth Press, 2007, son autobiographie complète, publiée en anglais (ISBN 1921196009)

Traduction[modifier | modifier le code]

  • (fr) Thupten Jigme Norbu, Tibet, patrie perdue, raconté en tibétain à Heinrich Harrer, traduit de l'allemand par Louise Servicen, éd. Albin Michel, 1963 ; (en) Tibet Is My Country is his autobiography dictated to Heinrich Harrer in 1959, translated from the German by Edward Fitzgerald, E.P. Dutton, 1961, and updated with a new essay in 1987 et 2006 (ISBN 0-86171-045-2 et 1-4254-8858-7)

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) « My Life in Forbidden Lhassa » (consulté en 2013-04-30) (« Ma vie dans Lhassa interdit »), National Geographic, juillet 1955
  • (en) (collaboration à) Home Country Narrated Landscapes (WWF Documentation Volume), Pro Futura and Worldwide Fund for Nature, 1994

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • (de) préface du livre Schatten Uber Den Kordilleren de Erich Waschak et Fritz Kaspareks, Verlag "Das Berglund-Buch", Salzburg / Stuttgart, 1956

Articles et ouvrages secondaires consultés[modifier | modifier le code]

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Articles et livres non consultés[modifier | modifier le code]

  • Charlie Buffet, Les montagnes magiques : Shangri La ou le Tibet des fantasmes, Le Monde, 5 août 2006, p. 14-15
  • (de) Norbert Jansen, Heinrich Harrer Tibet. Zeïtdokumente aus den Jahren 1944-1951, Exhibition catalog, Offizin Zurich Verlag-AG, 1991.
  • Jean-Michel Asselin, « La conversion d'Harrer », in Vertical, No 102, octobre 1997, p. 68-73.
  • Le Dalaï Lama et le Waffen SS, entretien de Patrice Sifflet avec Georges André Morin sur France Culture, le 10 septembre 2006 (reproduit sur le site Investig'Action).
  • Gerald Lehner, Zwischen Hitler und Himalaya: die Gedächtnislücken des Heinrich Harrer (litt. « Entre Hitler et l'Himalaya : les trous de mémoire de Heinrich Harrer »), Czernin, 2007, 303 p.
  • Sylvain Jouty, « La véritable affaire Harrer », in Alpinisme et Randonnée, no 206, 1-2/1988.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Van Grasdorff, Opération Shambala : des SS au pays des dalaï-lamas, Presses du Châtelet, 2012, 446 pages, chap. 1 (L'apprenti héros), p. 21.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Douglas Martin, Heinrich Harrer, 93, Explorer of Tibet, Dies, The New York Times, 10 janvier 2006.
  3. a et b Michael Harris Goodman, Le Dernier Dalaï-Lama ?, Éditeur Claire Lumière, 1993, (ISBN 2905998261), p. 103.
  4. (en) Anne-Marie O'Neill, Into the Valley. The Real-Life Hero of Seven Years in Tibet Confronts His Nazi Past, People, Vol. 48, No. 16, 20 octobre 20, 1997 : « Graz University, where Harrer studied sports, geography and glaciology. »
  5. Gilles Van Grasdorff, op. cit., chap. 1 (L'apprenti héros), p. 25-26.
  6. Gilles Van Grasdorff, op. cit., chap. 1 (L'apprenti héros), p. 25 et 32.
  7. Lhassa : le Tibet disparu, texte et photographie de Heinrich Harrer, Édition de La Martinière, 1997, p. 31 et suivantes.
  8. Gilles Van Grasdorff, op. cit., chap. 1 (L'apprenti héros), p. 26.
  9. a, b, c et d Gilles Van Grasdorff, Opération Shambala : des SS au pays des dalaï-lamas, Presses du Châtelet, 2012, 300 pages, n. p.
  10. a, b, c, d, e, f, g, h et i Charlie Buffet, Polémique autour du héros du film de Jean-Jacques Annaud. Un nazi au Tibet. Heinrich Harrer, l'alpiniste autrichien incarné par Brad Pitt dans « Sept Ans au Tibet », fut un SS, non pas de circonstance, comme il s'en défend, mais de conviction. Enquête, Libération, 20 octobre 1997 : « Heinrich Harrer a 21 ans lorsque, étudiant à Graz, principal foyer du nazisme en Autriche, il s'engage dans les SA, les sections d'assaut, une organisation illégale en Autriche, impliquée dans des attentats et des assassinats, chargée d'assurer l'ordre des manifestations nazies, et le désordre de celles des partis adverses. Octobre 1933, Hitler est au pouvoir depuis six mois. Harrer a 26 ans lorsqu'il entame sa procédure d'adhésion aux SS. »
  11. (en) Gerald Lehner, Tilman Müller, Dalai Lama's Friend, Hitler's Champion, July 1997, reproduit sur le site Himal SouthAsian : « Groom Heinrich joined the SS on 1 April 1938, and had been a member of Hitler's second terrorist organisation, the SA (Sturmabteilung or "Storm Troops") since October 1933, at which time the organisation was still operating illegally in Austria. In a handwritten curriculum vitae, the young Heinrich Harrer confirmed that he had joined the SA and the SS. He enclosed a photograph that showed him with a Nazi insignia on his lapel. When confronted with the documents, Mr Harrer first denied everything. "I never wrote a request or anything of the kind," he said. "I was just assigned to the SS as an athletic instructor." Mr Harrer even denied he was a member of the SS. Until, that is, he was shown the completed RuSHA questionnaire with his handwritten CV and asked, "Is this your handwriting?" "Yes," said Mr Harrer upon seeing that under the SA membership the entry on the form reads "since October 1933" and under SS membership "since April 1938". After a moment of silence, he said: "I just wanted to boast a little there." »
  12. (de) Martin Brauen, Renate Koller, Markus Vock, Traumwelt Tibet: westliche Trugbilder, 2000, p. 179 : « Umstritten ist, ob er bereits 1933 der SA (Sturmabteilung) beitrat. Harrer selbst verneint dies. »
  13. (de) Daniel Anker, Rainer Amstädter et Jost von Allmen, Eiger : die vertikale Arena, Zürich, AS,‎ 2000 (ISBN 3905111519), p. 221 : « Noch vor der Machtergreifung der Nationalsozialisten in Deutschland tritt Harrer am 1 . Januar 1933 dem österreichischen NS-Lehrerbund bei. »
  14. (en) Andre Gingrich, Review of Traumwelt Tibet - Westliche Trugbilder by Martin Brauen, Journal of Global Buddhism, 2 (2001), p. 116-118 : « Harrer had been a member of the Nazi teachers's association in Graz since 1933, which was illegal in Austria until the country's annexation by Germany in 1938 ».
  15. (en) Ken Wilson, North face of the Eiger and the Nazis, Summit Magazine, No 28, mis en ligne sur le site thebmc.co.uk le 2 novembre 2002 : « Recent researches by Simon Wells and David Roberts in the Library of Congress have confirmed Harrer’s and Kasparek’s party memberships at the time of the ascent and have also suggested that Heckmair was member as well, though exactly when he joined the party is still unclear – it may well have been an expedient later action. »
  16. (de) Le parcours des alpinistes sur la face nord de l'Eiger.
  17. (en) Ken Wilson, op. cit. : « It seems to have been a coincidence that the Heckmair/Vörg team were attempting the face at the same time as the Kasparek/Harrer rope, but what a coïncidence ! Nazi propaganda’s central-casting could not have written a better scenario – two young Germans combining with two young Austrians (both Nazi party members) to climb the greatest mountaineering problem in Europe just a few weeks after the highly controversial Anschluss. »
  18. Charlie Buffet, Polémique autour du héros du film de Jean-Jacques Annaud. Un nazi au Tibet, op. cit. : « Les deux autres font partie depuis deux ans de l'Ordensburg, les centres de formation des cadres du NSDAP. »
  19. (en) Stephen Goodwin, Obituaries: Anderl Heckmair. Leader of the first ascent of the north face of the Eiger, The Independent On Sunday, 3 février 2005 : « Heckmair and Vörg had realised the Nordwand was predominantly an ice climb, and had come equipped accordingly, rather than for the rock route others had supposed it to be. »
  20. (en) Urs Geiser, Conqueror of Eiger North Face dies, swissinfo.ch, 2 février 2005 : « Three and a half days later 32-year-old Heckmair led the four-man rope team to the 3,970-metre Eiger summit where they hoisted the Nazi swastika flag. »
  21. (en) Kate Cooper, The Eiger Nordwand Revealed : Rainer Rettner Interview, UKClimbing.com, mai 2008 : « Harrer definitely was a Nazi by conviction. He was a member of the SA, the SS and the NSDAP (The party of the Nazis) before the Eiger. He even had a swastika flag in his rucksack during the successful ascent of the Eigerwand, which was fixed on his tent in the preceding days. This is visible in a photo which is printed in my new book. [...] The really disappointing aspect of Harrer was his reaction after his dark past was uncovered. He never once made a really self-critical statement; his memory seemed to be very selective. He denied some facts until his death — for example his membership of the SA and the swastika flag in his rucksack. »
  22. (en) Stephen Goodwin, Obituary: Anderl Heckmair. Leader of the first ascent of the north face of the Eiger, The Independent on Sunday, 3 février 2005 : « The two Germans also used 12-point crampons for the first time; items of kit that revolutionised ice and steep snow climbing ».
  23. (en) ORIAS (Office of Resources for International and Area Studies), Modern Sport and the Formation of European Identities, chap. 2: Playing Sports – Climbing : « (...) proponents of 'old school' climbing watched on as Germans, Italians, and Austrians used advancements in climbing technology - like pitons - to advance pernicious political ideologies such as fascism ».
  24. (en) Stephen Goodwin, op. cit. : « Instead of laboriously cutting each step with an ice axe, they could simply kick their way up, the two spikes at the toe-end of the crampon biting into the slope to give instant purchase. [...] The meeting transformed the Austrians' chances on a face notorious for storms and stone fall, where speed is a life-saver. Kasparek wore less efficient 10-point crampons and Harrer had only nailed boots. Heckmair took the lead and Harrer, as last man on the rope, collected the metal pitons, his pack getting ever heavier. »
  25. Kate Cooper, op. cit. : « It's one of the classics of mountain litterature. »
  26. Anderl Heckmair: Surviving many ogres, article nécrologique publié sur le site MountEverest.net, February 7, 2005 : « The story of the climb would be described by Harrer in "The White Spider", considered by many to be one of the best mountaineering stories ever written. »
  27. The Eiger, Alps, Switzerland : « A portion of the upper face is called "The White Spider", as snow-filled cracks radiating from an ice-field resemble the legs of a spider. Harrer used this name for the title of his book about his successful climb, Die Weisse Spinne (translated into English as The White Spider: The Classic Account of the Ascent of the Eiger). »
  28. The Eiger, Alps, Switzerland, op. cit. : « During the first successful ascent, the four men were caught in an avalanche as they climbed the Spider, but all had enough strength to resist being swept off the face. »
  29. Citations de The White Spider :
    • « Some people, when they get to the top of a mountain, they celebrate. I do not. Too much can happen on the return trip » (c.-à-d. : « Certaines personnes, en arrivant au sommet de la montagne, font la fête. Pas moi. Trop de choses peuvent arriver sur le chemin du retour »).
    • « I was conscious of the privilege of having been allowed to live » (c.-à-d. : « J'étais conscient du privilège d'avoir pu survivre »).
  30. Michelin-Grüne Reiseführer, Le guide vert, Michelin, 2007 (ISBN 2067105078 et 9782067105072), 480 p., p. 267.
  31. (en) Audrey Salkeld, The many faces of evil, The Guardian, 28 novembre 2008 : « Indisputably it was the most advanced climb of its day, and it had been achieved by two Germans and two Austrians in the year of the Anschluss, as if to confirm the invicibility of that union. The victors were swept up by the Nazi machine and hailed as heroes ».
  32. (en) Ken Wilson, op. cit. : « Some commentators have noted that in the triumphal photograph of the Eiger foursome standing with Hitler (left), Harrer and Kasparek are given pride of place next to the dictator while Heckmair is on the fringe. »
  33. Gilles Van Grasdorff, Opération Shambala : des SS au pays des dalaï-lamas, Presses du Châtelet, 2012, 300 pages, n. p. : « À Breslau, ce jour-là, photo à l'appui, les quatre héros de l'Eiger sont reçus par le Führer à l'hôtel Monopol : Ludwig Vörg et Anderl Heckmair sont guides dans l'école de cadres nazis Ordenburg Sonthofen, mais Heinrich Harrer et Fritz Kasparek, grands symboles de l'Anschluss, appartiennent tous les deux à la SS ! »
  34. (en) Andrew Walker, dans The ultimate alpine challenge du 12 janvier 2006 pour BBC News, rapporte le compliment du chef d'État aux membres de l'équipe : « Boys, boys! This thing you have done! » (c.-à-d. « Les gars, les gars, chapeau ! »).
  35. Jeu de mots avec le vrai nom, Nordwand, face nord.
  36. (en) Stephen Goodwin, Obituary: Heinrich Harrer, The Independent, Londres, 9 janvier 2006 : « Hitler had promised medals for those who triumphed on the "Murder wall". »
  37. Jérôme Dupuis, Mauvais Karma à Lhassa, L'Express, 21 novembre 1997 : « En 1938, lorsque Harrer et trois de ses compagnons s'attaquent à la mythique face nord de l'Eiger, en Suisse, Hitler suit heure par heure leur progression. »
  38. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « That is an invaluable reward for us, to see the Führer and be permitted to speak to him. We climbed right up to the North Face of the Eiger and over the summit until at last we reached our Führer ».
  39. Jérôme Dupuis, op. cit. : « Les archives [fédérales de Berlin] ont conservé, à la date du 19 décembre 1938, sa demande de mariage, qui devait être adressée au tout-puissant Heinrich Himmler. Le chef des SS tenait en effet à s'assurer que ses hommes épousaient bien des jeunes femmes dont les racines «aryennes» remontaient au moins à 1800… ».
  40. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « Bride Lotte had belonged to the Nazi youth organisation BDM (Bund Deutscher Mädchen or "German Girls' League") since 1936. »
  41. (en) Stephen Goodwin, Heinrich Harrer. Mountaineer and explorer who wrote 'Seven Years in Tibet', The Independent, 9 janvier 2006 : « Lotte Wegener, daughter of an eminent geophysicist, Alfred Wegener, and well-connected to the Nazi elite ».
  42. (en) Elaine Dutka, 'Tibet' Revised to Stress Character's Nazi Past, Los Angeles Times, Article Collections, 15 août 1997 : « The German magazine Stern (...) reported that Harrer gave proof that he and his bride-to-be were of Aryan lineage when asking SS leader Heinrich Himmler's permission to marry in 1938 ».
  43. a et b (en) Heinrich Harrer, The Daily Telegraph, 9 janvier 2006.
  44. Gilles van Grasdorff, Opération Shambala. Des SS au pays des dalaï-lamas, Presses du Châtelet, 2012, 300 pages, n. p. : « il cacha le fait que son beau-frère, Siegfried Uiberreithe, fut un criminel de guerre parvenu à échapper aux chasseurs de Nazis et à se réfugier en Argentine » - « il tut son adhésion à la SA en 1933, alors que la brigade SA Steiermark était interdite en Autriche et qu'elle vivait dans la clandestinité, sous les ordres de Siegfried Uiberreither, le futur Gauleiter de Styrie, qui était aussi son beau-frère. »
  45. a, b, c et d Heinrich Harrer, Sept ans d'aventures au Tibet, traduction de Henry Daussy, Paris, Arthaud, 1954, 292 p.
  46. Benoît Heimermann, Aventuriers : Rencontres avec 13 hommes remarquables, Grasset, 2006, 234 pages, n. p. : « [il] tourne sous la direction de Leni Riefenstahl un film d'initiation intitulé Les Merveilles du ski. »
  47. Lhassa : le Tibet disparu, texte et photographie de Heinrich Harrer, Édition de La Martinière, 1997, p. 33.
  48. (en) Martin Riddell, review of Beyond Seven Years in Tibet, UK Climbing.com, octobre 2007.
  49. Michel Mestre, L'idée nationale en montagne et dans l'alpinisme : le cas du club alpin austro-allemand (DOÖAV), in Amnis, revue de civilisation contemporaine de l'Université de Bretagne occidentale, mai 2002.
  50. Entretien avec Jean-Jacques Annaud, p. 4 : « Plus tard, en examinant les photos de l'expédition officielle de Harrer au Nanga Parbat, j'ai remarqué que les sacs à dos portés par les grimpeurs étaient frappés de la croix gammée. »
  51. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « SS-Oberscharführer (the rank corresponds to that of a sergeant) Harrer left for India in May 1939. »
  52. L'expédition allemande au Nanga Parbat est partiellement contemporaine de l'expédition ethnographique allemande de mai 1938 - août 1939 au Tibet, dirigée par Ernst Schäfer.
  53. Gilles van Grasdorff, op. cit., p. 269-270, 273, 279-281, 288
  54. (en) Philippe Forêt, University of Oklahoma, Why Sunlit Vistas Could Not Be Grander: A Review of Seven Years in Tibet (compte rendu du film de Jean-Jacques Annaud, Seven Years in Tibet, Columbia Pictures, 1997) : « Indian soldiers arrested Heinrich Harrer as he was eating in a restaurant garden of Karachi. »
  55. (en) Lewis M. Simon, The strange journey of Heinrich Harrer. (Austrian mountaineer, SS member, British prisoner of war), (voir aussi : Summary), Smithsonian, 1er octobre 1997 : « Of the prison camp, his keenest insight is that "this is no life for freedom-loving men." »
  56. a, b et c Jean Dif, Les sept ans d'aventures au Tibet de Heinrich Harrer, sur le site de Jean Dif.
  57. Sur l'organisation, la vie et les rivalités idéologiques au sein du camp, cf (en) Campus Teutonicus at Dehra Dun, chap. XI de Paul H. von Tucher, German missions in British India Nationalism: Case and Crisis in Missions, 1980, 26 p. : « The Premnagar Internment Camp ... was divided into sections or 'Wings' (Flügel) [...] "The Germans of the Reich, those who had been residents in British India, were quartered in Wing 1."14 Of course the internees termed it the "Campus Teutonicus" [...] At various stages there were different groups among the 1.500 Germans finally assembled there.28 The most celebrated fellow-internees at Dehra Dun, through their escapes and reputations in the post-war years, were Heinrich Harrer, Rolf Magener, as well as Peter Aufschnaiter, Heins von Have and others who managed the exemplary escape of April 29th, 1944.29 However, the central figure in the German camp community and in the internal authority of Wing One was the above-mentioned Nazi leader. The German national, Oswald Urchs, M.D.,54 alluded to in the opening chapter, came to India with the giant chemical firm of I.G. Farben Industries, for which Alfred Brocke, Rolf Magener and others served.55 Urchs had the special position of being the "Landesgruppenleiter", the chief Nazi for India. [...] With the declaration of war and the internment of all German nationals, "the former 'Landesgruppenleiter' became the current camp leader (Lagerleiter). ..."58 In the internment camp Urchs "had his colleagues very much under his influence,"59 and together they cast a shadow of immense control and fear over their fellow internees [...] at Dehra Dun, "there was the so-called 'Golden Ring', composed of the camp Nazis. They held all the positions of course. ... They were all the important people in those days."68 [...] The Nazi threats, in reference to subsequent prosecution, were directed at unfaithful nationals. [...] However, the threats and the warnings directed towards the German nationals were easier said in the pre-Stalingrad days. »
  58. (en) Central Internment Camp, Dehra Dun, HANSARD 1803–2005 → 1940s → 1946 → July 1946 → 22 July 1946 → Commons Sitting → INDIA : « in the Central Internment Camp at Dehra Dun in the special wing called the anti-Nazi and anti-Fascist Wing No. 2. »
  59. Donald S. Lopez, Fascination tibétaine: du bouddhisme, de l'Occident et de quelques mythes, Autrement, 2003, 300 pages, p. 77. « Après un pèlerinage au mont Kailash dans le sud-ouest du Tibet, en 1932 [...] En 1942, il fut interné par les Britanniques à Dehra Dun avec d'autres ressortissants allemands, parmi lesquels Heinrich Harrer (qui s'évadera pour passer sept ans au Tibet) et Nyânaponika Mahâthera, un autre moine allemand appartenant à l'école du theravada »
  60. (en) Harry Oldmeadow (en), Journeys East: 20th Century Western Encounters With Eastern Religous Traditions, World Wisdom, 2004, (ISBN 0941532577), p. 138
  61. (en) Whalen Lai, Michael von Brück, Christianity and Buddhism: a multicultural history of their dialogue, Orbis Books, 2001, (ISBN 1570753628), p. 159 : « Nyanatiloka [...] During World War II he was interned in Dehra Dun (India), where he met with Nyanaponika, Lama Govinda, Heinrich Harrer, and others. He died in 1957 as a citizen of Ceylon[ ...] »
  62. a, b et c Disparition du vainqueur de l'Eiger, Swissinfo, L'actualité suisse dans le monde, 7 janvier 2006.
  63. (en) Myanma Alin, Inherent nature of US and allies that are exploiting human rights, 16-3-2006 : « Columnist Ren Yanshi. »
  64. (en) Ren Yanshi, Nazi authors Seven Years in Tibet (article publié en mars 1998 dans Beijing Review, no 11, p. 20-22) : « On November 1,1943, foreign ministers of allied nations - the United States, the Soviet Union and Great Britain - announced the Moscow Declaration, which called for the reconstruction of Austria and cited the fact that Austria was a victim of the Nazi Germany's policy of aggression. The declaration called on Austrian people to liberate themselves and fight against Nazi Germany. Shortly after release of the declaration, Austrians in regions controlled by Britain and other allied nations organized anti-Nazi resistance groups and broke with Hitler and the Nazis. In 1939. Britain accelerated efforts to screen war prisoners, with only Nazis refusing to accept the declaration continuing to be seen as war prisoners and remaining in custody. Harrer was among the remaining prisoners following the screening program. On April 29, 1944, six months after release of the declaration, Harrer succeeded in his fifth attempt to escape from prison. Harrer and Peter Aufschnaiter, a Nazi and fellow prisoner, fled to Tibet rather than Austria. »
  65. (en) Bill Aitken, Seven Years in Tibet. A Closer Look at an Himalayan Classic, The Himalayan Journal, N. 63, 2007 : « HH could have been a free man in 1943 when the British authorities in the Dehra Dun camp offered him amnesty as an Austrian citizen. All that was required was for HH to formally denounce Nazi ideology. »
  66. (en) Alan J. Levine, Captivity, flight, and survival in World War II, Greenwood Publishing Group, 2000 (ISBN 027596955X et 9780275969554), 258 p., p. 167 : « they aimed to reach the Japanese in Burma; they hoped the Japanese would somehow get them home. »
  67. (en) Rolf Magener, Obituaries, The Telegraph, 18 mai 2000 : « on the outbreak of war [he] was working in Bombay for the German multi-national I G Farben Industrie / he broke out of the camp at Dehra Dun in 1944 with the mountaineer Heinrich Harrer, but while the latter headed for Tibet, Magener bluffed his way right across Asia to Japan / There they saw out the war, working as honorary consuls at the German Embassy in Tokyo. »
  68. (en) Alan J. Levine, op. cit., p. 168 : « Harrer and the rest, who at this point were thinking of reaching Burma via Eastern Tibet. »
  69. (en) Alan J. Levine, op. cit., p. 168.
  70. (en) Robert H. Bates, An Old Man Remembers…, Himalayan Journal, 62, 2006 : « the stranger with the black parka was seated across from me. He stared at Eric fixedly and said in a loud voice, ‘You’re Shipton, aren’t you? I’ve always wanted to thank you : you got me out of jail.’ In his most formal voice Shipton replied, ‘I never got anyone out of jail I assure you.’ ‘Yes you did,’ said the visitor, Heinrich Harrer, ‘although perhaps you didn’t know that.’ He continued, ‘I was with the German Shaksgam expedition and when we came back to British territory, the World War had started and I was interned in Dehra Dun. We were put in the officers’ club there, a room with lot of books, including one of yours, (Blank on the Map.) I read it and found in it two maps showing routes into Tibet. I confess I tore those maps out and they are what Aufschneider and I used to get into Tibet. »
  71. (en) Peter Aufschnaiter's eight years in Tibe.
  72. (en) Heinrich Harrer, The Daily Telegraph, 9 janvier 2006 : « For the next 20 months they made their way across the roof of the world. »
  73. (en) Roger Croston, Prisoners of the Raj, Originally published in The Alpine Journal, 2006 : « “17th June 1945: The two internees were in Kyrong. They had been seen taking surveys and distributing medicine in exchange for supplies. 26th August: The order to turn out the internees across the Nepalese border - no action seems to have been taken. 20th January 1946: The two reached Lhasa on 15 January. They were reported to have been dressed as Tibetan nomads in tattered sheep skin Chhupas, it is said they had a donkey, carrying their few effects. »
  74. (en) Thangme-pa
  75. Les sept ans d'aventures au Tibet de Heinrich Harrer, sur le site de Jean Dif : « Les nouveaux venus sont interpellés en anglais par un Tibétain qui a vécu aux Indes; c'est un personnage important responsable de l'électricité; il obtient de la municipalité l'autorisation de loger les deux inconnus pour la nuit; il les emmène chez lui, où ils ont le bonheur de trouver gîte, couvert et, luxe incroyable, un bon feu de genévrier; ils y dorment comme des bienheureux. Le Tibétain, nommé Thangme, s'étonne que deux évadés aient pu traverser à pied le Changtang vivants. »
  76. Roger Croston, op. cit. : « They have been staying in the house of a Tibetan official who picked them up in the streets… Government are at present interrogating them. »
  77. (en) Dundul Namgyal Tsarong, Ani K. Trinlay Chödron, In the Service of His Country: The Biography of Dasang Damdul Tsarong, Commander General of Tibet, Snow Lion Publications, 2000, (ISBN 1559399813 et 9781559399814), p. 73
  78. Roger Croston, op. cit. : « 27th January: It is reported that the two are now permitted to go about the city. The Dalai Lama’s parents entertained the Germans and gave them presents of provisions and cash. It is reported that the Dalai Lama himself [then aged 11] asked his parents to entertain them. 10th February: The Germans have expressed their wishes of going across China overland; it is reported that Government has issued a warning stating they should be prepared to go back to India. 24th February: The two, for whom Tibetan escorts and the transport are now ready, were told to leave. But are reported to have requested the authorities to remain until the younger one, who is said to be laid down with some trouble of his hip, gets better. 24th March: Tsarong Dzasa has suggested to Government that for the meantime the two should remain in order that Government may benefit of the younger one’s [actually the older Aufschnaiter’s] knowledge of agricultural tree planting schemes. »
  79. (en) Biography, Heinrich Harrer Limited Edition Portfolio : « Heinrich Harrer [...] then lived and worked as a fifth-ranked nobleman in the forbidden city of Lhasa. »
  80. Roger Croston, op. cit. : « Interviewed in 2003, Harrer was most amused and fascinated by the accuracy of British intelligence. Actually, they had an unknown sympathiser in Sikkim in the shape of Arthur Hopkinson, British Political Officer Sikkim, Bhutan and Tibet who himself had been a P-o-W in the Great War. He was influential in allowing the Austrians to remain in Lhasa as he thought it no use to reintern them. (Interview 30th March 2004 with Robert Ford, a British radio operator in Tibet 1945 -1950). »
  81. Heinrich Harrer, Sept ans d'aventures au Tibet, Arthaud, 1953, p. 149.
  82. Heinrich Harrer, 'op. cit. : « Lobsang Santem surprised me one day by asking me if I would undertake to build a room for showing films. His brother had expressed the wish that I should do so ».
  83. (en) Peter H. Hansen, Tibetan Horizon: Tibet and the Cinema in the Twentieth Century, in Imagining Tibet. Perceptions, Projections and Fantasies, edited by Thierry Dodin and Heinz Räther, Wisdom Publications, 2001, 465 p., p. 103 : « The dalai Lama also commissioned Harrer to build a cinema at Norbulingka, his summer palace. »
  84. Message du 14e dalaï-lama, in Lhassa : le Tibet disparu, texte et photographie de Heinrich Harrer, Éditions de La Martinière, 1997 (ISBN 2-7324-2350-5), p. 17.
  85. (en) Betty Rogers, Born in Tibet: A Lasting Friendship. The Dalai Lama and Heinrich Harrer, Tricycle, Fall 1991 : « op. cit. : In his 1989 biography, Freedom in Exile, the Dalai Lama called Harrer the first "inji," or Westerner, that he would know as a friend. "Heinrich Harrer turned out to be a delightful person with blond hair such as I had never seen before. I nicknamed him 'Gopa' meaning 'yellow head'. »
  86. Betty Rogers, op. cit. : « "In his first years as Dalai Lama, he was raised by monks who had never left Tibet," Harrer says. "They taught him religion, meditation and whatever was important to the Tibetan government. »
  87. (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, E. P. Dutton, 1954 : « He insisted that I should immediately begin to teach him English » (c.-à-d. : « Il insista pour que je commence sur le champ à lui apprendre l'anglais »).
  88. (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, op. cit. : « My young pupil was not yet in a position to travel, but that did not diminish his interest in world geography, which was soon his favorite subject » (c.-à-d. : « Mon jeune élève n'était pas encore en mesure de voyager, mais cela n'en diminua pas pour autant son intérêt pour la géographie du monde, laquelle devint bientôt sa matière préférée »).
  89. Jean Dif, LeS sept ans d'aventures au Tibet de Heinrich Harrer, sur le site de Jean Dif.
  90. (en) Anne-Marie O'Neill, Into the Valley. The Real-Life Hero of Seven Years in Tibet Confronts His Nazi Past, People, Vol. 48, No. 16, 20 octobre 20, 1997 : « I taught him to shake hands. »
  91. (en) Patricia Cronin Marcello, The Dalai Lama: a biography, Greenwood Publishing Group, 2003, (ISBN 0313322074 et 9780313322075), 173 p., p. 55 : « for the first time, an "outsider" was able to speak with the Dalai Lama, face-to-face. This was very significant, and a precursor to the Dalai Lama's attitude of accessibility, which directly contradicted Tibetan protocol. Many traditions were broken through the friendship of the Dalai Lama and Harrer. One custom dictated that everyone sit up in a lower position than the Dalai Lama, but Harrer was able to sit beside him. No one was supposed to look the Dalai Lama in the eye, yet Harrer became the Dalai Lama's closest confidant. »
  92. Lhassa : le Tibet disparu, texte et photographie de Heinrich Harrer, Édition de La Martinière, 1997, p. 24.
  93. (en) dalaï-lama, Au loin la liberté, Livre de poche, 1993 (ISBN 225306498X). Dans la version original en anglais (Freedom in Exile, Harper-Collins, 1989), : « He spoke excellent colloquial Tibetan and had a wonderful sense of humour, although he was also full of respect and courtesy. As I began to get to know him better, he dropped the formality and became very forthright, except when my officials were present. I greatly valued this quality ».
  94. (en) Li Jianhua, Dalai's Former teacher is a Nazi, Beijing Review (en), No 40, 1997 : « It is logical to ask whether Harrer's Nazi background exerted certain influences on the 14th Dalai Lama, who was 11 years old at the time and under Harrer's guidance ».
  95. (en) Victor et Victoria Trimondi, The Shadow of the Dalai Lama, Part II, 12 Fascist Occultism and it’s Close Relationship to Buddhist Tantrism : « There are (...) no grounds for describing the lessons the former SS member gave his (...) pupil as fascist, particularly since they were primarily given after the end of the World War II ».
  96. a et b David T. Reinharc, Connexion Bouddhisme tibétain - nazisme : mythe ou réalité, Israel Magazine, No 95, janvier 2009 : « Le 17 octobre 2006 la pierre de la Fondation a finalement été installé [sic] par le Dalaï-Lama, en compagnie du très populiste homme d'extrême-droite Jörg Haider. »
  97. (en) Film hits too close to home for Dalai Lama's brother, Bloomington Herald Times, 5 octobre 1997 : « Norbu and His brother, Lobsang Samnden, befriended the yellow-haired Austrian and took Harrer to their parents, which resulted in the young Dalai Lama's request to meet this strange-looking – to Tibetan eyes – foreigner ».
  98. (en) Lynda G. Adamson, Thematic Guide to Popular Nonfiction, p. 282
  99. Tibet, patrie perdue, raconté en tibétain à Heinrich Harrer, traduit de l'allemand par Louise Servicen, éd. Albin Michel, 1963
  100. Mary Craig, Kundun: une biographie du dalaï-lama et de sa famille, préface du 14e dalaï-lama, traduction François Vidonne, Presses du Châtelet, 1998, (ISBN 2911217330), p. 180
  101. (en) Reuters, Dalai Lama's brother dies in US, ABC News, 6 septembre 2008 : « He left Tibet after the Chinese takeover in 1950. »
  102. (en) John Kenneth Kraus, Official Policies and Covert programs: the U.S. State Department, the CIA and the Tibetan Resistance, p. 56, 61.
  103. (en) Myrna Oliver, Heinrich Harrer, 93: Austrian Mountainer, Adventurer Wrote "Seven Years in Tibet", Los Angeles Times, 10 janvier 2006 ; titre de l'article : The Flight of the Dalai Lama.
  104. Heinrich Harrer, Sept ans d'aventures au Tibet, Arthaud, p. 271.
  105. (en) Apurva Chaudhary : The Wandering Hermit, Panchchuli Range from Kasauni, flickr : « In 1951 Heinrich Harrer [...] and Frank Thomas (both Austrians) [...] tried the west ridge but a Sherpa fell off on hard blue ice. Harrer gave up. »
  106. (en) H.W. Wilson Company, Current biography, 1954, p. 322 « Then Harrer started back to Europe, and arrived there in January 1952. Within a month he began to work the material of his diaries into a book, which was published by the Viennese house of Ullstein as Sieben Jtihre in Tibet in October 1952. »
  107. (en) A. Tom Grunfeld, Tibet and the United States, 18th IPSA World Congress, Québec, Canada, 1-5 août 2000 : « In December 1950 the dalai Lama fled Lhasa for a Tibetan town just north of the Indian border. A month earlier Washington and New Dehli had discussed sending an American pilot to Lhasa to fly the Dalai Lama out. [...] The secret U.S. Department of State-Tibet Talks lasted to at least 1952 using such intermediaries as George Patterson, Heinrich Harrer, Surkhang Rimshi, and especially Tsepon Shakabpa [...]. After the Tibetan leader fled to Yatung, U.S. policy was to lure him across the Indian frontier. But this was not to be for America's Tibetan allies were "unable to counterbalance the tremendous weight of superstition and selfish officialdom, including delegates from monasteries, oracles of incredible influence, and the marginalised wish of the Lhasa Government itself to preserve ... the religious integrity of Tibetan life as personified and symbolised by the Dalai Lama". »
  108. Thomas Laird, Into Tibet: The Cia's First Atomic Spy and His Secret Expedition to Lhasa, Grove Press, 2003 (ISBN 080213999X) p. 228 : « Only during the past ten years, State Department documents have been declassified that show Harrer may have been involved with several covert operations for the Americans after he left Tibet »
  109. Melvyn C. Goldstein, op. cit., p. 114 : « In March 1951, at the same time that the Yadong negotiating team was en route to Beijing, James Burke of Time-Life brought Heinrich Harrer to see Loy Henderson, the U.S. ambassador in India. »
  110. (en) Buddha's Warriors: The Story of the CIA-backed Tibetan Freedom Fighters, the Chinese Invasion, and the Ultimate Fall of Tibet, Penguin Books India, 2005, (ISBN 0144001047 et 9780144001040), p. 100.
  111. (en) Melvyn C. Goldstein, A history of modern Tibet, vol. 2, The Calm before the Storm: 1951-1955, University of California Press, 2007, p. 230-232 « the issue of a signed U.S. letter again surfaced when Heinrich Harrer told Wilson in Calcutta that Yuthok Dzasa, a high Tibetan official, was anxious to return to Lhasa to persuade the Tibetan government that the Dalai Lama should leave Tibet. Yuthok believed, he said, that in presenting arguments to the Kashag and important lay aristocratic officials, he must be able to swear he had seen a signed letter from the U.S. government promising aid. Harrer suggested that the Americans prepare such a letter and show this to Yuthok but not give him copy. Harrer played on U.S. hopes by exaggerating what they wanted to hear, namely, that the Dalai Lama was still extremely eager to leave Tibet but lacked sufficient support among his lay officials to overcome the continuing opposition from the monks (and monk officials). [...] Secretary of State Acheson approved this venture on 14 September, provided that the letter never leave the possession of U.S. officials and that he Tibetans see it only in the presence of U.S. officials. [...] The United States has, of course, no control over such conditions, but it is prepared to support resistance now and in the future against Communist aggression in Tibet, and to provide such material aid as may be feasible. Your Holiness will understand, of course, that the readiness of the United States to render you the assistance and support outlined above is conditional upon your departure from Tibet, upon your public disavowal of agreements concluded under duress between the representatives of Tibet and those of the Chinese Communists, and upon your continued willingness to cooperate in opposing Communist aggression. »
  112. (en) Kenneth Conboy et James Morrison, The CIA's secret war in Tibet, Lawrence, University Press of Kansas,‎ 2002 (ISBN 0700611592), p. 16 : « On 11 July, Linn passed word to the Calcutta consulate that the Dalai Lama intended to return to Lhasa in ten days. [...] Embassy officials even flirted with fanciful plans for Heinrich Harrer, the monarch's former tutor, and George Patterson, an affable Scottish missionary who had once preached in Kham, to effectively kidnap the Dalai Lama and bundle him off to India. All these efforts were to no avail. ».
  113. Melvyn C. Goldstein op. cit. p. 121 : « A recent book on the CIA and Tibet (Conboy and Morrison 2002: 12) states that one copy of the letter was taken to Yadong by Heinrich Harrer, but this is implausible, because there is no indication elsewhere that he personally was in Yadong at this time, and the authors provided no source for this. »
  114. (en) Dr Liu Chao, Secret CIA Sponsorship of Tibetan Rebels Against China Exposed - How a Ground-Breaking Book Unveiled History as it Was, entretien avec Kenneth Conboy, auteur de CIA's Secret War in Tibet, Le Quotidien du Peuple, 28 mars 2008 ; autre adresse : CIA's Secret War in Tibet.
  115. Présentation de l'éditeur, Sept ans d'aventures au tibet, Gallimard Montréal
  116. Benoît Heimermann, op. cit. : « Son entrée dans Lhassa, sa découverte de la religion bouddhiste, ses contacts répétés avec le jeune Tenzing Gyatso achèvent de le troubler et de le transformer. »
  117. Benoît Heimermann, Aventuriers: Rencontres avec 13 hommes remarquables, Grasset, 2006 (ISBN 2246684293) : « Sept Ans au Tibet rend parfaitement compte de cette quête en forme de rédemption. »
  118. Jean-Jacques Annaud « On m’a donné à lire le récit de Heinrich Harrer, personnage détestable qui avait été touché et transformé par la grâce apprise au contact des Tibétains. Le sujet de la rédemption d’un occidental, ambitieux et vil, transformé par la sagesse traditionnelle du sommet de l’Asie m’a enchanté et décidé à consacrer cinq ans de ma vie à ce projet. »
  119. (en) James Berardinelli, Seven Years in Tibet (1997), 1997 : « This is essentially the story of Harrer's redemption, and, until the film's final quarter, Annaud keeps the proceedings centered on him. »
  120. (en) Victor et Victoria Trimondi, The Shadow of the Dalai Lama, Part II, 12 Fascist Occultism and it’s Close Relationship to Buddhist Tantrism : « There is not the slightest trace of a deep catharsis as depicted in Annaud’s film to be found in the German’s books. This was purely an invention of the director to avoid losing face before a world audience. »
  121. (en) Jared Hohlt, Seven Years in Tibet, Slate Magazine, 10 octobre 1997 : « Whether Harrer was transformed by his voyage and his connection to the dalai Lama is unclear, there is some evidence to suggest that on crucial issues, he wasn't. [...] it should be noted that much of what we know of that trip comes from Harrer's own memoir. »
  122. Elisabeth Martens, Histoire du Bouddhisme tibétain : La Compassion des Puissants, L'Harmattan, 2007, p. 231 : « A propos de cette histoire, Sa Sainteté a estimé que : "en tout état de cause, c'est Harrer qui finit par être influencé par la philosophie bouddhiste. Harrer a fait état de son expérience au sein du mouvement nazi comme une aberration" (341). S'il s'est converti au bouddhisme, comment expliquer la quasi-indifférence qu'il afficha devant les images des atrocités nazies qui lui parvinrent à la fin de la guerre ? ».
  123. (en) Philippe Forêt, University of Oklahoma, Why Sunlit Vistas Could Not Be Grander: A Review of Seven Years in Tibet (compte rendu du film de Jean-Jacques Annaud, Seven Years in Tibet, Columbia Pictures, 1997) : « During his long stay in Lhasa Heinrich Harrer had only one link with Europe: Sven Hedin, the legendary author of "Discoveries and Adventures in Tibet". Both men were after all geographers, Nazi supporters and friends of the Tibetan people. The letters have been kept in the National Archives of Sweden [...]. »
  124. (en) Verified sources: Sven Hedins in the Stockholm Riksarkivet archived correspondence with Hans Draeger, Wilhelm Frick, Joseph Goebbels, Paul Grassmann and Heinrich Himmler.
  125. Retour au Tibet de Heinrich Harrer, Arthaud, 1985, p. 67-68.
  126. (en) James Mossman, A.P-Reuter, « Dalai Lama Under Guard Until Talks With Nehru », The Sydney Morning Herald, 24 avril 1959 : « Since he and his retinue arrived at Mussoorie, India, on their flight from Communist-controlled Tibet, the Dalai Lama has lived in a guarded house festooned with barbed wire and arc lamps. Indian Foreign Office kept the Press away, [.... Indian Pressmen believe that a reason for this secrecy is to prevent author Heinrich Harrer, a friend of the Dalai Lama, from meeting him and learning too much. »
  127. Gilles Van Grasdorff, op. cit., chap. 19 (Le précepteur du dalaï-lama), p. 25-26.
  128. Patricia Cronin Marcello, The Dalai Lama : a Biography, p. 127 : « The World noticed Tibet again when he made his first trip to the West in 1973, a journey lasting six weeks and covering eleven countries. [...] While in Scandinavia, the dalai Lama met up with Henrich Harrer. It pleased him to see that his old friend's sense of humour was just as down-to-earth as ever and that he was in good health. Yet Harrrer's yellow hair had turned grey, a sign that the Dalai Lama was also aging. At thirty-eight, he was middle-aged by Tibetan standards. »
  129. (en) The Eiger, Nordwand Revealed : Rainer Rettner, Interview by Kate Cooper, sur le site UKClimbing.com, section : A brief history of the Eigerwand, mai 2008 : « Harrer also devotes a chapter to a later tragedy: in August 1957, two initially separate teams were attempting the face – the Italians Stefano Longhi and Claudio Corti, and two Germans, Günther Nothdurft and Franz Mayer. They joined forces, but got into severe difficulties. Both Italians fell, were injured, and had to endure awful weather on different ledges, unable to climb on. The Germans successfully completed the ascent, but died during the descent. Longhi died on the face. But Corti was saved by human courage and ingenuity: an international group of mountaineers had gathered at the top of the mountain. They lowered Alfred Hellepart 1000ft down the face on a steel cable. He successfully located Corti, and brought him up strapped to his back. In 'The White Spider' Harrer rubbishes Corti's mountaineering skills, and implies that his version of events is dishonest. He apparently believed that Corti had murdered the Germans to steal their equipment and food. Four years later the discovery of the German's bodies conclusively proved that they had died on the descent, and that Corti was completely innocent of any involvement in their deaths, but even then Harrer did not retract or apologise. »
  130. (en) Claudio Corti (1928-2010): A Life in the Shadow of the Eiger, by Luca Signorelli, introduced by Alan James, sur le site UKClimbing.com, février 2010 : « When 'White Spider' was released, Corti became a pariah; people wouldn't talk to him, and even his work suffered from all this negative publicity. The book contained a grotesquely distorted portrait of Corti, ignoring his climbing résumé, and describing Longhi as little more than a climbing beginner who had no place on the Eiger. For the general public, Corti was perceived as at best incompetent, and at worst a murderer. Harrer was so convinced of his suspicions, he even paid for a search at the base of Eiger, looking for any trace of the missing Germans. [...] In spite of many requests, Harrer never changed his position, more or less renewing most of his accusations in all the subsequent releases of 'White Spider'. [...] Harrer's view may have been simply those of the 30's, the golden age of alpine climbing - if you had to be rescued, you had no place in the mountains. However, in Harrer's case, this righteous attitude would have been a little misplaced - in 1938, he and Kasparek HAD been 'rescued' by Heckmair and Vorg while on their way to a first ascent. »
  131. Gilles van Grasdorff, Opération Shambala. Des SS au pays des dalaï-lama, Presses du Châtelet, 2012, p. 379-383.
  132. Dalaï-lama, Au loin la liberté, p. 236
  133. Retour au Tibet de Heinrich Harrer, Édition Arthaud, 1985, p. 27-28, 254.
  134. (en) Robert Barnett, Beyond the Collaborator - Martyr Model: Strategies of Compliance, Opportunism, and Opposition within Tibet, p. 25-66, in Barry Sautman, June Teufil Dreyer (eds.), Contemporary Tibet: Politics, Development, and Society in a Disputed Region, M. E. Sharpe, 2006, 360 p., p. 25-66, en part. p. 56, note 31 : « Even Heinrich Harrer, who had strong views on collaboration, concedes of Ngapö in his second book that "one should not conceal some positive aspects of the activity of collaborators" [...] (Harrer, 1984, 19, 75). »
  135. Heinrich Harrer, Return to Tibet. Tibet After the Chinese Occupation, translated from the German by Ewald Osers, Jeremy P. Tarcher/Putnam, New York, NY, 1998 (version électronique, 124 p., p. 14) : « To do them justice, one should not conceal some positive aspects of the activity of collaborators. Tibetans told me that some time previously Ngabo made a trip to Lhasa from Peking, where he now lives as Tibet's representative, and requested to be shown a Lhasa school. On discovering that all the pupils were Chinese, he used his influence to ensure that Tibetan children could attend that school as well. It is to be hoped that, even in the minds of collaborators, love of Tibet and a sense of belonging to the Tibetan people have not entirely vanished. »
  136. (en) Heinrich Harrer, Return to Tibet, New York, Schocken, 1985, p. 54; cité par Michel Parenti, dans Friendly Feudalism: The Tibet Myth, Michael Parenti's Political Archive, janvier 2007 : « Harrer reports that the Tibetans who resisted the Chinese "were predominantly nobles, semi-nobles and lamas; they were punished by being made to perform the lowliest tasks, such as laboring on roads and bridges. They were further humiliated by being made to clean up the city before the tourists arrived." They also had to live in a camp originally reserved for beggars and vagrants – all of which Harrer treats as sure evidence of the dreadful nature of the Chinese occupation (Harrer, Return to Tibet, 54) ».
  137. Dans les diverses éditions de ses mémoires (Seven Years in Tibet, with a new epilogue by the author. Translated from the German by Richard Graves. With an introduction by Peter Fleming, First Tarcher/Putnam Hardcover Edition, 1997 (ISBN 0-87477-888-3)), publiées pour la première fois en 1953, il se définit lui-même ainsi que son compagnon Peter Aufschnaiter comme « amis de l'indépendance tibétaine » : « It was inevitable that Red China would invade Tibet, and then there would be no place for us two friends of Tibetan independence ».
  138. Jérôme Dupuis, Mauvais Karma à Lhassa, L'Express, 21 novembre 1997 : « Avant de devenir l'inlassable propagateur de la cause tibétaine, Harrer n'aurait-il pas eu certaines faiblesses coupables envers le IIIe Reich ? »
  139. (en) Bill Aitken, Seven Years in Tibet. A Closer Look at an Himalayan Classic, in The Himalayan Journal, N. 63, 2007 : « Seven Years ends with HH chiding the world for its indifference to Tibet’s loss of freedom but such pious protestations coming from an erstwhile Nazi inflates humbug to bursting point. »
  140. (en) Lewis M. Simons, op. cit. : « And Heinrich Harrer is Tibet's champion. Still athletic and sharp at the age of 85, he has fought over the decades against China's oppression of the Tibetan people and its calculated destruction of their ancient culture. He has traveled the world raising funds for Tibetan refugees and has spoken out against governments, including that of the United States, which he feels coddles the Chinese Communists while turning a blind eye on the Tibetans' condition [...]. »
  141. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « His has been one of the loudest Western voices against the Chinese occupation. In 1987, he expressed outrage when German Chancellor Helmut Kohl visited the Chinese rulers in Lhassa, the first Western head of government to do so ».
  142. (en) Statement by Westerners who visited Tibet before 1949, tibet.com (ancien site du Gouvernement tibétain en exil), 13 septembre 1994 : « As some of the few remaining foreigners who witnessed independent Tibet, we are unanimous in our conviction that Tibet was a fully sovereign country. »
  143. Le Who's Who de 1995 donne son adresse comme étant Neudorf 577 / 9493 - Mauren / Liechtenstein.
  144. (en) Andre Gingrich, Review of Traumwelt Tibet - Westliche Trugbilder by Martin Brauen, op. cit., p. 116-118 : « In the post-1945 decades, Harrer nevertheless remained silent about his Nazi membership, denied it for a long time, or indulged in rhetorical apologies ».
  145. (en) Lewis M. Simons, op. cit. : « What results is a penetrating examination of an extraordinary man who, as Simons writes, "spent the second part of his life hiding the awful truth of the first." »
  146. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « Until we confronted him in Carinthia, Mr Harrer had never acknowledged his erstwhile link to Nazi organisations. He has written dozens of books since returning from Tibet, but not a word about the Nazis. Now and then, voices have been raised regarding his Nazi past, but there had never been documentary proof. »
  147. Andre Gingrich, op. cit., p. 118 : « Quite obviously, many people then knew about Harrer's background. But just as in the Waldheim affair, or as in the case of NASA's Werhner von Braun, it seemed advantageous during the Cold War years to officially "forget" the past of harrer, who had now become useful in new contexts. »
  148. [PDF] Entretiens avec Jean-Jacques Annaud, p. 4.
  149. (en) John Gittings, Obituary: Heinrich Harrer, The Guardian, 9 janvier 2006 : « The story of his Nazi past came out in 1997, ironically just before the release of the Hollywood film of Seven Years in Tibet, starring Brad Pitt ».
  150. (en) William Cash, Brad suddenly turns Nazi, The Spectator, 11 octobre 1997 : « Gerald Lehner, a resourceful 33year-old radio reporter for the Austrian National Broadcasting Corporation. »
  151. (en) Stephen Goodwin, op. cit. : « a radio journalist from Salzburg, Gerald Lehner, obtained documents in Washington taken from the Berlin state archives after the Second World War. Harrer's marriage application stated he had been a member of the Sturmabteilung (SA) - Nazi thugs - from 1933 and had joined the SS in 1938. When confronted, Harrer denied membership of the SA, saying that he had made this "false" claim in an attempt to speed up his wedding to Lotte Wegener, daughter of an eminent geophysicist, Alfred Wegener, and well-connected to the Nazi elite ».
  152. (en) Ren Yanshi, op. cit. : « In May 1997, Gerald Lehner, an Austrian correspondent, found in the Washington-based National Archives an 80-page document detailing Harrer's Nazi ties. In addition, a reporter from the German weekly Stern also discovered in the Federal Archives in Berlin a file related to Harrer's Nazi background. The file recorded that as early as October 1933 Harrer worked for the German Nazi Sturmabteilung (SA, storm troopers) which was illegal in Austria at the time. »
  153. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit..
  154. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « When confronted with the documents, Mr Harrer first denied everything. "I never wrote a request or anything of the kind," he said. "I was just assigned to the SS as an athletic instructor." Mr Harrer even denied he was a member of the SS. Until, that is, he was shown the completed RuSHA questionnaire with his handwritten CV and asked, "Is this your handwriting?" "Yes," said Mr Harrer upon seeing that under the SA membership the entry on the form reads "since October 1933" and under SS membership "since April 1938". After a moment of silence, he said: "I just wanted to boast a little there." »
  155. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « We knew that this great film was also going to bring us some trouble ».
  156. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « One of Mr Harrer's first reactions after the Stern article appeared was that it could be the work of the Chinese agents sent to destroy his life's work ».
  157. a et b (en) Bernard Weinraub, Dalai Lama's Tutor, Portrayed by Brad Pitt, Wasn't Just Roving Through the Himalayas, The New York Times, 21 juin 1997 : « But Rabbi Cooper, whose organization made available translated German documents about Mr. Harrer, said that the Wiesenthal Center was appalled that the Austrian had never admitted that he was a member of the SS. No one forced him to join the SS, Rabbi Cooper said. Here is someone who insists on the public limelight and has never utilized that opportunity to make a definitive statement saying: 'I wasn't a kid. I made a terrible mistake. I voluntarily embraced a racist ideology that nearly brought this planet to ruin.' Rabbi Cooper added, He's suffering from Waldheimer's disease. The reference was to Kurt Waldheim, the former United Nations Secretary General, who hid his Nazi past for decades. »
  158. (en) William Cash, Brad suddenly turns Nazi, The Spectator, October 11, 1997 : « To placate LA's militant rabbi faction, a would-be diplomatic photo-opportunity meeting was set up in Vienna between the Nazi-hunter Simon Wiesenthal and Herr Harrer. Wiesenthal was left unimpressed by Harrer's efforts to explain why he had kept his past hidden for 50 years (when the Austrian reporter Lehner dared to confront Harrer on the subject in his house, he was thrown out) ».
  159. (en) Robert Scheinberg, Upcoming Brad Pitt movie sparks uproar over hero’s early Nazi ties, JTA, 23 juillet 1997 : « After the meeting on June 30, Rabbi Abraham Cooper, associate dean of the Wiesenthal Center, phoned the Nazi hunter. “I asked Simon, `Did Mr. Harrer tell you he joined the SA in 1933?’ and he said, `No’,” Cooper noted in a telephone interview. “And that is our issue today,” Cooper said. “Harrer remained silent about that part of his past for so many years, and even today, remains less than honest. [...] “From his discussion with Simon, or the lack of it, we know Harrer just wants it all to go away,” said Cooper. “It won’t.” »
  160. (en) Janet Wheeler, Mountains of trouble: Nazi past of movie's real-life climber clouds 'Seven Years in Tibet' message, Daily News (Los Angeles, CA), 5 octobre 1997, reproduit sur le site The Free Library : « The meeting lasted eight minutes. / Cooper says that's not enough of a gesture to warrant forgiveness./ `I would buy into (forgiveness) completely if some time in the last 50 years Harrer went to see Simon Wiesenthal on his own. They lived in the same town. But for 50 years he did not walk down the road. He hid it. He swept it under the carpet. He's not dealing with the moral decisions he made. »
  161. a et b Jérôme Dupuis, op. cit.
  162. (en) Elaine Dutka, 'Tibet' Revised to Stress Character's Nazi Past, Movies: In post-production, director adds dialogue making it clear the film's protagonist had ties to Hitler's party, Los Angeles Times, 15 août 1997 : « I wore the [SS] uniform only once. [...] My personal political philosophy grew out of my life in Tibet [...] and places great emphasis on human life and human dignity. [...] And it is a philosophy that leads me to condemn as strongly as possible the horrible crimes of the Nazi period. »
  163. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « Of course, as he was in India and Tibet from 1939 to 1951, Mr. Harrer probably cannot be held responsible for SS atrocities during the war ».
  164. (en) Seven Years In Tibet, Associated Press, 14 juillet 1997.
  165. (en) H. Louis Fader, Called from obscurity: the life and times of a true son of Tibet, God's humble servant from Poo, Gergan Dorje Tharchin : with particular attention given to his good friend and illustrious co-laborer in the Gospel Sadhu Sundar Singh of India, Volume 2, Tibet Mirror Press, 2004, (ISBN 9993392200 et 9789993392200), p. 286 « Moreover, the well-known Nazi hunter, the German Jew Simon Wiesenthal, has likewise exonerated Harrer, declaring that the Austrian had never been involved in politics and was guilty of no wrongdoing. »
  166. Communiqué du gouvernement tibétain (en exil), sur le site Radioi Radicale.it, 1er novembre 1997.
  167. (en) Elaine Dutka, 'Tibet' Revised to Stress Character's Nazi Past, Times, 15 août 1997 : « The Simon Wiesenthal Center had charged that casting Pitt into the role of a onetime Nazi could turn the man into a hero and inadvertently whitewash the legacy of the Third Reich. »
  168. Ren Yanshi, op. cit. : « Harrer's lawyer, a representative for the producer and the director reached a secret agreement in London to cope with the emergency situation. A minor revision in the movie added various plots which portrayed Harrer as, though having a relationship with the Nazis, resenting and disavowing the organization. The revisions drew a distinct line between Harrer and the Nazis. »
  169. (en) Karl E. Meyer, One Hell of a Gamble, World Policy Journal, vol. 18, No 1 (Spring, 2001), p. 113-115 : « In 1997, not long before the movie's scheduled premiere, the curiously incurious Annaud finally learned that Harrer had concealed his Nazi past, indeed he had served as a ski instructor in the SS [...]. When the German press broke the news, the film was hastily amended, and the director now explained, "Seven Years in Tibet revolves around guilt, remorse, and redemption." »
  170. (en) John Gittings, Obituary: Heinrich Harrer, The Guardian, 9 janvier 2006 : « This episode marred his final years. »
  171. Pascal Mérigeau, À propos de « Sept ans au Tibet ». Le procès fait à Annaud, Le Nouvel Observateur, No 1724, semaine du jeudi 20 novembre.
  172. (en) Source William J. Kole, Associated Press Writer : « "This is a man who... feels a tremendous shame," Annaud said at the time. "I respect him as a man who has remorse" ».
  173. (en) Ren Yanshi, op. cit. : « Messner noted that Nazism was popular with mountaineers in Germany and Austria at that time having mountaineering backgrounds. The German-Austrian Mountaineering Association which Harrer joined was an organization clearly bearing the stamp of the Nazis. »
  174. (en) Stephen Goodwin, Into the Teeth of the Ogre, The Independent, 5 février 2005.
  175. Michel Mestre, L'idée nationale en montagne et dans l'alpinisme : le cas du club alpin austro-allemand (DÖAV), in @mnis, revue de civilisation contemporaine de l'université de Bretagne occidentale, mars 2002.
  176. (en) Obituary: Heinrich Harrer. Austrian mountaineer who escaped wartime detention to spend seven years in Tibet, Times Online, 9 janvier 2006 : « Harrer was publicly criticised by Reinhold Messner, the celebrated Italian mountaineer, for stubbornly refusing to acknowledge the extent to which his ideal of the “rope for life”, along with his notion of being “tough as leather, hard as steel”, had been misused by the Nazis. »
  177. (en) Colin Wells, Obituary: Heinrich Harrer 1912-2006. Last of the Eigerwanderers, Climb Magazine, avril 2006, sur le site Cordee.
  178. (de) Rainer Amstädter, Der Alpinismus. Kultur, Organisation, Politik, 1996.
  179. (en) Mechtild Rössler, Geography and Area Planning under National Socialism, in Science in the Third Reich (sous la dir. de Gerhard A. Ritter et Anthony J. Nicholls), Berg Publishers, Oxford and New York, 2001 (ISBN 1859734219 et 9781859734216), 289 p., p. 59-78, p. 71 : « [Heinrich Harrer's] attitude after 1945, which was to avoid critically reviewing his involvement in Nazi politics and practice, is typical of practically all mountaineers and most geographers in the Third Reeich. »
  180. (en) « Obituaries: Anderl Heckmair 1906–2005 », Gripped. The Climbing Magazine, avril-mai 2005 : « German climbing was so deeply Nazified that climbing clubs were made illegal organizations by the allies. »
  181. (en) Philippe Forêt, Why Sunlit Vistas Could Not Be Grander: A Review of Seven Years in Tibet (compte rendu du film de Jean-Jacques Annaud, Seven Years in Tibet, Columbia Pictures, 1997) : « Further research by Gerald Lehner has resulted in a later article in "Profil" that details the postwar relationship between Harrer and the leaders of the SS expedition to Lhassa of 1939. »
  182. (en) Jared Hohlt, Seven Years in Tibet, Slate Magazine, 10 octobre 1997 : « Vanity fair reports that Peter actually was abandoned by his mother, too; he was raised by his grandmother during Harrer's absence. Harrer's memoir, which was the year 1939-1952, never mentions him. [...] Peter, who wasn't invited to either of Harrer's subsequent weddings, told Vanity Fair, "We didn't have much of a relationship". »
  183. Jared Hohlt, op. cit. : « In life and in the movie, Harrer left for Nanga Parbat when his wife was still pregnant. (In the movie, Harrer knows she's pregnant. Time reports that Harrer denies having known she was.) [...] Peter, who wasn't invited to either of Harrer's subsequent weddings, told Vanity Fair, "We didn't have much of a relationship"--though he also claimed he has no hard feelings toward his father, whom he now sees occasionally. »
  184. Charlie Buffet, Polémique autour du héros du film de Jean-Jacques Annaud. Un nazi au Tibet, op. cit.
  185. (en) Vanity Fair, vol. 60 - 1997, p. 369 : « When Harrer was asked if he felt guilt about not returning home earlier to see the boy, he seemed almost puzzled. "No, why should I?" he enquired. »
  186. Sept ans d'aventures au Tibet.
  187. (en) Harry Oldmeadow, The Western Quest for 'Secret Tibet', section « Counterfeit Tibetan Esotericism: The Lobsang Rampa Case ».
  188. « Sept ans d'aventures au Tibet est non seulement un grand classique de la littérature de voyage mais fourmille de renseignements sur la vie de la noblesse à une époque maintenant révolue », Françoise Pommaret dans l'avant-propos de Lhasa, lieu du divin : la capitale des Dalaï-Lama au 17e siècle, Éditions Olizane, 1997, 270 p. en part. p. 15 (ISBN 2880861845).
  189. Elisabeth Martens constate que les mémoires de Harrer « retracent la vie et les traditions des grandes familles tibétaines et du haut clergé lamaïste avant l'arrivée des Chinois ». Elle regrette toutefois que l'auteur ne se soit pas intéressé aux paysans : « Sa mémoire paraît défaillante quant aux conditions de la population rurale », écrit-elle à propos de Sept ans d'aventures au Tibet dans son livre Histoire du Bouddhisme tibétain : La Compassion des Puissants, op. cit., p. 230.
  190. (en) Henrich Harrer Limited Edition Portfolio, Henrich Harrer Biography : « As confidant and informal tutor to the Fourteenth Dalai Lama, Harrer was afforded access to ceremonies and customs that had been rarely witnessed by Westerners. »
  191. (en) Martin Riddell, Heinrich Harrer – Beyond Seven Years in Tibet, UKClimbing.com, octobre 2007 : « the many expeditions he went on, mostly funded by his close friend King Leopold III of Belgium. »
  192. (en) Apurva Chaudhary : The Wandering Hermit, Panchchuli Range from Kasauni, flickr : « In 1951 Heinrich Harrer (Of "Seven Years in Tibet" & Eiger Nordwand fame) and Frank Thomas (both Austrians) were joined by two Sherpas and a botanist. Though their account in the Himalayan Journal is not very explicit, their photographs in the archives clearly indicate that they pioneered the route through the Uttari Balati Glacier, bypassing three ice-falls. Together with the Sherpas, Harrer reached the Balati plateau and examined the north and west ridges. They tried the west ridge but a Sherpa fell off on hard blue ice. Harrer gave up. They spent only 16 days on the mountains but during that time they pioneered the route which was followed by all subsequent expeditions from this side. »
  193. Leopold III (1901-1983), JSTOR PLANT SCIENCE.
  194. (en) Stephen Goodwin, Obituary: Heinrich Harrer, The Independent, Londres, 9 janvier 2006 : « Harrer returned to Austria and married Margaretha Truxa, but she did not see much of her wandering husband »
  195. (en) Heinrich Harrer, Mein Leben [My Life], Detailed Product Description, sur le site Chessler Books : « Other notable mountaineering first ascents by Heinrich Harrer were Mount Hunter & Mount Deborah in Alaska with Fred Beckey in 1954 and Ausangate (6400m) in Peru's Cordillera Vilcanota in 1953. »
  196. Thubten Jigme Norbu, Tibet is my country: Thubten Jigme Norbu As Told to Heinrich Harrer, Wisdom Publications, 1986, 276 p., p. 18 : « In 1957 I went on my African expedition to the Ruwenzori Mountains in the Belgian Congo. »
  197. Stephen Goodwin, op. cit. : « Trips to the Andes, Alaska, and the Ruwenzori, Africa's "Mountains of the Moon", followed and the marriage was dissolved in 1958. »
  198. Stephen Goodwin, Obituary: Heinrich Harrer, op. cit. : « Four years later, he married Katharina Haarhaus, and this time the marriage lasted, despite Harrer's almost continuous globe-trotting. »
  199. (en) The Last True Explorer: Into Darkest New Guinea, présentation du livre, sur le site de Philip Temple : « Philip Temple made the first ascent of the Carstensz Pyramide, which has come to be regarded as the technically most difficult of the ‘Seven Summits of the Seven Continents’. »
  200. (en) Kal Muller, The Case of the Shrinking Tropical Glaciers of Irian Jaya. Why Are They Disappearing?, février 2001 : « Puncak Jaya, too steep to hold snow for long, has always stood at 4,883 meters. The honor of its conquest, dating to 1962, goes to Heinrich Harrer, an Austrian climber who took advantage of the knowledge of the area gathered by a previous ground-breaking New Zealand expedition. »
  201. Stephen Goodwin, Obituary: Heinrich Harrer, op. cit. : « He escaped death in an horrific fall over a waterfall in New Guinea and shared a near-fatal bout of malaria with his explorer friend King Leopold of the Belgians. »
  202. Stephen Goodwin, Obituary: Heinrich Harrer, op. cit. : «  He met the Xingu Indians of Brazil's Mato Grosso. »
  203. Stephen Goodwin, Obituary: Heinrich Harrer, op. cit. : « He met the Bush Negroes of Surinam and the Andaman islanders. »
  204. Fabien Dietrich, Voyage. Vade retro, Courrier international, 9 septembre 2010 : « L’alpiniste autrichien Heinrich Harrer est venu, il n’a pas débarqué. »
  205. Une liste est donnée par le Who's Who de 1995.
  206. (en) Ex-Nazi, Dalai's tutor Harrer dies at 93, The Times of India, 9 janvier 2006.
  207. (en) Barry Sautman, "Demographic Annihilation" and Tibet, in Contemporary Tibet. Politics, Development, and Society in a Disputed Region (sous la direction de Barry Sautman, June Teufel Dreyer), M.E. Sharpe, 2006, p. 230-257 : « more than five years after the 1997 exposure of Harrer's long-denied past as a Nazi storm trooper and SS-man, the International Campaign for Tibet gave him its "Light of Truth" award », p. 237.
  208. (en) Light of Truth Awards, International Campaign for Tibet.
  209. (en) Dalai Lama Presents ICT Light of Truth Awards to Heinrich Harrer…, International Campaign for Tibet : « The International Campaign for Tibet (ICT) presented the 2002 Light of Truth award to Heinrich Harrer and to Petra Kelly, in memoriam, on October 15 in Graz, Austria, for their contributions to public awareness of Tibet and Tibetans. The award was presented by His Holiness the Dalai Lama while he was in Graz to give the Kalachakra teaching and initiation. »
  210. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « We honour the greatest of us all ».
  211. Elisabeth Martens, op. cit., p. 229.
  212. (en) Dalai Lama at ceremony for Tibet Center, Phayul.com, DPA, 14 mai 2006.
  213. (en) Stephen Goodwin, Obituary: Heinrich Harrer, The Independent, Londres, 9 janvier 2006 : « And gone, too, is the infamous "White Spider" icefield which gave him the title of a best-seller and entrapped not a few Eiger hopefuls, a victim, alas, of global warming. »
  214. (en) Heinrich Harrer, Seven years in Tibet. Translation of: Sieben Jahre in Tibet, 1982 (ISBN 0-87477-888-3), Epilogue: 1996 : « (...) it certainly was one of the greatest days in my birthplace, Hüttenberg, in the province of Carinthia, in Austria, that His Holiness, the Fourteenth Dalai Lama, came to bless and open the H. H. Museum ».
  215. Gerald Lehner, Tilman Müller, op. cit. : « He (the Dalai Lama) was there during the opening of a museum of Tibetan history and culture in Mr. Harrer's hometown » ; aussi page intitulée « Hüttenberg & Knappenberg: Mining & a Piece of Tibet in Carinthia » du site touristique autrichien Tourmycountry (pour le consulter, sortir de Wikipedia).
  216. Littéralement « Au-delà de "Sept années d'aventures au Tibet" : ma vie avant, pendant et après ».