Congrégationalisme

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Le congrégationalisme donne l'autorité à l'assemblée entière, en s'appuyant sur les dires de Jésus dans les Évangiles. Toutes les assemblées fonctionnaient ainsi, avant que ne soit petit à petit instauré, à partir de l’empereur Constantin dans les années 315 deux niveaux de chrétiens : le clergé et les laïcs.

Dans l'histoire, plusieurs mouvements chrétiens, par exemple, les Vaudois et les Anabaptistes, ou encore Martin Luther cherchant à revenir aux Écritures, reprendront cette forme de gouvernance.

Bien d'autres mouvements évangéliques, de frères, etc., en Europe et ailleurs, fonctionnent selon ce modèle ; par exemple l'ensemble des assemblées baptistes.

Les mouvements évangéliques pentecôtistes et charismatiques par contre, fonctionnent la plupart du temps en gouvernance pyramidale.

Histoire[modifier | modifier le code]

C’est à partir du IVe siècle après J.-C. sous les empereurs Constantin et particulièrement Théodose, que petit à petit sera mis en place un système pyramidal dans les assemblées, système centralisé à Rome[1].

Dans l'histoire, plusieurs mouvements chrétiens, tels que les Vaudois ou encore les Anabaptistes repartiront des évangiles en redonnant l'autorité aux écritures et aux assemblées entières.

En 1523, Martin Luther écrit qu'une assemblée chrétienne a le pouvoir de juger ce qui est enseigné et d’élire et de destituer ses responsables[2].

Ses écrits sont à la base du congrégationalisme que nous connaissons aujourd'hui.

Le congrégationalisme est démocratique car il donne à l'assemblée l'autorité dans l'église. Bien que les congrégationalistes donnent en tout premier lieu l'autorité aux Écritures (à la Bible entière).

Le mouvement anabaptiste, par exemple, souhaitant à la Réforme séparer les Églises de l'État, a pratiqué le congrégationalisme. Les différentes dénominations qui découlent des Anabaptistes, tels que les Mennonites en Europe ou les Amish en Amérique du Nord, le pratiquent encore de nos jours[3]. Le mouvement congrégationaliste tel que nous le connaissons aujourd’hui, en France, et en Europe est né de ces différents mouvements.

Dans les pays anglo-saxons, les Églises baptistes ont également adopté le congrégationalisme.

Robert Brown (1550-1633) un des fondateurs du congrégationalisme dans les pays de langue anglaise développe l'idée que l'église doit être fondée par une alliance de l'ensemble des membres d'une communauté.

Les théologiens de la faculté de Heidelberg dans les années 1560, le théologien anglais William Perkins à partir des années 1570, ainsi que plusieurs théologiens écossais dans la seconde moitié du XVIe siècle enseignent le congrégationalisme.

À partir de 1582, Browne et Harrisson arrivent à publier, lors de leur fuite à Middelbourg, une série d'ouvrages, dont leur ouvrage principal A Treatise for Reformation Without Tarrying for Any, publié en cachette en 1583. Ce manifeste servira de base aux assemblées congrégationaliste. Browne ne pourra rentrer en Angleterre qu'en 1584.

Les idées de Browne se propagent en Angleterre. Elles sont reprises par Henry Barrow et John Greenwood, qui publient en 1588 The True Church and False Church, contre l'Église anglicane qui fonctionne de manière pyramidale. L'ouvrage est secrètement publié en Angleterre alors que Barrow et Greenwood sont en prison. Ils sont exécutés en 1593.

La répression anglicane et monarchique empêche à la fin du XVIe siècle le développement du congrégationalisme en Angleterre. Aux Pays-Bas, par contre cette forme de gouvernance se développe. Francis Johnson et de Henry Ainsworth, deux anglais, s'exilent alors aux Pays-Bas, et y publient A Confession of Faith of The People Called Brownists, en 1596.

Le pasteur anglais John Robinson (1576-1626) exilé à Leyde, développera cette forme de gouvernance en Amérique du Nord. Une partie des membres de la congrégation de Leyde s'embarque en 1620 à bord du Mayflower, à destination de l'Amérique du Nord, où elle fonde la colonie de New Plymouth.

En 1628, d'autres congrégationalistes, avec à leur tête, John Winthrop, quittent l'Angleterre pour fonder la colonie du Massachusetts.

Le congrégationalisme[modifier | modifier le code]

Le congrégationalisme donne l'autorité à l'assemblée entière. La congrégation est formée de tous les membres de l'assemblée. Et les membres sont les personnes ayant librement choisis de faire partie de l'assemblée. Cette congrégation prend des décisions telles qu'élire et destituer anciens et pasteur(s), elle décide et vôte le budget et tout ce qui concerne l'organisation de l'assemblée[4].

L'assemblée est indépendante des autres assemblées de sa même dénomination et indépendante des assemblées d'autres dénominations d'une même ville (région).

De plus en plus, certaines assemblées créent des contacts ou encore s’associent pour différentes activées avec d'autres assemblées. Elles mettent parfois en commun certaines ressources et encouragent le partage fraternel entre les membres de différentes assemblées d'une même ville (région).

Le congrégationalisme, forme de gouvernance ecclésiale[modifier | modifier le code]

Au sein de la chrétienté, le congrégationalisme (Luthérien) se distingue des systèmes de gouvernance épiscopale (Pyramidal) et régime presbytérien synodal (Calviniste). Dans le système épiscopal, une église locale est sujette à l’autorité d’une hiérarchie d’évêques, de pasteurs ou d'anciens, dans le système presbytéro synodal l’église locale délègue à un synode des représentants ; ce synode peut exercer de l’autorité sur des églises locales.

Les fondements bibliques du congrégationalisme[modifier | modifier le code]

Le congrégationalisme se fonde sur les passages de la Bible suivants : Mt 18.15-20 ; Ac 6.3 ; 13,2-3 ; 15,22 ; 1 Co 5,2 ; 2 Co 2,6 [5] ; Ga 1 ; 1 Th 5,21

Dans l’Évangile de Matthieu Jésus donne le pouvoir de lier et de délier à chacun (Mt 18,18), (lier et délier voulant dire, faire et défaire des lois, bien que dans ce contexte de pardon, cela pourrait dire pardonner ou ne pas pardonner. Demander à Dieu de pardonner ou de ne pas pardonner) puis Jésus indique que si deux personnes s'accordent pour demander une même chose, elle leur sera donnée (Mt 18,19) et termine par dire qu'il est au milieu de 2 ou 3 personnes assemblées en Son Nom. (Mt 18,20) Dans le même passage, peu avant, Jésus indique comment se reprendre entre frères, premièrement seul à seul, puis avec des témoins, puis le dire à l'Église entière. (Mt 18,17) Dans ces passages, Jésus défini donc ce qu'est l'Église et lui donne toute autorité.

Nous trouvons plusieurs exemples dans les Actes des Apôtres ou l'assemblée entière a choisi ses responsables. (Actes 14:23 dans les versions de la Bible La Colombe, Semeur, Martin, Segond 1910 ) (Ac 6,3 ; 13,2-3 ; 15,22). Paul dans sa lettre aux Corinthiens ordonne à l'assemblée entière d’exercer la discipline et de pardonner. (1 Co 5,2 & 2 Cor 2,6). Dans sa première lettre aux Thessaloniciens, l’Apôtre Paul demande à l'assemblée entière de vérifier, approuver, ou désapprouver ce qui se dit dans l'assemblée. L'unique description d'un rassemblement de tout le nouveau testament dit la même chose (1Cor 14,29). De même dans Galates 1 Paul demande à toute l’église de réfuter tout enseignement contraire à l’évangile.

Églises congrégationalistes en Europe francophone[modifier | modifier le code]

En France, Belgique et Suisse les églises qui pratiquent le congrégationalisme sont le plus souvent des Églises protestantes évangéliques, de frères ou encore baptiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C.O. OWEN & R.S. NORMAN (Éditeurs), Perspectives on Church Government – Five views on Church polity, Broadman and Holman, Nashville, 2004, p. 172.
  2. M. LUTHER, Œuvres, tome IV, Qu’une assemblée ou communauté chrétienne a le droit et le pouvoir de juger toutes les doctrines, d’appeler, d’installer et de destituer des prédicateurs. , Labor et Fides, Genève, 1958, p. 84.
  3. C.O. OWEN & R.S. NORMAN (Éditeurs), Perspectives on Church Government – Five views on Church polity, Broadman and Holman, Nashville, 2004, p. 174.
  4. C.O. OWEN & R.S. NORMAN (Éditeurs), Perspectives on Church Government – Five views on Church polity, Broadman and Holman, Nashville, 2004, p. 157.
  5. C.O. OWEN & R.S. NORMAN (Éditeurs), Perspectives on Church Government – Five views on Church polity, Broadman and Holman, Nashville, 2004, cf. p. 159-169.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Premiers auteurs congrégationalistes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry Barrow, The Writings of Henry Barrow, G. Allen and Unwin Ltd., 1966. The True Church and False Church (1588), avec John Greenwood, in The Writings of John Greenwood, Together with the Joint Writings of Henry Barrow and John Greenwood, 1587-1590, éd. de Leland H. Carson, G. Allen and Unwin Ltd., 1962.
  • Robert Browne et Robert Harrisson, The Writings of Robert Harrison and Robert Browne, éd. de A. Peel et L. Carson, Londres, 1953.
  • Champlin Burrage, The Early English Dissenters, 2 vols., Cambridge University Press, 1912.
  • Jean Delumeau, Thierry Wanegffelen, Bernard Cottret, Naissance et affirmation de la Réforme, PUF, rééd. 2012 (1re éd. 1973).
  • H. M. Dexter, Congregationalism of the Last Three Hundred Years, as seen in its litterature, Londres, Hodder et Stoughton, 1880.

Articles connexes[modifier | modifier le code]