Anote Tong

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Anote Tong
Anote Tong, en 2011.
Anote Tong, en 2011.
Fonctions
5e président de la République des Kiribati
En fonction depuis le 10 juillet 2003
(11 ans, 3 mois et 13 jours)
Réélection 17 octobre 2007
13 janvier 2012
Vice-président Teima Onorio
Prédécesseur Teburoro Tito
Biographie
Nom de naissance Anote Tong
(en chinois : 湯安諾, Tāng Ānnuò)
Date de naissance 11 juin 1952 (62 ans)
Lieu de naissance île Fanning
(îles de la Ligne)
Nationalité gilbertine
Parti politique Boutokaan te koaua
(Piliers de la vérité)
Conjoint Meme Tong

Anote Tong
Présidents de la République des Kiribati

Anote Tong (né en 1952 sur l'île Fanning) est un homme politique gilbertin, d'origine chinoise par son père installé aux Kiribati après la Seconde Guerre mondiale.

Tong est président de la République des Kiribati depuis le 10 juillet 2003. Il a été réélu le 17 octobre 2007 pour un 2e mandat avec 64 % des voix (mais ces élections ont connu une faible participation, à peine supérieure à 50 %, en raison du mot d'ordre de l'opposition qui s'estimait mal représentée par les quatre candidats retenus en son sein selon la méthode Borda par l'Assemblée, Maneaba ni Maungatabu). Il fut réélu pour un troisième et dernier mandat le 13 janvier 2012, obtenant 42,18 % des voix[1],[2].

Il est conjointement ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration[3].

À l'étranger, il est surtout connu pour ses efforts en vue d'accroître « la conscience du monde au sujet de la menace posée par le changement climatique »[4].

Éducation[modifier | modifier le code]

Il obtient une licence en Sciences à l'Université de Canterbury en Nouvelle-Zélande, puis un master en Économie à la London School of Economics[3],[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Anote Tong est membre du parti Boutokaan te koaua (« les Piliers de la vérité »)[3].

Il fait son entrée au Parlement national (Maneaba ni Maungatabu) en 1994. Il est alors nommé ministre du Développement des Ressources naturelles par le Président Teburoro Tito. Il occupe ce poste jusqu'en 1996[3].

Il est élu une première fois président de la République, au suffrage universel, lors de l'élection présidentielle du 4 juillet 2003, avec 47,4 % des voix, avec un mandat de quatre ans. Son principal adversaire est son frère aîné le docteur Harry Tong.

Le 17 octobre 2007, il est facilement réélu pour un second mandat face à trois autres candidats (Nabuti Mwemwenikarawa, Patrick Tatireta et Timon Aneri) avec 15 664 voix sur 24 568 suffrages exprimés (64,30 %).

En octobre 2011, en préparation de l'élection présidentielle de novembre 2011, il est réélu député dans la circonscription de Maiana avec 748 voix, et ce, dès le premier tour.

Disparition du pays[modifier | modifier le code]

Tong s'est fait connaître sur la scène internationale à travers ses appels répétés au sujet de l'avenir de son pays suite au réchauffement climatique et à la montée supposée du niveau de la mer. Tong s'attend à ce que le pays devienne inhabitable d'ici les années 2050, obligeant la population d'environ 100 000 Gilbertins à émigrer[6]. Le président a ainsi pris la parole, lors de divers sommets internationaux, pour expliquer à la communauté internationale les effets du changement climatique sur son pays, et pour solliciter l'aide des pays riches[7]. L'ONU est pour les Kiribati un forum privilégié en ce domaine. Le 2 octobre 2007, la délégation gilbertine affirme devant l'Assemblée générale des Nations unies :

« Notre survie en tant que nation et en tant que peuple, avec une culture et un mode de vie qui nous sont propres, est gravement menacée par le réchauffement climatique et la montée du niveau de la mer. »[8].

« Nous avons déjà, peut-être, atteint le point de non-retour », affirme Tong en juin 2008, craignant de voir les Kiribati cesser tout simplement d'exister[9],[10],[11]. Il ajoute : « Je pense que nous devons partir. »[12]

Ainsi, le président Tong a cherché des possibilités pour reloger à terme la population entière du pays. Son objectif annoncé est que les Gilbertins « reçoivent une formation professionnelle et puissent obtenir des emplois qualifiés dans d’autres pays », afin de devenir des membres productifs de leur société d'accueil, plutôt que de simples « réfugiés environnementaux ». « La mise en œuvre de ce plan a déjà commencé, de petits groupes d’infirmiers recevant une formation en Australie, et d’autres travailleurs partant en Nouvelle-Zélande. »[13]

Plus précisément, le gouvernement Tong a signé des accords avec la Nouvelle-Zélande (Recognised Seasonal Employer scheme) et avec l'Australie (Seasonal Worker Pilot Scheme), permettant à des Gilbertins d'obtenir un emploi saisonnier dans la cueillette de fruits ou dans l'industrie horticole. À ce jour, toutefois, peu de Gilbertins ont pu profiter de ces accords. Anote Tong a également signé un accord avec l'Australie (Kiribati-Australia Nurses Initiative) permettant à environ quatre-vingt infirmiers gilbertins de recevoir une formation en Australie, afin qu'ils obtiennent à la fois une expérience du travail en Australie, et un diplôme reconnu dans ce pays. Certains retourneront aux Kiribati pour travailler dans le secteur de la santé ; d'autres demeureront en Australie, et reverseront très certainement une partie de leur salaire à leur famille restée aux Kiribati, et à leur communauté d'origine[14].

À ce jour, néanmoins, aucun pays n'a accepté d'accueillir de manière permanente un nombre important de migrants gilbertins. Le Président zambien Levy Mwanawasa avait indiqué au Président Tong qu'il y avait « beaucoup de place » pour de tels migrants dans son pays. Son décès subit en août 2008, toutefois, a semble-t-il mis un terme à cette option[15].

En 2008, le gouvernement gilbertin établit un parc naturel marin d'une surface de 390 000 km² dans les îles Phoenix, interdit à toute exploitation des ressources. Cette zone, appelée Aire protégée des îles Phoenix, fut inscrite au Patrimoine mondial par l'UNESCO. Elle inclut une diversité d'espèces marines, souvent surexploitées dans d'autres parties du monde. Tong l'a décrite comme « une contribution significative à la communauté mondiale, dans l'espoir que d'autres agissent également »[15],[16].

Se disant « extrêmement déçu » par l'aboutissement de la Conférence de Copenhague de 2009 sur le climat, Tong invita « les grands pays » à une réunion aux Kiribati en novembre 2010, afin que leurs représentants « rencontrent les victimes, les États les plus vulnérables : le nôtre, les îles Marshall et les Maldives »[15]. Cette invitation donna lieu à la Conférence sur le changement climatique de Tarawa, qui aboutit à la Déclaration d'Ambo, signée par douze États, dont l'Australie, le Brésil, la République populaire de Chine, le Japon et la Nouvelle-Zélande. En amont de la Conférence de Cancún de 2010 sur le climat, la Déclaration d'Ambo exhortait tous les pays à des engagements plus concrets en matière de lutte contre les causes et les effets du changement climatique[17],[18],[19].

En septembre 2011, Tong accueillit le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, aux Kiribati. Deux semaines plus tard, Ban relaya les inquiétudes des Gilbertins dans son discours d'ouverture au débat de la 66e session de l'Assemblée générale des Nations unies : « Des villageois [aux Kiribati] m’ont dit combien ils craignent les changements climatiques. La mer, dont le niveau monte, inonde leurs maisons. Un jour, ils seront peut-être purement et simplement emportés par les eaux. Une petite fille, prenant son courage à deux mains, m’a demandé : "Qu’allons-nous devenir ? Qu’est-ce que l’ONU peut faire pour nous ?" Aujourd’hui, je vous pose sa question, à vous qui dirigez le monde »[20].

En février 2012, Tong visita les Fidji pour y négocier avec le gouvernement fidjien l'achat de terres pouvant accueillir des émigrés gilbertins[21]. S'adressant aux Fidjiens sur la chaîne de télévision Fiji One, il expliqua que la migration de la population de son pays débuterait avec un nombre restreint de travailleurs qualifiés, tandis que d'autres seraient en cours d'obtention de qualifications eux aussi, afin de se rendre utiles au pays hôte. « Nous ne voulons pas que 100 000 Gilbertins arrivent aux Fidji d'un seul coup. Ils doivent pouvoir trouver des emplois, non pas comme réfugiés mais comme immigrés avec des compétences à offrir, des personnes ayant une place dans la communauté »[22],[23].

Fin 2013, un comité international incluant l'ancien premier ministre australien Malcolm Fraser et un ancien archevêque catholique de Papouasie-Nouvelle-Guinée se met en place et fait campagne pour que le Président Tong obtienne le Prix Nobel de la paix. Le comité met en avant ses efforts en vue d'une prise de conscience mondiale des conséquences du changement climatique[4].

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) climate.gov.ki, site du gouvernement des Kiribati sur le changement climatique, établi à l'initiative du Président Tong

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (gil) "Results of the 2012 Presidential Election in Kiribati", Kiribati Online Community, 13 janvier 2012
  2. (en) "Tong wins third term as Kiribati president", Radio Australia, 13 janvier 2012
  3. a, b, c et d (en) "Kiribati - Head of Government: HE Mr Anote Tong, President", Commonwealth des Nations
  4. a et b (en) "Committee to campaign for Nobel Peace Prize for Anote Tong", Radio Australia, 20 décembre 2013
  5. (en) "World Environment Day guests confirmed", communiqué de presse du gouvernemen néo-zélandais, 5 mars 2008
  6. (en) "Kiribati's President: 'Our Lives Are At Stake'", Australian Broadcasting Corporation, 2 avril 2007
  7. (en) « Pacific leaders demand urgent action to stop sea levels from rising », Radio New Zealand International, 4 décembre 2007
  8. (en) Natanaera Kirata, discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, 2 octobre 2007
  9. (en) "Leader of disappearing island nation says climate change an issue of survival, not economics", International Herald Tribune, 5 juin 2008
  10. (en) "Paradise lost: climate change forces South Sea islanders to seek sanctuary abroad", The Independent, 6 juin 2008
  11. (en) "Tiny atoll in Pacific cries out for help", The Times of India, 6 juin 2008
  12. (en) "Kiribati leader warns the world that it may already be too late"
  13. (en) "Island nation president plans for extinction", Harvard Gazette, 25 septembre 2008
  14. (en) "Small Islands States say "global community has failed to deliver" on climate", Islands Business, 3 août 2010
  15. a, b et c (en) "Interview with a Drowning President, Kiribati's Anote Tong", The Nation, 1 octobre 2010
  16. (fr) "Aire protégée des îles Phoenix", Patrimoine mondial de l'UNESCO
  17. (en) "Kiribati climate change talks end with 'Ambo Declaration'", Australian Broadcasting Corporation, 11 novembre 2010
  18. (en) "Kiribati climate change conference calls for urgent cash and action", The Guardian, 16 novembre 2010
  19. (en) Déclaration d'Ambo
  20. « Nous, les peuples », Ban Ki-moon, 21 septembre 2011
  21. (en) "Kiribati eyeing land in Fiji as sea levels rise", TVNZ, 1 mars 2012
  22. (en) "Entire nation of Kiribati to be relocated over rising sea level threat", The Telegraph, 7 mars 2012
  23. (en) "Kiribati relocation", Fiji One, 3 mars 2012