Clopas

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Les époux de sainte Anne, Joachim, Cléophas et Salomas. Vitrail de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, Morbihan, France.
Sainte Anne et les trois Marie

Dans la tradition chrétienne Clopas, frère ou demi-frère de Joseph, épouse Marie Jacobé. Avec elle, il a deux fils: Jacques le Mineur et Joset. C'est Marie Jacobé qui est présente près de la croix de Jésus dans les évangiles attribués à Marc et à Matthieu. Dans l'évangile attribué à Jean, elle est appelée « Marie femme de Clopas » (Jn 19:25), il est précisé qu'elle est la sœur de la mère de Jésus, mais les noms de ses fils ne sont pas mentionnés. Clopas est aussi le père de Siméon de Clopas qui succède à Jacques le Juste après la destruction du Temple (70) à la tête de l'église de Jérusalem, « car il était cousin germain de Jésus ».

La proximité de ces prénoms avec trois des quatre frères de Jésus: « Jacques, Joseph (ou Joset), Jude (ou Judas) et Simon » a conduit saint Jérôme à proposer au IVe siècle de faire de Clopas et de sa femme les parents de Jacques, frère de Jésus selon les évangiles synoptiques ou Jacques « le frère du Seigneur » (cf. Paul de Tarse et Hégésippe) ou « Jacques le frère de Jésus que l'on appelle Christ » selon Flavius Josèphe. Suivant la proposition de saint-Jérôme, ceux qui sont appelés les « frères de Jésus » dans les écrits chrétiens antiques sont donc des cousins, ce qui n'avait jamais été évoqué avant lui. Une proposition, probablement faite en rapport avec le dogme de la virginité perpétuelle de Marie. Comme cette proposition a été adoptée plusieurs dizaines d'années plus tard par les églises latines occidentales après le concile d'Éphèse, cette confusion entre Clopas et Cléophas est assez répandue. Les églises orientales n'ont en revanche jamais adopté cette position.

Selon un texte attribué à Hippolyte de Rome (début du IIIe siècle), le nom juif de Clopas serait Jude.

Les sources chrétiennes[modifier | modifier le code]

Le nom de Clopas est cité dans l'Évangile selon Jean :

« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas et Marie de Magdala.» (Jn 19, 25) .

D'après Hégésippe, cité par Eusèbe de Césarée, Clopas est le frère de Joseph, et donc l'oncle de Jésus (Hist. eccl. 3, 11). L'auteur indique aussi qu'il est le père de Siméon Ier de Jérusalem :

« Tous, d'une seule pensée, décidèrent que Siméon, fils de Clopas, qui est mentionné dans le livre de l'Évangile, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph »

— Eusèbe de Césarée Hist. eccl. 3, 11

Un texte attribué à Hippolyte de Rome (Hippolyte sur les douze apôtres) indique que le nom juif de Clopas aurait été Jude qui est un diminutif de Judas :

« Simon le Zélote, le fils de Clopas, qu'on appelle aussi Jude, devint évêque de Jérusalem après Jacques le Juste et il s'endormit dans la mort et fut enterré là à l'âge de 120 ans. »

Cette citation nous apprend aussi que Siméon Ier de Jérusalem aurait lui aussi été surnommé « le Zélote ». Il ne faut pas confondre le deuxième évêque de Jérusalem crucifié par les Romains dans cette ville en 107/108[1], ou 115-117[2], avec l'apôtre Simon le Zélote exécuté de l'autre côté de l'Euphrate plusieurs décennies auparavant.


Selon la Légende dorée, sainte Anne aurait épousé en second mariage Cléophas, frère de Joseph[3]. De cette union serait née Marie Jacobé. Marie Jacobé aurait épousé Alphée et aurait donné naissance à quatre fils : "Jacques le mineur, Joseph le juste, qui est le même que Barsabas, Simon et Jude".

Problèmes d'identification[modifier | modifier le code]

  • Clopas est parfois orthographié Cléopas[4]. Cléopas étant une forme masculine du nom Κλεοπατρος, Kleopâtros (Cléopâtre), Clopas pouvant être sa forme araméenne. L'existence de ces deux formes, très proche de Cléophas, le nom du père de Marie Jacobé est un élément de plus qui a pu conduire aux confusions que nous connaissons au sujet des frères et cousins de Jésus.
  • Pour soutenir sa thèse saint Jérôme a proposé de voir un autre nom du père de Jacques dans le mot Alphée qui dans les évangiles suit le nom de Jacques et Lévi-Matthieu (l'apôtre Matthieu). En effet, suivant l'usage de rédaction en vigueur à l'époque Jacques Alphée ou Lévi Alphée peuvent s’interpréter comme Jacques [fils d'] Alphée et Lévi [fils d'] Alphée. Toutefois, Alphée pourrait tout aussi bien être un titre donné à Jacques et à Lévi (Matthieu). Alphée est ainsi devenu un autre nom pour désigner Clopas, sans toutefois faire de l'apôtre Matthieu le frère de Jacques le Juste. Cette identification faite par saint-Jérôme est partie intégrante de sa thèse dans laquelle les « frères de Jésus » sont en fait des cousins et qui a été adoptée par les églises occidentales. C'est la raison pour laquelle certains auteurs identifient Clopas à Alphée. Cette identification est parfois justifiée par une proximité qui existerait entre le grec Klopas et l'araméen Halpay ou 'Alpay (cf. Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Brepols, 2002), toutefois les étymologistes estiment plutôt que Clopas vient du grec Κλεοπατρος, Kleopâtros, (Cléopâtre) qui n'a pas de rapport avec le mot aramaéen Halpay.
  • Dans son livre, The Jesus Dynasty, l'historien biblique James Tabor postule que Clopas est le second époux de Marie, mère de Jésus. Tabor explique que si Joseph est mort jeune, comme son absence dans les écrits le suggère, alors il pourrait, selon la tradition juive du lévirat, avoir épousé la veuve de son frère. Cette hypothèse n'est justifiée par aucun texte et même est contradictoire avec celui de Jn 19, 25 « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie de Clopas, et Marie de Magdala » , dans lequel la mère de Jésus et Marie de Clopas sont deux personnes différentes qui se trouvaient toutes deux près de la croix. Par ailleurs le lévirat concerne les veuves sans enfant mâle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 448.
  2. Marie-Françoise Baslez, Persécutions dans l'Antiquité: Victimes, héros, martyrs, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2007, p. 37.
  3. Jacques de Voragine, La légende dorée, GF, 1967, t.2, p. 172.
  4. Armand Puig i Tàrrech, Jesus: An Uncommon Journey : Studies on the Historical Jesus, p. 120 et la note no 28 à la même page.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]