Nazôréens

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Les nazôréens ou nazaréens (en grec ναζωραῖος, nazôraios) sont une secte décrite en premier lieu au IVe siècle par l'hérésiologue chrétien Épiphane de Salamine. Épiphane, dans son Panarion[S 1], avait distingué ces « nazôréens », qu'il considérait comme des hérétiques, du titre de « nazôréen » donné par la communauté juive à Jésus et aux premiers chrétiens[N 1].

Une partie de la recherche contemporaine estime qu'il y a une continuité entre ces nazôréens (ou nazaréens) d'Épiphane et des mouvements judéo-chrétiens plus anciens dans le christianisme. Simon Claude Mimouni, par exemple, considère ainsi que la secte est attestée de manière indirecte à partir de la seconde moitié du Ier siècle[1].

Le mouvement a la particularité d'à la fois suivre les croyances et les préceptes du judaïsme et de la loi juive tout en reconnaissant le Messie en Jésus de Nazareth qu'ils qualifient de « serviteur de Dieu », croyant en lui tant dans son humanité que dans sa divinité. Ils sont ainsi considérés comme « orthodoxes » par les hérésiologues[1], avant d'être progressivement marginalisés et suspectés d'hétérodoxie vers la seconde moitié du IVe siècle[2], puis de se fondre dans la « Grande Église » à une date indéterminée après le Ve siècle[3].

Si l'on opte pour l'hypothèse de la continuité, il s'agit d'un mouvement de chrétiens d'origine juive qui semble prendre sa source dans deux groupes chrétiens antérieurs à la destruction du Temple en 70, l'un attaché à la figure de Jacques le Juste et l'autre à celle de l'apôtre Pierre[4].

Au Ier siècle, les Actes des Apôtres et certaines épitres pauliniennes semblent ainsi les évoquer, mais il faut attendre le IVe siècle pour voir réapparaitre le nom de « nazôréens » pour qualifier ces groupes. Il en est probablement également question entre les IIe et IVe siècles chez Justin de Naplouse[S 2], Origène[S 3] et Eusèbe de Césarée[S 4], mais aucun d'eux n'utilise toutefois cette appellation, Eusèbe évoquant pour sa part des « ébionites » ou des « Hébreux »[5]. Il existe ainsi un débat dans la recherche contemporaine, certains chercheurs estimant que ces passages désignent un groupe indépendant des « nazôréens ». Ceux qui y reconnaissent les « nazôréens » pensent que l'appellation « ébionites » est un autre de leurs noms[6].

C'est Épiphane de Salamine[S 5] puis saint Jérôme[S 6] qui constituent les principales sources sur les nazôréens[7] mais, là encore, une partie de la recherche considère que le terme « nazôréens » mentionné à partir du IVe siècle sert à désigner les chrétiens de l'orthodoxie, ceux du Ier siècle de la littérature néotestamentaire constituant un autre groupe, avec plus ou moins de nuances[N 2]. En tout état de cause, on trouve des traces assez nombreuses des chrétiens d'origine judéenne en Palestine, et notamment en Galilée et dans les régions limitrophes, en tout cas jusqu'à la fin du IVe siècle, voire plus tardivement[8].

Ce sont probablement les membres de tels groupes qui sont évoqués dans la littérature juive tannaïtique de la fin du Ier siècle au nombre des « hérétiques » dont il faut se maintenir éloigné, désignés sous le nom d'ah-Notzrim, considérés comme une « aberration hérétique » au sein du judaïsme pharisien[9]. Tertullien atteste de cette désignation par les juifs[S 7] à la fin du IIe siècle[10]. La littérature musulmane médiévale évoque également des « nazôréens », « nazaréniens » ou « ébionites »[11], des chercheurs suggérant que certains de ceux-ci ont pu rejoindre les disciples de Mahomet[12].

Le Sermon de la Montagne, par Carl Heinrich Bloch, 1890.
Miniature persane représentant Jésus lors du sermon sur la montagne.
Jan Brueghel, Le Sermon sur la montagne.

Sommaire

Appellation et étymologie[modifier | modifier le code]

Via Vitæ de Joseph Chaumet. Détail : le Sermon sur la montagne.

Le mot « nazôréens » est le terme couramment utilisé dans les écrits juifs antiques – notzrim en hébreu ou nasara en araméen –, ou judéo-chrétiensnazôraios, en grec, comme dans les évangiles – pour désigner tous les chrétiens ou tous les groupes chrétiens, au moins jusqu'au IIIe siècle. Il en est de même dans la littérature arabe et musulmane ancienne[N 3], dans des textes arméniens et dans le Coran[13].

Dans le Nouveau Testament, on trouve l'appellation générique de « nazoréens » (selon l'araméen) et de « chrétiens » (selon le grec) pour désigner les premiers groupes de disciples de Jésus de Nazareth, mais aussi les noms d'« hellénistes » pour les partisans de Pierre et d'« Hébreux » pour les partisans de Jacques, dans une formulation plus tardive[14].

Pour désigner leur mouvement, les disciples de Jésus semblent d'abord avoir parlé de la « Voie du Seigneur » ou simplement « la Voie », puis se sont appelés notsrim : nazaréens. Alors que les langues occidentales ne connaissent que des traductions du grec christianos, en milieu araméophone, comme c'était le cas en Palestine au Ier siècle, les plus anciennes dénominations de Jésus furent « Galiléen », le très complexe déterminatif min et surtout notsri (nazaréen)[15].

« Galiléen », min et christianos (chrétien) sont des appellations qui viennent de l'extérieur et qui présentent une forte connotation péjorative. En dernière analyse, il semble en être de même pour l'appellation notzri, concrétisant au départ le regard de l'Autre[16] ; cette appellation pourrait ensuite avoir « été revendiquée comme dénomination propre et titre d'honneur[16] ».

L'étymologie du terme est discutée : selon certains chercheurs, il dériverait du mot hébreu nazir, désignant un type d'« ascète » ; selon d'autres, d'une racine hébraïque signifiant « observant scrupuleux ». Le terme a peut-être été lié à Nazareth afin de rappeler le lieu-dit d'origine de Jésus. Le terme a été réinterprété symboliquement au sein du premier groupe de disciples pour insister et justifier la messianité de Jésus, en s'appuyant sur le verset d'Isaïe[S 8] qui évoque un « surgeon » – netzer en hébreu – qui doit surgir « de la souche de Jessé », le père de David[17]. Les premiers disciples étaient ainsi probablement des juifs de stricte observance attendant le retour de Jésus en tant que Messie[S 9].

Voir aussi le chapitre : Histoire et analyse d'une dénomination.

Désignations académiques[modifier | modifier le code]

Dans la recherche contemporaine, les groupes chrétiens d'origine juive sont souvent repris sous l'appellation de « judéo-christianisme » ou « judéo-christianisme ancien ». Mais les spécialistes comme François Blanchetière ou Simon Claude Mimouni nuancent le champ d'application de cette appellation, bien qu'elle demeure largement reçue[18].

Ainsi – dans un débat qui reste épineux[19] – pour désigner les réalités du mouvement des disciples de Jésus en toutes ses composantes avant 135, ils préconisent l'usage du terme « nazôréen », préférant réserver le terme « judéo-chrétien » pour désigner « les courants de chrétiens d'origine juive, qui ont existé de manière très interstitielle après 135 »[19].

Les pratiques et croyances du mouvement[modifier | modifier le code]

Les nazôréens se réclament de Jésus de Nazareth (ou Jésus le « Nazôréen ») et, tout comme lui et ses disciples, continuent d'observer la Torah, et notamment la circoncision, les interdits alimentaires et le sabbat[4]. Ils reconnaissent en Jésus – qu'ils proclament « Serviteur de Dieu » – le Messie[4]. Épiphane avance qu'il ne sait pas si les nazôréens pensent que Jésus est simplement un être humain ou s'« il est né de Marie par l'opération de l'Esprit saint »[20]. Tout comme les autres chrétiens et les juifs rabbanites, les nazôréens croient en la résurrection des morts[4].

Les informations rapportées par Épiphane, notamment dans la notice 29 de son Panarion, sont essentielles pour définir ce qui différencie les nazôréens des autres mouvances chrétiennes[21].

Les pratiques[modifier | modifier le code]

De tout ce qu'Épiphane rapporte sur les nazôréens, François Blanchetière retient les éléments « permanents » suivants :

Selon Simon Claude Mimouni, Épiphane précise que la seule différence des nazôréens avec les juifs est « qu'ils ne s'accordent pas avec les juifs à cause de leur foi dans le Christ[S 15] » et la seule différence avec les chrétiens est « qu'ils ne partagent pas l'avis des chrétiens par le fait qu'ils sont encore entravés par la Loi (la Torah), la circoncision, le sabbat et le reste[S 15] »[21].

« Pour les chrétiens dont Épiphane se fait l'écho, il est évident que Jésus a dispensé l'ensemble de ses fidèles de l'observation des commandements[S 16] (les mitzvot) – ce qui est inexact au regard des textes anciens du Ier siècle[23] », comme les évangiles, les épîtres de Paul ou les Actes des Apôtres, même si Jacques le Juste avait assoupli ces règles, sans les abolir, à l'égard des seuls chrétiens d'origine « païenne », c'est-à-dire polythéistes[N 5].

Les croyances[modifier | modifier le code]

D'après Épiphane, les croyances des nazôréens sont en tout semblables à celles des juifs, si ce n'est qu'ils croient au Christ, proclamant que Jésus Christ est le serviteur de Dieu. Par ailleurs, Épiphane avance qu'il ne sait pas si les nazôréens pensent que Jésus est simplement un être humain ou s'« il est né de Marie par l'opération de l'Esprit saint »[20]. Toutefois, François Blanchetière signale que « le concept de nazaréen a manifestement connu une évolution et il paraît anachronique d’utiliser les textes d’Eusèbe ou d’Épiphane qui datent du IVe siècle pour parler des disciples de la communauté primitive[24] ».

Pour lui, les nazôréens continuent de partager avec tous les fils d'Abraham un ensemble de convictions que synthétise le shema'[25]. Au nombre de ces confessions, celle de l'unité divine, et celle de l'élection d'Israël par l'Alliance[26]. Ils ont aussi la certitude de la délivrance (geoulia) venant de Celui qui est omnipotent et miséricordieux[26]. Ils sont persuadés que l'observance rigoureuse et méticuleuse des mitzvot de la Torah sanctifie « le Nom » (de Dieu). Toutefois, cette observance est interprétée en fonction de la halakha du rabbi Jésus[26].

Ils « croient par ailleurs en la résurrection des morts, se conformant en cela aussi à la croyance générale des chrétiens comme des juifs pharisiens au Ier siècle ou les juifs rabbiniques aux siècles suivants[27] ».

Pour François Blanchetière, les disciples du « Nazôréen » se singularisent toutefois par un ensemble d'idées propres[26]. Chez les nazôréens, les grandes thématiques que l'on retrouvera dans le christianisme sont déjà en place :

Dessin figurant les tables de la Loi.
  • incarnation rédemptrice,
  • naissance virginale,
  • messianisme,
  • mort sacrificielle,
  • résurrection,

le tout justifié par une élaboration qui ne relève ni du judaïsme pré-rabbinique des Sages antérieur à 70, ni des « mystères païens[N 5] »[28].

Simon Claude Mimouni estime, pour sa part, que les nazôréens croient en la divinité de Jésus. C'est pour lui ce qui en fait un groupe distinct des ébionites[27] (voir ci-dessous).

Les nazôréens dans l'ensemble judéo-chrétien[modifier | modifier le code]

La présentation de ce qu'étaient les nazôréens, un groupe déjà mal connu, est compliquée par le fait qu'il n'y a pas de consensus pour savoir s'ils forment un seul groupe avec les ébionites. De plus, certains chercheurs estiment, dans le sillage des autorités ecclésiastiques, que les « nazaréens » dont il est question dans les évangiles et les Actes des Apôtres aux Ier et IIe siècles ne sont pas le même groupe que ceux dont parlent Épiphane de Salamine et saint Jérôme à la fin du IVe et au début du Ve siècle.

Nazôréens et ébionites[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ébionisme.

Concernant la notice d'Irénée de Lyon sur les ébionites, Blanchetière rappelle que c'est la première mention de ce nom (fin du IIe siècle) et « retient que, selon Irénée, ils :

  • reconnaissent le vrai Dieu comme créateur universel ;
  • n'utilisent que l'évangile de Matthieu ;
  • récusent Paul, parce qu'il a rejeté la loi (Torah) ;
  • commentent les prophéties avec une minutie excessive ;
  • persévèrent dans les pratiques et coutumes juives au point d'aller jusqu'à adorer Jérusalem comme étant la maison de Dieu[29]. »

Cette dernière indication fait écrire à François Blanchetière qu'Irénée semble « mal renseigné » et qu'il « commet une sérieuse bévue ». Une autre traduction possible serait : « ils prient aussi tournés vers Jérusalem, comme si c'était la maison de Dieu », pratique dont témoigne déjà le Livre de Daniel[S 17],[29] pour le judaïsme en général. Selon Marcel Simon, cette pratique, après avoir été précisée par la tradition rabbinique, demeure en usage jusqu'à notre époque[30].

Pour J. M. Magnin, il n'y a pas lieu de distinguer entre nazaréens et ébionites, ces deux désignations étant à l'origine des termes synonymes. « Les membres de la première communauté hiérosolymitaine que leurs compatriotes juifs appelaient nazaréens, avaient très bien pu se donner à eux-mêmes le nom d'ébionites » – c'est-à-dire « les pauvres »[31]. La thèse remonte à A. Gelin qui, le premier, « a proposé de voir dans "les pauvres" mentionnés dans l'Épître aux Galates de Paul de Tarse (saint-Paul)[S 18] une désignation de l'Église de Jérusalem, à savoir l'"Église des pauvres"[32],[31] ». Une autre phrase de Paul de Tarse, selon laquelle Jésus « s'est fait pauvre, de riche qu'il était »[S 19], semble indiquer que les premières communautés auraient pu pratiquer une mise en commun des biens de leurs membres. C'est un fonctionnement de ce type qui semble être décrit au début des Actes des Apôtres.

L'ouvrage d'Épiphane de Salamine, Panarion, s'appelle aussi Contre les hérésies. Il constitue la source principale de ce que l'on sait sur les nazôréens et les ébionites.

Nazôréens orthodoxes, ébionites « hérétiques » ?[modifier | modifier le code]

Pour Simon Claude Mimouni, qui estime que les nazôréens et les ébionites appartenaient à deux groupes différents, les nazôréens sont considérés comme « orthodoxes » par les hérésiologues chrétiens anciens, alors que les ébionites sont considérés comme des hétérodoxes, essentiellement parce que, pour ces derniers, Jésus est bien le Messie, mais qu'ils refusent de reconnaître la divinité du Christ[33].

Toutefois, ceux qui affirment que « nazôréens » et « ébionites » sont deux appellations du même groupe, comme J.M. Magnin[34], font remarquer qu'Épiphane avance qu'il ne sait pas si les nazôréens pensent que Jésus est simplement un être humain ou s'« il est né de Marie par l'opération de l'Esprit saint »[20]. De plus, l'alternative posée par Épiphane semble biaisée, car il est tout à fait possible de professer une naissance miraculeuse de Jésus et de ne pas reconnaître pour autant son caractère divin ; les musulmans en sont l'exemple encore vivant aujourd'hui.

Simon Claude Mimouni ne comprend pas comment toute la communauté de Jérusalem aurait pu « adopter les positions doctrinales attribuées aux ébionites », « d'autant que ces positions semblent antérieures à celles considérant le Messie comme un être à la fois humain et divin[31] ». Toutefois, l'idée de la divinité de Jésus n'apparaît clairement qu'à la fin du Ier ou au début du IIe siècle, dans les écrits dits johanniques, en particulier l'évangile selon Jean. Il n'est pas du tout évident que cette idée soit affirmée dans les autres évangiles et les autres textes judéo-chrétiens, même dans les sept lettres de Paul considérées comme authentiques.

L'embarras des Pères de l'Église à parler des nazôréens[modifier | modifier le code]

Simon Claude Mimouni estime aussi « qu'il est à peu près certain que si les nazôréens avaient pensé Jésus en d'autres termes que les chrétiens dits "orthodoxes", Épiphane l'aurait sans nul doute appris et se serait fait fort de le rapporter[20] ». D'après Mimouni toujours, « l'hérésiologue veut laisser planer un doute sur ce point afin d'éveiller le soupçon à l'égard des nazôréens. D'ailleurs, toujours en fonction de cette perspective, Épiphane parle des cérinthiens et des mérinthiens qui pensent que le Christ est simplement un homme – ce qui lui permet de laisser sous-entendre qu'il pourrait en être de même des nazôréens[20]. »

Les auteurs qui adoptent le point de vue opposé estiment que cette notice d'Épiphane indique bien que les nazôréens ne croient pas en la divinité de Jésus, et le fait que l'hérésiologue n'en parle que mélangés aux « cérinthiens » et « mérinthiens » ne reflète que son embarras. Ainsi, le doute que veut laisser planer Épiphane, l'usage de l'appellation « ébionites » et la disparition de l'appellation « nazaréen » à partir de la fin du IIe siècle peuvent s'expliquer tout autrement que ne le fait Mimouni. En effet, il était probablement extrêmement gênant d'attirer l'attention sur le fait que ce groupe, avec ses pratiques différentes, puisque ses adeptes respectaient les prescriptions de la Torah dont l'ancienneté ne pouvait pas être contestée, portait le même nom que celui donné à Jésus dans les évangiles.

Nazôréens du IVe siècle héritiers des nazôréens du Ier siècle ?[modifier | modifier le code]

J. Munck définit les nazôréens des IVe et Ve siècles comme des hérétiques aux tendances judaïsantes n'entretenant aucune filiation avec ceux du Ier siècle[35],[36]. Pour lui, comme pour R. A. Pritz, les témoignages d'Épiphane et de Jérôme permettent de conclure que « l'orthodoxie » caractèrise déjà la communauté chrétienne de Jérusalem au Ier siècle qui, à l'origine, aurait été pure de toute « hérésie ». Selon Simon Claude Mimouni, cependant, le problème ne se pose pas en ces termes[37], le concept d'hérésie n'apparaissant qu'au IIe siècle dans le christianisme, lorsque les différentes églises éprouvent le besoin de construire une orthodoxie.

Pour J. Munck et les tenants de cette position, il faut distinguer le terme « nazôréen » employé dans les écrits des Ier et IIe siècles – évangiles, Actes des Apôtres –, dans lesquels il ne serait qu'un titre ou une appellation désignant les chrétiens, des nazôréens dont parlent ultérieurement les hérésiologues chrétiens. Ils remarquent que ce titre est d'abord appliqué aux chrétiens par l'orateur juif Tertulle[38], mais qu'Agrippa II[S 20] utilise le terme « chrétiens » qui, selon les Actes des Apôtres, avait d'abord été utilisé à Antioche[S 21]. Le nom utilisé par Tertulle survit dans la dénomination rabbinique et l'hébreu moderne notzrim (נוצרים), un terme standard désignant les chrétiens, mais également dans le Coran et l'arabe moderne nasara (pluriel de nasrani : « chrétiens »). Le mot arabe nasara (نصارى) vient de la racine arabe NSR (ن ص ر). « Chrétien » serait alors le seul nom que les chrétiens auraient eux-mêmes accepté, le terme « nazaréen » utilisé par Tertulle leur semble n'avoir jamais été adopté par les chrétiens. Toutefois, cette position semble difficilement conciliable avec le fait que ce sont les évangélistes eux-mêmes qui, antérieurement à l'écriture des Actes des Apôtres, reprennent ces appellations de « nazôréen » ou « nazarénien » pour appeler Jésus, sans jamais l'appeler Jésus « de Nazareth ».

Selon Simon Claude Mimouni, J. Munck est à peu près le seul à nier toute espèce de continuité entre le judéo-christianisme du Ier siècle et celui des siècles postérieurs[N 6]. M.C. De Boer estime que la continuité entre les nazôréens d'Épiphane et de Jérôme et ceux des Actes des Apôtres est indéniablement établie, notamment à cause de leur mention dans une des versions de la Birkat ha-minim.

De plus, pour soutenir sa position, J. Munck affirme que les apôtres n'étaient pas juifs. Ce qui est difficilement soutenable à la lecture des textes chrétiens eux-mêmes[N 7]. Pour affirmer cette position, Munck fait valoir le prosélytisme du mouvement de Jésus à ses débuts[39] : puisque le judaïsme n'est pas prosélyte, affirme-t-il, cela empêcherait de considérer les apôtres comme juifs[40]. Pour la quasi-totalité des autres spécialistes, l'appartenance des nazôréens au judaïsme et leur respect des prescriptions de la Torah ne fait aucun doute.

Les nazôréens au Ier siècle[modifier | modifier le code]

La rivière du Jourdain où certains hadiths racontent que Jésus y rencontra Yahya ibn Zakariya (Jean-Baptiste fils de Zacharie)[41].

Selon le Nouveau Testament, le mouvement de Jésus naît dans la mouvance de Jean le Baptiste dans les années 30 dans la région Palestine. Le nazoréisme puise sa source en Judée dans deux groupes de disciples de Jésus présents à Jérusalem avant la destruction du Temple en 70, d'une part les « jacobiens », communauté liée à la figure de Jacques le Juste et, d'autre part, les « pétriniens », qui se réfèrent à la figure de Pierre. Les nazôréens seraient ainsi le premier groupe à avoir envisagé la messianité de Jésus[4]. La genèse du mouvement se confond avec la communauté chrétienne de Jérusalem[42].

Selon Simon Claude Mimouni, cette perspective a quelque peu été faussée par Épiphane de Salamine qui, le premier, a considéré les nazôréens comme hérétiques en les insérant dans sa liste hérésiologique[42]. Un point de vue contesté par J. Munck et R. A. Pritz[43].

Genèse du mouvement[modifier | modifier le code]

Paradoxalement, les détails du début du mouvement (années 40-60) sont mieux connus que ce que devient le mouvement après la Grande révolte (66-70) et même après 60. Ceux-ci ont en effet été conservés dans des textes faisant partie du Nouveau Testament chrétien. Il s'agit des Actes des Apôtres et des épitres de saint Paul.

Avant le déclenchement de la Grande révolte (66-70), trois événements ont marqué non seulement la qehila (communauté) de Jérusalem, mais de fait l'ensemble du mouvement chrétien :

Mis à part le déplacement d'une partie de la communauté de Jérusalem à Pella vers 68, les textes chrétiens sont muets sur l'attitude des nazôréens et de leurs dirigeants pendant la Grande révolte, mais aussi dès la fin des années 50. Ainsi, on ne sait rien non plus de leur positionnement par rapport aux événements qui ont conduit à cette révolte durant les années 60.

Le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem[modifier | modifier le code]

« Le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem, que l'on date des années 48-50, peuvent être considérés comme les deux premiers épisodes connus de la longue saga de l'opposition, qui s'est développée à l'intérieur même du mouvement des disciples de Jésus, entre deux tendances : l'une maximalisant la portée de l'observance de la Torah, avec Jacques et Pierre comme figures principales, et l'autre la valeur de la croyance au Messie, avec Paul essentiellement – les autres péripéties ont été conservées dans les lettres de Paul en Ph 3 et en 2Co 10-13[45]. »

Paul rapporte de façon assez détaillée, mais naturellement de son point de vue, ce conflit et la réunion de Jérusalem dans une lettre écrite aux communautés de Galatie, probablement la communauté d'Éphèse, dans les années 54-55[44] », alors que le « document paulinien » qui a servi à rédiger la partie relative à cet épisode dans les Actes des Apôtres daterait d'une trentaine d'années après les faits.

La réunion de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Reconstitution de la ville de Jérusalem à l'époque de Jésus. Vue de l'enceinte fortifiée dans le secteur de l'Ophel.

Le conflit d'Antioche, ne vient pas à proprement parler de divergences avec ce que l'on peut appeler la théologie de saint Paul, qui semble se développer ultérieurement, mais d'un phénomène nouveau, qui est l'apparition d'adeptes du mouvement de Jésus venant directement du paganisme et donc appelés « païens[N 5] » dans les lettres de Paul et les Actes des Apôtres. Il est facile de comprendre que l'observance de la Torah par ces chrétiens d'origine polythéiste et notamment la question de la circoncision, déjà problématique médicalement pour un adulte à l'époque, mais en plus interdite pour un non-juif dans la société romaine puisque considérée comme une mutilation, soit devenue une question épineuse.

Lors de la réunion de Jérusalem, l'observance de la Torah par les chrétiens d'origine polythéiste est examinée[44]. Selon Simon Claude Mimouni, « la question de la circoncision, notamment, est posée par des pharisiens devenus chrétiens. Elle est examinée par les apôtres et les anciens (presbytres) en présence de la communauté. Elle est résolue par Pierre qui adopte le principe suivant : Dieu ayant purifié le cœur des païens par la croyance en la messianité de Jésus, il ne faut plus leur imposer le « joug » de la Torah. Jacques accepte la proposition de Pierre[46]. »

Toutefois, Jacques est inquiété par des problèmes pratiques, qui naîtront dans les communautés[46] comportant à la fois des « adeptes de la Voie » (« juifs ») et ce que l'on pourrait appeler des « adeptes de Chrestos » d'origine polythéiste[N 5], souvent appelées « communautés mixtes » par les spécialistes.

Pour respecter l'obligatoire « pureté » exigée par l'orthopraxie juive, « il ne faut pas que les chrétiens d'origine juive aient à craindre de souillure légale lorsqu'ils fréquentent les chrétiens d'origine polythéiste[N 5]. Il propose par conséquent sa décision à l'assemblée de la communauté et enjoint de la notifier aux chrétiens d'origine païenne par lettre : il faut que ces derniers observent un minimum de préceptes en s'abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang[46]. »

Le conflit d'Antioche[modifier | modifier le code]

Dans les Actes des Apôtres[S 22], à la suite de cette réunion, une lettre écrite par les « colonnes » – c'est-à-dire Jacques, Pierre et Jean – et les anciens et de la communauté de Jérusalem est envoyée aux communautés d'Antioche, de Syrie et de Cilicie et probablement portée par ceux qu'une épitre de Paul appelle les « envoyés (apostoloi, apôtres) de Jacques »[47]. Il y est demandé aux destinataires d'observer le compromis défini par Jacques. Cette lettre contient probablement les quatre clauses que la tradition chrétienne appelle « décret apostolique »[48], et dont voici l'une des versions :

« L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d'autres charges que celles-ci, qui sont indispensables : vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes. Vous ferez bien de vous en garder. Adieu[S 23]. »

Selon Simon Claude Mimouni, ce décret « pose de nombreux problèmes d'ordre littéraire et historique[48] ». Il semble, au vu de la narration de l'incident d'Antioche contenue dans une lettre de Paul[47], que « l'observance de ces quatre clauses a pour objectif de résoudre la question de la communauté de table entre les chrétiens d'origine juive et les chrétiens d'origine païenne[48] », même s'il n'en est fait aucune mention dans le décret tel que nous le connaissons[N 8].

Les envoyés de Jacques sont Silas et Judas Barsabbas[N 9], un personnage important puisqu'il est probablement le frère de Joseph Barsabbas, du même rang que ceux du « groupe des douze » ; le tirage au sort lui a simplement préféré Matthias lorsqu'il a fallu remplacer le « traître » Judas. La tradition chrétienne a retenu le surnom de Joseph, Barnabé, formé à partir d'un jeu de mot sur son nom : bar sabbas donnant bar nabbas (Barnabé), ce qui veut dire « fils d'encouragement ».

La venue de ces « envoyés de Jacques » à Antioche, avec probablement des directives orales, provoque un bouleversement dans les habitudes des communautés chrétiennes de la ville. En effet, les judéo-chrétiens et les « pagano-chrétiens » avaient pris l'habitude de prendre les repas symbolisant l'eucharistie en commun. Ce à quoi met fin la venue de Barnabé et Silas, munis des directives de Jacques. Cela ne se passe pas sans émoi, et Paul prend même violemment à partie l'apôtre Pierre, allant jusqu'à le traiter d'hypocrite.

« Les événements d'Antioche et de Jérusalem représentent les premières traces connues d'un débat sur l'interprétation de la Torah en fonction de la reconnaissance du Messie – débat qui ne va cesser de se développer, de manière parfois très vive, durant plus d'une décennie entre Paul et ses opposants[48]. »

Le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem ont eu une incidence considérable sur les rapports entre les deux tendances principales – les jacobiens et pétriniens d'une part, et les pauliniens d'autre part –, qui donneront par la suite naissance au judéo-christianisme et au « pagano-christianisme »[49].

Par ailleurs, l'attitude tranchante et véhémente de Paul dans certaines de ses lettres à la suite de ces divers événements et de bien d'autres qui se sont produits en Asie et en Grèce a peut-être fourni à ceux qui sont demeurés insatisfaits de l'accord de 48-49 ou de 49-50, une raison de considérer ce dernier comme rompu par lui, précipitant Paul, lors de sa visite à Jérusalem en 58, dans un cycle de procès et d'emprisonnements qui vont le conduire de Jérusalem à Rome – du moins si l'on en croit Ac 21. 27-31[50].

La dernière rencontre de Jacques le Juste et de Paul à Jérusalem[modifier | modifier le code]

Dans les Actes des Apôtres[S 24], il est rapporté que, lors de son dernier séjour à Jérusalem, Paul a été accueilli très froidement par Jacques le Juste, le chef de la communauté, et les anciens. Ceux-ci lui font savoir que, selon des rumeurs, il a enseigné aux juifs de la diaspora l'« apostasie » vis-à-vis de Moïse, c'est-à-dire le refus de la circoncision de leurs enfants et l'abandon des règles alimentaires juives. Une « rumeur » confirmée par le contenu de ses épitres, telles qu'elles figurent dans le Nouveau Testament. Jacques et les anciens suggèrent à Paul un expédient qui doit montrer aux fidèles son attachement à la Loi, puis lui citent les clauses du « décret apostolique » émis pour les chrétiens d'origine païenne, que Paul n'a pas remplies[50].

Un mouvement de contestation houleux, soulevé par des juifs d'Asie, entraîne l'arrestation de Paul alors qu'il se trouve dans le Temple[S 25],[51]. « Apparemment, Jacques et les anciens ne font rien pour lui venir en aide, ni pour lui éviter son transfert à Césarée puis à Rome[51]. » Cet incident montre un certain durcissement du groupe de Jacques le Juste en matière d'observance[51], probablement lié à la crise provoquée par les zélotes, qui aboutira, en 66, « à une révolte armée des Juifs contre les Romains[51] ».

L'exécution de Jacques le Juste à Jérusalem[modifier | modifier le code]

« Jacques a été exécuté par lapidation en 62 sur ordre du grand prêtre Ananius ben Anân, frère de Joseph Caïphe, pendant la période d'anarchie qui a régné à Jérusalem après la mort du procurateur romain Festus (60-62) et avant l'arrivée de son successeur Albinus (62-64)[51]. »

S.C. Mimouni fait observer que ce n'est pas le premier chrétien d'origine juive à être exécuté à Jérusalem. Les Actes des Apôtres parlent en effet de la mort d'Étienne[S 26], mais qui ressemble plus à un lynchage par les grands prêtres. Le même livre mentionne aussi « le meurtre de Jacques, frère de Jean, par le glaive » sur l'ordre d'Hérode[S 27], probablement l'un des deux Hérode Agrippa.

L'exécution de « Jacques, frère de Jésus, appelé Christ » est mentionnée « par Flavius Josèphe[S 28], mais aussi par de nombreuses sources chrétiennes transmises par Eusèbe de Césarée[S 29] ou indépendantes de lui, notamment les Ascensions de Jacques, texte de provenance ébionite transmis dans les Reconnaissances[S 30], où Paul, désigné par l'expression "homme ennemi", joue un rôle important dans la mort de Jacques[51]. »

« Ananius, qui appartient au courant sadducéen, a sans doute pensé rendre service à Rome en supprimant Jacques, car il a dû estimer qu'il est alors sous influence des zélotes – son initiative a été mal appréciée et lui a valu d'être destitué de sa charge de grand prêtre[52] » à la demande du nouveau procurateur romain sitôt entré en fonction[52]. Pierre-Antoine Bernheim se pose la question : « Qui était donc Jacques » dans la société de Jérusalem ? En effet, pour que cette exécution provoque le renvoi du grand prêtre qui venait à peine d'être nommé, il faut que Jacques ait été un personnage considérable[53].

« L'exécution de Jacques montre l'influence du mouvement nazôréen à cette époque, et sa perception comme un danger par les autorités du Temple de Jérusalem qui sont saducéennes[52]. »

« La figure de Jacques a été diversement exploitée, aussi bien par les chrétiens d'origine juive que d'origine païenne. On la retrouve dans des écrits nazôréens et ébionites, mais aussi dans des écrits gnostiques de Nag Hammadi – ce qui montre son emploi polysémique[52]. »

La migration à Pella de la qehila de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Siméon de Clopas, deuxième « évêque »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siméon de Clopas.

Selon les sources chrétiennes et notamment les listes ecclésiastiques, un cousin germain de Jésus qui a survécu à la grande révolte juive est revenu avec d'autres membres du mouvement à Jérusalem. Au cours de la révolte juive (66-70), il aurait abandonné Jérusalem avec une partie de la communauté nazaréenne de la ville pour se réfugier à Pella (vers 68), ce qui aurait permis son retour après sa chute et la destruction du Temple (août 70)[54]. Certains critiques estiment que la plupart des membres de l'église de Jérusalem ont péri pendant la prise de la ville et que seuls ceux réfugiés à Pella ont reconstitué la communauté dont Siméon était le dirigeant[55]. La communauté judéo-chrétienne qui se reconstitue alors ne retrouve ni la prééminence, ni le prestige qui avaient été les siens avant la guerre[55].

Vers 73, Simon a été placé à la tête communauté nazaréenne de Jérusalem[54].

Localisation géographique du mouvement[modifier | modifier le code]

Il n'y a aucune raison de limiter les nazôréens à la seule communauté de Jérusalem, comme R. A. Pritz semble enclin à le faire, et ce autant pour le Ier siècle que pour les siècles suivants[56]. Selon les écrivains chrétiens des premiers siècles, vers 68, en pleine révolte juive, la totalité ou seulement une partie de la qehila de Jérusalem se serait réfugiée à Pella. Il est probable qu'après la défaite et la destruction du Temple de Jérusalem (70), une bonne partie de ceux qui avaient migré soient revenus dans la ville. Cela semble le cas pour deux dirigeants du mouvement : Siméon de Clopas, un parent de Jésus qui aurait été nommé peu après 70, « évêque » de Jérusalem, et Théboutis, autre dirigeant du mouvement nazôréen qui aurait développé des conceptions différentes de celles du premier.

Selon Épiphane de Salamine[modifier | modifier le code]

An old map superimposing historical features in relationship to the then-current walled Old City of Jerusalem with the southeast ridge labeled as, Akra or Lower City
Carte de Jérusalem de 1903. L'Ophel est situé au sud du Temple (Haram area – région de Haram – sur la carte). Il débutait au sud du mur sud du Temple de Jérusalem.

« D'après Épiphane de Salamine, les nazôréens, du moins au IVe siècle, sont présents en trois lieux : Bérée en Syrie – lieu mentionné aussi par saint Jérôme, près de Pella en Décapole et à Khochab en Basanitide. Or le même Épiphane mentionne aussi des ébionites à Pella et Kokhab – ce qui a fait dire à certains critiques qu'en associant ces lieux il semble ainsi assimiler pratiquement les nazôréens aux ébionites[56]. »

On ne dispose pas d'autres témoignages que celui d'Épiphane, toutefois deux autres documents permettent de localiser des synagogues judéo-chrétiennes à Nazareth ainsi que sur le mont Sion à Jérusalem (IVe siècle).

Le Golan[modifier | modifier le code]

Outre la synagogue du mont Sion, des recherches archéologiques ont permis d'identifier une autre synagogue judéo-chrétienne à Farj dans le Golan. Dans ce massif, indépendamment du site prestigieux de Gamala, les ruines de nombreuses implantations juives présentes au Ier siècle ont été identifiées, ainsi que dix-sept synagogues[61],[62]. De cet ensemble se dégagent les deux sites de Farj et Er-Rahmaniyye, habités semble-t-il par des nazôréens[63]. Selon toute vraisemblance, alors que données archéologiques et textes littéraires tendent à prouver une désolation de la région par les forces romaines après la chute de Gamala à l'automne 67, une nouvelle implantation de population s'est produite après 135. Probablement qu'à la suite de la destruction de Jérusalem et l'interdiction à tout juif d'y pénétrer (135), les habitants de Juda se replièrent vers le nord et s'implantèrent en Galilée et sur le Golan[64]. Ils disparaissent selon toute vraisemblance au cours du Ve siècle, victimes sans doute des mesures de rétorsion de l'orthodoxie, forte de l'appui du pouvoir impérial[64]. Une partie d'entre eux s'est probablement réfugiée en Perse sassanide, où pourtant les nazôréens et les elkasaïtes étaient aussi soumis à de fortes pressions pour se convertir au zoroastrisme[N 12].

Kaukab « au pays de Damas »[modifier | modifier le code]

Carte du Liban et de la Syrie avec Damas (CIA, 2002).

Il a été avancé l'idée que la communauté qui a rédigé le fameux Document de Damas et n'a pas résidé à Damas, mais « au pays de Damas »[65], aurait précisément vécu à Kokaba (Kaukab) près de Damas, du fait de la réminiscence messianique du toponyme en rapport avec le prophétie de Balaam[S 31], utilisée à plusieurs reprises dans les écrits de la secte du Yahad, dont une cinquantaine d'écrits ont été retrouvés dans des grottes près de Qumrân[66]. Ce serait, selon cette hypothèse, parmi ces sadocites que se serait constituée une qehila (communauté) nazôréenne dans les premières années qui suivirent la disparition du rabbi Jésus. Dans la même ligne, certains y ont localisé la « conversion » de Paul, suivant en cela Jean Daniélou. Les sources littéraires chrétiennes, en l'occurrence Jules l'Africain[S 32] et Épiphane, évoquent le site de Kokaba comme lieu d'habitation des parents de Jésus[64].

Ce Kokaba, qu'Épiphane localise « près de Karnaïm et d'Asteroth au pays de Bashân[S 33] » sur la plateau du Golan, est probablement le lieu appelé aujourd'hui Kaukab, à 18 km au sud-ouest de Damas. En effet, dans son Onomasticon[S 34], Eusèbe cite le village de Kauba près de Damas « où il y a des juifs appelés ébionites qui croient en Jésus Christ[67] ».

Bagatti relève aussi dans la région de Damas un certain nombre de villages dénommés Menim, toponyme qui pourrait renvoyer à des communautés de minim[68]. Kaukab aurait constitué aux Ier et IIe siècles une place forte des disciples de Dosithée et de Simon le Mage[67].

Richard Bauckham fait remarquer que les nazôréens se sont établis dans des lieux dont les noms possèdent des résonances messianiques : Nazareth peut faire référence à netzer[S 8] et Kokhav, qui veut dire « étoile »[N 13], évoque l'étoile de la prophétie de Balaam[S 31] et peut être rapproché du nom du chef de la seconde révolte, Shimeon bar Kokhba. Il rejoint ainsi ce qu'avait noté Jean Daniélou pour plusieurs sites s'appelant Kokhav, et où les écrivains chrétiens semblent situer la présence de nazôréens ou d'ébionites[69],[67].

François Blanchetière conclut en rappelant « dans ce contexte ce verset de l'Apocalypse de Jean à forte coloration messianique : “Je suis le rejeton (nètzer) de la race de David, l'étoile (kokhav) radieuse du matin”[S 35],[67] »

Dans l'espace perse[modifier | modifier le code]

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Lors de l'invasion de l'Empire parthe par Trajan (114-116), un homme appelé Elkasaï, faisant état d'une révélation, fonde un nouveau mouvement qui unit la communauté auquel il appartenait – probablement des nazôréens – à des « osséens »[N 14] pour fonder un mouvement que les hérésiologues chrétiens appellent elkasaïte[S 36],[70]. L'existence de ce mouvement, qui couvre une aire géographique importante, laisse à penser que des communautés nazôréennes existaient dans l'espace perse, probablement en Adiabène, au nord de l'Empire parthe et au sud de l'Arménie, à la fin du Ier et au début du IIe siècle[71].

Dans la péninsule arabe[modifier | modifier le code]

Carte montrant la région du Hedjaz (contours en rouge).

Shlomo Pines et d'autres chercheurs soutiennent que les judéo-chrétiens, nazôréens ou ébionites, ont survécu dans la péninsule arabique au-delà du XIe siècle. Ils s'appuient sur les textes de l'historien Abd al-Jabbar ibn Ahmad et les identifient à la secte que celui-ci y a rencontrée aux alentours de l'an 1000[72].

C'est ce que semble confirmer au siècle suivant, le Sefer Ha'masaot, un livre de voyages écrit par Benjamin de Tudèle (mort en 1173), un rabbin d'Espagne, qui rencontre encore ces communautés, notamment dans les villes de Tayma et Tilmas[73].

L'historien musulman du XIIe siècle, Muhammad al-Shahrastani, mentionne des juifs, vivant à proximité de Médine et Hedjaz, qui acceptent Jésus comme prophète et suivent les traditions du judaïsme, rejetant les vues chrétiennes catholiques ou orthodoxes[74].

Certains savants soutiennent que les nazôréens ont contribué à l'élaboration de la vision islamique de Jésus (Îsâ) grâce aux échanges avec les premiers musulmans[75],[76]. Ce serait ces communautés que le Coran désigne sous le nom de « nazôréens » et qui, selon Muhammad (Mahomet), le prophète de l'islam, appartiennent aux « gens du Livre », avec les juifs et les sabéens[77].

Les mandéens, nasaréens, baptistes d’Iran et d’Irak[modifier | modifier le code]

Les mandéens d'Irak se désignent sous le nom de « nasôréens » et affirment qu'ils trouvent leur origine à Jérusalem, d'où leurs lointains ancêtres se seraient enfuis. Ils pourraient être issus de la communauté qui s'est formée autour de Jean le Baptiste et de ceux qui ne se sont pas ralliés à Jésus. Ils reconnaissent Jean le baptiseur comme le seul prophète et considèrent Jésus puis Mahomet comme des usurpateurs.

La secte mandéenne a été révélée en 1652 par un missionnaire carme, qui décrivait ses membres sous le nom de « chrétiens de saint Jean »[78]. C'est une religion gnostique et baptiste. Le terme « mandéen » a un rapport avec la gnose (manda en araméen). Les mandéens sont nommés mandaiuta en mandéen – dialecte de l'araméen –, et مندائية (mandā'iyya) en arabe. D’après l’étymologie, les mandéens (mandaya) seraient les hommes de la connaissance (manda), mais ils se désignent eux-mêmes d’un autre nom, celui de nasôraya (« nasôréens »)[78].

D'après André Paul, « la secte gnostique des mandéens, dans ses Écritures rédigées dans un dialecte araméen oriental, se nommait indistinctement mandayya ou nasôrayya[79] ». Un troisième nom leur est attribué, celui de sabéens, sabiens ou صابئة (sabaya : baptistes)[N 15], qui souligne l’importance prise dans cette secte par les rites du baptême. C'est de cette troisième appellation que les auteurs musulmans se servent de préférence.

André Paul et Simon Claude Mimouni estiment que les mandéens sont membres du seul courant vraiment baptiste qui a persisté jusqu'à nos jours[80]. Tous deux mentionnent la possibilité que ce courant soit un héritier du mouvement elkasaïte[80],[81].

Ils ne semblent donc pas issus des nazôréens dont parle le présent article, qui ont reconnu Jésus comme Messie. André Paul et François Blanchetière font remarquer qu'Épiphane de Salamine parle de « nasaréens », distincts des nazôréens qui « existaient avant Jésus et n'ont pas (re)connu Jésus ». Il est difficile de dire si la différence entre « nasôréens » (nasôrayya), le nom que se donnent les mandéens, et le nom que nous connaissons depuis le grec ναζωραῖος (nazôréens) est significative.

Pour André Paul, le nom « nasôréens » (nasôrayya) fut peut-être donné aux disciples de Jean le Baptiste[79].

État des sources[modifier | modifier le code]

« Nazôréens » (ou « nazaréens ») est une désignation attestée, à partir de la seconde moitié du Ier siècle, dans différents écrits du Nouveau Testament, dans des textes de Pères de l'Église des IVe et Ve siècle[40],[82], et jusqu'au IXe siècle[11].

Le peu que nous savons sur les nazôréens (et les ébionites) provient de références critiques rédigées par les Pères de l'Église[83] qui les considéraient comme des « judaïsants » et des « hérétiques »[84]. Le Panarion d'Épiphane de Salamine suit le Syntagma d'Hippolyte de Rome (début du IIIe siècle) et le Contre les hérésies (Adversus hæreses) d'Irénée (fin du IIe siècle).

Sources directes ?[modifier | modifier le code]

Selon Simon Claude Mimouni, pour les Ier et IIe siècles, « on dispose des Actes des Apôtres qui donnent un certain nombre d'informations sur les chrétiens d'origine juive de Jérusalem, ainsi que les épîtres de Paul de Tarse qui rapporte ses démêlés avec eux ou du moins avec ceux se réclamant de Jacques le Juste[85]. »

Concernant les lettres attribuées à saint Paul, un problème se pose : on n'en considère généralement comme « authentiques » que sept ; la critique, en outre, hésite à leur conférer une totale valeur d'un point de vue documentaire, car elles semblent bien avoir été retouchées ultérieurement.

François Blanchetière rappelle les travaux de Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, qui parviennent à identifier quatre documents qui auraient permis à leur auteur – traditionnellement saint Luc – d'écrire les Actes des Apôtres. Écrivant sur les nazôréens, Blanchetière considère pour sa part comme source directe uniquement la partie tirée du « document pétrinien », appelé « document P »[86],[N 16]. Certainement d'origine palestinienne, ce « document P » pourrait émaner de « cercles fortement influencés par la culture grecque [à savoir] des juifs convertis qui étaient déjà de culture grecque » et qui utilisaient la Septante. « Pour l'auteur du "document P", Jésus est avant tout le serviteur de Dieu annoncé par un lointain disciple d'Isaïe (Isa 53) »[86].

Sources juives[modifier | modifier le code]

Les nazôréens sont aussi attestés dans la littérature juive sous le nom notzrim, notamment dans la Birkat haMinim. Ils sont aussi évoqués à plusieurs reprises dans le Talmud palestinien, pour inciter les juifs à n'avoir aucun contact avec eux.

« Il est aussi question des nazôréens (notzrim) dans plusieurs passages de la littérature rabbinique dans laquelle on ne paraît pas pouvoir distinguer entre eux et les ébionites ou elkasaïtes – pour les pharisiens et rabbanites, ils sont simplement des chrétiens d'origine juive dont la fréquentation est à éviter[87]. »

Sources chrétiennes[modifier | modifier le code]

Tertullien[40] (début du IIIe siècle) indique que « nazaréen » était la plus ancienne dénomination des disciples de Jésus[88].

Apparition des ébionites, les nazôréens disparaissent[modifier | modifier le code]

La plupart des auteurs les reconnaissent aussi dans des textes des pères de l'Église, où leur nom n'est pas mentionné explicitement, en commençant par le Dialogue avec Tryphon[S 2] de Justin de Naplouse (début du IIe siècle), puis chez Origène[S 3] et Eusèbe de Césarée[S 37],[6].

Selon Simon Claude Mimouni, « Origène[S 3] et Eusèbe de Césarée[S 37],[6] usent de la dénomination d'ébionites quand ils parlent des chrétiens d'origine juive, mais en prenant soin de distinguer entre les orthodoxes et les hétérodoxes – les premiers sont à identifier aux nazôréens[6]. »

Les nazôréens hérétiques[modifier | modifier le code]

« Il faut attendre la seconde moitié du IVe siècle pour voir réapparaître ces chrétiens d'origine juive, du moins sous le nom de "nazôréens" dans la littérature patristique[6]. »

« Eusèbe de Césarée[S 38], pour sa part, emploie parfois le terme « Hébreux » pour désigner les chrétiens d'origine juive, notamment quand il s'agit de ceux qui semblent de la tendance orthodoxe – ces derniers sont en tout points comparables aux nazôréens du Ier et des IVe et Ve siècles[6]. » Toutefois, « la plupart des informations sur les chrétiens d'origine juive de Jérusalem d'Eusèbe de Césarée, dans son Histoire ecclésiastique, proviennent des Mémoires d'Hégésippe (un auteur chrétien d'origine juive écrivant dans la seconde moitié du IIe siècle)[6]. »

Les connaissances des uns ne sont pas obligatoirement indépendantes des écrits des autres. Ainsi, pour les cinq premières notices sur les quatre-vingts hérésies qu'il recense, Épiphane reproduit exactement la liste d'Hippolyte de Rome[89],[N 17]. Bien qu'il ait fait un voyage à Jérusalem, il est tout à fait possible qu'Épiphane n'ait jamais rencontré un ébionite ou un nazôréen. Néanmoins, « la source principale sur les nazôréens est la notice 29 du Panarion d'Épiphane de Salamine ainsi qu'un passage, le paragraphe 13, de la Lettre 112 de Jérôme de Stridon[6]. »

Témoignage mazdéen[modifier | modifier le code]

Dans l'espace perse, une des quatre inscriptions de Kartir, qui exerce alors les fonctions de mōwbedan (sorte de prêtre suprême) et qui remonte au règne de Vahram II (277-293), mentionne les « nazôréens ». Elle est toutefois considérée par la plupart des critiques, comme faisant références aux elkasaïtes[90], plus nombreux que les nazôréens dans la région, à cette époque.

Histoire et analyse d'une dénomination[modifier | modifier le code]

Pour désigner leur mouvement, les disciples de Jésus semblent d'abord avoir parlé de la « Voie du Seigneur », ou simplement « la Voie ». Ce qui semble confirmer qu'ils se considéraient comme une Voie, à l'intérieur du judaïsme. Alors que les langues occidentales ne connaissent que des traductions du grec christianos (chrétien), en milieu araméophone comme c'était le cas en Palestine au Ier siècle, les plus anciennes dénominations de Jésus furent « Galiléen », le très complexe déterminatif min et surtout notzri (Nazaréen)[15].

« Galiléen », min et christianos sont des appellations qui viennent de l'extérieur et qui ont un fort contenu péjoratif. Pour l'appellation « notzri », François Blanchetière s'interroge : « S'agit-il d'un nom que les nazaréens se donnent, ou bien d'une dénomination qui leur a été imposée de l'extérieur ? ». Étudiant l'ensemble des écrits chrétiens qui abordent la question de cette dénomination[13], Blanchetière estime qu'il n'est pas aisé de répondre à la question[13], mais conclut toutefois que « notzri et christianos », éventuels « sobriquet ou marque politique, concrétisant au départ, le regard de l'Autre[16] », pourraient ensuite avoir « été revendiqués comme dénomination propre et titre d'honneur[16]. »

Épiphane nous apprend que les nazôréens ont été, pendant un temps, appelés « isséens »[22] et François Blanchetière rappelle que « dans le Coran, Jésus est appelé “Îsâ[22]. »

Attestations initiales[modifier | modifier le code]

« Le terme “nazaréen” sous sa double orthographe nazôraios/ nazarènos figure à vingt-deux reprises dans le Nouveau Testament[91]. » Contrairement à ce que l'on pense souvent, l'appellation « Jésus de Nazareth » ne figure jamais dans les évangiles, à une exception près, dans un manuscrit des Actes des Apôtres (Ac 10. 38), datant du IVe siècle. Les premiers textes où apparaît l'appellation « nazoréen » sont les évangiles et les Actes, où Jésus est appelé « le Nazôréen » (o Nazôraios) à quinze reprises – Ἰησοῦς ὁ Ναζωραῖος (Iesous o Nazoraios) : Mt 2. 23, Mt 26. 71, Lc 18. 37, Jn 18. 5-7, Jn 19. 19, Ac 2. 22, Ac 6. 14, [Ac 9. 5], Ac 22. 8, Ac 29. 6 ; Iesous Christos o Nazôraios : Ac 3. 6, Ac 4. 10 – et six fois Jésus « le Nazarénien », Ἰησοῦς ὁ Ναζαρηνός (Iesous o Nazarēnos) : Mc 1. 24, Mc 14. 67, Mc 16. 6, Lc 4. 34, Lc 14. 29 et Mc 10. 47 – avec une variation selon les manuscrits[91].

L'appellation générale « nazôréens » est aussi attestée dans les Actes des Apôtres, où saint Paul est qualifié par les autorités juives de « chef de la secte des nazôréens » (Ac 24. 5 : « Ναζωραίων »).

La sixième béatitude (Mt 5. 8) d'une bible en syriaque oriental (peshitta). « Tuvayhon l'aylên dadkên blebhon : dhenon nehzon l'alâhâ. » : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! »

L'existence des nazôréens est attestée très tôt chez les juifs par la Birkat haMinim (années 90), qui contient une malédiction à l'encontre des opposants aux idées pharisiennes et rabbanites, au nombre desquels ils sont comptés sous l'appellation de notzrim (nazôréens)[4].

Auparavant, le terme de « notzrim » était apparu à plusieurs reprises dans des textes du mouvement du Yahad – « que certains ont peut-être trop rapidement identifié aux Esséniens » –, notamment dans les hymnes retrouvées, avec d'autres manuscrits, dans des grottes à proximité de Khirbet Qumrân – cfr. Manuscrits de la mer Morte –, pour symboliser la communauté de la Nouvelle Alliance[92]. Pour André Paul, le sens du mot était « gardien » et, associé à Yahad (« unité, alliance »), pouvait se traduire par « gardien de [la nouvelle] Alliance »[93]. C'est la formulation utilisée par le christianisme, qui énonce qu'avec la venue de Jésus, une « Nouvelle Alliance » a été formée avec Dieu. On hésite toutefois à identifier le mouvement du Yahad comme un mouvement « nazôréen » existant avant Jésus. Il en est de même pour le mouvement « nasaréens » (distinct des nazôréens), dont Épiphane de Salamine indique qu'il « existait avant Jésus et n'a pas (re)connu Jésus ».

Au début du IIIe siècle, l'Africain Tertullien (de Carthage) indique que « nazaréen a constitué la plus ancienne dénomination des disciples de Jésus[S 39],[88] ». Si l'on en croit Eusèbe de Césarée qui le cite dans son Onomasticon, on retrouve la même idée chez Hippolyte de Rome[S 40],[S 41],[88][Informations douteuses]. Par la suite, les écrivains chrétiens recensant les différentes hérésies en parlent régulièrement jusqu'au Ve siècle.

Ces écrivains des premiers temps du christianisme parlent aussi d'« évangile des Nazaréens », d'« évangile des Ébionites » et d'« évangile des Hébreux », sans que l'on n'arrive à déterminer s'il s'agit d'un seul et même texte ou de deux ou trois textes différents. Certains de ces évangiles figurent sur les listes d'évangiles apocryphes ou sur la liste d'évangiles à détruire, comme celle de l'évêque Athanase d'Alexandrie, un des Pères de l'Église catholique. Cela explique probablement qu'ils aient totalement disparu aujourd'hui et ne soient connus que par quelques citations qu'en font les Pères de l'Église, souvent pour les dénigrer.

Dans le Talmud, l'appellation « nazôréen » ne figure qu'au pluriel : « notsrim ». Toutefois, dans des versions du XIVe siècle sur lesquelles la censure chrétienne n'avaient pas encore pu s'exercer totalement, le mot figure au singulier. Il est utilisé pour désigner Jésus le Nazôréen, Yeshu haNotsri. L'Église catholique a, depuis, obtenu la suppression de la quasi-totalité de ces passages.

Étymologie et signification de l'appellation « Nazôraios »[modifier | modifier le code]

Ac 15. 22-24. Extrait du Codex Laudianus datant du VIIe siècle, conservé à la Bodleian Library, écrit en colonnes parallèles en latin et en grec (Koinè).

« Nazôréen » est un substantif dont l'origine et la signification sont objets de controverses parmi les chercheurs[94]. L'étymologie du terme est discutée. Ce nom est le même que celui donné à Jésus, Ἰησοῦς ὁ Ναζωραῖος (Iesous o Nazôraios : Jésus le Nazôréen), à de nombreuses reprises dans les évangiles. Il est difficile de dire si les nazôréens sont appelés ainsi à la suite du nom donné à Jésus, le « Nazôréen », ou si, au contraire, Jésus est appelé ainsi dans les évangiles parce qu'il appartient à un groupe appelé « nazôréens ». En grec, la désignation « ὁ Ναζωραῖος » (o Nazoraios) peut s'entendre comme désignant une provenance comme dans « Λούκιος ὁ Κυρηναῖος » (Loukios o Kurenaios : Lucius le Cyrénien/ Lucius de Cyrène)[95], mais elle peut aussi s'entendre comme une appartenance à un groupe, qui serait celui des nazôréens, sujet de cet article. Associé au nom de Jésus, « nazôréen » peut aussi s'entendre comme une qualité ou un titre.

Selon certains chercheurs, il dériverait du mot hébreu nazir, désignant un « ascète » ; selon d'autres, d'une racine hébraïque signifiant « observant scrupuleux ». Le terme a peut-être été lié à Nazareth afin de rappeler le lieu d'origine de Jésus, mais ce n'est à l'époque qu'un lieu-dit, même pas un bourg. Le terme a été réinterprété symboliquement au sein du premier groupe de disciples pour insister et justifier la messianité de Jésus, en s'appuyant sur le verset d'Isaïe[S 8] qui évoque un « surgeon » (netzer en hébreu) qui doit surgir « de la souche de Jessé », le père de David[96]. Les premiers disciples étaient ainsi probablement des Juifs de stricte observance attendant le retour de Jésus en tant que Messie[S 42].

La question d'une dérivation possible ou non de nazôraios à partir de Nazaret, pour des raisons strictement linguistiques, a fait l'objet de multiples travaux modernes. Il serait fastidieux d'évoquer tous ceux que R. Pritz a regoupés dans sa bibliographie[97].

En se basant sur la Peshitta, une traduction des évangiles en syriaque par Rabbula, évêque d'Édesse (411-435), G.F. Moore rappelle pour sa part que le syriaque nasrayie ne doit rien au grec, mais dérive de l'araméen, il conclut : « Il n'existe aucun obstacle philologique à faire dériver nazôraios-nazarenos du nom de la ville de Nazareth[98]. » En effet, dans le syriaque de la Peshitta, les termes « secte des Nazaréens » et « Jésus de Nazareth » emploient tous les deux l'adjectif nasraya (ܕ ܢ ܨ ܪ ܝ ܐ), de Nasrat (ܢ ܨ ܪ ܬ), pour Nazareth[99],[100],[101]. Toutefois, ce passage par la Peshitta ne convainc pas tout le monde. Selon Jacques Giri, les linguistes admettent que « nazarenos » peut signifier « originaire de Nazareth », mais, en revanche, ils soutiennent que ce ne peut être le cas de « nazôraios », qui signifierait plutôt « appartenant à un ensemble d'hommes qualifiés de "nazôréens" »[102].

Simon Claude Mimouni conclut : « quant au lien avec la localité de Nazareth, il est difficile de trancher de manière significative, même si l'on peut penser qu'il pouvait renvoyer à la racine nsr, qui signifie « observer »[103]. » « Quoi qu'il en soit, il y a un rapport entre les nazôréens et la manière de désigner Jésus comme « nazôréen » – surtout dans l'évangile selon Jean, mais aussi dans les évangiles synoptiques[103]. » À l'exception notable toutefois de l'évangile selon Marc, où Jésus est appelé le Nazarénien, mais jamais le Nazôréen.

Nazôréens et Nazareth[modifier | modifier le code]

Une vue de Nazareth.

C'est à partir du IVe siècle que les auteurs chrétiens commencent à justifier l'appellation « nazaréen » donnée au Christ dans les évangiles à partir du nom de la ville de Nazareth. Le premier est Épiphane de Salamine qui, visiblement embarrassé par l'accusation formulée à l'encontre de saint Paul d'être « le chef de file de la secte des nazôréens » écrit, vers 374-378 :

« Tout le monde à cette époque [référence à Ac 24. 5] appelait de ce nom les chrétiens, à cause de la ville de Nazareth et parce que, à cette époque, il n'y avait pas d'autre nom en usage[S 43],[88]. »

François Blanchetière s'interroge : « S'agit-il d'un renseignement connu de notre auteur, un judéen ne l'oublions pas, ou d'une de ses déductions à partir des textes néotestamentaires, nous ne pouvons le préciser. Toutefois, on peut rappeler que les sources rabbiniques des premiers siècles de notre ère parlent, rarement il est vrai, de Yeshu ha-Notzri et plus fréquemment de notzrim[88] ! »

Aucun auteur antique ne mentionne que le nom de « nazaréen » vient de la ville Nazareth, que ce soit pour parler du mouvement nazaréen ou de l'appellation « Jésus le Nazaréen ».

La première mention en hébreu de Nazareth se trouve dans une liste gravée du IIIe siècle ou, au mieux, du IIe siècle et retrouvée à Césarée maritime[104]. La première mention littéraire de la ville de Nazareth date aussi du IIIe siècle.

Nazareth : éléments historiques[modifier | modifier le code]

Le « puits de Maryam » à Nazareth en 1917.
Article détaillé : Nazareth.

On compte une seule mention de « Jésus de Nazareth » dans les manuscrits les plus anciens du Nouveau Testament (IVe siècle), à savoir dans les Actes des Apôtres en Ac 10. 38 : Ἰησοῦν τὸν ἀπὸ Ναζαρέθ, Iesoun ton apo Nazareth. En effet, contrairement à ce l'on croit souvent, dans les évangiles et les Actes, Jésus est appelé « Jésus le Nazôréen » ou « Jésus le Nazarénien », mais pas – si l'on excepte cette unique occurrence – Jésus de Nazareth[86].

L'évangile attribué à Luc évoque Jésus prêchant dans la synagogue de Nazareth et ses auditeurs furieux le poussant vers une falaise près de la ville. Or, selon Jacques Giri, il n'y a pas de falaise près de Nazareth, et il est bien peu probable qu'il y ait eu une synagogue dans un aussi petit hameau[105]. Remarquons toutefois que, dans le même épisode tel que raconté dans les évangiles attribués à Matthieu et à Marc, le nom de la ville n'est pas mentionné : il est seulement dit que Jésus est « dans sa patrie ».

La synagogue de Gamala de l'époque de Jésus. Elle contient un mikvé.

L'Évangile selon Marc dit que Jésus vient de Nazara, sans que l'on sache si cette « Nazara » est une ville et, a fortiori, s'il s'agit de Nazareth. Des synagogues datant du temps de Jésus ont été trouvées à Gamala, Jérusalem, Hérodion, et Massada, mais pas à Nazareth. De l'époque de Jésus, on y a retrouvé des grottes que surmontaient des éléments construits[N 18],[N 19],[106]. Les grottes semblaient servir d'entrepôts ou d'étables. On ignore cependant le nom que portait alors le lieu.

Parlant des mentions de Nazareth « égrenées au fil des évangiles », François Blanchetière invite à « les aborder avec beaucoup d'acribie, particulièrement les récits relatifs à l'enfance de Jésus dont les fondements historiques sont loin d'être assurés[104]. »

Le Midrash Qolet, un écrit du VIe siècle, mentionne qu'au IIe siècle, des familles sacerdotales juives s'étaient installées dans la ville. Ce mouvement a peut-être eu lieu à cause de la destruction de Jérusalem et l'interdiction à tout juif d'y pénétrer après le défaite de la Révolte de Bar Kokhba (135) ; il a probablement contribué à la constitution d'un véritable village.

Au VIe siècle, un pèlerin anonyme de la ville de Plaisance décrit la visite qu'il a faite à la synagogue de Nazareth[N 10]. Celle-ci a clairement été identifiée par les spécialistes comme judéo-chrétienne voire comme nazaréenne[N 20]. On ne sait pas si la synagogue dont parle le pèlerin anonyme est celle qui a été retrouvée.

Nazôréens et évangile selon Jean[modifier | modifier le code]

Selon Simon Claude Mimouni, « J.L. Martyn est le premier à avoir établi que le Sitz im Leben (l'arrière plan) de l'Évangile attribué à Jean a été le conflit et le débat avec les autorités juives à propos de l'identité messianique de Jésus » – la cheville de cette argumentation étant plusieurs passages de l'évangile de Jean[S 44], qui parlent de « l'expulsion des chrétiens d'origine juive de la Synagogue par les autorités pharisiennes/ tannaïtes de la fin du Ier siècle[107],[108]. » J.L. Martyn estime que « l'évangile selon Jean est donc pour l'essentiel le produit littéraire et l'héritage de chrétiens d'origine juive, relevant ainsi de l'histoire du judéo-christianisme[108] »[109]. « M.C. De Boer, a récemment essayé d'identifier de manière plus précise les chrétiens d'origine juive qui sont aux fondements de l'élaboration de l'Évangile selon Jean en proposant notamment la thèse nazôréenne[110],[108]. »

« Le choix de cette thèse repose principalement sur le fait que dans cet évangile est mentionné un "Nazôréen" qui est Jésus lui-même, lequel est désigné trois fois de cette façon[S 45] – appellation que l'on trouve aussi deux fois dans Matthieu[S 46] et Luc[S 47], ainsi que six ou sept fois dans les Actes des Apôtres[S 48]. La dernière attestation dans l'évangile selon Jean concerne l'inscription sur la croix qui porte : "Jésus le Nazoréen, Roi des Juifs[S 49]" – la précision de « Nazôréen » est absente des récits parallèles de Marc, Matthieu et Luc[108]. »

Dans l'évangile selon Marc, qui a probablement servi de base aux évangile selon Matthieu et selon Luc, la forme nazôraios est absente, on ne trouve que la forme « nazarénien »[S 50],[108]. De plus, ce nom de « nazôréen » n'est jamais utilisé par ses disciples pour le désigner, mais c'est le nom dont font usage ceux qui décident de son arrestation et de son exécution – en bref, ce sont les principaux ennemis des chrétiens d'origine juive qui le connaissent comme « Jésus le Nazôréen »[108].

« Les arguments évoqués à l'appui de cette thèse sont :

  • les nazôréens forment la seule communauté chrétienne d'origine juive sur laquelle on ait des informations stables dans les sources les plus anciennes ;
  • les nazôréens sont également mentionnés dans le Nouveau Testament (une fois des les Actes des Apôtres en Ac 24. 5) ;
  • ils sont également mentionnés dans la littérature rabbinique (notamment la birkat ha-Minim)[111]. »

« M.C. De Boer conclut son étude par deux remarques substantielles :

  • les chrétiens qui sont à l'origine de l'Évangile selon Jean semblent avoir la même relation à la synagogue que les nazôréens – de ce fait les uns et les autres ne se considèrent pas comme "juifs", lesquels sont pour eux des ennemis ;
  • les chrétiens qui sont à l'origine de l'Évangile de Jean et les nazôréens ont été rejetés par les autorités juives non parce qu'ils ne respectent pas les observances mosaïques mais uniquement parce qu'ils affirment que Jésus est le Messie (voir Jn 9. 22 : « Ceux-ci [les juifs] étaient déjà convenus d'exclure de la synagogue quiconque confesserait que Jésus est le Messie »)[112]. »

« Les chrétiens qui sont à l'origine de l'Évangile selon Jean ne se désignent jamais eux-mêmes comme des nazôréens, mais il est possible, comme M.C. De Boer le suggère, qu'ils aient été appelés nazôréens par les juifs – ce qui ne signifie pas qu'ils aient été originaires uniquement de la communauté de Jérusalem[112]. » La première appellation de Jésus lui-même, pouvant avoir été Jésus « le Nazarénien », l'appellation Jésus « le Nazôréen » étant intervenue plus tard, sous l'influence de cette désignation externe au mouvement.

Autrement dit, l'Évangile selon Jean, contrairement à ce qui est souvent affirmé, relève du patrimoine religieux du mouvement nazôréen à la fin du Ier ou au début du IIe siècle. Cependant, après leur expulsion de la Synagogue, dans le courant du IIe siècle, certains de ces nazôréens ont fait entrer leur évangile dans les communautés chrétiennes d'origine païenne, et même parfois dans certaines mouvances gnostiques ; d'autres sont demeurés apparemment fidèles à leurs origines juives tout en se démarquant fortement des communautés d'obédience pharisiennes et tannaïtes[113].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Eusèbe, Onomasticon 138, Jérôme, De situ 14 et Épiphane, Panarion 29, 6, 5 ont tous les trois compris le titre de « nazoréen » donné à Jésus et aux premiers chrétiens en relation avec Nazareth », Xavier Levieils, Contra Christianos : La critique sociale et religieuse du christianisme des origines au concile de Nicée (45-325), Berlin, Walter De Gruyter,‎ 2007, 548 p. (ISBN 9783110934892), p. 140-141
  2. Ainsi François Blanchetière explique en 2007 : « le concept de nazaréen a manifestement connu une évolution et il paraît anachronique d’utiliser les textes d’Eusèbe ou d’Épiphane qui datent du IVe siècle pour parler des disciples de la communauté primitive » ; cf. François Blanchetière, « Reconstruire les origines chrétiennes : le courant "nazaréen" », dans Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, no 18, 2007.
  3. On retrouve ce mot en arabe sous différentes formes : natsraya ou natsara. Au Proche-Orient, on parle aujourd'hui de mashihi – messianistes.
  4. « Alors que Justin parle des "mémoires des Apôtres", Papias, vers 125 – s'il faut en croire Eusèbe qui, apparemment, le tenait en assez piètre estime pour ses vues millénaristes (Histoire ecclésiastique, 3, 39) – et Irénée (Contre les hérésies, 3, 1, 1) parlent de Matthieu ayant rédigé en araméen et pour les "Hébreux" "alors que Pierre et Paul annonçaient la bonne nouvelle (evangelium) à Rome" (cf. Irénée). », cfr. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 97.
  5. a, b, c, d et e Selon François Blanchetière, « Païen est un terme qui n'apparaît dans le sens qui lui est resté aujourd'hui qu'au IVe siècle, il est donc anachronique pour parler des origines du mouvement chrétien ; c'est de plus un terme typiquement chrétien. Il conduit en conséquence et subrepticement à adopter un point de vue christiano-centrique, à la différence du terme plus objectif et neutre polythéiste. » , cf. Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 150.
  6. Pour S. C. Mimouni, « à l'évidence, l'hypothèse de J. Munck n'est pas acceptable : une simple étude de l'appellation des chrétiens d'origine juive, les nazôréens, dans les écrits canoniques et patristiques, voir dans les attestations rabbiniques, permet de se convaincre du contraire – il en ressort, en effet, qu'il s'avère difficile de dissocier les nazôréens des IVe ‑ Ve siècle de ceux du Ier siècle, d'autant que l'appellation est clairement attestée par Tertullien au début du IIIe siècle (Contre Marcion, IV, 8). » [cfr. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, p. 127.]
  7. Selon François Blanchetière, la plupart des spécialistes, au contraire, estiment que « les premiers disciples du nazôréens furent tous juifs, de culture sémitique ou de culture hellénistique » et, d'autre part, que « l'extension du nazôréisme s'est opéré en milieu juif ». Cfr. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 92.
  8. Selon Simon Claude Mimouni, on admet en général que ce décret a été émis après la réunion de Jérusalem en l'absence de Paul qui paraît l'ignorer (1Co 8. 10) et n'en apprendre son existence que par Jacques lors de son dernier voyage à Jérusalem en 58 (Ac 21. 25). Cfr. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 135.
  9. « Nous vous avons donc envoyé Judas Barsabbas et Silas, qui vous transmettront de vive voix le même message (Nouveau Testament, Actes des Apôtres) ».
  10. a et b Plus précisément entre 560 et 570. cfr. François Blanchetière, op. cit., p. 264.
  11. Cfr. par exemple Simon Claude Mimouni ou François Blanchetière : « Cette “synagogue” n'est pas juive, mais “nazaréenne” puisque les “juifs” ne peuvent déplacer la poutre (« sur laquelle Jésus est censé s'être assis lors de son enfance »), opération que seuls les chrétiens peuvent accomplir. », Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Paris, Cerf, 2001, p. 264.
  12. Une mention des nazôréens dans l'une des quatre inscriptions de Kartir, qui exerce alors les fonctions de mōwbedan – sorte de prêtre suprême – et qui remonte au règne de Vahram II (277-293), est en général considérée comme faisant référence à la fois aux nazôréens et aux elkasaïtes.
  13. Kokhav ou kochab. Ce nom a d'ailleurs été donné à Beta Ursæ Minoris.
  14. L'appellation de ce groupe varie selon les manuscrits et son identification est incertaine : certains y voient la survivance de communautés esséniennes après la restructuration pharisienne du judaïsme après la destruction du Temple de 70 ; cf. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Albin Michel, coll. « Présence du judaïsme »,‎ 2004 (ISBN 978-2226154415), p. 254
  15. Ce terme englobe un certain nombre de croyants de religions considérées comme non idolâtriques, et pas seulement les sabéens du Yémen.
  16. « Pour reconstituer les premières décennies du proto-nazaréisme, nous aurons recours tout particulièrement à ce que Boismard et Lamouille appellent la "geste de Pierre" (Ac 1, 6-12, 25 exception faite de l'inclusion Ac 9. 1-30 qui relève de la geste de Paul) dont la source principale est un document – dit document P – vraisemblablement identique aux "mémoires de Pierre" mentionnées par Origène. » François Blanchetière, op. cit., p. 104.
  17. Partie ébionites : « Dans cette partie de son ouvrage, Épiphane suit le Syntagma d'Hippolyte en gardant un œil sur l'Adversus hæreses d'Irénée. Pour les cinq premières notices de ce groupe, il reproduit exactement la liste d'Hippolyte. » Cfr. Aline Pourkier L'Hérésiologie chez Épiphane de Salamine, p. 103.
  18. Selon Jacques Giri, les fouilles sur l'actuel site de Nazareth n'ont mis à jour « aucune trace de ville, mais seulement un habitat rural du IIe siècle peut-être du premier. » Jacques Giri, Les Nouvelles Hypothèses sur les origines du christianisme : enquête sur les recherches récentes, Karthala, p. 136.
  19. Pour Étienne Nodet de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, « ce n'est pas très clair, pour ne pas dire d'avantage. »
  20. Cfr. par exemple Simon Claude Mimouni ou François Blanchetière : « Cette "Synagogue" n'est pas juive, mais "nazaréenne" puisque les "juifs" ne peuvent déplacer la poutre (sur laquelle Jésus est censé s'être assis lors de son enfance), opération que seuls les chrétiens peuvent accomplir », Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Paris, Cerf, 2001, p. 264.

Sources antiques[modifier | modifier le code]

  1. Épiphane de Salamine, Panarion, 29, 6, 5.
  2. a et b Justin de Naplouse, Dialogue avec Tryphon, 47
  3. a, b et c Origène, Contre Celse, II, 1 et V, 61
  4. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 27, 1-6 ; IV, 5, 1-4
  5. Épiphane de Salamine, Panarion, notice 29.
  6. Saint Jérôme<, Lettre, 112, § 13.
  7. Tertullien, Contre Marcion, IV, 8 : « nos Iudaei Nazarenos appelant per eum » (« les Juifs nous appellent Nazaréniens à cause de lui ») ; cité par Aline Pourkier, L'Hérésiologie chez Épiphane de Salamine, Beauchesne, 1992, p. 416.
  8. a, b et c Is 11. 1
  9. Ac 1. 6, cité par François Blanchetière, op. cit.
  10. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 39, 16 ; Épiphane, Panarion, 29, 7, 4 ; 9, 4.
  11. Épiphane, Panarion, 29, 7, 5 ; 5, 4 ; 8.1s.
  12. Épiphane, Panarion, 29, 9, 2-3.
  13. Épiphane, Panarion, 29, 7, 3.
  14. Épiphane, Panarion, 29, 1, 2 ; 30, 18, 2 ; Justin de Naplouse, Dialogue avec Tryphon, 63, 5.
  15. a et b Épiphane, Panarion, 7, 5.
  16. Épiphane, Panarion, 8, 5.
  17. Da 6. 11.
  18. Ga 2. 10.
  19. 2Co 8. 9.
  20. Ac 26. 28
  21. Ac 11. 2
  22. Ac 15. 22-29.
  23. Ac 15. 27-29
  24. Ac 21. 17-26
  25. Ac 21. 27-36
  26. Ac 7. 55-60.
  27. Ac 12. 1-2.
  28. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XX, § 197-203.
  29. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 1, 4-5 ; [témoignage originaire de Clément d'Alexandrie ; II, 23, 4-18 [témoignage originaire d'Hégésippe]
  30. Ascensions de Jacques, Littérature pseudo-clémentine, Reconnaissances, I, 70, 1-8 ; 71, 1.
  31. a et b Nb 24. 17
  32. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, 1, 7, 14.
  33. Épiphane de Salamine, Panarion, 29, 7-8.
  34. Eusèbe de Césarée, Onomasticon, 172, 1
  35. Ap 22. 16
  36. Épiphane de Salamine, Panarion, 19, 1, 2 et 2, 2.
  37. a et b Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 27, 1-6 et IV, 5, 1-4.
  38. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, IV, 5, 1-4.
  39. Tertullien, Contre Marcion, IV, 8.
  40. Hippolyte de Rome, Canon 10 et 14.
  41. Eusèbe de Césarée, Onomasticon, 138.
  42. Actes des Apôtres (Ac 1. 6), cité par François Blanchetière, dans « Reconstruire les origines chrétiennes : le courant "nazaréen".
  43. Épiphane de Salamine, Panarion, 29, 6, 5.
  44. Jn 9. 22 et aussi Jn 12. 42 et Jn 16. 2.
  45. Jn 18. 5-7, Jn 19. 19
  46. Mt 2. 23, Mt 26. 71
  47. Lc 18. 37
  48. Ac 2. 22, Ac 3. 6, Ac 4. 10, [Ac 9. 5], Ac 22. 6, Ac 28. 9
  49. Jn 19. 19
  50. Mc 1. 24, Mc 10. 47, Mc 14. 67, Mc 16. 6

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Simon Claude Mimouni, « Le judaïsme chrétien », Religions & Histoire, no 42,‎ janvier-février 2012, p. 37-41
  2. Simon Claude Mimouni, « Les groupes chrétiens d'origine judéenne du IIe au VIe siècle », dans S.C. Mimouni et P. Maraval, Le Christianisme des origines à Constantin, Paris, PUF - Nouvelle Clio, 2007, p. 282
  3. Simon Claude Mimouni, « Les groupes chrétiens d'origine judéenne du IIe au VIe siècle », dans S.C. Mimouni et P. Maraval, Le Christianisme des origines à Constantin, Paris, PUF - Nouvelle Clio, 2007, p. 285
  4. a, b, c, d, e et f Simon Claude Mimouni, « Les groupes chrétiens d'origine judéenne du IIe au VIe siècle », dans S.C. Mimouni et P. Maraval, Le Christianisme des origines à Constantin, Paris, PUF - Nouvelle Clio, p. 279-285
  5. Simon Claude Mimouni, « Les groupes chrétiens d'origine judéenne du IIe au VIe siècle », dans S.C. Mimouni et P. Maraval, Le Christianisme des origines à Constantin, Paris, PUF - Nouvelle Clio, 2007, p. 277
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 130.
  7. Simon Claude Mimouni, « Les groupes chrétiens d'origine judéenne du IIe au VIe siècle », dans S.C. Mimouni et P. Maraval, Le Christianisme des origines à Constantin, Paris, PUF - Nouvelle Clio, 2007, p. 278.
  8. Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère. Des prêtres aux rabbins, PUF - Nouvelle Clio, 2012, p. 552.
  9. Martinus C. De Boer, « L'évangile de Jean et le christianisme Juif (Nazôréen) », dans Daniel Marguerat (dir.), Le Déchirement : juifs et chrétiens au premier siècle, Labor et Fides, 1996, p. 189 sv.
  10. Simon Claude Mimouni, Le Judéo-christianisme ancien : essais historiques, Paris, Cerf, 1998, p. 63.
  11. a et b Voir Shlomo Pinès « écrit d'Abd al-Jabbar », cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 137.
  12. François Blanchetière, « Reconstruire les origines chrétiennes : le courant "nazaréen" », dans Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, no 18, 2007.
  13. a, b et c François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 136.
  14. Simon Claude Mimouni, Le Judéo-christianisme dans tous ses états, Cerf, 2001, p. 10.
  15. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 133.
  16. a, b, c et d François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 149.
  17. François Blanchetière, « Reconstruire les origines chrétiennes : le courant "nazaréen" », dans Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, no 18, 2007, p. 43-58.
  18. cf. François Blanchetière, « Conclusion », dans Simon Claude Mimouni (dir.), Le Judéo-christianisme dans tous ses états, Cerf, 2001, p. 429-432
  19. a et b Simon Claude Mimouni, Le Judéo-christianisme dans tous ses états, Cerf, 2001, p. 11
  20. a, b, c, d et e Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 149.
  21. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 148.
  22. a, b et c François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 143-144.
  23. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 148-149.
  24. François Blanchetière, « Reconstruire les origines chrétiennes : le courant "nazaréen" », dans Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, no 18, 2007
  25. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 346.
  26. a, b, c et d François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 347.
  27. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 150.
  28. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 420.
  29. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 144-145.
  30. Cfr. Marcel Simon, 1964, 28, n. 5.
  31. a, b et c Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 163.
  32. Voir A. Gelin, Les Pauvres de Yahvé, Paris, 1953, p. 96-97 (Les Pauvres que Dieu aime, Paris, 1967, p. 90).
  33. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 161-162.
  34. Voir J.M. Magnin, « Notes sur l'ébionisme », dans Proche-Orient chrétien, no 23 (1973), p. 263-265 ; no 24 (1974), p. 225-250 ; no 25 (1975), p. 245-273 ; no 26 (1976), p. 293-318 ; no 27 (1977), p. 250-276 ; no 28 (1978), p. 240-248.
  35. J. Munck, « Jewish Christianity in Post-Apostolic Times », dans New Testament Studies, 6, 1960, p. 10-116.
  36. J. Munck, « Primitive Jewish Christianity and Later Jewish Christianity : Continuation or Rupture ? », dans Aspect du judéo-christianisme, Strasbourg, 1965, p. 77-91.
  37. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 126.
  38. Ac 24. 5
  39. Sur ce point, voir Edouard Will, Claude Orrieux, "Prosélytisme juif" ? histoire d'une erreur, Les Belles Lettres, 1992
  40. a, b et c Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 127.
  41. « Yahya ben Zakariyya », dans Encyclopædia of Islam.
  42. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 133.
  43. Voir supra, « Nazôréens du IVe siècle héritiers des nazôréens du Ier siècle ? »
  44. a, b et c Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 134.
  45. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 133-134.
  46. a, b et c Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 134-135.
  47. a et b Nouveau Testament, Épître aux Galates (Ga ).
  48. a, b, c et d Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 135
  49. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 135-136.
  50. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 136.
  51. a, b, c, d, e et f Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 137
  52. a, b, c et d Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 138.
  53. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus, Noêsis-Agnès Viénot, 1996.
  54. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 204.
  55. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 341.
  56. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 142.
  57. Simon Claude Mimouni, Le Judéo-christianisme ancien, Paris, 1998, p. 161-168.
  58. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 143.
  59. Pixner, 1990, p. 20-23 ; Limor, cité par Murphy O'Connor, 1995, 304, n. 5
  60. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 126-128.
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  62. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 121-124.
  63. Claudine Dauphin, 1984 et 1993a.
  64. a, b et c François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 122.
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  67. a, b, c et d François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 123.
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  70. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 215
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  72. (en) Shlomo Pines, The Jewish Christians Of The Early Centuries Of Christianity According to a New Source, Proceedings of the Israel Academy of Sciences and Humanities II, n° 13,‎ 1966
  73. (en) Marcus N. Adler, The Itinerary of Benjamin of Tudela : Critical Text, Translation and Commentary, Phillip Feldheim,‎ 1907, p. 70–72
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  76. (en) Hans-Joachim Schoeps, Jewish Christianity : Factional Disputes in the Early Church., Fortress Press,‎ 1969
  77. 15 occurrences de nasârâ dans le Coran, e.a. les sourates 2:62, 22:17
  78. a et b Encyclopædia Universalis, article « Mandéisme ».
  79. a et b André Paul, « Nazaréens, religion », dans Encyclopædia Universalis
  80. a et b André Paul, Les mouvements baptistes
  81. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, p. 228-229.
  82. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Mimouni125.
  83. extraits (en) en anglais
  84. A.F.J. Klijn et G.J. Reinink, Patristic Evidence for Jewish-Christian Sects, Brill, 1973 (ISBN 9004037632).
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  88. a, b, c, d et e François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 135.
  89. Aline Pourkier L'Hérésiologie chez Épiphane de Salamine, 1992, p. 103
  90. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 206
  91. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, § « La dénomination de « Nazaréen », p. 134.
  92. André Paul, « Nazaréens, religion », dans Encyclopædia Universalis.
  93. André Paul, Qumran et les Esséniens. L’éclatement d’un dogme, Cerf, 2008.
  94. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 131.
  95. D. Wallace, Greek Grammar beyond the Basics
  96. François Blanchetière, « Reconstruire les origines chrétiennes : le courant "nazaréen" », dans Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, no 18, 2007, p. 43-58
  97. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 138.
  98. G.F. Moore, « Nazareth and Nazarene », dans F.J.F. Jackson et K. Lake (dir.), The Beginnings of Christianity, 1920, Londres, vol. I, p. 426-432.
  99. Bruce Manning Metzger, The Early Versions of the New Testament, 1977, p. 86, « Peshitta Matt, and Luke… nasraya, "of Nazareth" »
  100. William Jennings, Lexicon to the Syriac New Testament, 1926, p. 143
  101. Robert Payne Smith, Compendious Syriac Dictionary, 1903, p. 349
  102. Jacques Giri, Les Nouvelles Hypothèses sur les origines du christianisme, Karthala, 2007, p. 132.
  103. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 132.
  104. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 118.
  105. Jacques Giri, Les Nouvelles Hypothèses sur les origines du christianisme : enquête sur les recherches récentes, Karthala
  106. Voir aussi Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Jésus contre Jésus.
  107. Cfr. J.L. Martyn, History and theology in the Fourth Gospel, New York, 1968.
  108. a, b, c, d, e et f Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 147.
  109. Cfr. J.L. Martyn, The Gospel of John in Christian History, New York, 1978 (recueil d'articles).
  110. Voir M.C. De Boer, cité dans Daniel Marguerat (dir.), Les Déchirements juifs et chrétiens au premier siècle, Genève, 1996, p. 184-200.
  111. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 144-146.
  112. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 146.
  113. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 146-147.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]