Frères de Jésus

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De très nombreux documents chrétiens attestent de l'appellation « frère du Seigneur » donnée à Jacques le Juste et Flavius Josèphe parle de « Jacques, frère de Jésus, appelé Christ », lorsqu'il relate son exécution. Les plus anciens témoins sont certaines lettres de Paul de Tarse qui dans les années 50 parle à ses interlocuteurs de « Jacques, le frère du Seigneur » et aussi d'autres « frères du Seigneur » au statut moins important. Les évangiles synoptiques et des textes apocryphes nous donnent leurs noms : Jacques, Joseph (parfois avec le diminutif Joset), Jude et Simon. Par la suite, de très nombreux textes les mentionnent.

Parmi eux, Jacques le Juste a joué un rôle considérable dans le mouvement créé par Jésus et l'a dirigé depuis l'ascension de ce dernier, jusqu'à ce qu'il soit exécuté à Jérusalem en 62.

Toutefois, ces frères de Jésus semblent avoir été embarrassants dans le mouvement chrétien qui s'est développé dans l'empire romain. Ainsi, ces « frères du Seigneur » vont peu à peu être oubliés en particulier dans le christianisme occidental. Ils vont ainsi perdre leur qualité de frères pour devenir des demi-frères de Jésus (par Joseph), en même temps que se développe le culte de la chasteté et de la virginité, dont la mère de Jésus devient le symbole et qui se développera dans la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie. À partir du début du Ve siècle, à la suite de la proposition de Jérôme de Stridon, ils deviendront des cousins de Jésus. Toutefois, devant l'abondance des sources, les historiens ont peu de doute sur le fait que ces « frères du Seigneur » sont des enfants de Joseph et de Marie.

Dans le christianisme oriental les frères de Jésus sont des demi-frères que Joseph a eus avec une autre femme avant d'épouser Marie. Dans le christianisme occidental, ce sont des cousins germains de Jésus, fils d'une demi-sœur de Marie appelée Marie Jacobé et d'un demi-frère de Joseph, appelé Clopas. Les protestants estiment souvent que Marie a eu, après la naissance de Jésus, des enfants avec Joseph, hypothèse qui n'altère pas la virginité de Marie à la naissance de Jésus.

« Frères » de Jésus[modifier | modifier le code]

De très nombreux documents chrétiens attestent de l'appellation « frère du Seigneur » ou « frère de Jésus » donnée à Jacques le Juste et Flavius Josèphe parle de « Jacques, frère de Jésus, appelé Christ », lorsqu'il relate son exécution[1]. Évidemment, cela pose problème puisque non seulement Jésus n'a pas de frère dans la tradition chrétienne, mais sa mère Marie est une vierge perpétuelle, ce qui peut difficilement être compatible avec le fait d'avoir eu plusieurs enfants[2]. De plus, l'affirmation de sa virginité perpétuelle — qui apparaît pour la première fois en 374 — a été faite dans des déclarations solennelles, lors de plusieurs conciles à partir du VIe siècle, ce qui lui confère une très haute autorité[2].

Dans son épître aux Galates (1, 19), saint Paul[3] appelle Jacques « le frère du Seigneur »[4]. Dans la première épître aux Corinthiens (9, 4-5), il mentionne d'autres frères du Seigneur qui ont le droit d'emmener leur femme pendant leur mission apostolique[4]. Il apparaît clairement dans la formulation de Paul qui compare ses droits avec « les autres apôtres, et les frères du Seigneur et Céphas (c'est-à-dire l'apôtre Pierre) » qu'il n'attribue le qualificatif de frère du Seigneur qu'à quelques individus spécifiques. Il ne s'agit absolument pas d'un synonyme de disciple[5]. Pierre-Antoine Bernheim fait remarquer que de plus « Paul ne qualifie jamais Pierre, Jean ou Barnabé de frère du Seigneur[5]. »

Tous les évangiles qu'ils soient canoniques ou apocryphes font aussi référence aux frères et parfois aussi aux sœurs de Jésus[5]. Les trois évangiles synoptiques donnent une liste des frères de Jésus: « Jacques, Joseph (parfois appelé du diminutif Joset[6]), Jude et Simon » dans lesquelles Jacques est toujours cité en premier. Ils mentionnent aussi à plusieurs reprises que Marie était accompagnée des frères de Jésus. Outre la liste de frères, les évangiles synoptiques mentionnent les frères (et sœurs) de Jésus à l'occasion de deux épisodes[5]. Dans chacun des deux, ses frères sont associés à Marie, la mère de Jésus[5]. Ils apparaissent aussi à deux reprises dans l'évangile attribué à Jean. Dans une des deux mentions, ils sont associés à la mère de Jésus[7].Dans les Actes des Apôtres (1, 14), Marie et les frères de Jésus sont « assidus à la prière » avec les autres disciples juste après la résurrection[7].

Hégésippe indique que « le frère du Seigneur, Jacques reçut [l'administration de] l'Église avec les apôtres »[8]. Les nombreuses listes ecclésiastiques mentionnent en général que Jacques est le frère du Seigneur[9]. Cyrille de Jérusalem dans une de ses catéchèses au Ve siècle déclare encore: « [Jésus] est apparu à Jacques son propre frère (τω εαυτου μεν αδελπηω) et le premier évêque de cette paroisse[10]. »

« Il apparaît clairement que le mot « frère » ne peut avoir le sens figuré de compagnon ou de coreligionnaire puisque, dans certains passages, les frères de Jésus sont explicitement opposés à ses disciples, c'est-à-dire à sa famille spirituelle[7]. » Les Constitutions apostoliques (VIII, 35, 1) parlent même de « frère du Christ selon la chair[9]. » « En second lieu, dans la plupart des références provenant des Évangiles et des Actes des Apôtres (8/9), les frères de Jésus sont associés avec Marie, sa mère[7]. »

« La très grande majorité des exégètes et des historiens estiment que Jacques était le fils de Joseph avec Marie[11]. »

Toutefois, dans la tradition des Églises orientales ceux qui sont appelés des frères, sont en fait des demi-frères, issus d'un premier mariage de Joseph, reprenant ainsi des traditions qui figurent dans le Protévangile de Jacques. Dans la tradition catholique, à la suite de la proposition de Jérôme de Stridon au IVe siècle, les frères de Jésus — Joset, Jude, Simon — sont des cousins germains de Jésus, fils d'une sœur de Marie appelée Marie Jacobé et marié avec Clopas. Il en est de même de « Jacques le frère du Seigneur » qui est donc identifié à Jacques le Mineur : une identification rejetée par les historiens et par les Églises orientales qui fêtent les deux personnages séparément[12].

Le protévangile de Jacques[modifier | modifier le code]

Au milieu du IIe siècle, dans le Protévangile de Jacques, apparaît toutefois pour la première fois une tradition dans laquelle Jacques et ses frères étaient issus d'un premier mariage de Joseph[13], Jésus étant né de sa mère Marie alors que celle-ci était vierge[14]. Le fait que Joseph ait eu plusieurs femmes n'est nullement impossible dans la société juive de l'époque qui pratiquait la polygamie. Joseph y est présenté comme un vieillard de façon à rendre improbable toute relation sexuelle avec sa jeune femme[14], ce qui conforte l'idée d'une naissance miraculeuse. Ce grand âge suggérait peut-être la virginité perpétuelle de Marie[14]. C'est en tout cas ainsi que vont l'interpréter certains Pères de l'Église. Cette théorie a été qualifiée d'épiphanienne, car elle a été défendue par Épiphane de Salamine. Elle devint très populaire « en raison de la valorisation croissante de la chasteté dans la piété chrétienne[14]. » Origène (IIIe siècle), un de ses plus célèbres partisans, admet que « son succès est dû davantage à des considérations idéologiques qu'à des traditions historiques solides[14]. Il écrit ainsi : « Ceux qui professent cette opinion [appelée épiphanienne par la suite] désirent préserver l'honneur de Marie pour ce qui concerne sa virginité […]. Et je pense qu'il est raisonnable, de même que Jésus donna le premier exemple de chasteté chez les hommes, Marie le fit chez les femmes »[14]. »

La grande majorité des exégètes actuels considèrent la théorie épiphanienne avec scepticisme[15]. Elle apparaît pour la première fois dans le Protévangile de Jacques « qui traduit une méconnaissance flagrante de la géographie de la Palestine et des coutumes juives[15] » et qui comme les autres récits de l'enfance de Jésus contient de nombreux éléments légendaires[15]. Elle « rend difficile à comprendre l'insistance de Luc (2, 7 et 2, 22-24) sur la primogéniture de Jésus, car si Joseph avait eu d'autres fils plus âgés, le fait que Jésus ait été le premier fils de Marie ne lui aurait donné aucune prééminence familiale en ce qui concerne l'héritage du royaume de David[15]. »

Ces deux traditions cohabitent, lorsqu'à la fin du IVe siècle Jérôme de Stridon va proposer de voir chez ceux qui sont appelés « frères de Jésus » dans les textes chrétiens, non-pas des frères, mais des cousins de Jésus.

La proposition de saint Jérôme[modifier | modifier le code]

Vers 380, un certain Helvidius publie un livre dans lequel il soutient, preuves scripturaires à l'appui, que Jacques et ses frères étaient des fils de Joseph et de Marie[14]. Pour réfuter cet avis Jérôme de Stridon lui répond quelques années plus tard[16]. Nous ne connaissons que cette réponse, le texte d'Helvidius étant perdu. Pour Jérôme, le Christ venu, d'après lui, enseigner la virginité, ne pouvait avoir été élevé que par des vierges. Il propose donc à cette occasion une nouvelle théorie qui préservait la virginité de Joseph, en faisant de Jacques et de ses frères des cousins germains de Jésus. « Pour comprendre la théorie élaborée par Jérôme, il faut se rappeler que les évangiles mentionnent de nombreux Jacques et Marie[16]. » Rien d'étonnant à cela puisqu'il s'agit de noms très répandus à l'époque en Palestine[16]. Pour ce faire, il se saisit d'une des affirmations d'Helvidius qui, visiblement embarrassé par le fait que les évangiles synoptiques ne mentionnent pas la mère de Jésus parmi les trois Marie qui se trouvaient au pied de la croix de Jésus, semblait l'identifier à la femme appelée « Marie la mère de Jacques le Mineur et de Joset »[17]. Dans sa réponse, Jérôme affirme que cette Marie n'est pas la mère de Jésus, mais une de ses demi-sœurs mariées non avec Joseph, mais avec son frère appelé Clopas[18]. En revanche, il suit Helvidius et identifie Jacques le Mineur avec « Jacques le frère du Seigneur ». Pour ce faire, il propose de voir dans le mot Alphée qui suit le nom de Jacques dans la liste des apôtres, un autre nom pour Clopas. Il semble qu'une telle proposition n'avait jamais été faite avant cet échange d'arguments. « Jacques frère du Seigneur » n'est nulle part qualifié de Petit ou de Mineur, ni dans le Nouveau Testament, ni dans les textes déclarés apocryphes, ni dans les traditions les plus anciennes[19] et pendant plusieurs siècles.

Pierre-Antoine Bernheim note toutefois que Jérôme « ne défend pas avec acharnement l'identification de Marie de Clopas avec Marie, la mère de Jacques et de Joset. L'important selon lui, est de distinguer cette Marie de la mère de Jésus[20]. » D'ailleurs, trente ans plus tard, dans sa Lettre à Hebidia, « Jérôme admettra que Marie de Clopas et la mère de Jacques et de Joset sont deux personnes différentes, bien que, écrit-il certains les identifient[20]. »

Les exégètes ultérieurs n'ont plus les mêmes doutes, c'est avec enthousiasme qu'ils adoptent son interprétation, « trop content de trouver une solution apparente[20] » au problème épineux que posait ces « frères » de Jésus[20] au regard de la croyance de la virginité perpétuelle de Marie[21]. Celle-ci était devenue fondamentale dans l'Église catholique romaine depuis 374, dans le Symbole d'Epiphane qui développe le Symbole de Nicée[2] (réaffirmée au Deuxième concile de Constantinople en 553)[21]. Des variantes sont toutefois proposées afin de tenter de résoudre certaines contradictions, sans remettre en cause la proposition qui dit que Jacques et ses frères étaient en réalité des cousins de Jésus[20]. De plus, beaucoup d'auteurs ont abandonné dans les siècles suivants l'identification entre « Jacques Alphée » et le « frère du Seigneur »[20]. Déjà fortement minoré, Jacques le Juste a alors perdu sa qualité d'apôtre, membre du groupe des douze.

Le premier chef de l'Église[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jacques le Juste.

Selon les plus anciennes sources chrétiennes, le frère de Jésus appelé Jacques le Juste a été le premier « évêque[22] » de Jérusalem[23],[24]. Cette mention figure sans réserve dans les écrits chrétiens, au moins jusqu'au IVe siècle. Cyrille de Jérusalem dans une de ses catéchèses au Ve siècle déclare encore : « [Jésus] est apparu à Jacques son propre frère et le premier évêque de cette paroisse (Catéchèse 14, 21 ; PG 32, 923 ; In 1 Co 15, 7 ; PG 33, 852)[10]. » Par la suite, Jacques est encore le premier « évêque » de Jérusalem dans les écrits du cycle sur l'invention de la sainte croix[25].

Toutefois, cette primauté de Jacques heurte la tradition catholique pour qui c'est à l'apôtre Pierre que Jésus aurait confié « l'Église ». Elle se fonde pour cela sur une interprétation de l'évangile attribué à Matthieu, dans lequel Jésus dit à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église[26] (Mt 16, 18) ». Celui-ci aurait dirigé l'Église apostolique pendant toute sa vie et l'aurait transmise à ses successeurs comme évêque de Rome[27]. C'est sur cette primauté de Pierre que se fonde la suprématie du Pape, évêque de Rome[27]. Cette tradition développée dans la partie occidentale de l'empire sera la source de conflits avec l'Orient chrétien puis, plus tard, en Occident même au point de générer plusieurs schismes[28]. Ce schéma très traditionaliste est encore défendu par certains exégètes[29].

Un autre schéma est beaucoup plus fréquemment proposé[29]. Après la mort de Jésus, Pierre, Jacques et l'apôtre Jean auraient exercé une direction collégiale sous la suprématie de Pierre, jusqu'à l'arrestation de ce dernier[30]. Après son évasion, Pierre « s'étant mis en route vers une autre destination (Ac 12, 17) »[30], Jacques l'aurait remplacé « non seulement comme chef de la communauté de Jérusalem, mais aussi comme autorité suprême du mouvement chrétien[31] »[32]. Cela n'explique pas pourquoi toutes les sources désignent Jacques comme premier « évêque » de Jérusalem. Pierre-Antoine Bernheim fait remarquer qu'une note de « la très catholique Bible de Jérusalem[33] » indique tout de même que lors du Concile de Jérusalem qui se tient en présence de Pierre, « Jacques dirige le débat, et la lettre apostolique ne fera que reprendre les termes de sa déclaration[34] ». Dans l'épître aux Galates et la relation que Paul fait de l'incident d'Antioche, « nous voyons des gens de l'entourage de Jacques imposer leurs vues à Pierre[35]. » Ces représentants de Jacques possédaient une autorité suffisante pour que Pierre et Barnabé adoptent leur position[35].

Au IIe siècle, indépendamment d'Hégésippe, Clément d'Alexandrie indique que « après l'ascension du Sauveur » Pierre, Jacques et Jean « ne se disputèrent pas pour cet honneur mais qu'ils choisirent Jacques le Juste comme premier évêque de Jérusalem[36]. » « Eusèbe écrivant plus d'un siècle après Hégésippe et Clément, considérait également que Jacques avait été le premier évêque de Jérusalem[36]. » « Plusieurs traditions provenant de mouvements chrétiens forts différents présentent Jacques comme le premier chef de l'Église de Jérusalem[37]. » Il en est de même dans toutes les listes ecclésiastiques. L'Évangile selon Thomas et celui des Hébreux font de Jacques le successeur que Jésus désigne lui-même[37].

Importance de la famille de Jésus[modifier | modifier le code]

C'est Siméon de Clopas, un cousin germain de Jésus qui succède à Jacques le Juste à la tête de la communauté de Jérusalem vers 73 et c'est, semble-t-il, un fils de Jacques, appelé Judas, mais plus connu sous le nom de Justus (le Juste) qui en est le troisième « évêque[22] »[38]. Le mouvement de Jésus était né dans la mouvance de celui d'un autre de ses cousins Jean le Baptiste. Jacques a été le premier dirigeant de l'Église dès l'année 32 si on en croit les indications chronologiques qui ont probablement été ajoutées par Jérôme de Stridon[39]. Même si la qualité d'apôtre est débattue pour ce qui concerne Jude, de même que l'identification avec Simon le Zélote comme quatrième frère de Jésus, les épîtres de Paul de Tarse témoignent que les frères de Jésus était « des personnages influents exerçant une activité missionnaire majeure[40] » et qu'ils disposaient d'un statut élevé dans le mouvement, puisque comme l'apôtre Pierre, ils avaient le droit d'emmener leur femme avec eux[4] (I Corinthiens 9,7). Les apôtres Jacques et Jean de Zébédée étaient aussi des cousins germains de Jésus, puisque leur mère, Marie Salomé, était une demi-sœur de la mère de Jésus. Un extrait d'Hégésippe cité par Eusèbe de Césarée témoigne que les petit-fils du frère de Jésus appelé Jude « dirigèrent les Églises à la fois comme martyrs et comme parents du Sauveur » à l'époque de Domitien[41] (81-96). Aussi bien Siméon de Clopas que les petits-fils de Jude sont traduits devant la justice romaine « en raison de leur ascendance davidique[41]. »

L'important rôle joué par de nombreux membres de la famille de Jésus et surtout la succession de différents frères, cousins, fils et petit-fils à des postes de direction du mouvement et à sa tête, a conduit certains critiques à parler d'une sorte de « Califat » ou de succession dynastique[42]. Une telle succession, « dans une société où le principe dynastique était si profondément implanté n'a rien de surprenant[40]. » François Blanchetière estime qu'on « pourrait comparer cette succession sur la base de l'appartenance à la parenté avec le Seigneur, à la qualité de « Davidique » dans la famille de Hillel fondant la transmission de la charge de Nassi-chef du judaïsme palestinien au sein de cette même famille jusqu'à son extinction en 425[43]. » On retrouve aussi une forme de succession quasi dynastique chez les Grands prêtres, dans les écoles pharisiennes et rabbiniques, dans les familles royales hasmonéenne et hérodienne « et même chez les rebelles zélotes avec la famille de Judas le Galiléen[40]. » Pour Pierre-Antoine Bernheim, « outre la parenté avec Jésus, l'appartenance à une lignée davidique explique la position prééminente des membres de la famille de Jésus qui jouèrent un rôle significatif dans les Églises de Palestine et des régions voisines longtemps après sa mort[41]. »

Des personnages embarrassants[modifier | modifier le code]

L'image et le prestige de Jacques le Juste et des autres frères de Jésus ont, « dans une large mesure, suivi les vicissitudes du judéo-christianisme[44]. » Dans les Homélies clémentines, Pierre reconnaît la suprématie de Jacques qu'il appelle « le seigneur et évêque de la sainte Église »[44]. Il conclut une lettre contenant ses recommandations par la phrase : « Je viens de te signaler clairement ce qui m'a paru bon : pour moi, mon seigneur, prends, comme il convient, les mesures que tu jugeras opportunes »[44]. Il proclame que tout enseignement devra être approuvé par Jacques et que « tout apôtre, docteur ou prophète » doit auparavant soumettre « exactement sa prédication à Jacques, le frère de mon Seigneur »[44]. Jacques a aussi été l'objet d'une grande vénération dans certaines communautés gnostiques[44].

« Mais pour les maîtres à penser de la Grande Église, Jacques devint une source d'embarras, une sorte d'anomalie dans l'histoire de l'Église telle qu'ils souhaitaient la reconstituer[44]. » D'abord, Jacques était appelé partout le frère du Seigneur alors que Jésus n'était plus supposé avoir eu des frères[45].

Ensuite, le rôle de Jacques dans l'Église primitive remettait en cause le schéma selon lequel c'est à Pierre que Jésus a transmis la responsabilité de l'Église et contredit aussi la primauté que la Grande église lui accorde[45]. Défendre la primauté de Jacques « ne pouvait que déplaire à l'Église de Rome[45] » qui justifiait sa prééminence sur les autres églises « par celle de Pierre, son fondateur présumé[45]. » Arnold Ehrhardt a montré que cela a eu lieu dès la deuxième partie du IIe siècle, comme en témoigne l’œuvre d'Irénée de Lyon qui écarte les traditions sur la primauté de Jacques, transmise notamment par Hégésippe[46].

En dernier lieu, Jacques et ses frères partisans du maintien de l'observance des règles de la Loi (la Torah) et de la séparation entre chrétiens d'origine juive et pagano-chrétiens, « ne pouvait guère plaire à une Église d'origine surtout païenne et détachée de la Loi[47]. »

Pour Pierre-Antoine Bernheim, « l'ingénieux Jérôme trouva une solution qui régla le « problème Jacques » pendant plus de quinze siècles[47]. » Il supposa que Jacques et ses frères n'étaient que des cousins germains de Jésus et il identifia Jacques le Juste avec Jacques le Mineur dont on ne sait à peu près rien. Il résolut ainsi non seulement le problème de Jacques, mais aussi celui de ses frères Jude et Simon le Zélote qui eux aussi devinrent des fils de Clopas, souvent appelé Alphée, faisant naître ainsi une confusion entre les différents personnages qui n'est toujours pas définitivement réglée à ce jour.

Les différentes traditions[modifier | modifier le code]

Elles sont souvent classées suivant les trois grandes positions qui existaient lorsque la position de Jérôme de Stridon est apparue, à la fin du IVe siècle. On leur donne souvent des noms en rapport avec ceux qui les défendaient à ce moment-là. Bien entendu, ces noms ne reflètent que les trois positions de l'époque, car les arguments eux sont ceux des débatteurs actuels.

Théorie helvidienne[modifier | modifier le code]

Pour les partisans de cette thèse, les frères du Seigneur sont des enfants de Joseph et Marie, tout comme Jésus. Le nom donné à cette position vient de Helvidius qui est justement celui à qui Jérôme de Stridon a répondu pour faire sa proposition. C'est le point de vue de la grande majorité des historiens.

Voir aussi le chapitre : « Frère » de Jésus.

Les défenseurs de ce point de vue font valoir le très grand nombre d'attestations antiques qui mentionnent les frères de Jésus, certaines parlant même de « frère du Christ selon la chair[9]. » Flavius Josèphe, un auteur juif qui écrit vers 93-94[48] pour un public romain, dit lui aussi que Jacques est le frère de Jésus. Les historiens ont donc peu de doute sur le fait que Jacques était bien le frère de Jésus. À l'époque antique, cette position est par exemple celle d'Hégésippe (IIe siècle), Tertullien (mort en 225) et Bonose (mort vers 400)[49]. « À partir du Ve siècle, cette conception, devenue hérétique, n'a plus guère été soutenue, jusqu'à l'apparition, il y a deux siècles, des études critiques du Nouveau Testament[49]. » C'était aussi la position des Ébionites, des chrétiens d'origine juive existant principalement en Palestine et en Orient, qui seront considérés comme hérétiques par les Pères de l'Église à partir du IIIe siècle.

Elle est souvent adoptée dans le protestantisme[50]. Pour les protestants, Marie a eu, après la naissance de Jésus, des enfants avec Joseph, hypothèse qui n'altère pas la virginité de Marie à la naissance de Jésus mais s'oppose au dogme catholique de la virginité perpétuelle de Marie.

Théorie épiphanienne[modifier | modifier le code]

Elle est ainsi nommée, car elle a, entre-autres, été défendue par Épiphane de Salamine. Elle apparaît au milieu du IIe siècle, dans le Protévangile de Jacques. Jacques et ses frères seraient issus d'un premier mariage de Joseph[13], Jésus étant né de sa mère Marie alors que celle-ci était vierge[14]. Les frères de Jésus sont donc en fait des demi-frères.

Voir aussi le chapitre : Le protévangile de Jacques.

Au IIe siècle, elle est défendue par Clément d'Alexandrie, au siècle suivant par Origène (IIIe siècle), plus pour des considérations idéologiques qu'en référence à des traditions historiques solides[14]. Au IVe siècle, c'est notamment la position d'Eusèbe de Césarée, Hilaire de Poitiers, Ambrosiaster, Grégoire de Nysse, Épiphane de Salamine, Ambroise de Milan, Jean Chrysostome, Cyrille d'Alexandrie.

C'est aujourd'hui celle des Églises orientales (les courants grec, syrien, et copte) et notamment de l'Église orthodoxe.

Ces deux traditions cohabitent, lorsqu'à la fin du IVe siècle Jérôme de Stridon va proposer de voir chez ceux qui sont appelés « frères de Jésus » dans les textes chrétiens, non-pas des frères, mais des cousins de Jésus.

Théorie hiéronymienne[modifier | modifier le code]

Son nom vient de saint Jérôme. Elle considère que les mots « frères et sœurs » doivent être pris au sens large. Pour Jérôme les « frères de Jésus » sont en fait des cousins germains de celui-ci. Il propose d'identifier les frères appelés Jacques et Joset avec les fils de la femme qui se trouve à proximité de la croix de Jésus et qui est appelée : Marie, la mère de Jacques le Mineur et de Joset dans les évangiles attribués à Marc et à Matthieu. Les frères de Jésus deviennent des fils de Marie Jacobé. Dans ce schéma, leur père est Clopas, ce qui engendrera à partir du VIe siècle, une confusion entre Simon le Zélote et le fils de Clopas appelé Siméon ou Simon, deuxième évêque de Jérusalem.

Voir aussi le chapitre : La proposition de saint Jérôme.

C'est la position de l'Église catholique.

Discussion exégétique[modifier | modifier le code]

Frères ou cousins[modifier | modifier le code]

L'Église catholique considère que ces frères étaient en réalité des cousins, le mot frère étant en fait utilisé pour parler de relations plus éloignées. Comme l'hébreu n'a pas de mot pour signifier cousin germain[51], la Bible hébraïque emploie parfois le mot frère () pour désigner un tel cousin[52]. La traduction grecque (la Septante), dans certains de ces cas, utilise adelphos (αδελφος frère)[53]. Néanmoins, ces cas sont très rares et le contexte rend toujours claire la nature précise des relations de parenté dont il est question[53]. Toutefois, les Évangiles, même s'ils ont pu parfois s'inspirer de sources en araméen, ne sont pas des traductions[53] et ont directement été écrits en grec. De plus, Paul de Tarse dont on a la certitude qu'il a écrit en grec, utilise le mot « frère » à plusieurs reprises[53], pour désigner Jacques le Juste ou d'autres « frères du Seigneur » dont il ne donne pas les noms. « Or le grec possède le mot anepsios pour signifier « cousin »[53]. » Pourquoi Paul, qui connaissait personnellement Jacques le Juste, n'aurait-il pas employé ce mot s'ils avaient été des cousins[53] ? Il en est de même pour tous les autres textes ultérieurs: les témoignages d'Hégésippe, de Clément d'Alexandrie, d'Origène, les listes épiscopales, les Constitutions apostoliques et d'autres encore. Hors des écrivains chrétiens, rappelons aussi le témoignage de Flavius Josèphe qui présente Jacques le Juste comme « le frère de Jésus que l'on appelle Christ »[53].

J. B. Lighfoot s'interroge : « Est-il à peine concevable que les cousins de quelqu'un soient couramment et même exclusivement appelés ses frères par tout le monde, et encore moins concevable qu'un cousin en particulier soit spécialement connu sous le nom de "Jacques, le frère du Seigneur"[54]. »

Les femmes près de la croix[modifier | modifier le code]

La théorie hiéronymienne attache une grande importance à l'identité des trois Marie assistant à la crucifixion[55]. Si l'Évangile attribué à Jean souligne la présence de Marie la mère de Jésus, ce n'est pas le cas des trois évangiles synoptiques écrits précédemment[55]. L'évangile attribué à Luc laisse cette question dans le flou, mais les évangiles attribués à Marc et Matthieu mentionnent : Marie la Magdaléenne, Marie la mère de Jacques (le Petit) et de Joset[55]. La troisième femme est la mère des fils de Zébédée dans Matthieu, alors que Marc indique seulement Salomé[55]. Comme d'autres sources désignent la mère des fils de Zébédée sous le nom de « Marie Salomé », la plupart des exégètes en concluent que les deux textes désignent la même femme[55], de fait elle aussi une sœur de la mère de Jésus appelée elle aussi Marie (Salomé).

Pour un certains nombres d'exégètes chrétiens, « il est difficilement concevable que Marie ait assisté à la crucifixion sans que sa présence ait été mentionnée dans Marc et Matthieu[55]. » La comparaison de la liste des femmes présentes à proximité de la croix de Jésus mentionnée dans l'évangile attribué à Jean avec celles de Marc et Matthieu, suggère que si la mère de Jésus était vraiment présente comme le dit l'évangile attribué à Jean, alors elle doit être identifiée avec « Marie mère de Jacques (le Petit) et de Joset »[55]. Ainsi dans son « Commentaire sur Marc », pour éviter que Marc et Matthieu puisse contredire l'évangile attribué à Jean, Robert Gundry défend cette identification avec la mère de Jésus qui avait elle aussi deux de ses fils appelés Jacques et Joset[55]. Il développe les raisons théologiques pour lesquelles selon lui les deux évangélistes auraient choisi cette formulation[56].

La plupart des exégètes estiment douteux que la mère de Jésus ait pu être désignée comme la mère de Jacques le Petit et de Joset[57]. Ils estiment pour la plupart que la mère de Jésus n'assistait pas à la crucifixion[57], d'autres pensent que c'est pour les besoins de leur démonstration — que nous n'arrivons pas à comprendre — que les évangélistes ne mentionnent pas la mère de Jésus. Pour Pierre-Antoine Bernheim, « ce désaccord devrait inspirer les plus grands doutes sur l'historicité des listes de femmes, et montrer combien il est téméraire, pour les partisans de la théorie hiéronymienne, de fonder leurs conclusions sur la comparaison de ces listes[57]. » Se fonder sur la comparaison de ces listes de femmes pour démontrer que Jacques et Joset mentionnés dans les listes de « frères de Jésus » sont les mêmes que ceux mentionnés dans la formule « Marie la mère de Jacques le Petit et de Joset », fait de toute façon reposer la théorie hiéronymienne sur des bases extrêmement fragiles, puisqu'il faut admettre que ces listes de femmes se contredisent d'un évangile à l'autre[57]. Pour résoudre cette question, il est donc étrange de privilégier uniquement ce passage, justement contradictoire, alors que de multiples autres sources sont disponibles, dont le caractère historique est beaucoup plus assuré, comme il en est par exemple des lettres de Paul, des listes d'évêques, ou des témoignages d'Hégésippe, Clément d'Alexandrie ou Eusèbe de Césarée. En effet pour les historiens, « le scénario évangélique est une construction des années 60, due à l'évangéliste Marc, à laquelle Matthieu, Luc et Jean apporteront chacun, dans les années 75-95, leurs variantes[58]. », ce qui rend vain et illusoire le fait de tenter reconstruire la biographie de Jésus[58].

Jacques le Petit[modifier | modifier le code]

De toute façon est-il plausible d'identifier Jacques le Petit et Joset avec les Jacques et Joset de la liste de frères de Jésus de l'évangile attribué à Marc (6, 3)[59] ? Pour Pierre-Antoine Bernheim, « la réponse est probablement négative. « Jacques le frère du Seigneur », n'est nulle part qualifié de Petit ou de Mineur, ni dans le Nouveau Testament, ni dans les traditions les plus anciennes où il est appelé Jacques le Juste[19]. » Au contraire, « pendant les deux ou trois premiers siècles de l'Église chrétienne, Jacques a joui d'une réputation considérable, quasi mythique[24]. » Il semble plus probable au contraire que l'auteur de l'évangile attribué à Marc ait utilisé ce qualificatif pour le différencier des autres Jacques et probablement de « Jacques le frère de Jésus »[19]. Il faudrait pouvoir expliquer aussi pourquoi Jacques, Joset et leurs deux frères — Jude et Simon — sont dans huit passages sur neuf des évangiles associés avec la mère de Jésus, si celle-ci n'est pas aussi leur mère[19]. Si l'on admet que ces « frères » de Jésus étaient en fait des cousins, on ne comprend pas pourquoi ces neveux étaient toujours avec leur tante, alors que leur mère est vivante puisqu'elle est présente lors de la crucifixion[19].

Le témoignage d'Hégésippe indique que Clopas, qui est probablement le père de Jacques le Mineur, était le frère de Joseph, ce qui n'a rien d'impossible[19]. Cependant le même témoignage exclut la possibilité que Clopas ait été le père de Jacques, puisqu'il indique explicitement que celui qui succède à Jacques est « le fils de son oncle, Siméon, fils de Clopas »[19]. Hégésippe écrit en effet :

« Après que Jacques le Juste eut rendu son témoignage [mourut] comme le Seigneur et pour la même doctrine, le fils de son oncle, Siméon, fils de Clopas, fut établi évêque : tous le préférèrent comme deuxième [évêque] parce qu'il était cousin du Seigneur[60]. »

« « Jacques, le frère du Seigneur », ne pouvait donc être à la fois le fils et le neveu de Clopas[54]. »

Jude, serviteur de Jésus Christ[modifier | modifier le code]

Les défenseurs de la théorie hiéronymienne font aussi valoir que l'auteur de l'Épître de Jude, traditionnellement identifié au « frère » de Jésus appelé Jude, se désigne comme « serviteur de Jésus Christ, et frère de Jacques[61] ». Ils en concluent que le « frère » de Jésus appelé Jude est un frère de Jacques, mais pas de Jésus. Toutefois, le problème d'identification qui résulte grandement de la proposition de Jérôme de Stridon atteint aussi Jude, puisqu'on ne sait pas si l'auteur de cette épître est le « frère » de Jésus ou l'apôtre appelé lui aussi Jude, voire si ces deux personnages n'en font qu'un. Indépendamment de ce problème d'identification, il est tout à fait possible qu'après l'annonce de la résurrection de Jésus ses frères ne se soient plus désignés que comme ses serviteurs pour bien marquer qu'ils ne se considéraient pas au même rang que lui, revêtu désormais du titre de Fils de Dieu.

Dans les évangiles synoptiques[modifier | modifier le code]

Les citations concernant les frères de Jésus pendant les premiers siècles de notre ère sont trop nombreuses pour être toutes citées. Celles qui suivent émanent des évangiles synoptiques :

1- Évangile selon Matthieu 12, 46-50 (Mt 12. 46-50) : « 12.46 Comme Jésus s'adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler. 12.47 Quelqu'un lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. 12.48 Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait: Qui est ma mère, et qui sont mes frères? 12.49 Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit: Voici ma mère et mes frères. 12.50 Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. »

2- Évangile selon Marc 3, 31-35: (Mc 3. 31-35) : « 3.31 Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l'envoyèrent appeler. 3.32 La foule était assise autour de lui, et on lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent. 3.33 Et il répondit: Qui est ma mère, et qui sont mes frères? 3.34 Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui: Voici, dit-il, ma mère et mes frères. 3.35 Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère. »

3- Évangile selon Luc 8, 19 (Lc 8. 19-21): « 8.19 La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent l'aborder, à cause de la foule. 8.20 On lui dit: Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir. 8.21 Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »

Jacques, Joseph, Jude, Simon[modifier | modifier le code]

Évangile attribué à Matthieu

« N'est-ce pas le fils du charpentier ? n'est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? » (Mt 13. 56).

Évangile attribué à Marc

« N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. » (Mc 6. 3).

Le Nouveau Testament mentionne donc quatre « frères » de Jésus : Jacques, Joset, ou José ou Joseph selon les manuscrits, Jude et Simon.

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

Tradition protestante[modifier | modifier le code]

 
Joachim
 
 
 
Anne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cléophas
 
 
 
 
 
 
 
 
Salomas
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie
 
 
 
 
 
Joseph
 
 
 
 
 
 
Marie Jacobé
 
Clopas
 
 
 
 
 
Marie Salomé
 
Zébédée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jésus
 
Jacques le Juste
 
Joseph Barsabas
 
Jude (apôtre)
 
Simon le Zélote
 
Jacques le Mineur
 
Joset
 
Siméon de Clopas
 
Jacques de Zébédée
 
Jean de Zébédée



  • Pour les protestants Marie est vierge au moment de la naissance de Jésus.
  • Pour la grande majorité des historiens les frères de Jésus, Jacques, Joseph, Jude et Simon sont des fils que Joseph a eus avec Marie, conformément à ce schéma.
  • Des sœurs de Jésus sont aussi mentionnées dans certains écrits chrétiens, mais on ne sait rien à leur sujet.

Tradition orthodoxe[modifier | modifier le code]

 
Joachim
 
 
 
Anne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cléophas
 
 
 
 
 
 
 
 
Salomas
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie (Vierge)
 
Joseph
 
 
 
femme inconnue
 
 
 
 
Marie Jacobé
 
Clopas
 
 
 
 
 
Marie Salomé
 
Zébédée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jésus
 
Jacques le Juste
 
Joseph Barsabas
 
Jude (apôtre)
 
Simon le Zélote
 
Jacques le Mineur
 
Joset
 
Siméon de Clopas
 
Jacques de Zébédée
 
Jean de Zébédée




  • Joseph et Clopas sont des frères ou des demi-frères, ce qui n'est pas représenté ici.

Tradition catholique[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
Joachim
 
 
 
Anne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cléophas
 
 
 
 
 
 
 
 
Salomas
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Élisabeth
 
Zacharie
 
 
Vierge Marie
 
Joseph
 
 
 
Marie Jacobé
 
Clopas
 
 
 
 
 
Marie Salomé
 
Zébédée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Jean le Baptiste
 
 
 
 
 
 


Jésus
 
Jacques le Mineur identifié à Jacques d'Alphée
 
Joseph Barsabas identifié à Joset fils de Marie de Clopas
 

Jude distingué de l'apôtre Judas Thaddée
 
Simon le Zélote (parfois identifié à Siméon de Clopas)
 


Jacques de Zébédée
 


Jean de Zébédée






  • Le point de vue sur Jean le Baptiste est unanime dans toutes les traditions chrétiennes ainsi que dans la tradition musulmane. Il n'est représenté ici que par commodité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 137
  2. a, b et c Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 23-24.
  3. Dans le début des années 50, Paul de Tarse écrtit « je n'ai pas vu d'autres apôtres, si ce n'est Jacques le frère du Seigneur », Nouveau Testament, épître aux Galates 1, 19.
  4. a, b et c Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 24.
  5. a, b, c, d et e Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 25.
  6. Marc 6, 1-6.
  7. a, b, c et d Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 26.
  8. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 16.
  9. a, b et c Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 450.
  10. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd. du Cerf, 2001, Paris, p. 195.
  11. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 10.
  12. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 17.
  13. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 28.
  14. a, b, c, d, e, f, g, h et i Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 34.
  15. a, b, c et d Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 33.
  16. a, b et c Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 35.
  17. L'identité des trois Marie au pied de la croix et leur nombre est une question exégétique à soi toute seule. (cf. Pierre-Antoine Bernheim op. cit.). Pour Christian B. Amphoux, les contradictions au sein des évangiles à ce sujet proviendraient de corrections tardives et rendraient suspect toute élaboration de parenté précise. (intervention dans Aux Origines du Christianisme, série de Mordillat et Prieur, sur ARTE). Ce point de vue laisse perplexe bon nombre d'historiens.
  18. cf. Eusèbe de Césarée (Hist. eccl. 3, 11) qui cite Hégésippe : « Tous, d'une seule pensée, décidèrent que Siméon, fils de Clopas, qui est mentionné dans le livre de l'Évangile, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph. »
  19. a, b, c, d, e, f et g Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 43.
  20. a, b, c, d, e et f Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 38.
  21. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 23.
  22. a et b Il n'y a pas lieu de donner au terme episkopos (surveillant), utilisé dans les listes ecclésiastiques, un sens trop précis pour l'époque considérée. Sa compréhension avec le sens d'évêque est anachronique. Il faut le comprendre avec le sens qu'il a dans certaines lettres de Paul de Tarse (1 Tm 3, 2; Tt 1,7) ; « c'est donc l'intendant d'une communauté agissant seul ou en collège. » La critique estime généralement que la charge d'episkopos dans les communautés chrétiennes a dû correspondre à celle du mebaqer (inspecteur) pour le mouvement du Yahad — souvent identifié aux Esséniens — décrit dans certains Manuscrits de la mer Morte. Celui-ci « veille aussi par des inspections périodiques à la réalisation de l'idéal communautaire. » cf. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 454-455.
  23. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem], in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 448-451.
  24. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 15.
  25. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem], in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 451.
  26. épi tautê tê pétra oikodomêsô mou tên ekklêsian
  27. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 251.
  28. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le Christianisme des origines à Constantin, éd. P.U.F/Nouvelle Clio, 2006, p. 184.
  29. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 252.
  30. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd. du Cerf, 2001, Paris, p. 196.
  31. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 253.
  32. Ce schéma a été défendu par de nombreux savants protestants dont Oscar Cullmann, Maurice Goguel, Étienne Trocmé, Martin Hengel et Christian Grappe, cf. Pierre-Antoine Bernheim, op. cit., p. 253.
  33. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 254.
  34. Note de la Bible de Jérusalem se rapportant aux Actes des Apôtres (15, 19), cité par Pierre-Antoine Bernheim, op. cit., p. 253
  35. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 264.
  36. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 287.
  37. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 286.
  38. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 455.
  39. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 448.
  40. a, b et c Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 284.
  41. a, b et c Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 285.
  42. En particulier Von Campenhausen, cité par François Blanchetière, op. cit., p. 204-205.
  43. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 205.
  44. a, b, c, d, e et f Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 353.
  45. a, b, c et d Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 354.
  46. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 354-355.
  47. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 355.
  48. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 137.
  49. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 27.
  50. . C'est aussi la position de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.
  51. Cet aller retour entre le grec et les langues sémitiques suppose ouvert le débat sur la langue originelle du Nouveau Testament, des évangiles en particulier. Il y a pourtant un très large consensus des spécialistes pour dire que ces textes ont été écrits directement en Grec. Il ne faut toutefois pas conclure de cette absence de mot pour dire le cousin, un manque dans les langues sémitiques. Le système de parenté est plus complexe que celui des familles mononucléaires européennes. Des détails dans Claude Lévy-Strauss Anthropologie Structurale.
  52. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 44-45.
  53. a, b, c, d, e, f et g Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 45.
  54. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 44.
  55. a, b, c, d, e, f, g et h Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 41.
  56. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 41-42.
  57. a, b, c et d Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 42.
  58. a et b Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2007, p. 49.
  59. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 42-43.
  60. Hégésippe de Jérusalem, cité dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée IV, 22, 4, cf. Pierre-Antoine Bernheim, op. cit., p. 43-44.
  61. Nouveau Testament, Épître de Jude, Jude 1.