Sanatruk Ier

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Sanatruk Ier
Titre
Roi d'Arménie
75/80110 (?)
Prédécesseur Tiridate Ier (?)
Successeur Axidarès (?)
Biographie


Sanadroug Ier ou Sanatruk (en arménien Սանա տ րուկ, Sanatrocès en latin) est un roi arsacide d'Arménie, ayant régné de 75 jusque vers 110[1],[2]. Il a aussi été roi d'Osroène (de 91 à 109).

Ce roi dont les dates de règne ne sont pas attestées avec certitude est très peu connu. En rapprochant les différents textes antiques de façon rigoureuse[3],[4], suffisamment de preuves ont été obtenues pour conclure que Sanatroces (Sanatruk) doit avoir régné à la charnière des Ier ‑ IIe siècle sur le royaume d'Arménie[5],[6]. Arrien dans son Parthica loue les mérites de ce monarque et le met au même plan que les Grecs et les Romains les plus illustres[5],[7]. Les auteurs arméniens parlent de lui comme le fondateur de la ville de Mcurkʿ[8]. Il a été enterré dans une tombe de constructions cyclopéennes à Ani[5],[9]. Il pourrait être le successeur de Tiridate Ier. La tradition chrétienne hagiographique lui attribue le martyre de saint Thaddée[10],[11],[5]. Toutefois, il pourrait y avoir confusion avec un disciple de Thaddée, appelé Addée par Moïse de Khorène ou Aggai dans la Doctrine d'Addaï. Lors de son départ, Thaddée désigne ce disciple comme « évêque » de la ville d'Édesse. Selon Illaria Ramelli, la Doctrina Addaï mentionne la mort d'Aggai par la rupture de ses jambes sur ordre de Sanatruk[12]. Thaddée pour sa part était parti d'Édesse pour aller évangéliser le royaume d'Izatès II, c'est-à-dire l'Adiabène, et disparaît ensuite de tous les récits, sa mort n'étant jamais racontée.

La supposition que Sanatruk a survécu jusqu'à l'époque de la campagne de Trajan est contredite par le fait que le trône d'Arménie était tenu aux environs de 110 par Axidarès d'Arménie[5], neveu de Tiridate Ier et le fils du roi parthe Pacorus II (77-110). Axidarès était roi d'Arménie avec le consentement de Rome[13]. Lorsque Pacorus a été supplanté par Khosrô Ier de Parthie, celui-ci a déposé Axidarès et installé sur le trône d'Arménie le frère de ce dernier, Parthamasiris, sans consulter l'empereur romain[5]. C'est cette violation du traité de Rhandeia qui a donné à Trajan un prétexte pour faire la guerre[5]. Selon Cyrille Toumanoff, Sanatruk aurait contrôlé l'Arménie méridionale vers 114/117. Cela pourrait expliquer qu'il soit donné comme un des chefs de la révolte contre Trajan, alors qu'il n'est clairement plus roi d'Arménie[14].

On ignore quelle est son ascendance. Pour Christian Settipani, il serait le fils de Mithridatès, éphémére roi d'Arménie (72-76), et d'Awde[15], sœur du roi Abgar VI d'Osroène[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Cyrille Toumanoff, il était roi d'Osroène et il aurait contrôlé l'Arménie méridionale vers 114/117. (Cyrille Toumanoff, Les dynasties de la Caucasie chrétienne de l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle : Tables généalogiques et chronologiques, Rome,‎ 1990, p. 97)
  2. Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les princes caucasiens et l'Empire du VIe au IXe siècle, Paris, de Boccard,‎ 2006, 634 p. (ISBN 978-2-7018-0226-8), p. 107.
  3. Voir U. Ph. Boissevain, Hermès 25, 1980, p. 328-29, et dans ses éd. de Dion Cassius, vol. 3, les notes des p. 218-19.
  4. Moïse de Khorène, Livre II chapitres 35-36.
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) Marie-Louise Chaumont, « Armenia and Iran ii. The Pre-Islamic Period », dans Encyclopædia Iranica en ligne. Consulté le 22 mai 2012.
  6. Voir (de) Markwart, Untersuchungen zur Geschichte von Eran II, p. 221-22 ; Asdourian, op. cit., p.  100s[réf. incomplète] ; (en) H. Manadian, The Trade and Cities of Armenia, p. 83.
  7. Parthica, fragment 47, éd. A.G. Roos and G. Wirth, Teubner ed., 1968, p. 247.
  8. Pʿawstos Buzand 4.14 = Langlois, I, p. 250 ; Mar Abas Katina apud Pseudo-Sebeos = Langlois, I, p. 195 ; Moïse de Khorène, 2.36 = Langlois, II, p. 99.
  9. Pʿawstos 4 = Langlois, I, p. 261.
  10. Michel van Esbroeck, « Le roi Sanatrouk et l’apôtre Thaddée », dans Revue des études arméniennes, n° 9 (1972), p. 241-283.
  11. Sur les problèmes découlant de cette tradition, voir F. Tournebize, Histoire politique et religieuse de l'Arménie, Paris, 1910, p. 410-413 ; L. S. Koyan, L'Église arménienne jusqu'au concile de Florence, 1961, p. 29s ;. aussi M. van Esbroek, Revue des études arméniennes, NS, 1972, p. 243-292, qui, contre toute probabilité, plaide en faveur de l'identité de ce roi d'Arménie avec le roi arabe de Hatra, Sanatruk Ier (ca. 177/178), fils de ʿAbd Simayā.
  12. (en) Illaria Ramelli, Possible Historical Traces in the Doctrina Addai, p. 93, point 17.
  13. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LXVIII, chapitre 17.
  14. (en) Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian People from Ancient to Modern Times, vol. I : The Dynastic Periods: From Antiquity to the Fourteenth Century, Palgrave Macmillan, New York, 1997 (réimpr. 2004) (ISBN 978-1403964212), p. 69-70.
  15. Christian Settipani, Nos ancêtres de l'Antiquité, Éditions Christian, 1991, p. 80.
  16. Christian Settipani, Nos ancêtres de l'Antiquité, Éditions Christian, 1991, p. 79.