Julius Streicher

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Streicher.

Julius Streicher

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Julius Streicher, en 1935.

Naissance 12 février 1885
Fleinhausen, Bavière, Empire allemand
Décès 16 octobre 1946 (à 61 ans)
Nuremberg, Bavière, Allemagne
Nationalité Allemande
Profession
Streicher en prison
Julius Streicher au procès de Nuremberg.

Julius Streicher, né le 12 février 1885 à Fleinhausen près d'Augsbourg, mort le 16 octobre 1946 à Nuremberg, est un éditeur antisémite allemand. Il participe au putsch manqué de Munich en novembre 1923 et est condamné à mort en 1946 au procès de Nuremberg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Julius Streicher était un instituteur allemand, puis un officier prussien pendant la Première Guerre mondiale.

Violemment antisémite, il rencontra Hitler en 1921. Il était alors le responsable de l'extrême-droite de Franconie, ce qui contribua à faire de Nuremberg une ville phare du parti nazi.

Il fut le directeur du journal antisémite Der Stürmer de 1923 à 1945. Gauleiter nazi de Franconie (1925-1940), puis député au Reichstag en 1933, il était connu pour ses violences verbales contre les Juifs.

Il tomba en disgrâce durant la Seconde Guerre mondiale et s'occupa de ses terres. On lui refusa le droit de s'engager pour aller combattre sur le front. Il fut néanmoins jugé pour ses écrits antisémites à Nuremberg, ville dont il avait fait un bastion nazi.

Un peu avant le procès, les accusés furent soumis à un test d'intelligence basé sur le système Wechsler ; Streicher obtint le résultat le moins bon, de 106[1].

Parmi tous les condamnés à mort du procès, Streicher fut le seul qui posa des problèmes lors de son exécution. Lorsque les gardes vinrent le chercher pour monter à l'échafaud dans la nuit du 15 au 16 octobre 1946, il refusa de s'habiller, puis refusa de marcher. C'est en tricot de corps et en caleçon long qu'il fut traîné sur l'échafaud. Cette attitude ouvertement provocante lui valurent d’être pendu par la technique du « Short Drop » (« petite chute », provocant une mort par strangulation) plutôt que par la technique normale du « Long Drop » (« grande chute », devant provoquer la rupture des vertèbres cervicales et donc la mort instantanée). Avant d'être pendu, il prononça quelques mots, dont la phrase : « Purim Fest 1946 ! » (Pourim étant une fête juive commémorant les événements relatés dans le Livre d’Esther)[2]. Ses tout derniers mots furent : « Adèle, ma chère femme »[3]. On accusa le bourreau de l’armée américaine John C. Woods, anti-nazi viscéral, d’avoir intentionnellement saboté cette exécution. Ce dernier fut relevé de ses fonctions peu de temps après.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michael Block, Ribbentrop page 727, tempus, 2011.
  2. Bernard Benyamin et Yohan Perez, Le Code d'Esther, Éditions Générales First,‎ 2012, 272 p. (ISBN 2-754-04286-5)
  3. Newsweek (28 octobre 1946, Foreign Affairs Section, page 46) : « Only Julius Streicher went without dignity. He had to be pushed across the floor, wild-eyed and screaming: 'Heil Hitler!' Mounting the steps he cried out: 'And now I go to God.' He stared at the witnesses facing the gallows and shouted" 'Purim, 1946.' (Purim is a Jewish feast). Then to the American officer he cried: 'The Bolsheviks will hang you one day.' He spoke again from beneath the black hood: 'Adele, my dear wife'--and plunged through the trap. À groan came from inside the scaffold. Critics suggested aferward that Streicher was clumsily hanged and that the rope may have strangled him instead of breaking his neck. » (traduction : "Seul Julius Streicher alla sans dignité, il a dû être poussé, les yeux hagards et criait : « Heil Hitler ». En montant les marches, il hurla encore : « Et maintenant je vais à Dieu ». Il regarda les témoins face à la potence et cria « Purim 1946 ! » (Pourim est une fête juive). Puis, à l’officier américain, il s’écria : « Les bolcheviks vous pendront un jour ». Il a parlé à nouveau du dessous la cagoule noire : « Adèle, ma chère femme » - et plongea dans la trappe. Des gémissements vinrent alors de l’intérieur de l’échafaud. Des rumeurs ont suggéré que Streicher fut pendu maladroitement, la corde l’avait étranglée au lieu de lui rompre le cou."

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Keysers Ralph : Der Stürmer Instrument de l'idéologie nazie, L'Harmattan, Paris, 2012.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :