Ernst-Robert Grawitz

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Ernst-Robert Grawitz en février 1939.

Ernst Robert Grawitz, né le 8 juin 1899 à Charlottenburg et mort le 24 avril 1945 à Berlin, était un médecin allemand du Troisième Reich et de la Seconde Guerre mondiale.

Directeur adjoint de la Croix-Rouge allemande, Brigadeführer et Reichsarzt (en français: « médecin d'empire ») de la SS, il est coresponsable de l'assassinat en masse des handicapés et des juifs et des expériences pseudo-médicales sur les prisonniers[1].

Famille et études[modifier | modifier le code]

Né en 1899, il est le fils d'un professeur de médecine, bien connu, de la capitale du Reich, ce qui l'incita très jeune à se tourner vers la profession médicale. Après sa libération d'un camp de prisonniers de guerre en 1919, il entreprend des études de médecine à l'université Humboldt de Berlin.

Carrières médicale et politique[modifier | modifier le code]

Après la réussite de ses examens, il travaille jusqu'en 1929 comme assistant, puis premier assistant de médecine interne à l'hôpital du Berlin-Westend, puis il s'installe comme spécialiste en médecine interne dans les environs de Berlin. De 1933 à 1936 il travaille à nouveau en médecine interne à l'hôpital du Berlin-Westend. Le directeur de cet établissement décrit Grawitz « comme une personne absolument fidèle, honorable et fiable », mais il déplore cependant de ne pouvoir le faire admettre au poste de professeur de médecine, à cause de son engagement politique qui lui prend trop de temps. En effet, dès le début de ses études, Grawitz avait milité dans diverses organisations d'extrême-droite.

En 1919, il fait partie de l' Einwohnerwehr Berlin (en français : « milice des berlinois ») puis en 1920 il prend part à la tentative de putsch de Kapp. Ensuite il entre au Freikorps "Olympia“ et, la même année, comme le révèleront certains documents, il fait partie des partisans d'Hitler.

En novembre 1931, il entre dans la SS, puis devient membre du NSDAP en 1932. Heinrich Himmler le nomme chef du service de santé de la SS en 1935 puis Reichsarzt de la SS. En tant que Reichsarzt, il est directement subordonné à Himmler et est l'instance supérieure dans toutes les affaires médicales et sanitaires de la SS. Il devient ainsi le responsable de l'état sanitaire des camps de concentration et de tous les médecins qui y travaillent.

Directeur de la Croix-Rouge allemande[modifier | modifier le code]

En 1937, Grawitz est placé par Adolf Hitler à la tête de la Croix-Rouge allemande (DRK), comme directeur adjoint et vice-président auprès du président titulaire, Charles-Édouard de Saxe-Cobourg et Gotha[2]. La branche allemande de l'organisation internationale se trouve ainsi totalement asservie au régime nazi.

La nomination d'un membre important de la SS à la direction de la DRK s'explique surtout par les plans de guerre des nazis. 1936 fut pour Hitler le moment des résolutions les plus lourdes, comme il le dira lui-même plus tard, c'est cette année-là qu'il prit sa décision définitive concernant la guerre. Dans cet objectif, il était crucial que des pans entiers de la société soient adaptés aux besoins de la guerre. La DRK représentait, grâce à son expérience et ses ressources humaines, un appui précieux dans l'optique de la guerre totale.

À la mi-1937, il réorganise la structure de la DRK, sans aucune base légale, faisant de ses diverses fédérations indépendantes, des vassales de la structure nationale, ce qui est alors totalement contraire à la nature associative de l'organisation. Le 9 décembre 1937, une loi sur la DRK et de nouveaux statuts donnent une apparence légale à cette réorganisation[3].

Un acteur important de la barbarie nazie[modifier | modifier le code]

Son rang hiérarchique au sommet de la chaîne de santé SS en fait l'un des principaux responsables des expériences médicales nazies.

En août 1941, le docteur Grawitz conseille à Heinrich Himmler la technique de l'extermination de masse par les chambres à gaz. En juin 1943, il préconise l'expérimentation humaine par la rickettsie du typhus sur des détenus du camp de concentration de Sachsenhausen. Enfin, il a personnellement supervisé les expériences d'exposition prolongée au froid et à l'eau glacée menées sur des détenus de Dachau en 1944.

Médecin au Führerbunker lors de l'arrivée des Soviétiques à Berlin, il demande à Adolf Hitler l'autorisation de fuir la ville. Après le refus humiliant que lui inflige publiquement celui-ci en le traitant de lâche, il se suicide à la grenade avec sa famille un soir en dinant[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Medical Experimentation », Jewish Virtual Library (consulté le 16 septembre 2007)
  2. (de) « Bildarchiv: Bestand Zweiter Weltkrieg », Croix-Rouge allemande (consulté le 16 septembre 2007)
  3. (de) « Gesetz über das Deutsche Rote Kreuz », gegenwärtige und historische nationale und internationale Verfassungstexte (consulté le 16 septembre 2007)
  4. Cet épilogue dramatique figure dans le film La Chute (2004), dans lequel le rôle de Ernst-Robert Grawitz est interprété par Christian Hoening.

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