Otto Georg Thierack

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Otto Georg Thierack
Otto Thierack, en 1940.
Otto Thierack, en 1940.
Fonctions
Ministre du Reich à la Justice
19421945
Gouvernement Cabinet Hitler
Cabinet Goebbels
Cabinet Schwerin von Krosigk
Prédécesseur Franz Schlegelberger
Successeur Conseil de contrôle allié
Thomas Dehler (RFA, indirectement)
Max Fechner (RDA, indirectement)
Biographie
Date de naissance 19 avril 1889
Lieu de naissance Wurzen (Empire allemand)
Date de décès 22 novembre 1946 (à 57 ans)
Lieu de décès Stukenbrock (Allemagne occupée)

Otto Georg Thierack, né le 19 avril 1889 et mort le 22 novembre 1946 est un juriste et homme politique allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il dirige le Volksgerichtshof de 1936 à 1942, puis est ministre du Reich à la Justice du Troisième Reich de 1942 à 1945.

En septembre 1942, il prend part à la décision d'Hitler de na pas déporter à l'Est les « mischlinge » (Allemands issus de mariages mixtes entre Juifs et non Juifs) avant la fin de la guerre[1]. Il porte un nouveau projet d'ordonnance qui retire aux Juifs quasiment toute protection juridique face aux juridictions du Troisième Reich puis il accepte, à la suite de la rencontre le 18 septembre 1942 avec Heinrich Himmler un transfert de compétence entre justice et police de sorte que les procédures et poursuites légales visant les « asociaux » (Juifs, Tziganes, Polonais, Russes , Ukrainiens, Tchèques et Allemands) soient transférées à la SS. L'ordonnance entra en vigueur le 1 janvier 1943. Le 1er juillet 1943, il signe l'ordonnance qui d'une part ôte aux Juifs et aux Tsiganes le droit d'acquérir la nationalité allemande[2] et donne, d'autre part à la seule police la compétence et le droit de punir les Juifs[3]. Il écrit à Martin Bormann :

« Afin de libérer le peuple allemand des Polonais, Russes, Juifs et Tsiganes, et de rendre les territoires de l'Est qui ont été incorporés au Reich disponibles pour l'établissement de ressortissants allemands, j'ai l'intention de confier la compétence pénale sur les Polonais, les Russes, les Juifs et les Tziganes au Reichsführer-SS. En agissant ainsi, je me fonde sur le principe que l'administration de la justice ne peut apporter qu'une contribution minime à l'extermination de tous ces peuples »

[4].

À ce titre, en 1945, il décrète le 25 février la création de cours martiales d'urgence, constituées d'un juge des affaires criminelles, d'un responsable du parti et d'un officier, afin de juger les actes de désertion, de sabotage, conférant ainsi un cadre légal à la terreur; les citoyens allemands qui émettent des doutes sur la victoire du Reich sont aussi concernés par ces mesures[5] qui s'abat sur les territoires allemands encore contrôlés par la Wehrmacht[5] ; ces tribunaux prononcent des sentences sans appel, immédiatement exécutoires[5]. Environ 10 000 personnes ont été exécutées après jugement[6].
En avril 1945, dans un contexte de déportation des prisonniers de droit commun, internés dans les prisons, il ordonne l'exécution de ces prisonniers, comme il donne l'ordre d'exécuter, avec l'aval de Himmler, un certain nombre de prisonniers connus, Canaris, Elser, qui a failli tuer Hitler en 1939[7]...

Après le suicide de Hitler, il est membre du gouvernement de Flensbourg, toujours en tant que ministre de la Justice. Après sa capture par les Alliés, il se suicide par empoisonnement afin d'échapper au procès de Nuremberg, en 1946.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Florent Brayard la solution finale de la question juive éd. Fayard 2004 p. 94 (ISBN 2-213-61363-X)
  2. Florent Brayard op.cit. p. 107
  3. Raoul Hilberg la destruction des Juifs d'Europe Folio/Histoire éd.Gallimard 1991 p. 389
  4. Raul Hilberg op.cit. p.389
  5. a, b et c R.J.Evans, Le IIIe Reich, 1939-1945, p.796
  6. R.J.Evans, Le IIIe Reich, p.797
  7. R.J.Evans, Le IIIe Reich, p.798

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Richard J. Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, Flammarion Collection Au fil de l'Histoire, Paris, 2009, ISBN 978-2-08-120955-8

Lien externe[modifier | modifier le code]