Leni Riefenstahl

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Leni Riefenstahl

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Photo de Leni Riefenstahl prise par le photographe Karl Schenker en 1923.

Naissance 22 août 1902
Berlin (Allemagne)
Nationalité Drapeau d'Allemagne Allemande
Décès 8 septembre 2003 (à 101 ans)
Pöcking (Allemagne)
Profession Réalisateur
Photographe
Films notables La Lumière bleue
Le Triomphe de la volonté
Les Dieux du stade

Leni Riefenstahl (née Helene Amalia Bertha Riefenstahl le 22 août 1902 à Berlin et décédée le 8 septembre 2003 à Pöcking, Allemagne) est une danseuse, actrice, réalisatrice et photographe allemande. Malgré une œuvre remarquée entre 1932 et 1936, elle sera rejetée après 1945 par la plupart des cinéastes pour s’être associée aux menées et à la propagande du nazisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Leni Riefenstahl est née à Berlin dans le quartier de Wedding le 22 août 1902 de Alfred Theodor Paul Riefenstahl (1878-1944), fonctionnaire austère et rigide devenu propriétaire d'une florissante entreprise technique de plomberie[1] et de Bertha Ida Scherlach (1880-1965).

En 1914 elle devient membre du club de natation "Nixe" et adhère, sans la permission de son père, à une fédération de gymnastique.

À partir de 1918, elle prend des cours de peinture et de dessin à l’Akademie der Künste de Berlin. En parallèle à cela, elle prend également des cours de danse classique et moderne.

Le 21 mars 1944, elle épouse le major Peter Jacob dont elle divorcera trois ans plus tard, en 1946.

En 2003, à l'âge de 101 ans, Leni Riefenstahl épouse de Horst Kettner.[réf. nécessaire] décède dans son sommeil dans la soirée du 8 septembre 2003 à son domicile de Pöcking, quelques semaines après son 101e anniversaire. Elle souffrait d'un cancer. Elle est enterrée au cimetière munichois Waldfriedhof.

Danseuse[modifier | modifier le code]

À partir de 1920, Leni Riefenstahl connaît un certain succès dans la danse et participe à diverses tournées en Allemagne, en Tchécoslovaquie et en Suisse. Pendant six mois, en 1923, elle suit les cours à l'école de danse de Mary Wigman à Dresde en compagnie de Gret Palucca, mais arrête car elle n'aime pas les cours en groupe. Elle danse en octobre de la même année son premier récital solo à Munich. Totalement inconnue, ce fut un triomphe. Elle est alors engagée par Max Reinhardt comme danseuse soliste pour le Deutsches Theater de Berlin. Sa brillante carrière sera brisée en 1924 par un accident au genou survenu lors d'un récital de danse à Prague. Elle dansera après chez Goebbels, en présence d'Hitler. "Bonne et efficace. Une souple gazelle" inscrit le ministre de la propagande dans son journal le 22 novembre 1932[2].

Actrice[modifier | modifier le code]

Leni Riefenstahl par Alexander Binder

C’est en 1926 qu’elle est découverte par Arnold Fanck qui lui confie son premier rôle au cinéma dans le film La Montagne sacrée (Der heilige Berg). C’est le début d’une carrière relativement prolifique d’actrice de films de montagne.

Elle acquiert une grande popularité auprès du public en jouant les personnages principaux de films comme Le Grand Saut, L'Enfer blanc du Piz Palü, Tempête sur le mont Blanc et L'Ivresse blanche, pour lesquels elle doit apprendre l’alpinisme et le ski.

Le journal de Joseph Goebbels permet d'établir que le futur ministre de la propagande découvre l'actrice à l'écran le 1er décembre 1929 lors d'une projection de L'Enfer blanc du Piz Palü. "Une merveilleuse enfant, pleine de grâce et de charme !"[3]

Le 3 novembre 1932, Goebbels la rencontre à l'Hôtel Kaiserhof, lieu de résidence habituel de Hitler à Berlin. Le contact passe bien : « Très sympathique, intelligente et agréable personne. Nous conversons longtemps. Elle est très enthousiaste pour nous »[3].

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Ayant acquis auprès d’Arnold Fanck les bases de la réalisation, du cadrage et du montage, elle se lance finalement elle-même dans la réalisation. Après avoir fondé en 1931 sa propre agence de réalisation, le « Leni Riefenstahl Produktion », elle réalise en 1932 son premier film La Lumière bleue (Das blaue Licht), dans lequel elle tient le rôle principal. Ce film, qui constitue un appel à la tolérance et au respect d’autrui, des plus faibles en particulier, recevra le Lion d'argent à la Mostra de Venise.

C’est aussi ce film qui attire l’attention d’Adolf Hitler sur la réalisatrice. Elle rencontre le Führer pour la première fois en mai 1932 et noue avec lui des relations de respect mutuel.

Première rencontre avec Hitler[modifier | modifier le code]

En 1932, fin février, Leni Riefenstahl se rend à un meeting politique au Sportpalast de Berlin. "Son discours (d'Hitler) exerçait sur moi une véritable fascination" écrit-elle dans ses Mémoires. Le 18 mai 1932, elle écrit à Hitler[4].

« Très honoré Monsieur Hitler,
Pour la première fois de ma vie, j'ai assisté voici peu à un meeting politique [...] au Sportpalast. Je dois avouer que votre personne et l'enthousiasme des spectateurs m'ont impressionnée. Je souhaiterais faire [...] votre connaissance, mais malheureusement je dois quitter l'Allemagne pour quelques mois [...]. C'est pourquoi une rencontre avec vous avant mon départ sera sans doute impossible [...]. Une réponse de votre part me réjouirait grandement.
Salutations redoublées de votre
Leni Riefenstahl »

— Mémoires, p. 146

La veille de son départ, Leni Riefenstahl reçoit un appel de Wilhelm Brückner, l'aide de camp d'Hitler, afin de fixer un rendez-vous avec Hitler à Wilhelmshaven, ce qui fut fait pour le lendemain. Dans la voiture venue la chercher à la gare, Brückner lui confia les paroles d'Hitler : "La plus belle chose que j'aie jamais vue au cinéma a été la danse de « la Riefenstahl » devant la mer dans Der heilige Berg". Pendant son entrevue avec le Führer, celui-ci lui annonça avoir vu tous ses films et : "Mon impression la plus forte m'est venue de votre film Das blaue Licht. Surtout parce qu'il est peu ordinaire qu'une jeune femme parvienne à s'imposer contre les résistances et les goûts établis de l'industrie du cinéma". Le soir, Hitler, sa suite et Leni Riefenstahl se rendent au restaurant. Hitler fleurit abondamment Leni et fit remarquer que jamais une femme n'avait été présente à leurs réunions. À l'issue du repas, Hitler et Leni Riefenstahl font une promenade à l'issue de laquelle Hitler "posa lentement ses deux bras autour de moi et m'attira à lui" écrit-t-elle. Elle se mit sur la défensive, Hitler la lâcha, leva les mains au ciel et s'écria : Je n'aurai pas le droit d'aimer une femme tant que je n'aurai pas accompli mon œuvre.

Réalisatrice de propagande[modifier | modifier le code]

Leni Riefenstahl avec Adolf Hitler.

« Artistiquement, elle est un génie, et politiquement, elle est une imbécile. »

— Liam O'Leary, historien du cinéma

Après l’accession au pouvoir du parti nazi, Adolf Hitler demande à Leni Riefenstahl de filmer les congrès du parti qui se tiennent au Reichsparteitagsgelände à Nuremberg; ce sera La Victoire de la Foi (Sieg des Glaubens, 1933) et surtout Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens, 1934), un film documentaire grandiose qui révèle à la fois tout l'esthétisme et la grandiloquence cinématographique de Riefenstahl et constitue l'un des plus grands documentaires de propagande jamais réalisés.

Après une expédition au Groenland dont elle tire le film SOS Iceberg (SOS Eisberg), elle poursuit son travail pour le parti national-socialiste et produit plusieurs films documentaires très remarqués. Elle réalise ainsi Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens). Pour ce film, elle mobilise 16 équipes de tournage (plus de 100 personnes) et récolte plus de 60 heures de documents. Ce film reste dans l’histoire du film de propagande comme l’un des plus célèbres et l’un des plus efficaces. Elle y met en avant la solidarité de la base du parti avec le régime, en alternant les images à un rythme inattendu et en rompant avec la chronologie du congrès. Elle place également ses caméras de manière à créer une ambiance quasi mystique autour des chefs du parti dans un décor conçu par le célèbre architecte Albert Speer. Les effets de lumières (« Lichtdom »[5]) et la musique mettent par ailleurs en valeur la force des symboles du parti : la croix gammée, les drapeaux, l’aigle du Reich. Ce film sera couronné en 1934 par le Prix du film allemand et par le Lion d'or de la Mostra de Venise, puis par un Grand Prix international lors de l’Exposition universelle de Paris en 1937.

La réintroduction du service militaire obligatoire en 1935 donne à Leni Riefenstahl l’occasion de réaliser un film, Jour de la Liberté – notre armée (Tag der Freiheit – unsere Wehrmacht). Le tournage a lieu entre le 10 et le 16 septembre 1935 à l'occasion de la journée de la Wehrmacht (17 septembre). Le film visait à satisfaire l'Armée, qui s'était plainte auprès d'Hitler de ne pas avoir été suffisamment représentée dans "Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens)[6].

Leni Riefenstahl avec son cameraman pendant le tournage d'Olympia en août 1936.

En 1936, Leni Riefenstahl, alors au faîte de sa gloire, réalise Les Dieux du stade (titre allemand Olympia) un documentaire sur les Jeux olympiques de Berlin. Pour le réaliser elle met en œuvre une technique jusqu’alors inédite, elle filme les différentes épreuves. Le travail de montage, qui durera 18 mois, donnera naissance à deux parties distinctes du film Olympia : Fête des peuples (Fest der Völker) et Fête de la beauté (Fest der Schönheit). Dans ce travail, les images sportives exaltent la virilité et la force martiale, notamment à travers l'esthétique du corps masculin athlétique et les différentes techniques de cadrage innovantes, l’utilisation du travelling, de caméras sur rails et de caméras sous-marines. La première projection du film (les deux parties durant en tout près de 4 heures) aura lieu le 20 avril 1938 en hommage à l’anniversaire du Führer. Une fois de plus, ce film acquiert une grande reconnaissance internationale, recevant notamment le Premier Prix de la Mostra de Venise. Leni Riefenstahl de son côté se verra décerner en 1939 une médaille d'or de la part du Comité international olympique pour ce film.

L’admiration et la confiance que lui porte Adolf Hitler vaut à la réalisatrice en 1936 l'inimitié du ministre de la propagande, Joseph Goebbels. Riefenstahl fut convoquée vers la fin du mois de février 1933 par Mussolini au sujet d'un projet de film, mais fut finalement chargée de messages qui déclencheront l'Anschluss. Après en avoir fait rapport à Hitler, elle fut convoquée par Hermann Göring qui insista afin de prendre connaissance des messages. Devant le refus de Riefenstahl, il se mit en colère et peu après Goebbels imposa à Riefenstahl toutes sortes de tracasseries et de chicaneries comme, par exemple : tentative de l'expulser de ses locaux, vérification abusive de sa comptabilité, une demande de licenciement d'un de ses meilleurs collaborateurs, puis de son attaché de presse, l'exigence de réduire le film sur les Jeux olympiques à une seule partie et d'en éliminer les séquences où apparaissent des personnes de race noire. Enfin, Goebbels ordonna le 6 novembre 1936 que son ministère ne verse plus d'argent à la société de Riefenstahl qui envisagea même d'abandonner le film et d'émigrer. Mais elle décida de rapporter ces faits à Hitler. Le 11 novembre, elle eut une entrevue avec Hitler, et après avoir pleuré devant lui, lança « Le Dr Goebbels me hait ! ». Elle fournit des preuves à Hitler et, quelques jours plus tard, Wilhelm Brückner lui transmit ce message : « Vous ne dépendrez plus de Goebbels ni du ministère de la Propagande, mais de Rudolf Hess et de la maison brune. Cette décision est le fruit d'une entrevue entre Hitler et Goebbels, le ministre ayant déclaré qu'il se voyait dans l'impossibilité de coopérer avec vous »[7].

C'est en mars 1937, lors de la Journée de l'art allemand, que Leni Riefenstahl se rend compte de la position des nazis vis-à-vis d'une certaine forme d'art, appelé par eux « Art dégénéré ». Elle prend alors la décision de ne plus accepter de commande pour le régime nazi. Dans son Journal, elle écrit : « Incapable d'aucun jugement en politique, j'étais très concernée et compétente pour tout ce qui touchait à l'art. (…) Pour la première fois, je prenais conscience de l'énormité des erreurs possibles de Hitler. ».

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Leni Riefenstahl présente à la tribune parmi des soldats et officiers de la Wehrmacht pendant la « Führerparade », Varsovie, 5 octobre 1939.
Leni Riefenstahl rencontre Himmler.

En septembre 1939, elle est correspondante de guerre en Pologne. Le 12 septembre, à Końskie, elle est témoin oculaire de l'exécution d'une trentaine d'otages Juifs. En octobre, elle filme la parade victorieuse de Hitler dans Varsovie vaincue. Le 14 juin 1940, le jour où le gouvernement français déclare Paris ville ouverte, Leni Riefenstahl adresse un télégramme à Hitler[8]:

« C'est avec une joie indicible et une grande émotion que nous partageons avec vous mon Führer cette grande victoire qu'est pour l'Allemagne et pour vous l'entrée des troupes allemandes dans Paris. Cela dépasse l'imagination humaine que d'être capable de réaliser des actes sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Comment pourrons nous jamais vous remercier pour cela ? »

Les années 1940 et 1941 voient Leni Riefenstahl travailler à un nouveau film, Tiefland, pour lequel elle dispose pour jouer les figurants de soixante Sintis et Roms embauchés de force après avoir été extraits du camp de Salzbourg pour le tournage en extérieurs et en 1942 du camp de Marzahn pour les prises de vue dans les Studios de Babelsberg près de Berlin. En mars 1943, ils sont déportés vers Auschwitz où aucun ne survécut. En relation avec ces faits, Leni Riefenstahl comparaît plusieurs fois après la guerre devant une juridiction allemande.

Elle réalise en 1943-44 deux courts-métrages sur les deux sculpteurs emblématiques du régime nazi, Josef Thorak et Arno Breker.

L'après guerre[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, en butte à l'ostracisme dont font preuve à son encontre ses confrères du 7e art, notamment américains, elle est placée sous la protection des autorités françaises d'occupation en Allemagne et peut compter sur le soutien de Jean Cocteau pendant sept ans.

Portée à comparaître devant les tribunaux en 1948, accusée de ne pas avoir rétribué les Roms et les Sintis pour son film Tiefland et de leur avoir faussement promis de les sauver des camps, elle est finalement acquittée.
En 1949, un nouveau procès l’oppose au magazine Bunte qui avait publié les « calomnies » concernant ce même film, procès qu’elle remporte. S’ensuivent d’autres procès à propos de son travail de propagandiste pour le régime nazi.
Ce n’est qu’en 1954 qu’elle termine Tiefland qui sera un échec.

Photographe[modifier | modifier le code]

C’est à partir de cette date que, confrontée à des critiques incessantes visant tous ses projets de film, elle se tourne essentiellement vers la photographie, réalisant notamment plusieurs reportages photographiques sur les Noubas de Kau du Soudan (dont elle apprend la langue). Ces séries font l’objet d’une reconnaissance internationale dans les années 1970.

En 1972, elle obtient une accréditation officielle pour couvrir les Jeux olympiques de Munich en tant que photographe.

En 1976, elle est invitée d'honneur aux Jeux olympiques de Montréal.

Toujours prête à relever des défis dans le cadre de son travail, elle apprend à 72 ans à faire de la plongée sous-marine (brevet passé en 1974 au Malindi) pour réaliser un film sur l’univers sous-marin. Elle publie alors un livre de photographies intitulé Jardins de coraux (Korallengärten).

En 1982, la chaîne allemande WDR diffuse un reportage intitulé L’époque du silence et de l’ombre (Zeit des Schweigens und der Dunkelheit) dans lequel sont réitérés les reproches contre Leni Riefenstahl et sa collaboration avec le parti nazi.

Elle répond à toutes les accusations en publiant ses Mémoires en 1987. Elle y dément toute complicité avec le régime national-socialiste et affirme ne s’être jamais attachée qu’à l’aspect artistique de son travail. Malgré le grand succès public de ce livre (traduit en neuf langues), il est largement malmené par la critique.

Cinéaste sous-marine[modifier | modifier le code]

En 1992, Ray Müller réalise un film documentaire biographique sur Leni Riefenstahl auquel la réalisatrice elle-même apporte son soutien et sa coopération. Intitulé Le pouvoir des images (Die Macht der Bilder), ce film est d'abord diffusé à la télévision allemande et connaît un grand succès. Il sera primé aux Emmy Awards aux États-Unis, puis fera sensation au Musée d’art moderne (MoMA) de New York. Ce retour en grâce de Leni Riefenstahl se confirme en 1996 lorsqu’une version chorégraphiée du Pouvoir des images est montée au Schauspielhaus de Cologne, puis en 1997 lors d’une grande rétrospective de son œuvre à Milan et à Rome. L’attribution par le Cincecon d’une décoration pour l’ensemble de son œuvre est saluée par des salves d’applaudissements, mais aussi par un rejet ostensible de la part de certains critiques. En 1999, c’est le Musée du cinéma de Potsdam qui organise une rétrospective sur la carrière de Leni Riefenstahl.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

En 2000, Leni Riefenstahl survit à un accident d’hélicoptère, survenu lors de son dernier voyage auprès des Noubas du Soudan. Elle est alors âgée de 98 ans. En 2002, elle présente son dernier film Impressions sous-marines basé sur vingt-cinq années de plongées.

Plusieurs personnalités, dont Siegfried et Roy, Reinhold Messner et Petra Schürmann, sont présentes à son 100e anniversaire le 22 août 2002 à Feldafing. Le ténor d'operette berlinois Heiko Reissig (de) chante pour l'occasion des mélodies de l'époque de sa jeunesse.

Peu après son 101e anniversaire, le soir du 8 septembre 2003, Leni Riefenstahl s’éteint dans sa maison de Pöcking, près de Munich. Elle est incinérée et l'urne placée au cimetière Waldfriedhof de Munich.

Un film de sa vie ?[modifier | modifier le code]

Plusieurs années avant sa mort, de nombreux cinéastes avaient annoncé leur intention de tourner une fiction sur elle, mais elle s'était toujours opposée à ce type de projet : « Ma vie sera sûrement filmée... quand je ne serai plus là ».[réf. nécessaire] Un film retraçant sa vie, dont le tournage devait commencer fin 2008, réalisé par Rupert Walters, avec comme actrice principale Jodie Foster, qui a été préférée à Sharon Stone[9], n'a jamais été réalisé. Madonna a aussi tenté d'obtenir les droits.[réf. nécessaire]

Références à l'artiste[modifier | modifier le code]

Dans le film Inglourious Basterds de 2009 réalisé par Quentin Tarantino, les premières vues du cinéma « le Gamaar » d'Emmanuelle Mimieux, pseudonyme de Shoshanna Dreyfus, montrent la publicité extérieure pour L'Enfer blanc du Piz Palü où l'on remarque particulièrement les noms d'Arnold Fanck, de Georg Wilhelm Pabst et de Leni Riefenstahl, ces deux derniers étant encore cités ultérieurement dans le film.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Année Film Fonction(s)
Réalisatrice Productrice Scénariste Actrice Rôle
1925 Wege zu Kraft und Schönheit
Les Chemins de la force et de la beauté
Ways to Strength and Beauty
Oui Danseuse
1926 Der heilige Berg
La Montagne sacrée
Oui Diotima
1927 Der große Sprung
Le Grand Saut
Gita, the goat girl
Oui Gita
1928 Das Schicksal derer von Habsburg
Le Destin des Habsbourg - La tragédie d'un empire
Oui Maria Vetsera
1929 Die weiße Hölle vom Piz Palü
L'Enfer blanc du Piz Palü ou Prisonniers de la montagne
Oui Maria Maioni
1930 Stürme über dem Mont Blanc
Tempête sur le mont Blanc
Oui Hella Armstrong
1931 Der weiße Rausch - Neue Wunder des Schneeschuhs
L'Ivresse blanche
Oui Leni
1932 Das blaue Licht
La Lumière bleue
Oui Oui Oui Oui Junta
1933 SOS Eisberg
Une version américaine est tournée simultanément :
SOS Iceberg
Oui Hella Lorenz

Ellen Lawrence
Der Sieg des Glaubens
La Victoire de la Foi - Victory of Faith
Oui
1935 Tag der Freiheit : Unsere Wehrmacht
Jour de la Liberté : Nos Forces de Défense
Day of Freedom : Our Armed Forces (CM)
Oui Oui Oui
Triumph des Willens
Le Triomphe de la volonté - Triumph of the Will
Oui Oui Oui
1937 Wilde Wasser (CM) Oui
1938 Olympia 1. Teil - Fest der Völker
Les Dieux du stade - Le Festival des Nations
Oui Oui Oui Oui un modèle nu
(non créditée au générique)
Olympia 2. Teil - Fest der Schönheit
Les Dieux du stade - Le Festival de la Beauté
Oui Oui Oui
1943 Josef Thorak, Werkstatt und Werk (CM) Oui
1944 Arno Breker (CM) Oui
1954 Tiefland
Lowlands
Oui Oui Oui Oui Martha
1993 Die Macht der Bilder : Leni Riefenstahl
(réal. : Ray Müller)
Oui elle-même
2000 Leni Riefenstahl im Sudan
(réal. : Ray Müller)
Oui elle-même
2002 Impressionen unter Wasser
Impressions sous-marines
Oui Oui Oui Oui elle-même

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans le roman uchronique de Robert Harris Fatherland (1992), qui postule une victoire de l'Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale, les studios de cinémas officiels du régime (la UFA) sont renommés : « studios Leni Riefenstahl ».
  • Leni Riefenstahl apparaît en bande dessinée dans deux aventures d'Odilon Verjus. Elle y est présentée comme une femme élégante, volontaire, mais plutôt xénophobe, bien que sa passion artistique semble davantage dicter sa conduite que ses idées raciales.
  • Leni Riefenstahl est l'un des personnages du roman Berlin 36 (Plon, 2010) d'Alexandre Najjar qui retrace la vie de l'athlète américain Jesse Owens, quadruple médaillé d'or lors des Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Leni Riefenstahl[modifier | modifier le code]

  • (de) Hinter den Kulissen des Reichsparteitag-Filmo, München : Zentralverlag der N.S.D.A.P., 1935 Le livre
  • L'Afrique, Paris : Herscher, 1982
  • Les Nouba, des hommes d'une autre planète, Paris : Chêne, 1986
  • Mémoires, traduction de l'allemand par Laurent Dispot, Paris : Grasset, 1987 (ISBN 2-246-49271-8)
  • Les Nouba de Kau, Paris : Chêne, 1997
  • Africa, traduction de l'allemand par Kevin Brownlow, Köln : Taschen, 2005 (nouvelle édition)

Ouvrages au sujet de Leni Riefenstahl[modifier | modifier le code]

  • Luc Deneulin, Bibliographie de Leni Riefenstahl, Bruxelles en ligne (skynet.be)
  • Steven Bach, Leni Riefenstahl. Une ambition allemande, traduit de l'anglais (États-Unis) par Manuel Tricoteaux, Jacqueline Chambon, 2008
  • Jérôme Bimbenet, Quand la cinéaste d'Hitler fascinait la France, Leni Riefenstahl, Paris : Lavauzelle, 2006
  • Anna Maria Sigmund, chapitre 4, « Leni Riefenstahl, la reine des Amazones » p. 147-173, in Les femmes du IIIe Reich, 2004, 336 pages
  • (en) Rainer Rother, Leni Riefenstahl : the seduction of genius, London ; New York : Continuum, 2002 (collection : Propaganda!)
  • (de) Lutz Kinkel, Die Scheinwerferin Leni Riefenstahl und das « Dritte Reich », Hambourg : Europa, 2002
  • (de) Jürgen Trimborn, Eine Deutsche Karriere, Biographie Riefenstahl, Berlin : Aufbau, 2002
divers
  • Lilian Auzas, Riefenstahl, Paris : L. Scheer, 2012 (ISBN 978-2-7561-0395-2) (roman)
  • (de) Werner Kofler[10], Zu spät : Tiefland, obsession : prosa, Wien : Sonderzahl, 2010 (ISBN 978-3-85449-338-9) (paraphrase du film Tiefland, Obsession)
  • Werner Kofler, Tiefland, Obsession, traduction et présentation Bernard Banoun, in: Une ou des littérature-s romani, coordonné par Cécile Kovácsházy, Études tsiganes 43, p. 166-175. Réédition en volume en 2013, Nancy : Absalon

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Ford, Leni Riefenstahl, La Table Ronde, Paris, 1978, p. 21
  2. ALBERA François, Leni Riefenstahl dans le Journal de Joseph Goebbels (1929-1944) in 1895 no 55, Paris, AFRC, juin 2008, 288 p., p. 139. Traduction de l'allemand par Clara Bloch, voir page de discussion
  3. a et b ALBERA François, Leni Riefenstahl dans le Journal de Joseph Goebbels (1929-1944) in 1895 no 55, Paris, AFRC, juin 2008, 288 p., p. 139. Traduction de l'allemand par Clara Bloch voir Page de discussion
  4. Mémoires, Leni Riefenstahl, traduction de l'allemand par Laurent Dispot, Paris : Grasset, 1987, p. 143-151
  5. Ou « cathédrales de lumières », comme les décrira Robert Brasillach dans son roman Les Sept couleurs (1939).
  6. ALBERA François, Leni Riefenstahl dans le Journal de Joseph Goebbels (1929-1944) in 1895 no 55, Paris, AFRC, juin 2008, 288 p., p. 149. (note 22) Traduction de l'allemand par Clara Bloch
  7. Bref résumé de la relation écrite par Leni Riefenstahl dans ses « Mémoires » au sujet de Goebbels.
  8. « Mit unbeschreiblicher Freude, tief bewegt und erfüllt mit heissem Dank, erleben wir mit Ihnen mein Führer, Ihren und Deutschlands grössten Sieg, den Einzug Deutscher Truppen in Paris. Mehr als jede Vorstellungskraft menschlicher Fantasie vollbringen Sie Taten, die ohnegleichen in der Geschichte der Menschheit sind, wie sollen wir Ihnen nur danken? Glückwünsche auszusprechen, das ist viel zu wenig, um Ihnen die Gefühle auszusprechen, die mich bewegen. »
  9. Myriam Perfetti, in Marianne, no 528, semaine du 2 au 8 juin 2007, p. 81.
  10. Werner Kofler (1947-2011)

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Leni Riefenstahl » (voir la liste des auteurs)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]