Eva Braun

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Eva Braun

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Eva Braun, en compagnie de son Scottish Terrier, Stasi, à Berchtesgaden.

Nom de naissance Eva Anna Paula Braun
Naissance
Munich
Empire allemand Empire allemand
Décès (à 33 ans)
Berlin
Drapeau : Troisième Reich Reich allemand
Nationalité allemande
Profession secrétaire-dactylographe-comptable
Formation

Eva Anna Paula Braun, épouse Hitler, née le à Munich et morte le à Berlin, est une photographe allemande, connue pour avoir été la maîtresse d'Adolf Hitler qu'elle épousa la veille de leur suicide, peu avant la chute de Berlin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une enfance pieuse et modeste[modifier | modifier le code]

Eva Braun est la fille de Friedrich Fritz Braun , professeur-architecte d'intérieur en lycée professionnel, et de Franziska Kronberger, fille d'un ancien directeur des services vétérinaires. Le couple Braun a trois filles : Ilse (1908), Eva (1912) et Gretl (1915). Catholiques convaincus[1], Fritz et Franziska placent alors leur fille au couvent de Simbach-am-Inn[2], dans lequel elle prouve un certain talent pour l'athlétisme.

Eva Braun est titulaire d'un diplôme de secrétaire-dactylographe-comptable et rêve d'être un jour actrice à Hollywood[réf. nécessaire].

La rencontre avec Hitler[modifier | modifier le code]

Eva Braun croise le chemin d'Adolf Hitler en 1929, à Munich, alors qu'elle travaille comme assistante d'Heinrich Hoffman, le photographe officiel du Parti nazi. Ils se rencontrent lors d'une visite d'Hitler dans l'atelier. Eva Braun confie plus tard à sa sœur : « Il me dévorait des yeux ».

À seulement dix-sept ans, Eva Braun est véritablement fascinée par cet homme âgé de quarante ans. Il lui est alors présenté comme Herr Wolff, un pseudonyme qu'il utilise souvent dans les années 1920 pour garder l'anonymat. À ses amis elle le décrit comme « un gentleman d'un certain âge arborant une moustache amusante et portant un grand chapeau de feutre ». Cependant, les choses se compliquent rapidement pour la jeune fille.

Les deux familles sont opposées à leur relation. D'ailleurs, Fritz Braun, qui n'adhère pas du tout au national-socialisme et qui n'apprécie pas Adolf Hitler pour ses idées politiques et morales, le considère comme un « clochard d'Autrichien »[3]. Il le prie alors d'arrêter de voir sa fille.

Le début de la relation[modifier | modifier le code]

On sait peu de choses sur les deux premières années de leur relation. La demi-sœur d'Hitler, Angela Raubal, mère de Geli Raubal, qui s'est suicidée en 1931, considère Eva Braun avec condescendance. Pendant ce temps, Adolf Hitler fréquente d'autres femmes, comme l'actrice Renate Müller, qui est présente longtemps aux côtés de son amant à Munich, puis à la chancellerie du Reich, mais qui décède dans des conditions troubles en 1937.

Eva Braun tente de se suicider en 1932, d'une balle dans le cou, puis une nouvelle fois en 1935, en absorbant une grande quantité de somnifères. Après son rétablissement, Adolf Hitler décide d'être plus proche d'elle, et l'emmène dans sa villa de Wasserburgerstrasse, dans la périphérie de Munich, et lui fournit même une voiture avec chauffeur.

Une relation sérieuse mais discrète[modifier | modifier le code]

Eva Braun emménage avec lui en 1936, au Berghof, la résidence d'Hitler en Bavière, près de Berchtesgaden. Certains historiens supposent qu'elle est au courant de certains détails concernant les activités du gouvernement.[réf. nécessaire] Mais la plupart des sources affirment qu'elle se tient à l'écart des affaires politiques. Eva Braun et son compagnon n'apparaissent néanmoins jamais ensemble en public, et leur mariage est très tardif (il n'aura lieu qu'à la fin avril 45, quelques jours avant la reddition de l'Allemagne). Ainsi, les Allemands ignorent tout de leur relation jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Dans son autobiographie Erinnerungen (« Souvenirs »), Albert Speer, l'architecte en chef du gouvernement, décrit ainsi leur relation :

« Eva Braun était autorisée à assister aux entretiens avec les anciens du parti. Mais elle devait disparaître lorsque les autres membres du gouvernement, comme les ministres, arrivaient […]. Manifestement, Hitler acceptait sa compagnie en société jusqu'à certaines limites. Parfois, je lui tenais compagnie lorsqu'elle était isolée, à côté de la chambre d'Hitler. Elle était tellement intimidée qu'elle n'osait même pas sortir de la maison pour prendre l'air. Au-delà de la sympathie que j'éprouvais pour sa situation délicate, je commençais à prendre goût à cette femme malheureuse, si profondément attachée à Hitler. »

Pendant la guerre[modifier | modifier le code]

Même pendant la Seconde Guerre mondiale, Eva Braun semble avoir beaucoup de loisirs : elle fait du sport, lit des romans à l'eau de rose, regarde des films. Mais son penchant pour les bains de soleil, totalement nue, et son goût d'être photographiée dans cette situation déplaisent à Adolf Hitler. En outre, elle s'intéresse fortement à la photographie et aux Rolleiflex Girls, groupe de passionnées dont le nom est inspiré d'une célèbre marque d'appareils photo. Elle aménage d'ailleurs sa propre chambre noire, dans laquelle elle développe la majorité des photographies et des films sur la vie qu'elle mène avec le chef de l'État allemand.

Otto Günsche et Heinz Linge, lors de leurs interrogatoires par les services de renseignements soviétiques au sortir de la guerre, affirment qu'Eva Braun est au centre de la vie du dictateur pendant ses douze ans au pouvoir. En 1936, ils disent :

« Elle l'accompagnait toujours. Dès qu'il entendait la voix de sa bien-aimée, il devenait joyeux. Il plaisantait volontiers à propos de ses nouveaux chapeaux. Après ses journées de travail, ils passaient du temps ensemble à boire du champagne frais et du cognac, et à manger du chocolat et des fruits. »

Le rapport d'enquête ajoute que lorsque Hitler était trop occupé pour lui consacrer du temps, « Eva était souvent en sanglots. » Heinz Linge affirme qu'avant la guerre, Hitler fait renforcer la surveillance de la maison d'Eva Braun à Munich, après que cette dernière a rapporté à la Gestapo qu'une femme l'avait traitée de « putain du Führer ».

Adolf Hitler est réputé pour être opposé au maquillage, en partie car ils sont fabriqués à partir d'animaux ; il va même jusqu'à en parler lors des repas. Linge, qui est alors son valet, raconte qu'un jour, son employeur s'est moqué des traces de rouge à lèvres présentes sur la serviette de table d'Eva Braun, puis lui aurait dit en plaisantant « Bientôt, le rouge à lèvres sera fabriqué avec les corps des soldats morts. »[réf. nécessaire]

En 1944, la sœur d'Eva Braun, Gretl, se marie avec un membre de l'entourage d'Hitler, Hermann Fegelein, général SS travaillant aux côtés d'Heinrich Himmler. Adolf Hitler se sert de ce mariage comme prétexte à l'accession d'Eva Braun à des fonctions officielles. Mais fin avril 1945, Fegelein est exécuté sur l’ordre de Hitler pour cause de désertion, et pour avoir gardé secrètes les tentatives de négociation d'Himmler avec les Américains. Eva Braun ne serait alors pas intervenue en faveur de son beau-frère.[réf. nécessaire]

Le mariage[modifier | modifier le code]

Début , Eva Braun rejoint Hitler au Führerbunker, son bunker sous la nouvelle chancellerie, à Berlin. Lorsque l'Armée rouge conquiert Berlin, elle refuse de partir, par loyauté envers son compagnon.

Ils se marient même le , au cours d'une brève cérémonie civile. Walter Wagner, conseiller municipal de Berlin en matière d'Urbanisme et de la Famille, fut chargé de présider la cérémonie[4]. Hitler portait un uniforme de la Luftwaffe, Eva Braun une petite robe bleue et un collier de perles. Les témoins de cette union furent Joseph Goebbels, ministre de la Propagande nazie et Martin Bormann, chef de la Chancellerie, pour Hitler. Magda Goebbels et Traudl Junge, la secrétaire du Führer, assistaient elles-mêmes à l'union du couple, tout comme la cuisinière personnelle d'Hitler et quelques militaires encore présents dans le bunker. Lors de la signature de l'acte de mariage, Eva signa d'un B pour Braun, mais le barra pour le remplacer par un H pour Hitler[5]. Le lendemain du mariage, quelques heures avant le suicide, l'épouse du Führer, fit demande au personnel militaire et civil du bunker de l'appeler « madame Hitler », ce qui surprit, beaucoup ignorant que le dictateur venait de s'unir à sa maîtresse[6].

Ils se suicident ensemble le , dans leur antichambre, Eva en absorbant une capsule de cyanure et Hitler en se tirant une balle dans la tête. Le corps d'Eva était recroquevillé, près de celui d'Hitler, étalé sur le canapé du salon[réf. nécessaire].

Des origines juives ?[modifier | modifier le code]

Début avril 2014, les médias se sont fait l'écho de possibles origines juives ashkénazes[7] d'Eva Braun, reprenant l'information donnée par un épisode de la série-documentaire Dead Famous DNA (que l'on peut traduire par « ADN de personnes célèbres »), présenté par Mark Evans (en) et diffusé quelques jours plus tôt sur la chaîne de télévision britannique Channel 4[8]. Les producteurs de l'émission ont fait procéder à une analyse ADN de cheveux supposés d'Eva Braun, analyse qui révèle que son génome est porteur d'une séquence particulière appelée N1B1, fortement associée aux juifs ashkénazes[8]. Ces cheveux auraient été prélevés sur une brosse gravée aux initiales d'Eva Braun, brosse récupérée par un capitaine de l'armée américaine, Paul Baer, au Berghof[8], la résidence de Hitler dans les Alpes bavaroises.

Mais cette information est sujette à caution. Dans le passé, Mark Evans avait acheté à l'historien négationniste David Irving une mèche de cheveux supposée appartenir à Adolf Hitler, ce qui par la suite s'était révélé faux[8].

Si cela était avéré, il est probable qu'Eva Braun ignorait ses origines juives, de nombreux ashkénazes allemands s'étant convertis au christianisme au cours du XIXe siècle[8].

Postérité[modifier | modifier le code]

La famille d'Eva Braun survit à la guerre. Son père travaille alors dans un hôpital, après que sa fille lui a envoyé, en avril 1945 plusieurs malles d'affaires personnelles. Sa mère, Franziska, meurt à l'âge de 96 ans en , après avoir passé la fin de sa vie dans une vieille ferme de Ruhpolding, en Bavière.

Eva Braun est essentiellement célèbre pour avoir été la maîtresse d'Hitler. Son rôle reste cependant controversé[réf. nécessaire] lors de la Seconde Guerre mondiale : si certains historiens soulignent le peu d'intérêt que la jeune femme portait au conflit, d'autres affirment que les derniers jours qu'elle a passés aux côtés du Führer ont été déterminants.[réf. nécessaire]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abbott E., Une histoire des maîtresses, Montréal, Éditions Fides, 2007, p. 306.
  2. Stambach, la ville natale d'Hitler est située du côté allemand, juste en face de Braunau côté autrichien.
  3. Il fait à la fois référence au passé d'Hitler lorsqu'il était mendiant à Vienne vers 1909-1911 et au fait qu'Hitler soit encore de nationalité autrichienne — jusqu'en 1932.
  4. J'étais garde du corps d'Hitler, chapitre « La guerre est finie », Rochus Misch, éditions Le Cherche Midi, 2006.
  5. Les derniers jours de Hitler, Joachim Fest, chapitre 5 « Le Banquet de la Mort », p. 127, éditions Perrin, 2003.
  6. Interview de Traudl Junge, secrétaire personnelle du Führer, « Les Dossiers de Paris-Match - Il y a 60 ans : la victoire », Paris Match, mai-juin 1995.
  7. Sur le site de francetvinfo.fr consulté le 5 mai 2014
  8. a, b, c, d et e Frédéric Therin, « Eva Braun avait-elle des racines juives ? », Le Point,‎ 8 avril 2014 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Marion Milne, Adolf et Eva, 3BM TV, 2001
  • Isabelle Clarke et Daniel Costelle, Eva Braun, dans l'intimité d'Hitler, Clarke et Costel production, 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]