Émilie Tillion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Tillion.

Émilie Tillion

Nom de naissance Cussac
Naissance 20 février 1876
Talizat (Cantal)
Décès 2 mars 1945
Ravensbrück (Allemagne)
Genres Guides touristiques

Œuvres principales

  • Les Pays d’Europe
  • Le Pays de France

Émilie Tillion, à l'origine Émilie Cussac[1], née le 20 février 1876 à Talizat (Cantal) et morte le 2 mars 1945 au camp de Ravensbrück, est un écrivain et une résistante française.

Elle est la mère de l'ethnologue Germaine Tillion (1907-2008), elle aussi résistante et déportée à Ravensbrück.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille de notables d'Alleuze (Cantal), elle épouse à Clermont-Ferrand en 1900 Lucien Tillion[2] (1867-1925), magistrat (juge de paix) et homme de grande culture[3] ; ils ont deux filles, Germaine et Françoise.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Écrivain et critique d'art, Émilie Tillion contribue avec son époux à la rédaction de plusieurs Guides bleus aux éditions Hachette.

Après la mort de son mari, elle élève seule ses deux filles et achève les trois gros volumes de la série « Pays d'Europe ».

La Résistance[modifier | modifier le code]

Agent P1 et boîte aux lettres du Groupe du musée de l'Homme dès octobre 1940 (c'est elle qui effectue la liaison avec les grands écrivains et artistes du mouvement), Émilie Tillion est arrêtée avec Germaine le 13 août 1942, suite à leur dénonciation par l'abbé Robert Alesch, agent de l'Abwehr, pour avoir participé à l'évasion d'un agent britannique.

Émilie Tillion est internée à la prison de la Santé, à la prison de Fresnes, puis au fort de Romainville. Elle passe par Compiègne avant d'être déportée le 30 janvier 1944 à Ravensbrück où elle est assassinée par le gaz, le 2 mars 1945[4], parce que son âge la rend inapte au travail.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Marcel Monmarché et Émilie Tillion, Les Pays d'Europe : les aspects de la nature ; les richesses monumentales ; les chefs d'oeuvre de l'art ; l'activité agricole et industrielle ; les particularités ethnographiques et sociales, Paris, Hachette,
    • 1935 (volume 1) : Portugal. Espagne. Grande-Bretagne. Irlande. Belgique. Grand-Duché de Luxembourg. Pays-Bas. Danemark. Islande. Suède. Norvège.
    • 1936 (volume 2) : Italie. Cité du Vatican. Suisse. Autriche. Tchécoslovaquie. Allemagne. ville libre de Dantzig. Lithuanie. Estonie. Finlande;
    • 1937 (volume 3) : Grèce. Rhodes et le Dodécanèse. Turquie. Bulgarie. Albanie. Yougoslavie. Hongrie. Roumanie. Pologne. Russie.
  • Marcel Monmarché et Émilie Tillion (dir.), Le Pays de France : les aspects de la nature, les richesses monumentales, les chefs-d'œuvre de l'art, Paris, Hachette, 1950
Guides bleus, Paris, Hachette
  • Champagne-Ardenne Vallée de la Meuse, 1923
  • Belgique et Luxembourg, 1930 (préface d'Hubert Lyautey)
  • Hollande, 1933 (préface de Marcel Monmarché, introduction de W. Van Deventer)
  • Versailles La ville, le château, le parc, les Trianons, 1934
  • Strasbourg et ses environs, 1938
  • Nord de la France Flandre Artois Picardie, 1939
Autres
  • La Bretagne, Hachette, coll. « L'encyclopédie par l'image », 1934 (réédition : 1957, revue par Georges-Gustave Toudouze)

Hommages[modifier | modifier le code]

Une plaque en granit avec son portrait sculpté a été apposée sur la façade de sa maison, où elle fut arrêtée (actuellement au 48 avenue du Général Leclerc à Saint-Maur). L'œuvre du sculpteur René Iché, dont elle était très proche et qui appartenait au même réseau de Résistance, porte la mention : « À Madame Émilie Tillion écrivain d'art et archéologue arrêtée dans cette maison avec sa mère et sa fille pour son activité de patriote, déportée et délibérément assassinée par l'autorité allemande le 2 mars 1945 à Ravensbruck après 3 ans de dure captivité en sa soixante dixième année. »[5].

Son nom a été donné à un square de Saint-Maur-des-Fossés ; une école de Saint-Mandé (Val-de-Marne), ville où Germaine Tillion est décédée, a reçu le nom « Germaine et Émilie Tillion ».

Le nom d'Émilie Tillion figure au Panthéon sous une plaque portant la mention : « Ici sont enfermés les hommages rendus le 2 juillet 1949 aux écrivains morts pour la France pendant la guerre 1939-1945 »[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lacouture, Le témoignage est un combat Une biographie de Germaine Tillion, Paris, Seuil, 2000

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon l'état civil, Françoise Vitaline Augustine Émilie Cussac : cf. Acte de naissance.
  2. Jacques Denis Lucien Tillion (cf. mention du mariage (7 juillet 1900) sur l'acte de naissance d'Émilie) né à Clermont-Ferrand le 16 mai 1867 (cf. Acte de mariage Clermont Ferrand, 1900, no 151 (vue 78), curieusement daté du 7 juin).
  3. Cf. Jean Lacouture, Le témoignage est un combat, p. 12-14.
  4. Archives du Cantal, juillet 2011, article en ligne lu en mai 2012
  5. de Séverine Morfin sur le site « Plaques-commémoratives »
  6. Liste des personnes citées au Panthéon de Paris