Du côté de chez Swann

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Du côté de chez Swann
Auteur Marcel Proust
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Bernard Grasset
Date de parution 1913
Chronologie
À l'ombre des jeunes filles en fleurs Suivant

Du côté de chez Swann est le premier volume du roman de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Il est composé de trois parties, dont les titres sont :

Publication[modifier | modifier le code]

Proust commence à rédiger « Combray » de façon suivie fin mai, début juin 1909. Une pré-publication des fragments de « Combray » paraît dans Le Figaro entre mars 1912 et mars 1913. Le premier tome de La Recherche fut refusé par plusieurs éditeurs, dont Gallimard, avant d'être publié par Grasset à compte d'auteur le 14 novembre 1913.

Combray[modifier | modifier le code]

Dans Combray, le narrateur raconte son enfance à Combray, sa relation à sa mère dont il réclame la présence le soir avant de se coucher. Il évoque ses premières lectures, notamment François le Champi de George Sand. On voit se dessiner l'univers culturel et affectif d'un personnage dont on va suivre la vie et l'évolution pendant le reste de la Recherche. C'est aussi dans « Combray » qu'apparaît le personnage de Swann et surtout c'est là que naît la fascination du narrateur pour les Guermantes qui ne le quittera qu'une fois qu'il aura pénétré ce milieu qui lui semble si inaccessible et merveilleux.

L'ouverture et les différents « je »[modifier | modifier le code]

Longtemps, je me suis couché de bonne heure, le célèbre incipit de la Recherche est énoncé par un narrateur (premier « je ») insomniaque qui se remémore les différentes chambres à coucher de son existence. Il évoque ainsi les souvenirs de Combray (vécus par un deuxième « je », celui du héros), lieu de villégiature de son enfance. Souvenirs tous issus de la mémoire volontaire, c'est-à-dire la mémoire de l'intelligence, celle qui donne sur le passé des renseignements qui ne conservent rien de lui.

Le « je » du narrateur fait l'ouverture et la fermeture de « Combray » (mais de la Recherche aussi bien), il convoque le « je » du héros aux différentes époques de sa vie. Epoques qui rentreront brusquement en correspondance lors des expériences répétées de mémoire involontaire vécues dans Le Temps retrouvé, desquelles émergera le « je » intemporel de l'auteur-narrateur.

Mémoire volontaire et mémoire involontaire[modifier | modifier le code]

C'est à l'occasion de la célèbre scène de la madeleine que le héros, à une époque bien plus tardive que celle du récit principal de Combray, va vivre sa première expérience de mémoire involontaire (les autres ne suivront que dans Le Temps retrouvé). Dès qu'il eut reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que lui donnait jadis sa tante à Combray, des pans entiers de sa mémoire ressuscitent, "comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables".

L'auteur se consacre alors au récit de la vie de la famille du narrateur, de ses domestiques et des habitants de Combray, donnant lieu à des peintures de personnages pleins d'humour (le snobisme de l'ingénieur Legrandin, la cruauté de Françoise envers la fille de cuisine...).

Le côté de Méséglise ou de chez Swann et le côté de Guermantes[modifier | modifier le code]

Le narrateur évoque ensuite les promenades quotidiennes effectuées du côté de Méséglise (ou de chez Swann) lorsque le temps était incertain, et du côté de Guermantes lorsque le beau temps le permettait. Ces deux côtés sont les gisements profonds de mon sol mental.

Le côté de Méséglise est associé au mauvais temps. C'est le côté des odeurs, surtout celle des aubépines que le narrateur apprécie énormément jusqu'à verser des larmes en leur disant adieu ; du désir charnel, et de l'échec de l'intelligence. Cherchant à exprimer son ravissement devant la mare de Monjouvain, le héros ne parvient qu'à une éjaculation verbale « zut ! zut ! zut ! ». C'est de ce côté qu'il observe la scène de saphisme et de sadisme entre la fille de Vinteuil et son amie ; c'est de ce côté que Gilberte Swann lui adresse un geste obscène.

Le côté de Guermantes est associé au beau temps, au désir de vie mondaine (il rêve de pouvoir fréquenter un jour la duchesse de Guermantes) et à l'intelligence des sensations. C'est du côté de Guermantes que le héros réussira pour la première fois à écrire un court passage sur les clochers de Martinville, le plaisir d'écrire décuplant le plaisir de l'observation. Ce succès restera isolé jusqu'au Temps retrouvé.

Un Amour de Swann[modifier | modifier le code]

« Un Amour de Swann » est un roman dans l'œuvre. On peut le lire indépendamment des autres parties. Il s'agit en réalité d'un retour en arrière dans la vie de Charles Swann. Sa rencontre chez les Verdurin avec celle qui sera sa femme, Odette, et surtout sa jalousie maladive sont les thèmes de cette partie. Comme le reste de l'œuvre, la narration se fait à la première personne, mais puisque les évènements décrits se déroulent avant la naissance du narrateur, celui-ci raconte forcément le récit à la troisième personne. Et bien qu'à deux reprises, le narrateur utilise « je » en se rappelant les faits de ses relations avec Odette et Swann, cette partie du roman tient tout de même une place à part dans la Recherche. Il n'en reste pas moins que les thèmes (l'amour, la jalousie, l'art, la critique des milieux bourgeois et de la noblesse) et les personnages (les Verdurin, Swann, Odette) se retrouvent plus tard et qu'Un Amour de Swann est bien une des pierres de l'édifice et non pas seulement une pause dans la narration.

Noms de pays : le nom[modifier | modifier le code]

« Noms de pays : le nom » évoque les rêveries du narrateur, ses envies de voyage, lui à qui la maladie interdit jusqu'à une sortie au théâtre. C'est donc à travers les horaires des trains qu'il voit Balbec et surtout Venise. À cette partie fait écho la partie « Noms de pays : le pays » de À l'ombre des jeunes filles en fleurs. Ce parallélisme souligne la déception naissant de la confrontation du rêve à la réalité brute. Seul l'art est capable de réenchanter les paysages et de les rendre à la hauteur des espérances du narrateur (par exemple, les peintures de Balbec par Elstir dans À l'ombre des jeunes filles en fleurs).

C'est à partir de « Noms de pays : le nom » que la Recherche devient plus une esthétique qu'un roman pur.

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