Cosmè Tura

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Vierge en majesté avec l'Enfant et des anges musiciens (vers 1471), panneau central du polyptyque Roverella

Cosmè Tura ou Cosimo Tura est un peintre italien du XVe siècle originaire de la ville de Ferrare. Certains historiens s'accordent à lui donner les dates de 1420-1430 comme années de naissance. Il est difficile en effet d'en trouver une date exacte puisque les seuls premiers documents parlant de Cosmè datent de ces années là. Il est mort en 1495.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Ferrare, Cosmè Tura étudie auprès de Francesco Squarcione de Padoue où il fait un séjour entre 1453 et 1456. Vasari le décrit comme disciple de Galasso Galassi, lui-même disciple de Piero della Francesca. Il semble également influencé par Andrea Mantegna.

Il est ensuite présent à la cour de Ferrare sous la protection de Borso d'Este et d'Hercule Ier d'Este. Il est un des fondateurs de l'Ecole de Ferrare. Parmi ses élèves on trouve Francesco del Cossa et Francesco Bianchi.

Tura meurt en 1495 à Ferrare.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il a en particulier participé à la réalisation des fresques du Palazzo Schifanoia (1469–71) qui présentent une allégorie des mois de l'année.

On lui doit également le décor des panneaux de bois qui entouraient l'orgue de la cathédrale de Ferrare (aujourd'hui conservés au musée du Dôme de Ferrare). Sur les deux panneaux extérieurs, se trouvait donc un épisode de la vie de Saint Georges, intitulé Saint Georges et la princesse. De part et d'autre de l'orgue, la princesse (à gauche) et Saint Georges (à droite). Saint Georges étant le patron de la ville, ses représentations sont multiples.

Tura a représenté un épisode célèbre de la vie de saint Georges, dans lequel celui-ci vient au secours de la fille du roi de Silcha en Libye.

Celle-ci avait été désignée pour être dévorée par un dragon qui menaçait la ville. Ce panneau peint en 1469 est issu d'une politique de propagande picturale visant à faire face à la politique offensive et expansionniste de Mehmet II. En effet, la prise de Constantinople de 1453 a suscité bien des émules au sein même de la chrétienté. Le Saint Georges et la Princesse de Cosmè Tura est une allégorie de la victoire du bien sur le mal. Pie II, qui malheureusement décède en 1464, avait préparé le départ d'une nouvelle croisade. Ce tableau est un symbole de la supériorité de la chrétienté sur le mal Turc qui s'est abattu sur l'Empire romain d'Orient.

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monica Molteni, Cosmè Tura, Édition Actes Sud - Motta, Paris, 1999
  • Eberhard Ruhmer, Cosmè Tura, Édition Phaidon Press, 1958
  • Guillaume Robin, Les Peintres oubliés, du Quattrocento à l'ère moderne, Collection Vision d'Art, Édition Ovadia, Paris, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les Musées de Venise, Editions Place des Victoires,‎ 2008 (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 109
  2. Studiolo di Belfiore (it)
  3. Erika Langmuir, National Gallery : Le Guide, Flammarion,‎ 1997 (ISBN 2-08-012451-X), p. 93
  4. couvent San Giorgi fuori le Mura
  5. Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires,‎ 2000 (ISBN 2-84459-006-3), p. 147
  6. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions,‎ 2005 (ISBN 2-35031-032-9), p.280

Liens externes[modifier | modifier le code]