Casamaures

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Casamaures
jadis villa Les magnolias
Casamaures-07-09.jpg

La Casamaures

Présentation
Type
Style
Architecte
inconnu
Ingénieur
Milly dit Brionnet (maître d'œuvre)
Matériau
ciment naturel prompt, bois et pierre
Commanditaire
Joseph Jullien, dit Cochard
Destination initiale
villa de plaisance, maison de campagne
Destination actuelle
centre culturel
Propriétaire
Christiane Guichard
Statut patrimonial
Site web
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
58, Allée de la Casamaures
38950 Saint-Martin-le-Vinoux
Accès et transport
Gare
Tramway
Localisation
Coordonnées
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La Casamaures est une villa située en France à Saint-Martin-le-Vinoux, commune du département de l'Isère en région Rhône-Alpes. Elle fait partie du paysage culturel des environs de Grenoble, sur le coteau du mont Jalla.

Cette villa a été construite au troisième quart du XIXe siècle en style néo-mauresque, d'inspiration arabo-andalouse, par le Grenoblois Joseph Jullien dit Cochard qui la surnomma villa Les magnolias et qui se ruina pour elle. Après avoir changé de propriétaire maintes fois, elle tomba dans l'abandon dès la moitié du XXe siècle. En 1981, la maison avec une partie du jardin d'origine ont été achetées par l'artiste Christiane Guichard qui, depuis, gère les campagnes de restauration et l'a renommée La Casa Maures / Cas'amore.

La Casamaures est classée à l'inventaire des monuments historiques depuis 1986 et possède un magnolia vieux de 150 ans qui a reçu le label « arbre remarquable de France » en 2007. Elle est le premier monument historique en béton construit en France.

La Casamaures est le siège de deux associations, Casamaures d'hier et d'aujourd'hui, association créée en 1985 chargée de la faire visiter et d'y organiser manifestations et expositions, et l'Atelier Tournesol, association créée en 1986 spécialisée dans la sauvegarde et la création de cadrans solaires.

La propriété est en pente légère, s'étageant entre la ligne E du tramway et la N481 en bas, et la rue de la Résistance en haut, sur laquelle donne le bâtiment. L'entrée publique est située en bas, côté jardins, au 58, allée de la Casamaures, tandis que l'entrée du haut est privée.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

L'orientalisme[modifier | modifier le code]

Istanbul interior of the harem par Amedeo Preziosi (1816–1882) entre 1850 et 1882.

Au XIXe siècle, en pleine époque coloniale, la mode orientaliste émerge dans toute l'Europe, avec la passion pour les turqueries et le Moyen-Orient. Les combattants de la guerre d'Algérie retournent en France les yeux pleins de minarets, d'arabesques et des élégances de l'Orient. À Grenoble, ville de garnison, est basée l'armée d'Orient, avec ses zouaves[Casa 1],[1]. Qui n'est pas parti, rêve des Mille et Une Nuits à travers les objets, les articles de mode et le mobilier d'importation. Les quotidiens de l'époque suivent la vie des artistes voyageurs et les botanistes recherchent l'exotisme dans les plantes[Casa 1].

Les écrivains content des histoires orientales (voir la préface des Orientales (1829) de Victor Hugo). Les artistes sculptent ou peignent des sujets orientaux, et souvent, dans leurs œuvres, ils mélangent objets d'époque et lieux divers[2]. Plus qu'une école, les orientalistes ont une iconographie en commun[3].

C'est aussi l'époque des mystères d'Orient : Jean-François Champollion, considéré comme le « père de l'égyptologie », revient en 1817 à Grenoble de la campagne d'Égypte.

L'architecture grenobloise en style moresque[modifier | modifier le code]

Façade de l'église Notre-Dame Réconciliatrice.

L'architecture mauresque se présente comme un revival architectural qui voit le jour en Europe au XIXe siècle par imitation du style des anciens Maures d'Espagne. Peu de distinctions étaient faites entre les éléments tirés de la Turquie ottomane et ceux qui provenaient d'Andalousie[4]. L'orientalisme, comme l'art nouveau après lui, « n'induit dans les Alpes qu'un changement de répertoire décoratif et non une modification de la structure des édifices »[5].

Dans la région grenobloise, ce sont surtout des militaires et des missionnaires chrétiens qui donnent l'impulsion de constructions orientalistes. Ainsi, le colonel de Beylié fait édifier la salle orientale homonyme du musée de Grenoble ; le maréchal Randon fait bâtir en 1865 la chapelle homonyme en forme de marabout algérien où il sera enterré ; l'évêque de Grenoble Fava commissionne l'église Notre-Dame Réconciliatrice en style moresque. Parmi les bourgeois, l'orientalisme pénètre à travers les décors, les peintures, les reliques et le mobilier, mais peu d'entre eux s'enthousiasment jusqu'à faire bâtir une maison ou une villa[1].

Les innovations : l'industrie de l'« or gris » et le bleu outremer artificiel[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble des cimenteries de la porte de France.
Détail de la façade.

« Les techniques et le nouveaux matériaux employés (ciment moulé, poutrelles métalliques, encadrements de baies préfabriqués, etc.) contastents avec les expressions architecturales, souvent passéistes » de la Casamaures et d'autres villas sous le Second Empire[6].

En effet, si ce monument historique est protégé pour son style orientaliste, témoignage du ravissement européen pour les cultures d'Orient, il est aussi protégé en tant que prototype préfabriqué en pierres factices, chef-d'œuvre des artisans-mouleurs de Grenoble. Durant les années de construction de la Casamaures, la construction avec du ciment moulé (et le ciment prompt en général) est une technique novatrice. Elle permet d'imiter la pierre mais à un prix beaucoup plus contenu. Plusieurs grandes villes du Sud-Ouest conservent des façades ornées en pierre factice moulurée : Lyon, Grenoble, Valence, tandis que les bourgs plus petits révèlent leurs ornements en ciment prompt sur les édifices administratifs et cultuels[1]. Le ciment Portland (« l'or gris ») est découvert par le chercheur grenoblois Louis Vicat (1786-1861) en 1817[Note 1]. Au XIXe siècle, la cimenterie est une industrie naissante et une véritable industrie locale, inscrite dans la géologie de l'Isère. Les bancs argilo-calcaires nécessaires à l'exploitation du ciment et de la chaux sont faciles à trouver, tandis que les mines de charbon de la Mure sont proches et les cours d'eau qui descendent les massifs de l'Oisans et de Belledonne donnent l'énergie hydraulique nécessaire aux usines. En 1842, c'est sur le flanc méridional du mont Jalla, à Saint-Martin-le-Vinoux, qu'on découvre le Berriasien, un étage stratigraphique calcaire du Crétacé qui donne un ciment de très grande qualité. Ce gisement souterrain de ciment prompt naturel est exploité par la première usine cimentière de l'Isère[Note 2], celle de la Porte de France, à moins d'un kilomètre[Note 3] de la parcelle de terrain « La Guinguette » où est construite la villa Les magnolias[7]. En 1880, Grenoble est la première région exportatrice de ciment en Europe et, durant les années 1875-1880, elle exporte jusqu'en outre-mer[1].

Les décorations de la Casamaures sont en bleu outremer artificiel, une autre innovation de son époque : le bleu Guimet est un pigment synthétique. Pour sa découverte en 1828, le fabricant de couleurs Jean-Baptiste Guimet fut récompensé par la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.

Le premier propriétaire : Joseph Jullien dit Cochard[modifier | modifier le code]

Détail de la maquette de l'AVIPAR à l'entrée de l'orangerie : la villa Les magnolias en 1884.
Plan croquis de 1878 du terrain de la Guinguette.

Joseph Jullien dit Cochard (2 février 1803 à Grenoble - 1886 à Grenoble) est né le 13 pluviôse de l'an XI de Mélanie Jullien, couturière, et de père inconnu[Note 4]. Entre 1817 et 1827 et de 1830 à 1861, Joseph Jullien travaille en qualité de maréchal-ferrant, comme son grand-père avant lui. Entre 1827 et 1830, il est lieutenant de cavalerie de la Garde nationale. Le 30 mai 1832, il épouse une couturière, Rosine Germain (1817 - 1846), qui meurt sans avoir eu d'enfants. Joseph Jullien se remarie en 1849 avec Jeanne-Marie Laverriere (1800 - 1873), une marchande de nouveautés qui a une boutique de mode sur la place Grenette. Ils vivent dans un appartement sur la place Grenette. À cette époque, il est entrepreneur de messageries chez un certain Mazuyer, du service des dépêches entre Grenoble et Lyon. Les spéculations immobilières le portent à devenir, dès 1855, propriétaire rentier. La même année, il achète le terrain où construire sa villa de campagne, la villa Les magnolias. Il perçoit encore des commissions sur le commerce des peaux : de 1861 à 1867, il s'occupe pour l'Administration de la Guerre de « fourrage et pains de troupe à la ration » dans l'arrondissement d'Annecy et dans les départements de l'Ain, des Bouches-du-Rhône et de la Vienne. En 1870, Cochard fait partie des amis du musée de Grenoble. En 1887, son nom est gravé avec le nom de sa femme sur une plaque dans le hall de l'hôpital civil qui montre la liste des bienfaiteurs. En 1873, il est toujours sans enfants et devient veuf pour la seconde fois : Jeanne-Marie ne lui laisse pas de fortune et donne en bienfaisance tout ce qu'elle possède. En 1878, ruiné par la construction de son palais orientaliste, il est contraint de céder la villa Les magnolias, puis son appartement de la place Grenette. À 73 ans, il se marie avec Alexandrine, une autre couturière mère de deux enfants naturels. Il termine ses jours dans un appartement à l'Île-Verte. Son tombeau, en style néo-classique, se trouve dans le cimetière Saint-Roch (case 129), où il est enterré avec ses deux premières épouses[Casa 1].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Néron et la Casamaures, illustrés par l'abbé Guétal (1841 - 1892).

Le 27 janvier 1855, Joseph Jullien dit Cochard achète pour 14 000 francs la parcelle de terrain dite de « La Guinguette » : une parcelle de 25 ares, située le long de l'Isère et de la route impériale de Chalon-sur-Saône, sur les contreforts de la Chartreuse, proche des remparts de la Bastille. Dans l'achat sont compris le jardin, les treilles, la terrasse, les bâtiments en pierre et la maison du jardinier. À l'époque, Saint-Martin-le-Vinoux commence à la Porte de France, à la limite de la zone ouvrière de l'Esplanade, à Grenoble. Les bâtiments sont concentrés autour de l'église du village et du hameau de la Buisseratte. La vue est dégagée et les silhouettes de deux pyramides montagneuses marquent l'horizon : Le Pieu (1 270 m) et l'Éperrimont (1 441 m). Son intention est d'y construire sa maison de campagne, une villa de plaisance.

L'architecte reste inconnu, mais Cochard cherche les meilleurs artisans grenoblois pour ce travail. Le maître d'œuvre est l'entrepreneur Aimé Milly dit Brionnet, qui bâtira également le manoir Chantoiseau et les écoles de Saint-Martin-le-Vinoux, et contribuera à la construction du musée-bibliothèque et de l'hôtel de préfecture de l'Isère à Grenoble[Casa 1].

La villa Les magnolias est construite entre 1860[6] ou 1862 et 1867[5]. Cependant, les dates de début et de fin des travaux ne sont pas connues avec certitude. Il est possible que la villa ne fût jamais terminée : « D'ailleurs, le maître d’ouvrage a dû manquer d’argent pour payer des artisans car les peinture à tempéra ne sont pas finies dans le haut de la montée d’escalier avec des motifs stylisés de tulipes sur fond rose »[Casa 1].

En 1878, la villa Les magnolias est cédée au créancier de Cochard, le docteur Minder[Casa 2]. Par la suite, elle change plusieurs fois de propriétaire, en subissant les morcellements dus aux héritages.

À la mort de Cochard, ses archives de famille sont dispersées[Casa 2] et seul un patient travail de recherche permettra plus tard de découvrir les traces de l'histoire de la Casamaures.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Photo du Bon Lait en 1952.
Vue aérienne de la Casamaures et de la parcelle originaire de « La Guinguette » à février 2015 par Sylvie Jeanson.

Abandonnée, la villa subit les dégradations dues à deux guerres (avec les vitraux brisés lors des explosions des dépôts de munitions de 1918, 1943, 1944), aux dégâts de l'eau, au manque d'entretien[Casa 2] et à un usage détourné : elle est transformée en bureaux, utilisée comme dépôt et occupée par des squatteurs[1]. En 1952, une partie du jardin est détruite pour l'installation des entrepôts de l'entreprise « Le Bon Lait ».

En 1981, la villa avec une partie du jardin d'origine est achetée par l'artiste Christiane Guichard, qui commence la restauration et la surnomme avec un jeu de mots : La Casa Maures / Cas'amore[Note 5],[Casa 2].

En 1985, l'association La Casamaures d'hier et d'aujourd'hui est créée, suivie en 1986 par l'association l'Atelier Tournesol.

En 1997, la propriétaire achète 695 m2 de terrain du jardin de l’Orangerie à la Métro.

Le groupe Vicat, qui exporte aussi à l'international le ciment prompt naturel du mont Jalla, soutient les actions de restauration et les activités de Casamaures d'hier et d'aujourd'hui.

Réhabilitation[modifier | modifier le code]

Le chantier de restauration de l'orangerie en 1986.
Le chantier de restauration de la toiture en 2015.

Depuis les années 2000, la partie du terrain de La Guinette occupée par les locaux du Bon Lait, jadis partie du jardin de la villa Les magnolias, est partagée entre plusieurs associations ou collectifs liés aux images : Cinex, Atelier MTK, Octobre, Culture Ailleurs, Passage & Laps[8].

En 2002, le mécenat Vicat permet la reconstruction à l'identique de huit colonnes dans l'orangerie[9].

Vingt-cinq dentelles en béton, qui ornent le mur de la rue de la Résistance, ont été reconstruites à l'identique en 2004, avec une technique réactualisée, par l'architecte en chef des Monuments historiques François Botton[9],[Note 6]. La même année, la Casamaures reçoit le prix du conseil régional Rhône-Alpes et Patrimoine rhônalpin pour la valorisation du « savoir-faire de l'or gris ».

En 2005, 15 mètres de garde-corps sont restitués à leur aspect d'origine sur la terrasse ouest[9].

À l'automne 2008, un grand chantier de restauration redonne à la Casamaures son toit d’origine en zinc.

Reconnaissances : le classement et les prix[modifier | modifier le code]

Le prix « chef-d'œuvres en péril » de 1986, exposé dans le jardin d'hiver.

Durant les trente dernières années, le travail de restauration de la Casamaures a été reconnu par plusieurs prix et distinctions.

La Casamaures a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 4 juillet 1985 par la Commission régionale du patrimoine historique, archéologique et ethnologique de Lyon[Casa 3]. Elle fait l'objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 5 mai 1986. Alors qu'il concernait au début seulement les trois façades en ciment moulé, ce classement s'est progressivement étendu à l'intégralité de la parcelle de 883 m2 le 19 mars 1992[10], et de 695 m2 au niveau de l'orangerie en 2012[Note 7].

L'année du premier classement, la Casamaures reçoit le prix « Chef-d'œuvres en péril » puis le prix « Vieilles maisons françaises » en 1988[9]. En 2004, la Casamaures reçoit du Conseil régional de Rhône-Alpes et du Patrimoine rhônalpin le prix pour le « savoir-faire de l'or gris »[9], et le « prix Jardins » est attribué par l'association des Vieilles maisons françaises à deux jardiniers en BTS du lycée horticole de Saint-Ismier qui ont présenté deux projets de réhabilitation de l'ancien parc exotique[Casa 4]. En 2009, la fondation de La Demeure historique lui décerne une « couronne en or gris » et en prix un acrotère réalisé à l'identique de près de 100 moulures, en restitution de l'acrotère perdu du XIXe siècle[9].

Dans les années 2010 l'ancienne route nationale 80 de Lyon est renommée allée de la Casamaures.

Un timbre de la série « Région Rhône-Alpes » de mai 2011 pour lettres prioritaires de 20 g, exclue du programme officiel d'émissions, est consacré à la Casamaures[11].

En 2014, le Conseil régional et le Patrimoine rhônalpin attribuent à nouveau un prix du savoir-faire à la Casamaures, mais cette fois en reconnaissance du travail de l'atelier Tournesol : le « grand prix du Patrimoine 2014 : le geste d'or » pour la maître d'ouvrage de la restauration[9].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La Casamaures est située au nord de la ville de Grenoble, à Saint-Martin-le-Vinoux, commune du département de l'Isère.

Elle est bâtie au pied du mont Jalla sur le versant méridional du massif de la Chartreuse, à proximité des rives de l'Isère, à 54 m des fortifications édifiées en 1880.

Accès et transports[modifier | modifier le code]

La Casamaures est longée par la route départementale 104[Note 8] traversant le chef-lieu à l'est et par l'autoroute A48[Note 9], la ligne E du tramway et la N 481 à l'ouest. Cette dernière est, par ailleurs, l'ancienne route de Lyon N 80 longeant l'autoroute, jadis avenue Général Leclerc, localement renommée allée de La Casamaures et devenue une impasse qui se poursuit en piste cyclable.

Depuis 2015, La Casamaures est reliée à Grenoble par la ligne E du tramway, qu'elle dessert par l'arrêt « Casamaures - Village ». La gare ferroviaire la plus proche est la gare de Grenoble située au sud.

L'entrée du monument historique est à l'ouest, côté jardin, au 58, allée de la Casamaures, tandis que l'entrée haute à l'est, au 13, rue de la Résistance, est privée. L'entrée du public, située le long de l'allée de la Casamaures, est directement accessible aux piétons et aux cyclistes. Elle se trouve à 170 environ de l'arrêt « Casamaures - Village » du tramway et du parking-relais Esplanade où on peut garer son véhicule.

Description[modifier | modifier le code]

Les quatre niveaux de la Casamaures.

La Casamaures est un petit palais à deux étages[Note 10], en style néo-mauresque d'inspiration arabo-andalouse[6], qui s'élève « au sommet d'une composition pyramidale de terrasses successives ». Ces terrasses « formaient, avant le démantèlement de la propriété, une transition entre le parc arboré et la villa, une séquence passant du végétal au minéral »[1].

Onze bassins et fontaines ornés de statues étaient alimentés par les eaux d'une source souterraine et les eaux de pluie captées et récupérées depuis le toit. La collecte de l'eau se faisait, selon les information récupérées dans les Archives départementales, par gravitation vers la citerne de béton qui se trouve dans le sol du jardin d'hiver et découverte en 1981. De là, l'eau alimentait le bassin hexagonal de marbre blanc. Quand le niveau dépassait un certain limite, l'eau descendait dans un trou d'homme vers la terrasse et le bassin inférieur. Le système hydraulique parvenait à alimenter les bassins et les fontaines du jardin, avant de terminer son parcours dans l'Isère[12].

La structure de la Casamaures est dépourvue de toute armature en acier qui a fait le succès du ciment et du béton aux XXe et XXIe siècles. Les moules de ciment pour construire la Casamaures furent fabriqués à l'Esplanade en atelier par les artisans locaux, puis, une fois secs, assemblés sur place[5],[1].

Quand l'édifice, construit sur quatre niveaux, est acheté par Christiane Guichard, l'état des lieux met en évidence un total abandon. Cependant, le béton de la Casamaures se présente encore très bien conservé : il s'agit d'un ciment de très grande qualité, résistant aux atmosphères acides[1], à la pollution et au gel, et travaillé avec précision et soin par les artisans qui ont bâti la Casamaures[9].

La Casamaures est caractérisée par 36 fenêtres[13] et par 52 colonnes, « à la fois porteuses et décoratives »[14], à chapiteaux bulbés et rehaussées avec de la peinture bleu outremer artificiel[Note 11],[5]. À l'extérieur et à l'intérieur de l'édifice se trouvent plusieurs symboles francs-maçons, mais les archives des loges grenobloises, dispersées ou détruites, ne peuvent plus fournir d'informations relatives au lien entre la franc-maçonnerie et la Casamaures[15],[Note 12].

Les trois façades concernées par la première protection au titre des Monuments historiques de 1986 sont les façades à l'ouest (sud-ouest) et au sud (sud-est), qui donnent sur la terrasse d'entrée et la grande terrasse, et la façade au nord (nord-ouest) qui se cache à l'intérieur du jardin d'hiver. Ces façades alternent sur deux niveaux[Note 10] les volumes pleins des colonnes, des architraves et des saillies aux volumes vides des arcades fenêtrées. Les lignes droites et verticales des colonnes et des fenêtres, soulignées par le décor bleu outremer, sont balancées par les lignes courbes des arcades et des menuiseries polychromes et par les allèges étoilés qui se développent horizontalement.

Au troisième niveau, les fenêtres jumelles à l'arc outrepassé succèdent aux arcades plus petites et à fenêtre simple, tandis qu'au quatrième niveau les fenêtres jumelles sont bilobées et surmontées par un double arc outrepassé et alternent avec les fenêtres simples à l'arc outrepassé lancéolé. Au quatrième étage, l'architecte reprend le motif de l'angle aigu au faîte de l'arc outrepassé lancéolé dans plusieurs élément de décor, ce qui allège la vue d'ensemble.

Les façades au sud et au nord répètent sur deux niveaux le schéma de deux fenêtres jumelles et bilobées, encadrées par trois fenêtres simples, tandis que la façade à l'ouest, plus longue, présente sur les deux niveaux le schéma de trois fenêtres jumelles encadrées par quatre fenêtres simples[Casa 2],[14].

Dans les chapiteaux suspendus ou culots[16], au point où convergent et se rencontrent les deux lobes du double arc outrepassé du quatrième niveau, se présente une curiosité : le décor expose une tulipe ottomane stylisée qui contient la marque emblématique des trois points. Selon l'interprétation la plus reconnue, il s'agit d'un symbole franc-maçon. Cette hypothèse est soutenue aussi par un détail historique : de ces sept chapiteaux suspendus originaux seulement deux survivent, les cinq autres ont été cassés intentionnellement, probablement durant les deux guerres mondiales[Casa 5],[Note 13].

Les arcs, et les façades en général, sont fortement décorés avec des arabesques à bas-relief en ciment moulé peint en bleu, présents également sur les intrados et les extrados : il s'agit d'une décoration géometrique (lignes droites brisées et entrelacées, motifs en mosaïque à partir d'une unité de base ou étoilés), florale (éléments en encorbellement, volutes, motifs floraux) et calligraphique. « La surface n'est jamais nue, car le ciment comme le plâtre permet d'imprimer à volonté entrelacs, cannelures, treillis géométriques et chevrons. Au bord du toit, des éléments probablement préfabriqués accumulent les découpes, masquant la toiture au passant. Le moulage en série des éléments en ciment permet en effet d'accumuler les ornements sans se ruiner[14]. »

La toiture originale en zinc est couronnée par un acrotère à tulipes bleues en ciment moulé. Tout est décoration, même les vitraux : il manque encore la connaissance des couleurs d'origine mais le choix du restaurateur a été de privilégier un parcours chromatique entre couleurs chaudes et froides[1] qui se développe depuis l'ouest (nord-ouest) vers l'est (sud-est)[Casa 2],[14].

Dans les arcs outrepassés se trouvent 36 moucharabiehs[Casa 2] réduits à éléments de décor : en bois découpé, ils filtrent la lumière sans avoir aucun but fonctionnel, contrairement à ce l'on constate au Moyen-Orient, où ils font circuler l'air en laissant rentrer la lumière : ces moucharabiehs alpins sont superposés aux vitraux.

Chaque fenêtre des trois façades est protégée de la lumière ultraviolette par des voilages à trompe-l'œil, imprimés avec la saga de la famille Cochard reconstituée en version photographique et en costume d'époque[13].

Le jardin d'hiver est accolé au préfabriqué en ciment moulé, selon le goût éclectique de son époque. La façade du jardin d'hiver est inspirée des maisons en bois du Bosphore[Casa 2], appelées yalıs. D'autres colonnes en ciment prompt terminent le bâtiment à l'ouest (nord-ouest), où commence une maison privée construite par un des propriétaires dans un but résidentiel.

Premier niveau[modifier | modifier le code]

Le jardin[modifier | modifier le code]

Le jardin historique[modifier | modifier le code]
Le jardin de la Casamaures.
Le poste de garde, le ruisseau et l'entrée d'origine à La Guinguette sur la maquette de l'AVIPAR.

La Casamaures est dès l'origine située au cœur d'un vaste jardin en terrasses de 6 500 m2 dominant l'Isère, sur la suggestion des jardins de l'Alhambra, agrémenté de statues, de vases, de bassins et de fontaines, tous disparus[17]. Dans le parc on trouve des arbres fruitiers, des arbustes, des plantes vivaces, grimpantes, méridionales et tropicales et des fleurs annuelles, choisis pour leur exotisme : grenadiers, iris d'Algérie, orangers du Mexique, palmiers et bananiers.

À l'angle sud-ouest de la propriété enceintée, le long de l'allée de la Casamaures, se trouve le poste de garde des fortifications qui présente encore les différents noms qu'a pris la route durant les époques[pas clair]. Au sud-est, le long de la rue de la Résistance, à la place de l'ancien octroi de Grenoble[12], se trouvent les restes de la maison du jardinier du XVIIIe siècle (vers 1787), une maison dauphinoise typique avec le toit traditionnel en tuiles plates disposées en écailles[18], brulée en 1990.

La limite sud du jardin est donnée par les murs d'escarpe des fortifications, le long de la douve occupée par un ruisseau canalisé et aménagé avec un corridor écologique durant les travaux de la ligne E du tram en 2013, pour permettre à la faune de descendre de la ZNIEFF de la Chartreuse[Note 14] et rejoindre la rivière Isère[19].

L'arboretum - jardin ornaméntal occupait la moitié nord de la propriété de « la Guinguette » et progressait en terrasses depuis la maison en suivant la pente naturelle du terrain ; dans la moitié sud de la propriété, fonctionnellement, un jardin potager et « un verger qui logeait les douves des dernières fortifications de Grenoble »[12] étaient cultivés. Le jardin proprement dit, suivait certains impératifs de son époque : à partir du XIXe siècle, « à l'instigation des romantiques, le goût pour les jardins à la française empreints d'ordre et d'équilibre est progressivement abandonné au profit de parcs paysagers[6] ».

Le chemin de terre battue, le long l'axe sud-nord, traversait toute la propriété et liait visuellement l'entrée du jardin, sur la route impériale et à côté du poste de garde et du ruisseau, à la villa. De loin, vue depuis la route, grâce à un jeu de perspective dû aux terrasses et à la pente du terrain, la villa Les magnolias semblait un palais beaucoup plus grand que ce qu'on aperçoit quand on commence à monter les terrasses. Ce jeu optique a été conservé.

Le jardin actuel[modifier | modifier le code]
1) le jardin d'hiver ; 2) la terrasse du haut ; 3) la porte d'entrée etoilée du 1993 ; 4) la terrasse (terrasse d'entrée et la grande terrasse); 5) la terrasse du temps solaire ou terrasse d'entrée ; 6) les ateliers ; 7) l'orangerie ; 8) le parvis ; 9) la bananeraie du 1998 ; 10) le jardin bleu du 2002 ; 11) l'entrepot du Bon Lait du 1952.

L'ancien parc est désormais démembré en trois parcelles et partiellement en friche.

Flore[modifier | modifier le code]

Le recensement des espèces des jardins et des terrasses est en cours[20],[21],[22],[23],[Casa 6],[Casa 7] :

Faune présente[modifier | modifier le code]
Faune[24]
Type Nom Illustration
Oiseaux photo : Mésange bleue
Insectes photo : papillon Proserpine
Mammifères et reptiles Couleuvre • Hérisson phot : hérisson

Le parvis de l'orangerie[modifier | modifier le code]

Le parvis de l'orangerie donne l'accès à la glacière au nord, à l'orangerie à l'est et au jardin au sud. Un escalier attaché au côté nord mène au deuxième niveau, à la terrasse.

Un grand cadran solaire occupe en diagonale le sol, le long de l'axe du midi. Une décoration en dentelles de béton termine l'œuvre.

L'orangerie[modifier | modifier le code]

L'orangerie en hiver abrite certaines plantes exotiques et méditerranéennes.

À l'extérieur, depuis le parvis de l'orangerie, côté est, se dressent quatre arcs à vitraux – dont le premier et le troisième, en partant de gauche vus du parvis, cachent les portes.

L'orangerie est une grande salle à voûtes d'arêtes de 80 m2[Casa 7]. Elle se développe en longueur selon l'axe sud-ouest, au premier niveau du bâtiment.

Le mur sud-ouest de l'orangerie est également percé d'une fenêtre à vitraux qui donne sur le jardin.

À l’intérieur, en entrant par la porte de droite, se trouve une maquette réalisée par l'association AVIPAR sous la conduite de Thaïs Schutzer qui représente la villa Les magnolias et le jardin en 1884 : les fortifications de Grenoble, les berges de l’Isère, la maison de garde et celle du jardinier (ancien octroi), les douves et la nouvelle route de Lyon y sont représentés. La maquette, inaugurée le 26 octobre 2005, est un outil pédagogique utilisée durant les visites guidée. Elle a été exposée dans la hall de l'Hôtel de Ville de Saint-Martin-le-Vinoux et au CDI[25].

L'orangerie est actuellement le siège de l'association Casamaures d'hier et d'aujourd'hui[26] et salle d'exposition.

Deuxième niveau[modifier | modifier le code]

La terrasse d'entrée et la grande terrasse[modifier | modifier le code]

Acanthes et cadrans solaires sur la terrasse d'entrée.
photo : magnolia
Le magnolia, trônant sur la grande terrasse de la Casamaures. Au niveau inférieur, trois premières arcades fenêtrées de la façade sud-est de l'orangerie.

La terrasse se décompose en deux pans, la terrasse d'entrée et la grande terrasse.

La terrasse d'entrée[modifier | modifier le code]

La terrasse d'entrée située au-dessus de l'orangerie, dite aussi terrasse du temps solaire, est exposée au sud et adossée à un mur de soutien de la terrasse supérieur (située au rez-de-chaussée) sur lequel sont peints trois cadrans solaires, réalisés en 1987 par l'atelier Tournesol et un autre cadran orienté à l'ouest sur le mur de l'entrée secondaire[27]. On trouve aussi deux jardinières d'orientation de création récente indiquant huit observatoires dans le monde tels que l'Alhambra, Bizance.

La grande terrasse[modifier | modifier le code]

La grande terrasse ou terrasse des magnolias est exposée à l'ouest. Le magnolia (Magnolia grandiflora) vieux de 150 ans, qui a reçu le label « arbre remarquable de France » en 2007[28],[22],[29], est situé à son extrémité nord. À ses côtés se trouve le dernier bassin d'origine[30] (un baptistère) et des plantations récentes dont un autre type de magnolia.

Troisième niveau[modifier | modifier le code]

La terrasse haute[modifier | modifier le code]

À l'origine, la terrasse haute s'avançait avec deux ailes latérales, en forme de fer à cheval, qui composaient deux portiques sur la grande terrasse (voir la maquette)[17].

Le jardin d'hiver[modifier | modifier le code]

À l'intérieur du jardin d'hiver.
Façade extérieure du jardin d'hiver.

La façade extérieure du jardin d'hiver s'inspire des yalıs, les villas du Bosphore[Casa 2]. Elle se présente divisée en deux : le premier étage est à vitraux, l'étage supérieur est construit en bois peint. Les planches en bois sont disposés sur les axes diagonales, renforcés d'armatures métalliques, qui suivent la forme au triangle de décharge de l'ébrasement. Des décorations peintes en vert et rouge sont encore lisibles sur le bois, tandis que les lignes bleues sont en cours de restauration au printemps 2015. Certaines décorations ciselées pendent de la corniche du toit. Les photos d'archives montrent que les vitrages étaient de couleur, avant leur explosion durant la Seconde Guerre mondiale. Les recherches pour établir de quelles couleurs sont en cours[12].

Construite en même temps que la partie en ciment moulé, la façade révèle le gout éclectique de son époque. Elle a probablement été rachetée dans une exposition coloniale, pratique courante au XIXe siècle, et adaptée au rêve de Cochard[17].

À l'intérieur, cette serre est un vaste local qui prend en hauteur deux étages jusqu'au toit. Il reçoit la lumière de la verrière, achetée au Caire, ouverte au centre du toit à 9 m de hauteur et des fenêtres à l'ouest (sud-ouest). Le plafond est recouvert d'un lambris de planches de bois. La serre abritait une collection de plantes tropicales et « des grands arbres exotiques » qui survivaient au climat alpin grâce au chauffage d'un grand poêle : parmi les autres, il y avait un eucalyptus de 9 m de hauteur[12].

Le mur à l'est (nord-est) est en brique et présente une fenêtre garnie avec un moucharabieh bleu clair ; à l'angle sud-est, la porte ramène à l'appartement privé. À l'angle nord-est, un pseudo-minaret, une sorte d'échauguette peinte à section polygonale ou un pavillon turc, monte jusqu'au plafond et cache des cabinets d'aisances. À l'angle nord-ouest, une vitrine expose des curiosités. Autour d'un bassin hexagonal avec sept poissons rouges, quatre parterres ont été reconstruits et sont occupés par les yuccas Monstera deliciosa, et plusieurs autres plantes qui se mélangent avec le mobilier exotique, les objets orientaux et les œuvres d'art. Un jasmin étoilé grimpe jusqu'à la verrière du toit. Un puits révèle le système de captation d'eau qui alimentait les bassins et les fontaines jusqu'à l'arboretum et se terminait dans l'Isère. Au XIXe siècle il y avait aussi deux statues[12].

La façade en ciment moulé dans le jardin d'hiver.
Détail du cœur emblème de la Casamaures.

Les murs, où les peintures sont très abîmées par les dégâts des eaux, exposent plusieurs gravures, photos anciennes et photos de mariés à la Casamaures. Ils content l'histoire de la Casamaures, de ses habitants et de ses visiteurs. Le pavage est divisé en deux partie : la partie au sud est un trompe-l'œil et se compose d'un carrelage de dalles en béton tricolore (rouges, blanches et noires), disposées en mosaïque, qui peuvent représenter des étoiles ou bien des cubes en trois dimensions. Cette partie du sol est très endommagée : elle présente les éraflures dues aux coups de hache lors de la découpe du bois. Au nord, le sol est un échiquier de dalles carrées, rouges et blanches.

Au sud on trouve un des trois murs en ciment moulé classés en 1986[Note 15] ; la porte vitrée qui s'ouvre sur cette façade ramène le visiteur au salon. Des inscriptions en arabe classique surmontent la porte et se situent dans les arcs outrepassés ; en particulier entre les arcs lancéoles du dernier étage une inscription se compose d'initiales mystérieuses qui ressembleraient à un mot d'amour[31],[32].

Un arabesque vitré à cœur se répète ici et ailleurs et est devenu l'emblème de la Casamaures : ce cœur dans l'alphabet arabe peut être lu Alif et dans les salles qui suivent, par le jeu de la lumière, se dépose sur les murs ou sur les personnes qui s'y interposent[33]. En observant vers cette façade on a l'impression de se trouver à la fois à l'intérieur et à l'extérieur.

Le salon[modifier | modifier le code]

Détail de la baie d'Instambul sur le papier peint.

Le salon se trouve entre le jardin d'hiver et le vestibule. Ce fumoir est dominé par la couleur rouge qui traverse le vitrail arabesqué du côté ouest (sud-ouest) et se reverse sur le mobilier persan. Sur le mur à l'est (nord-est), un grand papier peint à la main, pièce unique fabriquée sur commande, conserve sa grandeur et le panorama de la Corne d'Or et de la baie d'Istanbul avec les silhouettes des minarets et des l'architectures ottomanes au fond, malgré les déchirures dues aux squatters[31].

La cloison sud (sud-est) est occupée par la porte décorée et surmontée par un éventail floral et un bandeau à calligraphie, pas encore traduit. À gauche de la porte, un papier peint présente un symbole colonial : la France, représentée par un oiseau bleu, blanc et rouge, à l'air impératif et en position dominante, soumet la colonie, représentée par un oiseau jaune, vraisemblement un paradisier[Note 16]. Cette peinture s'inspire du papier peint panoramique dit « Le Brésil », créé par Joseph Fuchs et réalisé par la manufacture Desfossés en 1862, rééditée en 1872 et en 1905. Une copie de ce papier peint est conservée au château de Beauvoir à Arthun, elle aussi classée Monument historique[34],[35].

À droite de la porte, un autre papier peint, probablement une autre partie du papier peint inspiré de l'œuvre de Fuchs, présente une singulière chasse au papillon accomplie par des oiseaux à couleurs vives dans une forêt tropicale. Comme dans les autres papiers peints, au fond on distingue des palais et des architectures peut-être imaginaires, en tous cas pas encore reconnus[31].

À l'angle sud-ouest du salon, une cheminée turque en plâtre ciselé, de dimension réduite par rapport aux cheminées turques d'Orient[Casa 2], est l'unique visible dans le parcours ouvert au public mais pas unique exemplaire dans la Casamaures[13]. Au pied de la cheminée se trouve un buste de Joseph Pacha, réalisé en terre et inspiré d'une caricature de Victor Sappey. Cette cheminée et le papillon peint dans la tapisserie pourraient se révéler être de nouveaux symboles francs-maçons : le papillon serait le symbole de la connaissance, tandis que la cheminée turque pourrait avoir été utilisée en qualité de brasier durant quelque rituel.

Un parquet est posé sur le sol. Le plafond, décoré par une toile peinte à la main et marouflée, est dangereusement fissuré. Au centre des dessins se trouve un « lustre de cuivre martelé à forme d'étoile »[31].

Le vestibule[modifier | modifier le code]

La mise en abyme des portes du salon, du vestibule et de la salle à manger.
L'étoile flamboyante sur l'imposte de la porte vers l'escalier et un détail décoratif du plafond.

Le vestibule était l'accès original de la maison : la porte-fenêtre d'entrée donnait sur la terrasse haute et permettait d'accéder à gauche au salon et au jardin d'hiver et à droite à la salle à manger. La porte-fenêtre, à deux volets, est surmontée d'un arc en fer à cheval, lui aussi vitré et de couleur jaune-orange. Les cloisons aux détrempes peintes sont recouvertes de papiers peints à tempera d'origine, les motifs choisis sont plus abstraits par rapport aux décors présents dans les autres salles ouvertes au public : il s'agit d'arabesques, de « motifs géometriques » encadrant des tulipes vertes de style ottoman, encadrées par de faux bas-reliefs qui reprennent la forme de la porte-fenêtre et qui se terminent en haut avec un décor en arc en fer à cheval. Des cadres stylisés de couleur neutre occupent la partie inférieure de la tapisserie et des portes. Au-dessus des portes vitrées d'intérieur du nord (nord-ouest) et du sud (sud-est) se trouvent en faux bas-reliefs des éventails de couleur bleue ainsi que des bandeaux calligraphiques en amharique à la signification inconnue. La porte sur le mur à l'est (nord-est), qui conduit aux salles fermés à la visite, est surmontée d'un décor « de verre avec une étoile jaune sur fond rouge flamboyant », peut-être « un drapeau d'une contrée ou d'une confrérie »[13].

Le plafond, fissuré et en mauvais état de conservation, est lui aussi décoré avec une toile peinte à la main puis collée avec un sujet de polygones étoilés[13]. Le sol présente un patchwork de carrelage en porphyre à dalles hexagonales de deux couleurs.

Les pas des nombreux visiteurs ont abîmé le sol du vestibule de ce monument fragile jusqu'à le faire s'effondrer dans les caves. Durant le chantier de restauration de mars 2013[Casa 8] le sol a été renforcé : les dalles ont été classées, enlevées puis remises en place à l'identique. Une brique spéciale a été découverte : il s'agit d'une brique de l'époque de la construction de la Casamaures qui conserve l'empreinte d'un canidé à griffes marquées[Casa 5]. Elle est conservée dans le vestibule, sur le lieu de sa découverte, encadrée avec une moulure en plaque copie d'une empreinte de loup[36]. Deux hypothèses sont à l'étude : selon la première, un canidé, probablement un chien de grande taille, aurait marché sur une brique de construction ; la deuxième hypothèse voit dans cette empreinte un autre symbole franc-maçon : « cela peut être une signature volontaire des briquetiers (...), une marque de tâcheron issue de tradition médiévale », placée à l'entrée de la maison pour des raisons précises autant qu'inconnues[Casa 5].

Le mobilier du vestibule se compose d'un meuble en bois ciselé de motifs arabes et marqueté de nacre, don d'un particulier, et d'un banc en style néo-mauresque, avec assise et dossier en velours, qui faisait partie du mobilier de l'Hôtel du Cercle, de la station thermale d'Uriage-les-Bains[Note 17].

La salle à manger[modifier | modifier le code]

L'éventail et le bandeau peints dans la salle à manger sur la porte du vertibule avec les calligraphies arabes de signification incertaine.

On accède à la salle à manger depuis le vestibule. Elle constitue un petit écrin de couleurs envahi par la lumière qui rentre des baies à vitraux à l'est (sud-est) et à l'ouest (sud-ouest), les côtés exposés sur la terrasse haute. Les vitrages de cette salle sont bordés de la couleur « vert nature ». Les voilages photographiques content l'histoire du troisième mariage de Cochard[37].

Quatre natures mortes composées de fruits exotiques, de fleurs et d'aiguières sur un fond de panoramas orientaux (encore à étudier et localiser) sont les sujets peints à la main des tapisseries des murs nord (nord-ouest) et est (nord-est), disposées à droit et à gauche des deux portes. Ces ananas, grenades, mangues, etc.[37], inaccessibles aux tables bourgeoises du XIXe siècle, ajoutent d'autres éléments de rêve d'un pays éloigné. Ces papiers peints à la détrempe, incomplets et très endommagés mais de grande qualité, ont été découverts sous une couche de papier peint sans intérêt des années 1950. Ils ont été restaurés de mars à mai 2010 par Bérangere Chaix durant le chantier d'entretien où Laure Van Ysendick a restauré les décors de la peinture murale. Les papiers peints du salon, du vestibule et de la salle à manger avaient déjà été consolidés par Laure Van Ysendick en 2007, pour stabiliser le problème des fissures et du décollement[38],[Casa 8].

Sur les portes on retrouve les éventails et les bandeaux avec les calligraphies de signification incertaine, encore en cours d'étude. La porte à l'est (nord-est) est fermée au public. Le sol de la salle à manger est en parquet tandis que le plafond, endommagé, répète les motifs du salon et du vestibule.

Quatrième niveau[modifier | modifier le code]

Des chambres donnent sur le jardin d'hiver qui occupe une partie du quatrième niveau. On monte au dernier étage dans les espaces privatifs grâce à un escalier entouré d'une tapisserie à dominante rose avec le motif des tulipes stylisées, « répertorié dans La Grammaire de l'Ornement d'Owen Jones en 1856[39]. À l'époque, les relevés d'architecture et les motifs décoratifs se vendaient partout en Europe coloniale »[33]. Les pièces privées du dernière étage sont, comme les autres salles, personnalisées par la couleur du vitrage et s'appellent, par exemple, « chambre rouge » et « chambre bleue ». Au centre de chaque arc lancéolé du quatrième niveau se trouve un mot, une devise d'amour repetée 36 fois et qui donne lieu à des traductions différentes et contradictoires, selon l'interprétation d'où se trouve un point ou un accent à losange[32].

Les associations[modifier | modifier le code]

La Casamaures est le siège de deux associations : Casamaures d'hier et d'aujourd'hui et l'Atelier Tournesol.

Créée en 1985, l'association La Casamaures d'hier et d'aujourd'hui prend son nom actuel en 2005. Avec une centaine de membres, elle a pour objet la « valorisation de la Casamaures et protection de son architecture et des décors orientalistes ; sauvegarde et protection du périmètre des abords du monument historique ; développement et promotion d’un lieu d’échanges culturels et de productions artistiques à l’orangerie ; vigilance sur l’utilisation du nom et du droit à l’image de la Casamaures (monument historique de style orientaliste bâti en or gris au XIXe siècle) »[26]. Elle accueille 2 000 visiteurs par an et organise les visites guidées.

Malgré l'absence de sources claires sur la villa Les magnolias, à cause de la destruction des archives de Saint-Martin-le-Vinoux pendant les deux guerres mondiales, l'association a réussi en 30 ans de recherche à reconstruire une partie de l'histoire du Monument historique et à faire la biographie de son premier propriétaire.

L’Atelier Tournesol est une association créée en 1986 spécialisée dans la sauvegarde de cadrans solaires anciens et la création de cadrans solaires contemporains. Pour la Casamaures, elle a calculé et créé six cadrans solaires, notamment le cadran solaire géant du parvis de l'orangerie. Elle a restauré et créé plusieurs cadrans solaires en Isère, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence et Corse. Lauréat 2012 du concours « Au fil du patrimoine », l'association a collaboré avec Chantal Mazard[Note 18] à l'inventaire de 538 cadrans solaires anciens en Isère en 1998, travail présenté par la publication Les cadrans solaires en Isère. Depuis 1986, elle organise conférences, chantiers et manifestations diverses autour de la gnomonique[40].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Casamaures

  • Christiane Guichard (photogr. Alan O'Dinam), La Casamaures, cœurs à corps, Saint-Martin-le-Vinoux, Éd. Casamaures association,‎ 2008, 66 p. (ISBN 2953315306, OCLC 470596008, notice BnF no FRBNF41385647)
  • François Botton[Note 6], « La Casamaures Saint-Martin-le-Vinoux, Isère : un prototype d'architecture orientaliste en béton moulé », Monumental, Direction du patrimoine, no 17,‎ , p. 74-79 (ISSN 1168-4534) (voir aussi François Botton, « Un prototype d'architecture orientaliste en béton moulé : la Casamaures », Béton et patrimoine, Icomos France, no 18,‎ , p. 204)
  • François Botton (Dossier de consultation des entreprise : documents photographiques), « La Casamaures. Garde-corps, terrasse haute et restauration de l'orangerie », n. c.,‎
  • Valentin Lépine (Terminale STAV 2012-2014), « Dossier Technologique : en quoi est-il difficile de valoriser et protéger un jardin historique en milieu urbain ? », n. c.,‎
  • Dominique Peletaz, « La Casamaures. Le matériau béton », Béton et patrimoine, Icomos France, no 18,‎ , p. 204
  • Quentin Jagodzinski et Christiane Guichard (écrits mixés entre le rapport de stage de Jagodzinski - Histoire, Université Grenoble II - et les notes de réflexions de Guichard, maître de stage et conservatrice du monument historique La Casamaures), L’armée austro-sardes invisible dans les jardins de La Casamaures ?, Saint-Martin-le-Vinoux, n. c.,‎ 2012, 25 p.
  • Ines Feriel Boulbene-Mouadji (Memoire du diplôme de magistère, sous la direction du Dr A. Bouchareb), Le style néo-mauresque en Algerie : Fondement, portée, réception. À travers quelques exemples d’édifices à Annaba, Constantine et Skikda, Constantine, Université Montouri-Constantine, Faculté des sciences de la terre, de la geographie et de l’amenagement du territoire, Département d'architecture et d’urbanisme,‎ 2012, 238 p. (lire en ligne), p. 43
  • Corinne Langlois et Roland Jancel, Magnolia : l'arbre fleur venu du nouveau monde, Toulouse, Privat,‎ 2010, 127 p., p. 94

Patrimoine

  • Atlas du patrimoine en Isère, Grenoble, Glénat / Musée Dauphinois-Conservation du patrimoine de l'Isère,‎ 1998, 331 p. (ISBN 2-7234-2632-7, OCLC 40823351, notice BnF no FRBNF37176740), p. 170–171
  • Atlas du Patrimoine industriel de l'Isère, « Quelque utilisation remarquable du ciment », p. 48-49

Orientalisme

  • Mahadjoub Mecheloukh, La mode orientaliste : Grenoble et sa région durant la seconde moitié du XIXe siècle, Grenoble (Mémoire de Maîtrise - Université Pierre Mendès-France ; Département d'Histoire de l'Art ; Grenoble II),‎ , 207 p.
  • Miles Danby, Style mauresque, Phaidon,‎ , 238 p. (ISBN 0714890758)
  • Lynne Thornton, Les orientalistes, Courbevoie (Paris), ACR Poche Couleur,‎ 1993 (ISBN 2-86770-060-4)
  • Christine Peltre, Orientalisme, Pierre Terrail, 253 p. (ISBN 2879393469)
  • Christine Peltre, Dictionnaire culturel de l'orientalisme, Hazan,‎ , 144 p. (ISBN 2850258822)
  • Bernard Toulier, « Un parfum d’Orient au cœur des villes d’eaux », In situ, no 7,‎ (lire en ligne)

Cadrans solaires

Ciment naturel prompt

  • Anne Cayol-Gerin, Christiane Guichard et Brigitte Riboreau, L'or gris du Grand Grenoble, Lyon, Patrimoine Rhônalpin, coll. « Guide du patrimoine rhônalpin » (no 25),‎ 2000, 34 p. (ISBN 2-909692-19-1, notice BnF no FRBNF37622954), p. 30-34
  • Cédric Avenier, Ciment naturel, Grenoble, Glénat,‎ (ISBN 978-2-7234-6158-0)
  • Cédric Avenier, Les ciments de l'Isère : Deux siècles d'innovation, Grenoble, Dauphiné Liberé,‎ (ISBN 978-2-8110-0008-0)
  • Claude Fégueux, Histoire de la cimenterie de Grenoble et sa région : des origines à 1939, Grenoble, s.n.,‎
  • Anne Cayol-Gerin, « L'envers du béton », Alpes Magazine, no 40,‎ , p. 54-59
  • Anne Cayol-Gerin et Brigitte Riboreau, « Grenoble d'or gris », Alpes Magazine, no 21,‎ , p. 20-33
  • Yves Nicolas, « L'or gris de Grenoble », Le monde alpin et rhodanien, Musée dauphinois, no 3-4,‎ , p. 145-162
  • Nicole Vatin-Pérignon, « La Société des ciments de la Porte de France aux origines de l'Histoire de "L'or gris de Grenoble », Bulletin mensuel de l'Académie delphinale, no 4,‎ , p. 75-88
  • Anne Cayol-Gerin et Brigitte Riboreau, « Les origines du ciment en Dauphiné », Béton et patrimoine, Icomos France, no 18,‎ , p. 204

Saint-Martin-le-Vinoux

  • Histoire des communes de l'Isère : Grenoble et son arrondissement, Horvath Roanne,‎ (ISBN 2-7171-0495-X), p. 276-279
  • Éric Tasset, Châteaux forts de l'Isère, Éditions de Belledonne,‎ , p. 484-487

Articles

  • Pascale Thuillant, « Visite de la célèbre villa La Casamaures », Elle Maison,‎ (lire en ligne)
  • « La Casamaures, classée "Monument historique" depuis 25 ans », Ciment & Architecture,‎ (lire en ligne)
  • « Une distinction nationale pour la Casamaures », Le Dauphiné Libéré,‎
  • Kristine Barut-Dreuilhe et Isabelle de Charnace-Baulme, « Menaces, sur le palais de l'or gris », La Demeure historique, no 165,‎ , p. 56-59 (lire en ligne)
  • Priscille de Saint-Bon, « Victoire pour la Casamaures : la rocade ne passera pas ! », La Demeure historique, no 177,‎ , p. 54
  • Rosalie Hurtado, « La Casamaures retrouve ses colonnes et sa superbe », Le Moniteur, no 5147,‎ (lire en ligne)
  • « Les rêves orientaux des princes », Le Dauphiné Libéré,‎
  • « Une distinction nationale pour la Casamaures », Le Dauphiné Libéré,‎
  • Claire Courcier Frangi, « La Villa Casamaures, folie d’Orient au cœur des Alpes », Métiers d'art, no 255,‎ , p. 46-49 (ISSN 1631-7726, lire en ligne)

Franc-maçonnerie en Isère

  • Jean-Claude Duclos, René Favier et et alii, Etre Franc-Maçon en Isère en 1940, Musée Dauphinois,‎ , 110 p. (ISBN 2905375833)
  • Bourgeois Henri et Eric Chevrier, Les arts réunis, loge républicaine, 1824/1994 : Histoire de la maçonnerie grenobloise, Bourg D'Oisans, Les Arts Réunis. Bourg D'Oisans Imp.,‎ (ASIN B00IE23R24)

Ouvrages anciens

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Louis Vicat ne dépose pas de brevet pour sa découverte de « l'or gris ». Le brevet sur le ciment Portland est déposé par l'Anglais Joseph Aspdin en 1824.
  2. La première exploitation industrielle du ciment en France date du 1827.
  3. « La carrière d'extraction se situe à 500 m de la Casamaures[1] »
  4. Les recherches de Christiane Guichard et de Denis Guignier ont permis de reconnaître en qualité de père naturel Jean Baptiste Cochard, maréchal d'Empire de Quaix-en-Chartreuse[Casa 9].
  5. Lors du classement de la villa en 1986, c'est en fait le notaire qui définit, via l'acte notarié, l'orthographe actuelle du nom de la maison[33]. Le nom Casamaures est enregistré auprès de l'INPI de Grenoble par Christiane Guichard le 19 août 2004[Casa 10].
  6. a et b François Botton est architecte du patrimoine depuis 1986 et architecte en chef des Monuments historiques depuis 1991.
  7. Au 31 décembre 2011, les monuments historiques de l'Isère étaient 317, dont 122 comportent au moins une partie classée, et les 195 autres sont inscrits ; 43,4 % d'entre eux appartiennent aux communes, 3,8 % à l'État, 1,9 % aux départements et régions, 1,3 % aux établissements publics, tandis que 49,6 % appartiennent aux propriétaires privés[41]. Les propriétaires privés sont appelés « des "conservateurs bénévoles" qui se chargent de l'entretien, la restauration et la valorisation des monuments d'intérêt public »[Casa 11].
  8. Anciennement route impériale de Chalon-sur-Saône, la route départementale 104 est également appelée N 75 ou route Napoléon. Elle fait partie du parcours touristique de la route Stendhal.
  9. L'autoroute A48 a été construite à l'occasion des Jeux olympiques de 1968.
  10. a et b Deux niveaux qui indiquent les étages du monument, notamment le troisième et le quatrième niveau.
  11. Les colonnes d'origine étaient peintes à la couleur rose teindre et rehaussées avec de la peinture bleu outremer, tandis que la restauration, à la place du rose clair, a valorisé la couleur du badigeon de chaux ocrée[17].
  12. L'appartenance du premier propriétaire ou de l'architecte de la Casamaures à la franc-maçonnerie n'est pas connue mais celle du maître d'œuvre Aimé Milly Brionnet est avérée, comme celle de son père Abdon avant lui[Casa 5]
  13. « Entre 1940 et 1944 la répression antimaçonnique menée par le régime de Vichy s'attache donc avant tout à 'épurer' la vie publique et l'administration de personnalités jugées indésirables. Les francs-maçons sont considérés comme trop attachés à la démocratie parlementaire de la Troisième République et suspectés de comploter contre le nouveau régime pour rétablir l'ordre ancien. Cette épuration se double de la dissolution des loges, tant au plan juridique », avec la loi du 13 août 1940, « que matériel », avec le séquestre des biens et des archives, en particulier en 1940, quand ils ne sont pas cachés ou détruits en avance par les loges. Le temple situé 15 rue Billerey à Grenoble est rasé en novembre 1940[15].
  14. Le mont Jalla est classé en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) par la direction régionale de l'environnement, il fait partie d'une zone comprenant aussi le mont Rachais couvrant ainsi une étendue de 633,36 hectares sur les communes de Grenoble, Corenc, Quaix-en-Chartreuse, Saint-Martin-le-Vinoux et La Tronche.
  15. La façade en ciment moulé dans le jardin d'hiver a les allèges bleu clair, différemment des deux autres façades à l'extérieur, qui ont des allèges peintes en rouges.
  16. Selon une hypothèse non officielle, l'oiseau jaune pourrait être un Paradisier grand-émeraude (Paradisaea apoda), tandis que l'oiseau bleu, blanc et rouge est plutôt un oiseau imaginaire, inspiré pour le couvre-chef par quelque Psittaciformes et pour la morphologie, avec une distorsion de couleur, par le Quetzal resplendissant.
  17. L'Hôtel du Cercle est de la même époque que la Casamaures, lui aussi conservait des cheminées turques à l'intérieur. L'Hôtel du Cercle, abattu, et la station thermale d'Uriage-les-Bains en général, font partie d'une série d'établissements thermaux français de la même époque en style néo-mauresque. « En France, les villes balnéaires établies en bord de mer et les villes thermales accordent une large place à l’orientalisme. (...) Les références orientalistes françaises sont les mêmes que celles de l’architecture thermale de l’Europe septentrionale et centrale qu’il s’agit, après la défaite de 1870, de concurrencer. Après une décennie de déprise de l’activité, la mode de l’orientalisme se répand avec plus de vigueur dans l’architecture commerciale et gagne peu à peu la sphère de la villa de villégiature balnéaire et thermale[4] »
  18. Conservateur en chef du patrimoine, chargée des publications auprès du directeur de la culture et du patrimoine du Conseil général de l'Isère, Chantal Mazard a consacré sa carrière au sein des collectivités territoriales et du ministère de la Culture à la connaissance, la protection et la conservation du patrimoine régional sous toutes ses formes[42].

Références[modifier | modifier le code]

Site de l'association Casamaures d'hier et d'aujourd'hui[modifier | modifier le code]

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  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Histoire », sur le site de l'association « Casamaures d'hier et d'aujourd'hui » (consulté le 10 avril 2015).
  3. « Cas'Amore. Carnet de voyages. Mille et une aventures à la Casamaures. », sur le site de l'association « Casamaures d'hier et d'aujourd'hui »,‎ (consulté le 18 avril 2015)
  4. « Cas'Amore. Carnet de voyages. Mille et une aventures à la Casamaures. », sur le site de l'association « Casamaures d'hier et d'aujourd'hui »,‎ (consulté le 18 avril 2015)
  5. a, b, c et d « Empreinte de canidé dans une brique » (consulté le 11 avril 2015).
  6. « Jardins exotiques », sur le site de l'association « Casamaures d'hier et d'aujourd'hui »,‎ (consulté le 12 avril 2015)
  7. a et b « Actus », sur le site de l'association « Casamaures d'hier et d'aujourd'hui »,‎ 14 août 2011 : (consulté le 12 avril 2015)
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  9. « Tombeaux de J. J. Cochard, à St-Roch », sur le site de l'association « Casamaures d'hier et d'aujourd'hui »,‎ (consulté le 10 avril 2015).
  10. « CAsamaures sur la base des marques de l'INPI », sur le site de l'association « Casamaures d'hier et d'aujourd'hui » (consulté le 10 avril 2015).
  11. « 311 Monuments historiques en Isère », sur le site de l'association « Casamaures d'hier et d'aujourd'hui »,‎ (consulté le 14 avril 2015)

Autres sources[modifier | modifier le code]

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  2. Thornton 1993, p. 12
  3. Thornton 1993, p. 4
  4. a et b Toulier 2006, p. 2 et 7-8
  5. a, b, c et d Cayol-Gerin 2008, p. 58
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  9. a, b, c, d, e, f, g et h Voir plaquette.
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  15. a et b Duclos, Favier et et alii 2006, p. 74
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  42. « Biographie de l'auteur », sur le site d'Amazon (consulté le 10 avril 2015).