Lierre grimpant

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Le lierre escalade spontanément les arbres ou obstacles quand il est exposé à la lumière. Osnabrück, Basse-Saxe
Lierre quand il est rampant ne fructifie pas, mais il protège le sol, Szczecin, Pologne
Le lierre peut être utilisé décorativement comme couvre-sol

Le Lierre rampant ou grimpant ou « Lierre commun » (Hedera helix L.), parfois surnommé à tort « bourreau des arbres » ou « herbe de saint-Jean », est une liane à feuilles persistantes en hiver, de la famille des Araliaceae. Il est spontané en zone tempérée eurasiatique de l'hémisphère nord. Il est également cultivé comme plante ornementale.

Description[modifier | modifier le code]

C'est une liane arborescente, dont l'ancêtre est probablement d'origine tropicale. C'est une des rares lianes que l'on trouve en Europe et en Asie Mineure (avec la clématite, le houblon ou le chèvrefeuille) qui forme des tiges ligneuses rampantes ou grimpantes de taille indéfinie (il atteint facilement 30 mètres de long et 25 m en hauteur).

Feuilles[modifier | modifier le code]

Les feuilles du lierre sont alternes, à limbe assez coriace, vert foncé ou légèrement blanchi sur les contours du limbe. Elles présentent deux formes différentes selon leur fonction, on parle de dimorphisme foliaire ou hétérophyllie :

  • les feuilles caulinaires sont palmatinervées à 5 lobes plus ou moins profonds (parfois 3) — rameau A sur le dessin ci-contre,
  • celles des tiges florifères (ayant accès à la lumière) sont ovales, à sommet aigu — rameau B sur le dessin ci-contre.

Ces feuilles sont persistantes et tombent au cours de leur sixième année.

Rameaux[modifier | modifier le code]

Les rameaux sont grimpants et partiellement ornés de poils étoilés grisâtres à 5-6 rayons. Ils portent au milieu des entrenœuds des crampons parfois difficiles à enlever à mains nues, qui sont des racines transformées émettant de nombreux poils ventouses qui s'accrochent à un support (mur, arbre, arbuste, etc.). Ces racines modifiées n'ont aucune fonction absorbante : le lierre n'est pas une plante parasite (à la différence du gui par exemple), et il se nourrit uniquement avec son système racinaire souterrain[1].

Fleurs[modifier | modifier le code]

Les fleurs, jaune verdâtre, portent cinq pétales. Elles sont regroupées en ombelles elles-mêmes disposées en grappes terminales. La floraison s'étale en septembre-octobre, et la fructification s'effectue vers la fin de l'hiver, début du printemps. Le lierre présente donc un cycle phénologique inversé par rapport aux plantes dont il se sert comme support. Ce sont parmi les dernières fleurs en saison à offrir du pollen aux abeilles. Une abeille solitaire est directement liée au lierre ; Colletes hederae.

Ombelle de fleurs de lierre

Fruits[modifier | modifier le code]

Baies

Les fruits du lierre grimpant sont des baies (8 à 10 mm) bleu violet groupées en grappe. Ils sont toxiques pour l'homme mais jouent un rôle fondamental pour les oiseaux à la fin de l'hiver.

Ombelle de fruits de lierre

Écologie[modifier | modifier le code]

Les véritables pelotes permanentes de lierre dans un arbre servent d'abri et de lieu d'hibernation à une faune nombreuse. Ainsi il permet d'accroître la quantité d'auxiliaires utiles (par exemple pour un verger) car il leur fournit un réservoir de proies supplémentaires. Il sert en particulier de lieu d'hibernation pour la forme adulte du fameux papillon Citron (Gonepteryx rhamni).

Si le lierre fleurissait en même temps que les arbres qu'il protège et sauve pour la quasi-totalité, alors à nombre de pollinisateurs égal, la concurrence pour la pollinisation des fleurs serait inévitable. Cependant, le lierre ne fleurit que de fin septembre à octobre, voire novembre, c'est-à-dire après que presque toutes les floraisons d'autres plantes soient terminées, et après la chute des feuilles, le pollen pouvant mieux se disperser ainsi - et les fleurs peut-être plus visibles. C'est ainsi une source critique de nourriture pour les abeilles et autres insectes à une période où il y a peu de fleurs et où l'hiver arrive, et donc ensuite de fruits pour les oiseaux, en février, à une période où de même peu de fruits sont disponibles. Ainsi le lierre semble plutôt être une merveille de la nature, loin d'être un parasite, c'est à l'inverse un organisme qui paraît doté très grand mutualisme, ce qui pourrait aussi expliquer son succès et le fait qu'il soit aussi répandu sur tout le territoire[réf. nécessaire].

Le lierre ne mérite donc pas son surnom de « bourreau des arbres », puisqu'il est un sauveteur avant tout[1]. On voit parfois des arbres morts recouverts de lierre, cela ne signifie pas que celui est le responsable de la mort de l'arbre[2], qui ne lui sert que de support. Lors de promenades durant l'hiver, on pourrait croire que les arbres à feuilles caduques sont étouffés par le lierre, qui reste bien vert durant l'hiver, ce qui n'est qu'une fausse impression, donnée par la complémentarité des cycles de développement entre le lierre et son support. Comment dire qu'il l'étouffe alors qu'il filtre son air [réf. nécessaire]?

Très rarement, les tiges du lierre finissent par enserrer complètement le tronc de l'arbre qui le supporte, ce qui ne pose en réalité pas de problème. Même quand cela arrive, pour que l'arbre en soit gêné encore faudrait-il que le lierre se soit enroulé autour tel un chèvrefeuille, ce qui est encore une fois peu commun, le lierre poussant surtout verticalement et de façon rectiligne sur son support sans gêner les flux de sève - à la différence d'une glycine ou d'un vieux chèvrefeuille qui causent des déformations et retards de croissance à leur arbre-support.

Les tiges rampant sur le sol émettent au niveau des nœuds des racines adventives qui permettent à la plante de se multiplier.

Les tiges enserrant un arbre peuvent également le protéger d'un feu courant, de la fracture par le gel, des animaux pouvant endommager l'écorce.

Le lierre absorbe l'excès d'humidité, et a une action chimique inhibitrice sur les champignons, bactéries ou parasites pouvant s'attaquer à un arbre.

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce est originaire d'Europe (îles Britanniques, Scandinavie, France, Benelux, Europe centrale, Italie, péninsule Ibérique, Balkans), et d'Asie occidentale (Chypre, Turquie).

C'est une plante capable de s'adapter à de nombreux milieux, peu exigeante quant à la nature du sol. On la trouve très couramment en sous-bois, mais aussi sur le littoral atlantique où elle résiste aux pluies abondantes et aux embruns maritimes. Elle s'adapte aussi à la sécheresse dans les pays méditerranéens et peut pousser en montagne jusqu'à 1000 m d'altitude. Elle ne résiste cependant pas aux grands froids.

Elle a été répandue comme plante décorative par l'horticulture et introduite en Amérique et en Australie. Aux États-Unis, elle est considérée comme une plante envahissante.

Principales variétés[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs centaines de variétés de lierre cultivé. Citons en particulier :

  • Hedera helix 'Anita', lierre miniature ;
  • Hedera helix 'Erecta', à port buissonnant et tiges dressées portant de petites feuilles rondes ;
  • Hedera helix 'Gavotte', lierre à feuilles de saule, entières lancéolées ;
  • Hedera helix 'Maple leaf', lierre à feuille d'érable, à lobes profondément divisés et dentelés ;
  • Hedera helix 'Pedata', lierre à feuilles dites pédalées, à cinq lobes dont le lobe central est long et étroit ;
  • Hedera helix 'Sagittifolia', lierre à feuilles sagittées vert tendre, à cinq lobes dont le lobe central est très allongé ;
  • Hedera helix 'Sagittifolia variegata', lierre à feuilles sagittées vert et crème, à cinq lobes dont le lobe central est très allongé.

Il existe également de nombreuses variétés à feuillage panaché.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Il est possible de " guider" le lierre vers le haut en utilisant le fait qu'il pousse préférentiellement dans une fente verticale, quand elle est bien éclairée et qu'il en a la possibilité. Ce phénomène est aussi observé avec certains poteaux métalliques (de support de clôtures) de" section en u"

De la même manière, un mur bien bâti ne souffrira pas du tout de la venue du lierre, le mur sera au contraire protégé par celui-ci[réf. souhaitée]. Un mur en mauvais état à l'origine ou bâti avec des matériaux mal conçus sur lequel le lierre pousse sera à l'inverse endommagé ; installer une treille permet d'éviter tout dégât. La cuisson des briques moderne étant trop brève et intense, il en résulte en une friabilité croissante avec le temps, une fois que la couche très dure mais aussi très mince et peu résistante est partie, le reste de la brique est tout de suite bien plus tendre.

Durant les premières années d'une plantation, le lierre doit être tenu à l'écart, celui-ci risquant à l'évidence d'étouffer les jeunes arbres. Il sert ensuite à renforcer l'unité de structure de la plantation, le lierre formant une strate transversale complémentaire. Le lierre empêche une régénération dense, le surpeuplement par les autres végétaux : il prévient en effet la levée d'autres arbres en sous-étage, tout en alourdissant les arbres déjà existants, les ébranchant voir précipitant la chute des sujets malades. Le lierre empêche donc la venue d'une strate herbacée, or ce sont en particulier les herbes qui entrent en concurrence avec les jeunes arbres, avec son système racinaire superficiel. Il crée donc un milieu plus ouvert, tout en faisant exploser la population animale (rongeurs, oiseaux, insectes). Ce qui est opportun puisque le lierre est une plante indicatrice d'un excès de matière organique végétale dans le sol, donc d'une carence en matière organique animale[1].

Il est donc inutile de couper les branches et d'arracher sans trêve les pousses de lierre, contrairement aux idées reçues ; il faudrait plutôt s'attacher à améliorer le sol. On peut apporter un compost équilibré, espacer les plantes, mettre un engrais vert permanent bien choisi, des animaux - les moutons sont très friand de lierre. C'est évidemment sans surprise que l'on trouvera beaucoup de lierre sur un versant nord, puisque c'est une plante d'ombre, donc c'est sur la façade nord d'un bâtiment que le lierre est le plus à l'aise.

Plante dépolluante[modifier | modifier le code]

Il[3] est dit que le lierre est aussi une plante dépolluante, captant certains composés potentiellement cancérigènes présents dans l'air.

Produit vaisselle[modifier | modifier le code]

Faire bouillir 100 g de lierre dans 2 litres d’eau plusieurs minutes. Presser, le jus obtenu peut alors être utilisé en tant que liquide vaisselle.

Plante médicinale[modifier | modifier le code]

Le lierre est un purgatif puissant, utilisé autrefois dans les campagnes. De nos jours l'usage interne de cette plante est toujours pratiqué. L'extrait hydroalcoolique sec de feuille est utilisé dans la composition de sirops contre la toux dans des affections bénignes (Prospan Activox registred) et aussi en pastilles (Activox registred).

Plante ornementale[modifier | modifier le code]

Le lierre est souvent utilisé pour couvrir des murs et des habitations. Ses crampons ne sont pas nuisibles pour les murs en bon état[réf. nécessaire], mais il faut veiller dans le cas de murs en terre à l'émission de vraies racines qui peuvent causer des dégâts. Il faut aussi éviter qu'il recouvre les toits au risque de le voir soulever les tuiles. Sur les murs des habitations, le lierre présente un double intérêt : les protéger des intempéries et du soleil, et assainir le sol au pied des murs.

Il sert aussi comme couvre-sol pour les endroits ombragés, pour garnir les tonnelles et pergolas. On peut également l'utiliser en topiaire en lui faisant garnir des formes préétablies.

Toxicologie[modifier | modifier le code]

Toutes les parties de la plante contiennent des saponosides (hédérine). Les animaux consomment volontiers des feuilles jeunes, les abeilles butinent les fleurs à l'automne, ce qui fournit un miel non dangereux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b et c Gérard Ducerf, L'encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales -guide de diagnostic des sols volume 2, éditions Promonature,‎ 2008, 351 p. (ISBN 2-9519258-6-7)
  2. [1], Bocage Info n°7 : Chassez le naturel, la ronce et le lierre
  3. http://nature.jardin.free.fr/grimpante/ft_hedera_helix.html