Aubépine

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L'aubépine (Crataegus) est un genre d'arbres ou arbustes épineux de l'hémisphère nord appartenant à la famille des Rosacées.

L'aubépine est parfois appelée « cenellier » et ses fruits des cenelles. On la surnomme également « épine blanche ».

Classification[modifier | modifier le code]

Le nombre d'espèces appartenant au genre est difficile à déterminer compte tenu de la facilité avec laquelle les différentes espèces d'aubépines s'hybrident entre elles en générant des variétés polyploïdes se reproduisant par apomixie. La classification dépend donc des différentes interprétations taxonomiques et varie de 200 à 1200 espèces[1] sans compter les cultivars ornementaux.

Sections[modifier | modifier le code]

Catégorie
Section ou Nothosection
Série ou Nothosérie
  • Espèce
Crataegus
Mexicanae
Mexicanae
Henryanae
Parvifoliae
Crataegus
Crataegus
Apiifoliae
Pentagynae
Azaroli (Orientales + Tanacetifoliae)
Pinnatifidae
  • pinnatifida Bunge
Tanacetifoliae (AzaroliOrientales)
Crataegynae (Crataegus × Pentagynae)
  • zangezura
Orientaegus (Crataegus × Azaroli)
Crataegifoliae (Crataegus × Tanacetifoliae)
Orientagynae (Azaroli × Pentagynae)
  • pseudoazarolus
Tanacetitales (Tanacetifoliae × Azaroli)
Sanguineae
Nigrae
Sanguineae
  • sanguinea Pall.
Hupehensis
Hupehenses
  • hupehensis
  • shensiensis
Cuneatae
Cuneatae
  • cuneata Siebold & Zucc.
Cordatae
Cordatae
  • phaenopyrum (L. f.) Medik.
Virides
Virides
  • nitida (Engelm.) Sarg.
Microcarpae
Microcarpae
  • spathulata Michx.
Lacrimatae
Lacrimatae
  • lacrimata Small
Aestivales
Aestivales
  • aestivalis (Walt.) Torr. & A.Gray
Brevispinae
Brevispinae
Douglasianae
Douglasii
  • douglasii Lindl.
  • suksdorfii (Sarg.) Kruschke
Crus-galli
Crus-galli
Punctatae
  • collina
  • punctata Jacq.
Coccineae
Triflorae
  • triflora Chapman
Bracteatae
Molles
  • mollis Scheele
  • submollis Sarg.
Coccineae
  • holmesiana Ashe
  • pedicellata Sarg.
Tenuifoliae
  • macrosperma Ashe
  • schuettei Ashe
Rotundifoliae
  • chrysocarpa Ashe
  • dodgei Ashe
Intricatae
  • boyntonii
  • sargentii Beadle
Pulcherrimae
  • pulcherrima Ashe
Brainerdianae
  • scabrida Sarg.
  • sylvestris
Macracanthae
  • calpodendron
  • macracantha
Silvicolae
  • compacta Sarg.
  • iracunda Beadle
Suborbiculatae
  • suborbiculata Sarg.
Pruinosae
  • dissona Sarg.
  • pruinosa (Wendl. f.) K. Koch
Dilatatae
  • coccinioides Ashe

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot Crataegus vient du latin crataegos transcrit du grec krataegos ou kratos signifiant force (allusion à la dureté du bois).

Espèces[modifier | modifier le code]

Espèces européennes[modifier | modifier le code]

En France, les espèces le plus souvent rencontrées sont Crataegus calycina, Crataegus laevigata, Crataegus monogyna.

Crataegus laevigata est plus précoce et possède des feuilles à 3 lobes moins découpées que Crataegus monogyna. Ces deux espèces s'hybrident cependant spontanément. Crataegus calycina et Crataegus monogyna possèdent des fleurs à un seul style et des fruits à un seul noyau qui ressemblent à de petites pommes.

Autres espèces[modifier | modifier le code]

Aubépines remarquables[modifier | modifier le code]

L'aubépine de Bouquetot
Saint-Mars-sur-la-Futaie, la plaque commémorative déclare que cet arbre serait « le plus vieux de la France », daté selon la tradition locale au IIIe siècle.L'aubépine de Bouquetot, dans l'Eure, passe pour être une des plus anciennes de France, ayant été plantée près de l'église du village vers 1360.

Soulcoudus[modifier | modifier le code]

Dans les années soixante-dix, un facétieux jardinier municipal de la ville de Vigo en Espagne, Miguel Sulcudor, s’était passionné pour les greffes sur les aubépines. Sur des bases de Crataegus monogyna, il greffait de l’aubépine rose, du poirier, du néflier, en mélangeant sur un même arbre ces variétés. Il produisait ainsi des arbres qui donnaient des fruits d’un côté et des fleurs de l’autre. Il réalisait aussi des greffes en écusson sur un même tronc en panachant aubépine rose, poirier, néflier, ce qui donnait des arbres où chaque branche était différente. Il donna à ces créations le nom de Sulcudus et plusieurs dizaines de ce type d’arbres furent plantées dans les différents parcs et jardins de la ville. Faute d’entretien, beaucoup de ces arbres ont dégénéré et seul subsiste le greffon d’aubépine rose qui a supplanté le reste ; néanmoins, on peut encore admirer quelques magnifiques spécimens de Sulcudus dans le parc de Pontevedra où chaque année au mois de mai, ces arbres se couvrent de fleurs roses et blanches (aubépine et poirier) et qui dès août produisent profusions de belles poires pour le bonheur des promeneurs. En France, des greffeurs amateurs se sont inspirés des créations de Miguel Sulcudor et l'on peut trouver, notamment en Bretagne, sous le nom de « Soulcoudus » des aubépines donnant plusieurs sortes de fleurs et de fruits sur un même arbre.

Soulcoudus dans l'Ouest de le France

[réf. nécessaire]

Glastonbury Thorn[modifier | modifier le code]

La légende autour de l'aubépine de Glastonbury est chrétienne. Joseph d'Arimathie aurait planté son bâton sur la coline de Wearyall (Wearyall Hill) où il poussa pour devenir une magnéfique aubépine. Cette aubépine est mentionné pour la première fois dans Lyfe of Joseph of Arimathea [la vie anglo-saxone en vers de Joseph d'Arématie] qui date du XVIe s. Cette aubépine fleurissait deux fois l'an. Une floraison peu après le solstice d'hiver sur le "vieux bois" et un autre au printemps sur le "jeune bois". La floraison de l'hiver était considéré comme un miracle.

Glastonbury.—A vast concourse of people attended the noted thorn on Christmas-day, new style; but, to their great disappointment, there was no appearance of its blowing, which made them watch it narrowly the 5th of January, the Christmas-day, old style, when it blowed as usual.[2] [Glastonbury.- Une foule de gens s'attendaient à voir le bouton fameux le jour de Noël, date moderne[3] mais a leur grande déception il n'y avait aucune trace de sa floraison, c'est pour cette raison qu'ils la scrutaient anxieusement le 5 janvier, Noël ancien temps, et là elle fleurissait comme d'habitude.]

L'arbre fut abattu pendant la Première Révolution anglaise milieu XVIIe s. Un autre fut planté à sa place en 1951 mais celui-ci fut vandalisé en 2010[4].

Propriétés médicinales[modifier | modifier le code]

Les fleurs sont utilisées comme hypotenseur, antispasmodique et sédatif.

Les feuilles sont en revanche tonicardiaques. Il est donc préférable de ne pas mélanger feuilles et fleurs dans une même infusion ou tisane.

Articles connexes : Aubépine (volet officinal)

Ennemis[modifier | modifier le code]

La chenille du papillon de jour (rhopalocère) suivant se nourrit d'Aubépine :

  • Gazé, piéride de l'aubépine Aporia crataegi (Pieridae).

L'aubépine dans l'imaginaire collectif[modifier | modifier le code]

Symbolique et ésotérisme[modifier | modifier le code]

Depuis l'Antiquité, l'aubépine symbolise l'innocence et la pureté virginale. Chez les chrétiens elle est liée à la Vierge Marie.

  • On dit que la foudre ne l'atteint jamais.

L'aubépine est donc liée au premier mai ou à la veille du premier mai. Ceci est peut-être dû au nom gaelique (celtique) de l'aubépine qui est "Buisson de Beltaine"[5].

  • La branche d'aubépine bien épointée serait souveraine contre les vampires quand elle leur transpercerait le cœur.

Littérature et chanson[modifier | modifier le code]

L'aubépine est l'objet de plusieurs poèmes, notamment des poètes Pierre de Ronsard et Rémy de Gourmont.

Les aubépines tiennent un rôle central dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, notamment dans Combray : « Je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d'œuvre dont on croit qu'on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder, mais j'avais beau me faire un écran de mes mains pour n'avoir qu'elles sous les yeux, le sentiment qu'elles éveillaient en moi restait obscur et vague, cherchant en vain à se dégager, à venir adhérer à leurs fleurs. Elles ne m'aidaient pas à l'éclaircir, et je ne pouvais demander à d'autres fleurs de le satisfaire. »

Marc Lavoine a interprété la chanson Rue des aubépines et le chanteur Ycare a intitulé l'une de ses chansons Aubépine.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Le 4e jour du mois de floréal dans le calendrier républicain français est officiellement dénommé jour de l'Aubépine[6]. Il tombe généralement le 23 avril.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CHRISTENSEN, K. I. (1992). Revision of Crataegus sect. Crataegus and nothosect. Crataeguineae (Rosaceae-Maloideae) in the Old World. Systematic botany monographs, v. 35. Ann Arbor, Mich, American Society of Plant Taxonomists.
  2. Gentleman's Magazine January 1753
  3. Date moderne fait ici référence à la date au calendrier grégorien instauré en 1582 pour les catholiques, mais dans les pays protestants la mise en place s'est faite petit à petit. Le calendrier grégorien a décalé les dates de 10 jours. Le 25 décembre se trouvait donc être le 5 janvier.
  4. Luke Salkeld, « Vandals have hacked at the heart of Christianity: 2000-year-old Holy Thorn Tree of Glastonbury is cut down », Daily Mail Online, London,‎ 9 décembre 2010 (lire en ligne)
  5. (en)John Cameron, Gaelic names of plants, 1883
  6. http://books.google.fr/books?id=vVtWj-W-KP8C&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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