Lambris

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Lambris médiéval, constitué de planches. Dans Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle

Traditionnellement, le lambris est un ouvrage d'assemblage constitué de panneaux de bois placés dans des cadres ou un revêtement de bois, de stuc ou en marbre généralement placés sur les murs intérieurs des habitations pour les habiller et les décorer.

Il existe aussi des lambris PVC et des lambris revêtus de papier ou placage sur panneau support MDF ou Panneau de particules. La surface d'un lambris peut être plane, quelquefois courbe.

Jusqu'au début du XXe siècle les lambris étaient richement sculptés et ornementés dans le style de l'époque[1]. Aujourd'hui ils sont surtout utilisés pour leur aspect pratique, en particulier par rapport à la gestion de l'humidité des murs.

Lambrissage, se dit également pour un revêtement de menuiserie, plus ou moins ouvragé, placé en dessous d'un plafond ou d'un enduit de plâtre jeté sur des lattes jointives, disposées sous les chevrons d'un comble.

Nomenclature[modifier | modifier le code]

On distingue [1] :

  • les lambris d'appui, s'arrêtant à hauteur d'appui, les lambris de demi-revêtement, montant plus haut que la « hauteur d'appui » mais moins haut que le sommet du mur, et les lambris de hauteur, montant jusqu'au plafond.
  • les lambris de revêtement (des murs) et de couvrement (des plafonds)
  • les « revêtements » (lambris faits en planches entières ou par frises rainées) des lambris proprement dits réalisés en bâtis et panneaux assemblés à glace, à petits ou à grands cadres.


Lambris anciens[modifier | modifier le code]

Lambris médiéval[modifier | modifier le code]

D'après Viollet-le-Duc, les lambris, autrefois appelés Lambruscature ne s’employait, au moyen âge, que pour désigner un revêtement uni de planches. Les charpentes des XIIIe siècle, XIVe siècle et XVe siècle sont souvent, à l’intérieur, garnies de lambris en forme de berceau plein cintre ou en tiers-point. Ce sont alors des charpentes lambrissées. Ces lambris étaient toujours revêtus de peintures plus ou moins riches. On en voit encore beaucoup en Bretagne, en Normandie et en Picardie. La grand’salle du Palais à Rouen est couverte par une charpente lambrissée. La salle de l’hôpital de Tonnerre possède également une énorme charpente lambrissée. On garnissait aussi fréquemment de lambris la partie inférieure des salles ou chambres, c’est-à-dire de planches avec couvre-joints au-dessous des tapisseries. Ces lambris étaient isolés des murs et cloués sur des tasseaux scellés au plâtre dans des rainures. « On évitait ainsi la fraîcheur des murs, toujours assez dangereuse dans les habitations[2]. »

Lambris médiéval
Lorsque les lambris sont hauts, il est nécessaire de les couper dans leur hauteur par une ou plusieurs traverses intermédiaires qui évitent les panneaux trop longs, toujours portés à gauchir. Ainsi, soit un lambris de cinq pieds de haut (1m,62), on aura d'abord une semelle ou plinthe A, dans laquelle viendra s'embréver la traverse basse B. Sur cette traverse basse s'assembleront les montants C intermédiaires, et elle-même s'assemblera dans les montants extrêmes D. Le même système renversé sera adopté pour la traverse haute F et la corniche E. Mais en G, on assemblera entre chaque montant des traverses à tenons H et mortaises, afin de diminuer, comme nous l'avons dit, la longueur des panneaux. Ceux-ci seront souvent, lorsqu'il s'agit de lambris adossés à des murs, simplement posés en feuillure, ainsi que l'indique la coupe en I, et retenus par quelques pattes. Ces panneaux ne peuvent influer en rien sur la membrure, et s'ils sont faits en bois bien sec, n'ayant que la largeur d'une planche de merrain ou débitée comme nous l'avons marqué au commencement de cet article, tout l'ouvrage subira sans inconvénients les changements de température. Car la question principale, dans les œuvres de menuiserie, est toujours de laisser au bois la facilité de gonfler ou de se rétrécir sans influer sur les assemblages. Les tenons K des montants passent à travers la traverse haute et la corniche, afin d'empêcher le gauchissement de celle-ci, ce qui ne manque pas d'arriver lorsque ces corniches ou cimaises sont simplement embrévées à languettes dans les traverses hautes. En effet, l'épaisseur de ces corniches ou cimaises étant plus forte que celle de la traverse haute, elles ont assez de puissance, lorsqu'elles gauchissent, pour faire éclater la languette prise dans le bois de fil. Ce système de lambris à panneaux est adopté pendant les XIIIe et XIVe siècles avec des variantes dans les profils. Quant aux assemblages, jusqu'au XVe siècle, ils sont toujours francs, c'est-à-dire pris dans le bois conservant son équarrissage[3].

Lambris médiéval. Dans Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle

Lambris de l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Article connexe : Panneau (menuiserie).

Au XVIIIe siècle, le lambris désigne tous les ouvrages d'assemblage[4] destinés à couvrir les murs des appartements; il se distingue, par rapport à sa construction, en plusieurs sortes[N 1]:

  • Lambris d'assemblage - Lambris dont les battants et les traverses sont sans moulure et les panneaux sans plate-bande, soit que les panneaux soient renfoncés ou affleurent avec les bâtis[N 1].
  • Lambris à table saillante - Lambris dont les panneaux sont en saillie sur les bâtis[N 1].
  • Lambris à bouvement simple - Lambris dont les bâtis portent sur l'arête une seule moulure, faite avec un seul outil[N 1].
  • Lambris à petit cadre - Lambris dont les bâtis portent sur l'arête plusieurs moulures faites avec différents outils[N 1].
  • Lambris à cadre élégi - Lambris dont les battants et traverses sont diminués d'épaisseur sur une rive et portent sur l'autre un cadre plus ou moins riche de profil, qui fait saillie sur le champ, et qui est pris aux dépens des battants et traverses[N 1].
  • Lambris à grand cadre ou à cadre embrevé - Lambris dont le cadre fait saillie sur le bâti et qui n'en fait pas partie, mais qui y est embrevé par une simple ou une double languette, ou qui y est rapporté à plat-joint[N 1].
  • Lambris à un parement - Lambris qui est brut derrière
  • Lambris blanchi au double parement - Lambris ou une porte dont les bâtis et panneaux sont corroyés derrière[N 1].
  • Lambris arasé au double parement - Porte dont les panneaux sur ce second parement affleurent le bâti[N 1].
  • Lambris à double parement - Porte qui à les mêmes cadres sur les deux faces, pour toutes ces espèces de lambris[N 1].
  • Lambris de hauteur - Lambris qui garnit toute la muraille entre les deux planchers d'un appartement[N 1].
  • Lambris d'appui - Lambris qui ne porte que 2 à 4 pieds de hauteur, au-dessus duquel on tend du papier ou de l'étoffe, ou qu'on couvre de peinture[N 1].

On donne aussi, dans le toisé, la dénomination de lambris à tous ouvrages semblables, tels qu'aux portes, aux embrasements de croisées et autres, aux faces d'armoires, aux faces d’alcôves, aux buffets et autres meubles, ainsi qu'à des volets de fenêtres[5]etc.[N 1].

Au début du XVIIIe siècle, les murs sont crépis ou lambrissés de panneaux de bois chanfreinés et rarement ornés d'un chapelet de graines ou de perles. Au milieu du XVIIIe siècle, les panneaux des lambris sont soulevés et les moulures s'inspirent des moulures romaines à profil circulaire. Au début du XIXe siècle, les lambris à panneaux sont relégués aux pièces secondaires (les pièces principakes étant en plâtre) et recoivent une mouluration délicate, s'inspirant dans les années 1820 à 1830 de la mouluration grecque, puis devenant très variée dans les années 1830 à 1840 (tore en amande, à listel, en demicœur)[6].

Lambris contemporains[modifier | modifier le code]

La Révolution industrielle permet à partir des années 1880 la préfabrication de lambris à panneaux et la mécanisation d'une grande variété de profils de moulures : les habitations retrouvent les lambris en hauteur avec frise et corniche. Le XXe siècle se caractérise par la simplification du décor, les panneaux assemblés à tenon et mortaise sont désormais peu moulurés[6].

Pose d'un lambris bois[modifier | modifier le code]

Les planches d'un lambris bois possèdent un côté languette mâle, l'autre côté rainure femelle. Elles peuvent être posées horizontalement ou verticalement, voire en oblique. Dans le cas de pose horizontale le côté tenon doit être vers le haut pour que dans le cas d'humidité, les ruissellements ne soient pas coincés et n'imprègnent pas le lambris. Il existe deux techniques de pose :

  • Avec des agrafes métalliques
  • En clouant en diagonale au niveau de la rainure

Il est conseillé dans les deux cas d'utiliser des machines électriques (pour des clous ou agrafes petits, les pointes doivent avoir moins de 20 mm de longueur) ou des machines à air comprimé (pointes jusqu’à 65, voire 70 mm pour certaines machines).

Pose d'un lambris PVC[modifier | modifier le code]

Il est nécessaire d'utiliser des agrafes métalliques de dimensions spécifiques à ce matériau, le clouage étant impossible avec ce matériau.

Des cornières PVC permettent de raccorder deux pans de murs aussi bien en angle interne qu'externe.

Vous pouvez également coller ce matériaux avec des colles mastic polyuréthane en cartouche avec pistolet applicateur manuel.

L'agrafage de ce matériau est possible aujourd'hui, grâce aux languettes prévues à cet effet sur le lambris PVC.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b J. Justin Storck, Lambris, Le Dictionnaire Pratique de Menuiserie - Ebénisterie - Charpente, éd. Henri Vial, 1900, 980 p.
  2. Dans Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle (Lambris). Consulter en ligne
  3. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle (menuiserie) Consulter en ligne
  4. On entend par ce mot toute menuiserie composée de plusieurs pièces assemblées à tenons et mortaises, et qui renferment des panneaux qui y sont embrevés
  5. Les fenêtres, anciennement appelées croisées ou croisées de fenêtre. Voir aussi fenêtre à croisée
  6. a et b François Varin, « L’histoire d’une maison par ses moulures », Continuité, no 86,‎ 2000, p. 54-56

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment (menuiserie), Carilian,‎ 1814 (lire en ligne)

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m p. 30

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]