Amand-Joseph Fava

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Amand-Joseph Fava
Biographie
Naissance 11 février 1826
Ordination sacerdotale 12 janvier 1851 par le Cardinal Florian-Jules-Félix Desprez
Décès 17 octobre 1899
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 25 juillet 1871 par le Cardinal Florian-Jules-Félix Desprez
Dernier titre ou fonction Évêque
Évêque de Grenoble
3 août 1875 – 17 octobre 1899
Précédent Justin Paulinier Paul-Émile Henry Suivant
Évêque de de Fort-de-France et Saint-Pierre
25 janvier 1871 – 3 août 1875
Précédent Louis-Martin Porchez Julien-François-Pierre Carméné Suivant

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Amand-Joseph Fava[1] né le 11 février 1826 à Evin-Malmaison (Pas-de-Calais) et décédé le 17 octobre 1899, était un évêque français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Évêque de Fort de France et de Saint-Pierre (1871-1875)[modifier | modifier le code]

Il est nommé Évêque de Fort de France et de Saint-Pierre le 25 janvier 1871 et consacré par Mgr Florian Desprez, archevêque de Toulouse le 25 juillet 1871. Son épiscopat est marqué par la volonté de réaffirmer l'autorité de l'Église et de l'ordre colonial en Martinique. Fidèle à ses convictions ultra-conservatrices, il rappelle sans cesse la nécessaire obéissance aux autorités, particulièrement à celle des clercs[2] et développe aussi le culte du Sacré-Cœur[3]. En 1873, il lance un chantier de rénovation de la cathédrale Notre-Dame-du-Bon-Port[4]. Il affirme aussi son refus d'un clergé indigène, d'origine mulâtre, en fermant le Grand Séminaire de Saint-Pierre, il s'agit pour lui d'éliminer les jeunes gens de couleur qui ne serait pas assez motivés en les obligeant à se former à Paris[5]. Enfin, il s'oppose fermement à la création par le Conseil général de la Martinique d'un lycée laïque qui ferait concurrence au Séminaire-Collège des Spiritains[6].

Évêque de Grenoble (1875-1899)[modifier | modifier le code]

Son épiscopat à Grenoble est émaillé par de nombreuses luttes avec la franc-maçonnerie qui lui valent entre autres l'inimitié de la municipalité de sa ville épiscopale. À la suite d’une lettre qu’il adresse à son clergé le 22 janvier 1886, le Conseil d’État prononce l’abus contre lui, le motif étant d'« exciter son clergé au mépris du gouvernement de la République ». Il fonde le journal La Croix de l’Isère et fait promulguer de nouveaux statuts pour son chapitre cathédral. En 1883-1884, une façade en ciment moulé est appliquée sur la cathédrale Notre-Dame par l'architecte Berruyer (cet ajout fut supprimé en 1990). Le congrès national de l’ACJF (Action Catholique de la Jeunesse Française) se tient à Grenoble en 1892. En 1896, Mgr Fava fête son jubilé épiscopal et reçoit à cette occasion du pape Léon XIII le pallium.

Militant antimaçonnique[modifier | modifier le code]

Connu pour ses livres et pamphlets antimaçonniques, il est le fondateur en 1884, la même année que l'exortation de Léon XIII, de la revue La Franc-maçonnerie démasquée, revue mensuelle des doctrines et des faits maçonniques. En 1892, l'évêque cède sa revue à l'abbé Gabriel de Bessonies[7].

Théories[modifier | modifier le code]

Mgr Fava voyait en la franc-maçonnerie, « la mère de toutes les révolutions »[8]. Il fait remonter l'origine de la maçonnerie au Socinianisme[9], reprenant la thèse de Jacques-François Lefranc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Bligny (dir.), Le diocèse de Grenoble, Beauchesne, Paris, 1979.
  • Alfred Rastoul, Souvenirs d'un jubilé épiscopal, Grenoble, 1896.

Pamphlets[modifier | modifier le code]

  • Lettre pastorale de Monseigneur l'évêque de Grenoble : à son clergé et aux fidèles de son diocèse ... sur l'apostasie maçonnique, Grenoble : Baratier et Dardelet, 1885. 23 p.

Livres[modifier | modifier le code]

  • La Franc-Maçonnerie, Paris, 1880.
  • Croisade réparatrice des francs-catholiques, 1881.
  • Discours sur le secret de la Franc-Maçonnerie, 1882.
  • Le Secret de la Franc-Maçonnerie, Lille, 1883.
  • Appel aux catholiques français et aux catholiques des diverses nations, 1896.
  • Y a-t-il des femmes dans la franc-maçonnerie ?, avec Léo Taxil, H. Noirot, (1891)
  • Philippe Delisle, Histoire religieuse des Antilles et de la Guyane françaises : Des chrétiens sous les tropiques ? 1815-1911, Paris, Karthala,‎ 2000, 343 p. (ISBN 2-84586-085-4)
  • L’église martiniquaise et la piété populaire XVIIe – XXe siècles : catalogue de l’exposition, février-mai 2001, Fort-de-France, Archives départementale de la Martinique,‎ 2001, 123 p. (ISBN 2-86149-021-7), p. 18-19

Sur Amand-Joseph Fava[modifier | modifier le code]

  • L'existence des loges de femmes affirmée par Mgr Fava évêque de Grenoble et par Léo Taxil; recherches a ce sujet et réponse a M. Aug. Vacquerie, rédacteur du Rappel, par Adolphe Ricoux (Léo Taxil lui-même sous pseudonyme), Paris : Téqui, [1891?]

Liens et références externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Et non Armand-Joseph, comme on le voit parfois écrit : absolument toutes les sources d'époque (livres dont Mgr Fava était l'auteur, annuaires diocésains, etc) consultables dans les archives indiquent bien le prénom Amand et non Armand, il convient donc de rectifier cette erreur.
  2. Philippe Delisle, Histoire religieuse des Antilles et de la Guyane françaises : Des chrétientés sous les tropiques ? 1815-1911, Paris, Éditions Karthala, coll. « Mémoire d'Églises »,‎ 2000 (ISBN 2-84586-085-4, OCLC 44971779, notice BnF no FRBNF37119805), p. 183
  3. ibidem p. 191
  4. ibidem p. 161
  5. ibidem p. 245
  6. ibidem p. 275
  7. revue Politica Hermetica n°4, 1990, Maçonnerie et antimaçonnisme: de l'énigme à la dénonciation, p.39 Livre en ligne
  8. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le livre de poche, article « Révolution française », p.725
  9. Amand-Joseph Fava, Discours sur le secret de la Franc-Maçonnerie, 1882, p.9