Chryséis

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Chrysès offrant à Agamemnon une rançon pour Chryséis, cratère apulien à figures rouges du Peintre d'Athènes 1714, v. 360350 av. J.-C., musée du Louvre
Claude Gellée, circa 1644.- Grèce, Ulysse rend Chryséis à son père Chrysès, personnages du premier plan, musée du Louvre.

Fille de Chrysès, grand prêtre d'Apollon, Chryséis (en grec ancien Χρυσηΐς / Khrusêîs, mot à mot « fille de Chrysès » ; quelques auteurs tardifs la nomment Astynomé (Ἀστυνόμη / Astunnómê, « protectrice de la ville »[1]) est une jeune mysienne aux yeux d'ébène[2], belle et intelligente[3] originaire de Chrysè, ville de Mysie.

Chryséis apparait dans le premier chant de l'Iliade. Capturée par Achille lors du pillage de Thébé sous le Places[4], elle est attribuée par la suite à Agamemnon, roi des rois, dirigeant la premiere partie de la Guerre de Troie. Ce dernier ne la restitua que contre Briséis, bien-aimée d'Achille.

Mythe[modifier | modifier le code]

Pendant la Guerre de Troie, parallèlement aux combats, la stratégie des grecs consistait également à couper le ravitaillement ennemi. Cette stratégie mena au pillage de onze cités, dont Chrysè, pillage pendant lequel son époux Épistrophe[réf. nécessaire] est tué par Achille[5],[5]. Chryséis est quant à elle enlevée par Achille, mais attribuée par la suite à Agamemnon.

Agamemnon, la préférant à Clytemnestre, son épouse légitime, fit de Chryséis sa concubine. Lorsque Chrysès, son père, vint la réclamer moyennant une énorme rançon, Agamemnon humilie le vieux Chrysès et le menace même de mort[6], impressionnant tant les Grecs que les Achéens par cet outrage fait à un grand prêtre[7].

Chrysès conjure Apollon[8] de le venger. Apollon contrarié par ce manque de respect, envoie une épidémie[9] dévaster le camp des Grecs durant neuf jours[10]. Le dixième jour, Achille convoque les Grecs pour consulter le devin Calchas[11],[12]. Craignant pour sa vie, ce dernier s'assure d'abord de la protection d'Achille[13] avant de confirmer que la fureur d’Apollon ne s’apaisera que lorsque Chryséis sera rendue à son père, sans rançon ni présent et lorsqu'Agamemnon aura dédié dans la ville de Chrysé une hécatombe à Apollon[14].

Achille fait pression sur Agamemnon mais ce dernier refuse de la rendre sans contrepartie à la hauteur de son rang et adéquate à sa déprivation, donc prélevée sur le butin des autres champions. Il exige Briséis, captive d'Achille, dont ce héros est tombé éperdument amoureux. Furieux, Achille se révolte contre Agamemnon, et s’apprête même à le tuer, mais Athéna arrête son bras. Achille rengaine son glaive et prédit à Agamemnon le massacre des Grecs - un voeu que Zeus exhaucera sur intervention de Thétis[15].

Agamemnon renvoie ainsi Chryséis auprès de son père dans un vaisseau dirigé par Ulysse[16],[17], tandis qu'Achille se retire dans sa tente et que Patrocle raccompagne Briséis[18].

Une légende grecque tardive, relatée par Caius Julius Hyginus Hygin, raconte que Chryséis, enceinte par la suite, prélendit l'être d'Apollon lui-même[19]. Elle mit au monde un fils, Chrysès II. Chryséis ne lui indiqua jamais le nom de son père. Il devint prêtre-roi de Sminthe. Ce n'est que plus tard qu'Oreste et Iphigénie ayant relâché dans cette île à leur retour de la Tauride, dévoilent a Chrysès le mystère de sa naissance, et tous trois alors se dirigent vers Mycènes[20].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Scholie sur l'Iliade (I, 392) ; Hésychios d'Alexandrie, Lexique ; Jean Malalas, Chronographia (100) ; Eustathios de Thessalonique, Commentaire sur l'Iliade (I, 123, 9).
  2. Illiade, I, 98 - 99
  3. Illiade, I, 106-120
  4. Géographie de Strabon, Jean-Antoine Letronne (1787-1848), Livre XIII, Imprimerie Impériale, 1814
  5. a et b Biographie universelle, ancienne et moderne, partie mythologique, article Épistrophe, 1811-62, t. 54, Joseph Fr. Michaud (1767-1839), Louis Gabriel Michaud (1773-1858)
  6. Illiade, I, 26 - 32
  7. Illiade, I, 17 - 24
  8. Apollon est également le Dieu qui contribua à la naissance de Troie
  9. Beaucoup d'auteurs assimilent cette devastation à la peste, connue dans l'antiquité. Dans l'Iliade, Apollon est évoqué sous le nom de Sminthée, épiclèse signifiant le rat (voir aussi Apollon).
  10. Illiade, I, 43 - 52
  11. Calchas, devin des Grecs devant Troie, devait sa science à Apollon (Illiade, I, 72)
  12. Illiade, I, 53 - 67
  13. Illiade, I, 74 - 83
  14. Illiade, I, 91 - 100
  15. Illiade, I, 517 - 527
  16. Illiade, I, 304 - 309
  17. Illiade, I, 428 - 455
  18. Illiade, I, 318 - 347
  19. Biographie universelle, ancienne et moderne, partie mythologique, 1811-62, t. 54, article Chryséis, Joseph Fr. Michaud (1767-1839), Louis Gabriel Michaud (1773-1858)
  20. Biographie universelle, ancienne et moderne, partie mythologique, 1811-62, t. 54, article Chrysès II, Joseph Fr. Michaud (1767-1839), Louis Gabriel Michaud (1773-1858)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires », (1re éd. 1951) (ISBN 2-13-050359-4), s.v. « Chryséis ».