Séleucides

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Empire séleucide
Ἀρχή Σελεύκεια (grec)

30564 av. J.-C.

Description de cette image, également commentée ci-après

L'empire séleucide en 305 av. J.-C.

Informations générales
Statut Monarchie hellénistique
Capitale Séleucie du Tigre (305 - 240 av J-C)
Séleucie de Piérie (240 av J-C)
Antioche (240 - 64 av J-C)
Langue Grec(officiel)
Persan
Araméen
Religion Religion grecque antique
Religion babylonienne
Zoroastrisme
Histoire et événements
305 av. J.-C. Séleucos Ier se proclame roi (basileus) de Syrie
274168 av. J.-C. Guerres de Syrie contre les Lagides d'Égypte
Vers 250 av. J.-C. Création du royaume gréco-bactrien en Bactriane ; indépendance de la Parthie
188 av. J.-C. Paix d'Apamée : perte des territoires anatoliens
64 av. J.-C. Victoire romaine et intégration de la Syrie à leur territoire
Rois (basileus)
(1er) 305281 av. J.-C. Séleucos Ier
(Der) 6564 av. J.-C. Philippe II Philoromaios

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les Séleucides sont une dynastie hellénistique issue de Séleucos Ier, l'un des diadoques d'Alexandre le Grand, qui constitue un empire syro-iranien formé de la majeure partie des territoires orientaux conquis par Alexandre, allant de la Syrie à l'Indus. Le cœur politique de l'empire se situe en Syrie antique. Les Séleucides règnent jusqu'au IIe siècle av. J.-C. sur la Babylonie et la Mésopotamie, dans la continuité des Perses achéménides. Après avoir été satrape de Babylone à l'issue des guerres des diadoques en 312 av. J-C, Séleucos fonde la dynastie séleucide qui régna de 305 à 64 av. J.‑C.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'abord satrape de Babylonie à la mort d'Alexandre le Grand, Séleucos Ier étend par la suite sa domination sur les provinces de Syrie et d'Asie moyen-orientale (Perse, Médie, Susiane, Sogdiane, etc.). Il se proclame roi en -305. Séleucos fonde Séleucie du Tigre, sa première capitale, en Mésopotamie ; puis il transfère un temps sa capitale à Séleucie de Piérie sur la Méditerranée. La capitale s'installe définitivement à Antioche en Syrie antique à la fin de son règne[1]. Les Séleucides sont la seule des grandes dynasties hellénistiques possédant une ascendance iranienne. Séleucos a en effet épousé Apama, la fille d'un noble perse, de laquelle naît son héritier Antiochos Ier. Les historiens ont longtemps sous-estimé l'importance de la Babylonie au sein de l'Empire, en consultant davantage les sources grecques que les documents écrits en araméen. La chancellerie, selon la tradition royale perse, rédige en effet des documents en écriture cunéiforme et pas seulement en grec. Les Séleucides font suite aux Achéménides dans les chroniques babyloniennes jusque dans les années 150.

L'empire séleucide en 200 av. J.-C.

La Cœlé-Syrie est au centre des conflits avec les Lagides, les six guerres de Syrie. Vers 250, la satrapie de Bactriane fait sécession pour former le royaume gréco-bactrien. Dans le même temps, la Parthie devient, elle aussi, indépendante. Le règne d'Antiochos III marque un retour partiel de l'autorité impériale dans les provinces orientales et anatoliennes (Médie, Perse, Asie Mineure, Arménie, Bactriane et Parthie), mais en 188 av. J.-C., vaincu par les Romains à Magnésie du Sipyle, Antiochos doit accepter la paix d'Apamée, qui remet définitivement en cause la puissance séleucide en Asie Mineure, notamment au profit de Pergame. Les Séleucides perdent, à partir de la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C., les satrapies orientales au profit des Parthes qui s'emparent de tout le plateau iranien. Les dernières années de la dynastie sont marquées par d'incessantes querelles dynastiques entre frères (d'autant plus complexes qu'elles impliquent souvent des princesses lagides), neveux et oncles ou cousins, qui font sombrer la Syrie, dernier reliquat de l'Empire séleucide, dans l'anarchie : chaque cité avance son prétendant. En 83 av. J.-C., les Antiochéniens offrent même la couronne au roi Tigrane II d'Arménie, qui intègre la Syrie à son empire. Les Séleucides profitent de la victoire de Lucullus sur Tigrane (69 av. J .-C.) pour revendiquer un trône sous tutelle romaine, mais Pompée détrône Antiochos XIII Asiaticus cinq ans plus tard, mettant fin à la dynastie. La Syrie est alors réduite au statut de province romaine.

L'Empire séleucide, fusion de l'Orient et du monde grec, semble au départ fidèle au projet d'Alexandre le Grand. L'Empire comprend une multiplicité de groupes ethniques, de langues (grec, persan, araméen, dialectes indo-iraniens), de religions (polythéisme grec, zoroastrisme, judaïsme, cultes indigènes). Dans ce contexte, plus encore que pour les autres monarchies hellénistiques, le roi, qui reçoit un culte divin, est supposé être le garant de l'unité de l'empire. L’armée apparaît comme le meilleur soutien de la dynastie séleucide. Les Séleucides ont promu l'hellénisation de l'Orient en développant l'urbanisme, comme le montrent la tétrapolis de Syrie et les nombreuses fondations ou refondations de cités et de villes-garnisons.

L'immensité et la diversité de l'Empire séleucide ont causé sa fragilité, obligeant les monarques à reconquérir périodiquement leur empire, victime de tendances centrifuges. Par ailleurs, la plupart des souverains, emportés par d'inextricables querelles matrimoniales, se sont avérés médiocres dans la conduite des affaires, à l'exception notable d'Antiochos III.

L'organisation du territoire[modifier | modifier le code]

Un territoire immense[modifier | modifier le code]

L'empire séleucide, immense, ne s'est toutefois pas toujours étendu depuis l'ouest de l'Asie Mineure jusqu'aux portes de l'Indus, en passant par le sud de la Syrie et l'ensemble des hautes satrapies. En effet, si l'immensité de cet empire fait sa force, c'est aussi une source d'instabilité constante.

À sa mort en 281 av. J.-C., Séleucos Ier lègue un empire agrandi dont la gestion s'avère difficile pour son fils et successeur Antiochos Ier, qui fait face à des rébellions et des volontés d'indépendance en Asie Mineure ainsi qu'en Syrie du Nord. Dans ces régions, notamment en Syrie et Carie, les Séleucides se heurtent plusieurs fois à la puissance lagide au cours du IIIe siècle av. J.-C. ; de plus, l'Asie Mineure n'est jamais totalement sous contrôle séleucide, surtout après l'indépendance acquise par Pergame en 263 av. J.-C.

En outre, en ce qui concerne la partie orientale du royaume, les satrapies iraniennes ainsi que les hautes satrapies, la domination séleucide s'y exerce de manière irrégulière. En effet, Antiochos II a délaissé la partie orientale de son royaume qui, face aux attaques extérieures aux revendications indépendantistes, s'y trouve très amoindri dans les années 250 av. J.-C.

Face à l'affaiblissement de la puissance séleucide, l'Égypte lagide lance la troisième guerre de Syrie et conquiert l'ensemble de la Syrie du nord et la capitale du royaume Séleucie de Piérie. Même si les lagides se retirent assez rapidement, cela illustre la faiblesse du royaume.

La situation change en 223 av. J.-C. au début du règne d'Antiochos III, qui restaure l'autorité séleucide sur de nombreux territoires, notamment sur les hautes satrapies en menant de nombreuses négociations, avant de se concentrer sur l'ouest du royaume. Il mène une série de campagnes victorieuses en Syrie jusqu'à Gaza et en Asie Mineure.

En 192 av. J.-C., Rome et ses alliés, inquiets de cette réussite, battent les Séleucides et leur imposent la paix d'Apamée, aux sévères conditions financières et territoriales.

Malgré tout, le pouvoir séleucide demeure important et domine un immense territoire.

Un territoire de nature impériale[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres grands royaumes de la même période, l'empire séleucide se distingue par son territoire qui n'est que peu uniformisé à la différence de la puissance lagide par exemple dont l'Égypte est le socle et possède une logique culturelle et territoriale bien déterminée. Le territoire séleucide en effet est fragmenté et les modes de contrôle des territoires varient d'une région à une autre.

Il est essentiel de noter alors l'importance de la figure royale dans la domination des territoires. En effet, le culte royal apporte une logique et reprend le culte de la figure royale comme l'avait fait Alexandre le Grand et avant les Achéménides. La figure du roi libérateur et bienfaiteur est importante et convient aussi bien aux rois qu'à ses interlocuteurs civiques. Ce culte royal qui s'impose progressivement est notamment vérifié par les symboles frappés sur les monnaies du royaume : on retrouve l'ancre ou encore la figure d'Apollon.

Les territoires isolés des hautes satrapies sont gérés de manière plus personnelle, il s'agit souvent de négociation et la domination peut être consentie avec des exonérations fiscales ou encore plus d'autonomie au niveau politique.

Quant à la partie plus occidentale du royaume, elle représente le cœur politique séleucide : en Syrie. Dès la fin du IVe siècle plusieurs cités sont fondés et un processus de colonisation est mis en place afin de s'approprier cette région et notamment garantir un accès à la Mer Méditerranée, la cité de Séleucie de Piérie (au bord de la mer Méditerranée) devient pendant un temps la capitale du royaume. Il s'agit ici d'une domination d'ordre stratégique.

Organisation politique[modifier | modifier le code]

Le cercle royal[modifier | modifier le code]

Si le roi possède l'ensemble du pouvoir exécutif, son entourage possède une influence directe très importante sur ses décisions. En effet, à l'image d'Alexandre le Grand et comme tous les dirigeants de l'époque, le roi s'entoure d'un cercle de proches, à la fois amis et conseillers, largement composé par l'élite macédonienne car même si l'accès ne leur est pas réservé la présence d'indigènes dans ce cercle semble marginale. Il s'agit souvent d'ambassadeurs, d'officiers, de diplomates ou de conseillers.

On appelle ce cercle le synedion et on appelle philoi ceux qui appartiennent aux proches du roi, ce titre ne donne toutefois aucun pouvoir exécutif.

Les structures administratives[modifier | modifier le code]

Contrairement notamment à la puissance lagide pour laquelle il y a une documentation très riche qui atteste d'une administration centrale très développée qui trouve son cœur à Alexandrie, en dehors du synedion, le royaume séleucide n'est pas dotée d'une administration centralisée. Il semblerait que le pouvoir séleucide ait plutôt tendance à déléguer au gouverneurs des satrapies de grandes responsabilités, ce qui explique aussi en partie la difficulté de maintenir une autorité continue sur tous les territoires puisque certaines régions possèdent une large autonomie, accentuée par les velléités d'indépendance des stratèges mis en place par le roi, comme c'est le cas en Bactriane ou à Pergame.

Cette organisation en satrapies est héritée des Achéménides et a été conservée, ainsi d'une manière générale les satrapies sont plus grandes en Asie centrale et dans les régions iraniennes qu'en Asie Mineure qui est une région très fragmentée. Toutefois, il est difficile d'avoir une idée exacte du nombre précis de satrapies en raison du manque de documentation.

Par ailleurs, on constate au niveau économique en particulier le manque d'une administration centrale qui organiserait et planifierait des objectifs au niveau du royaume comme dans le royaume lagide. La fiscalité par exemple n'est pas homogène, elle s'exerce différemment en fonction de la nature de la domination exercée. Par exemple, en Asie Mineure l'exploitation des terres agricoles requiert un tribut et sont surveillées par des garnisons, les cités sont prélevées annuellement et paient des taxes sur leurs productions et leurs activités tandis que dans les hautes satrapies les prélèvements sont ponctuels et pas toujours de la même nature.

L'organisation suit davantage une logique régionale qu'une logique au niveau du royaume.

Liste des rois de la dynastie des Séleucides[modifier | modifier le code]

À partir du milieu du IIe siècle av. J.-C., les chevauchements de règnes qui apparaissant s'expliquent par les usurpations et conflits de pouvoir.

Lorsque Pompée transforme les royaumes séleucides d'Antioche et de Damas en province romaine, en 64 av. J.-C., Antiochos XIII se réfugie chez son protecteur Lucullus, lequel l'élimine pour plaire à Pompée.

Quant à Philippe II, il semble qu'il ait survécu, car un prince séleucide nommé Philippe a ensuite été pressenti, en 56 av. J.-C., comme époux pour la reine d'Égypte Bérénice IV. Cette union fut cependant rejetée par le gouverneur de Syrie, Aulius Gabinius, qui a sans doute fait exécuter Philippe.

Ainsi disparurent les derniers représentant de la dynastie des Séleucides. Si la Syrie proprement dite devint une province de l'Empire romain (27 av. J.-C.-395 ap. J.-C.), la plus grande partie du territoire qui constituait jadis l'Empire séleucide à l'époque de Séleucos Ier (305-281 av. J.-C.) appartenait désormais à l'Empire parthe (247 av. J.-C.-224 ap. J.-C.).

Autres membres de la dynastie des Séleucides[modifier | modifier le code]

Certaines personnes listées ci-dessous ne sont pas à proprement parler des membres de la dynastie des Séleucides. Il s'agit généralement des épouses de souverains séleucides qui, par conséquent, méritent de figurer dans la liste de ses membres. On retrouve, en outre, des personnages issus d'autres dynasties (Lagides et dynasties des royaumes d'Asie Mineure notamment) qui n'ont pas régné sur l'Empire séleucide mais dont le pouvoir et l'ascendance sont liés à un membre de la dynastie des Séleucides.

Note[modifier | modifier le code]

  1. La chronologie des capitales séleucides est sujette à caution. Certains historiens prétendent qu'Antioche ne devient véritablement la capitale que vers 240 av. J.-C..

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Bikerman, Institutions des Séleucides, Paris, 1938.
  • Laurent Capdetrey, Le Pouvoir séleucide, Territoire, administration, finances d'un royaume hellénistique (312-129 av. J.-C.), Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2007.
  • (en) J. D. Grainger, Seleukos Nikator, Constructing an Hellenistic Kingdom, Londres, 1991.
  • C. Granjean et alii, Le Monde hellénistique, Paris, A. Colin, 2008.
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 202060387X).
  • (tr) Fazli Konuş, Selçuklular Bibliyografyası, Konya, 2006 (ISBN 9789758867882).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :