Antiochos III

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Antiochos.
Antiochos III Mégas
Pièce d'argent d'Antiochos III. Au revers, Apollon assis sur un omphalos.
Pièce d'argent d'Antiochos III. Au revers, Apollon assis sur un omphalos.
Titre
Roi Séleucide
Prédécesseur Séleucos III Sôter
Successeur Séleucos IV Philopator
Biographie
Dynastie Séleucides
Date de naissance v. -242
Date de décès
Lieu de décès Elymaïs
Père Séleucos II
Conjoint Laodicé III
Enfants Séleucos IV
Antiochos IV
Laodicé IV
Cléopâtre Ire
Antiochis III

Antiochos III Mégas (le Grand), né vers 242, mort en 187 av. J.-C., est considéré comme le souverain le plus important de la dynastie séleucide de l'empire greco-iranien, après son fondateur Séleucos Ier. Son surnom de Mégas vient du titre de Mégas Basileus (« grand roi ») qu'il a adopté.

Le début de son règne[modifier | modifier le code]

Né vers 242 av. J.-C., il est le second fils de Séleucos II Callinicos et le frère de Séleucos III. À son avènement en 223, à l'âge de 19 ans, après l'assassinat de son frère par deux de ses officiers, le royaume est terriblement affaibli en particulier par le règne désastreux de son père. Attale Ier de Pergame s'est en effet emparé de l'Asie mineure au détriment de l'oncle d'Antiochos, Antiochos Hiérax, qui lui-même a fait sécession du royaume séleucide en 241. L'Égypte ptolémaïque exerce quant à elle une hégémonie maritime totale dans tout le bassin oriental de la Méditerranée et les satrapies orientales de l'empire deviennent indépendantes les unes après les autres.

Antiochos, sous l'influence du ministre Herméias, combat successivement ses différents adversaires. Il restaure la souveraineté séleucide, après un premier échec vers 222, sur les satrapies orientales en réprimant le soulèvement de Molon et de son frère Alexandre en Perse et en soumettant la Médie en 221. Il invite des poètes de Grèce à sa cour, dont Euphorion de Chalcis qui devient bibliothécaire royal jusqu'à sa mort. Antiochos se heurte en Asie mineure à la rébellion d'Achaios II qui reçoit le soutien des Lagides. Vers 220 il fait assassiner Herméias.

La guerre contre Ptolémée IV[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerres de Syrie.

Antiochos entre alors une première fois en lutte contre l'Égypte pour la domination de la Cœlé-Syrie[1](quatrième guerre de Syrie entre 221 et 217 av. J-C.). Il s'empare en 219 de Séleucie de Piérie, port stratégique sur l'Oronte.

En 218, Antiochos envahit cette région limitrophe entre les deux empires. Lors de son périple le long de la côte, Antiochos enrôle de nombreux mercenaires, dont des Arabes qui lui fournissent un important contingent d'infanterie légère. Les négociations entamées par les ministres de Ptolémée IV, laissent le temps aux Lagides de préparer une armée considérable. Les deux armées se livrent bataille en 217 à Raphia. Antiochos est vaincu à l'issue d'une vaine poursuite de cavalerie. Il perd une partie importante de la Syrie. Il parvient cependant entre 216 et 214 à réduire le soulèvement d'Achaios, ce qui lui permet de reprendre la partie orientale de l'Asie mineure.

L’Anabase d'Antiochos[modifier | modifier le code]

Antiochos parvient à surmonter son échec contre les Lagides. Il forme une armée considérable estimée à 100 000 fantassins et environ 20 000 cavaliers dans le but de soumettre les territoires orientaux de son empire. Il mène en effet une série de campagnes victorieuses, entre 210 et 204 av. J.-C., qui le conduisent à annexer l'Arménie, la Bactriane (209) et la Parthie. Il signe même un accord avec divers princes indiens de la région du Pendjab, dont le roi Sophagasenos, qui, inquiets de la présence à leurs portes d'une telle armée, lui fournissent des éléphants de guerre, afin de s'en débarrasser. Entre 205 et 204, il mène une expédition dans la région du golfe Persique contre divers peuples arabes.

La cinquième guerre de Syrie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerres de Syrie.

Antiochos cherche à prendre sa revanche sur l'Égypte lagide. Aussi profite-t-il de la mort prématuré de Ptolémée IV et de la montée sur le trône d'un enfant de cinq ans, jouet de ses ministres, Ptolémée V, pour déclencher la cinquième guerre de Syrie (201/195 av. J.-C.). La grande victoire de Panion lui permet de reconquérir la Palestine, la Cœlé-Syrie, puis de faire main basse sur l'empire maritime lagide ou sur ses alliés avec la prise d'Éphèse en 197 puis des rivages de l'Hellespont en 196. Il commence alors à se heurter aux Romains, qui viennent de battre Philippe V de Macédoine, et dont il commet l'imprudence de soulever la méfiance, en accueillant en 196 le Carthaginois Hannibal Barca à sa cour.

La guerre contre Rome[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre antiochique.

En octobre 192 av. J.-C., Antiochos débarque en Thessalie à Démétrias, mais ne reçoit guère de soutien, si ce n'est celui de la Ligue étolienne. Vaincu en avril-mai 191 aux Thermopyles par les légions romaines du consul Manius Acilius Glabrio et du tribun Marcus Porcius Cato, il repasse en Asie, où il est écrasé en 189 à Magnésie par Scipion l'Asiatique (frère de Scipion l'Africain), là encore après avoir lancé une vaine poursuite de cavalerie. Il est contraint de signer la paix d'Apamée (188), très avantageuse pour Rome.

Il perd donc toute l'Asie à l'Ouest de la ligne Halys-Taurus au profit surtout des rois attalides de Pergame, indéfectibles alliés des Romains, livre ses éléphants et sa flotte (sauf dix navires) et paye une énorme indemnité de guerre de 12 000 talents, à verser en douze annuités, dont une partie finit probablement dans les caisses de la famille des Scipions à en croire Tite-Live[2]. Il tente alors, prenant prétexte de l'indemnité à payer, de s'emparer du trésor du temple de la ville d'Élymaïs, mais la population de la ville se révolte et il est tué le 3 ou . Son fils Séleucos IV lui succède.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Antiochos a épousé sa cousine la princesse pontique Laodicé III qui lui donne une grande postérité :

Antiochos, après avoir répudié Laodice, épouse en secondes noces en 191 une jeune grecque, Euboia, fille de Cléoptolème de Chalcis.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Will 1993, p. 392.
  2. Tite-Live, (XXXVIII, 53-60) rapporte le procès fait à Lucius Scipion, accusé de n'avoir pas versé au trésor public tout le butin d'Asie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Préaux, Le Monde hellénistique : La Grèce et l'Orient de la mort d'Alexandre à la conquête romaine de la Grèce (323-146 avant J.-C.), t. 1, Presses Universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio. L'histoire et ses problèmes », (1re éd. 1978), 398 p. (ISBN 2-13-042619-0)
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 202060387X) ; Le monde grec et l'Orient : Le monde hellénistique, t. 2, PUF, coll. « Peuples et Civilisations », (1re éd. 1975) (ISBN 2-13-045482-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]