Époque classique

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L’Époque classique est une période de l'histoire de la Grèce antique, située entre l'époque archaïque et l'époque hellénistique. Elle correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire depuis la victoire athénienne de Salamine contre les Perses en -480 jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en -323. On désigne ainsi aujourd'hui la période durant laquelle les valeurs et les institutions fondamentales du monde grec trouvèrent leur pleine expression et arrivèrent à maturité.

L'expression d'« Époque classique » est une dénomination postérieure à la période chronologique à laquelle elle renvoie, même si les Grecs ont eu conscience que le monde qui existait avant l'épopée d'Alexandre le Grand et la dilatation du monde grec, pouvait être considéré comme un « âge d'or ». Par ailleurs, il n'y a pas de rupture nette entre les différentes « époques » de l'Antiquité grecque.

Le Ve siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Le Ve siècle av. J.-C. est essentiellement étudié du point de vue athénien, Athènes étant la cité qui nous a laissé le plus d'œuvres écrites. Si l'on se concentre sur Athènes, notre source principale, on considère généralement que ce Ve siècle grec débute en -510, par la chute de la tyrannie athénienne et les réformes clisthéniennes à Athènes. Si l'on se concentre sur le monde grec, le début en est la révolte de l'Ionie en -500, qui entraîne l'invasion perse de -492. Les Perses (confondus avec les « Mèdes ») sont finalement défaits en -490. Une seconde tentative perse échoue de -481 à -479. S'organise alors la Ligue de Délos, sous l'hégémonie athénienne, qui est finalement l'instrument d'Athènes. Les excès d'Athènes entraînent plusieurs révoltes parmi les cités alliées, révoltes qui sont réduites par la force. Mais le dynamisme athénien réveille finalement Sparte. La Guerre du Péloponnèse éclate en -431 et, après l'épuisement des deux camps et une brève paix, la guerre reprend au bénéfice de Sparte. Athènes est définitivement défaite en -404, quelques agitations internes à Athènes terminant ce Ve siècle grec.

Période clisthénienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réformes clisthéniennes.
Clisthène réforme la géographie civique d'Athènes.

En -510, les troupes lacédémoniennes aident les Athéniens à renverser le tyran Hippias, fils de Pisistrate. Cléomène Ier, roi de Sparte, place ainsi au pouvoir une oligarchie amie menée par Isagoras. Mais Clisthène, son rival, s'adjoint le soutien de la classe moyenne et parvient avec l'aide des démocrates à renverser le pouvoir. Cléomène intervient en -508 et -506, mais rien n'y fait : les Athéniens soutiennent Clisthène et la démocratie. Par les réformes dites de Clisthène[1] ils dotent la cité d'institutions isonomiques (tous ont les mêmes droits) et auraient instauré l'ostracisme. La démocratie isonomique et iségorique (iségoria : même droit à la parole) s'exprime d'abord dans le dème (environ 130 dèmes) qui devient l'élément civique de base, les 10 000 citoyens exerçant leur pouvoir par l'Assemblée (l'Écclésia, en grec) qu'ils composent, encadrée par un Conseil de 500 citoyens choisis au hasard, la boulè[2].

La géographie administrative de la cité est refondue. Le but étant d'avoir des groupes politiques mélangés, non fédérés par des intérêts locaux liés à la mer, à la ville, ou à l'agriculture, et dont le jugement (déclaration de guerre, etc.) serait soumis à leur situation géographique. Aussi, le territoire de la cité est divisé en trente trittyes de la manière suivante :

  • dix trittyes dans la « Paralie » côtière ;
  • dix trittyes dans l'« Asty », le cœur urbain ;
  • dix trittyes dans la « Mésogée » rurale.

Prenant au hasard une trittye de chaque ensemble, on obtient trois trittyes formant ensemble une tribu. Il existait donc finalement dix tribus ayant chacune des intérêts dans chaque partie du territoire.

C'est cet ensemble de réformes qui permettra finalement l'émergence d'une plus large démocratie dans les années -460/-450.

Affrontements perses[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres médiques.

En -499, les cités d'Ionie (Asie mineure) se révoltent contre la domination perse. Athènes les aide de son mieux, mais doit rapidement renoncer. En -494, les Grecs perdent la Bataille de Ladé (494 av. J.-C.) : l'Asie mineure retourne aux Perses.

En -492, les généraux perses Mardonios et Datis lancent un assaut naval sur les îles de l'Égée, les soumettent, puis tentent un débarquement à Marathon en 490 pour prendre Athènes. Mais 9 000 hoplites athéniens et 1 000 citoyens de Platées attaquent les 100 000 Perses lorsqu'ils rembarquent leurs chevaux, puis se dirigent immédiatement vers Athènes. Lorsque la flotte perse, qui a fait un long détour, arrive à Athènes, elle constate la présence des soldats et rebrousse simplement chemin.

En -483, un filon argentifère est découvert dans le Laurion (petites montagnes près d'Athènes), et la centaine de talents d'argents extraits servent à la construction de 200 trières (navires de guerre), afin de combattre le piratage de la petite cité d'Égine.

En -480, Xerxès, roi des Perses, lance une nouvelle tentative d'invasion de la Grèce, avec 1207 navires selon Hérodote, et environ 300 000 soldats selon les historiens récents. Deux ponts de bateaux sont construits sur l'Hellespont, permettant aux hommes, bêtes, et chargements de passer le détroit en flux continu. L'armée prend possession de la Thrace puis descend vers la Thessalie et la Béotie tandis que la flotte perse longe les côtes et réapprovisionne cette armée. La flotte grecque tente de bloquer le cap Artémision tandis qu'un petit groupe de soldats, guidé par Léonidas, roi de Sparte, se sacrifie lors de la bataille des Thermopyles.

Les soldats perses arrivent sur Athènes par la voie terrestre, et prennent la cité que les Athéniens ont déjà abandonnée. Mais la flotte grecque garde la baie d'Athènes. Lorsque la flotte perse arrive, elle est attirée dans l'étranglement de Salamine et les navires grecs gagnent la bataille de Salamine (-480). L'année suivante, sur terre, la bataille de Platées est gagnée, et sur mer, la bataille du cap Mycale achève la marine perse.

Ligues de Délos : vers l'Impérialisme athénien[modifier | modifier le code]

Pour poursuivre leur résistance aux invasions perses, les cités grecques restent associées en une alliance militaire, surtout maritime, dont Athènes assume l'« hégémonie » (cité qui dirige les troupes alliées) à partir de -478. Les îles (Samos…) sont libérées, la Thrace l'est par voie terrestre, puis la côte (actuellement l'ouest de la Turquie) est remontée et libérée. Sestos, dans le détroit de l'Hellespont, est libérée et un pouvoir favorable à Athènes est instauré. Mais rapidement, alors que les Perses sont manifestement hors état de nuire, l'armée sert les seuls intérêts de l'Hégémon : Athènes. Naxos quitte alors la ligue en -470, mais est assiégée par Athènes, soumise, et doit désormais payer sa participation à l'alliance militaire par un impôt (phôros). Sur la côte perse face à Chypre, la bataille de l'Eurymédon (-466 ?) détruit la seule flotte perse des environs. Les Perses ne pouvant plus réunir suffisamment de bateaux pour envahir la Grèce, l'alliance militaire grecque devient inutile. Pourtant, grâce au prestige dû aux victoires sur les Perses, Athènes parvient à conserver unie la Ligue de Délos.

La Ligue de Délos: alliance libre anti-perse, et finalement outil de la volonté athénienne

En -464, un tremblement de terre bouleverse le Péloponnèse et les hilotes (un peuple grec vaincu par Sparte et réduit en esclavage depuis le VIIIe siècle av. J.-C.) profitent de la catastrophe et du présage pour se révolter. Sparte a du mal à rétablir l'ordre et demande finalement l'aide d'Athènes. Cimon, le leader des aristocrates athéniens et admirateur de Sparte emmène 4 000 hoplites athéniens aider les Spartiates. Mais Éphialte, leader des démocrates, profite de l'absence de Cimon et de ses 4 000 compagnons pour faire passer des réformes démocratiques : le corps civique est élargi, l'Aréopage - sorte de Sénat conservateur constitué de vieux magistrats - voit ses pouvoirs réduits. C'est cet évènement qui, selon Hérodote, déstabilise définitivement l'équilibre politique prévalant à Athènes. Le peuple est devenu clairement plus puissant que les conservateurs et la démocratie. Les « démagogues » (ceux qui dirigent le peuple) y gagnent donc en importance. Cimon est finalement renvoyé par les spartiates effrayés par la sympathie que les hoplites athéniens semblent accorder aux hilotes et rentre honteusement à Athènes sans avoir pu éviter les changements.

Une hasardeuse intervention de soutien militaire en Égypte est votée en -460 et sera défaite en -454.

En -458, la construction des Longs-Murs est lancée, afin de pouvoir s'y enfermer si des troupes envahissaient l'Attique (région dominée par Athènes). Le trésor de la Ligue est transféré de Délos à Athènes. Ce trésor est finalement bientôt confondu avec les caisses de la ville et permet le financement de bâtiments signant l'apogée d'Athènes tel le Parthénon.

Quelques tensions avec Sparte et l'attaque de son port en -455 mènent finalement à une paix jurée, en -451. La victoire de l'expédition de Chypre, lors de la bataille de Salamine de Chypre, -450, permet une sorte de gentlemen's agreement: Grecs et Perses cessent de se faire la guerre et respectent réciproquement leurs zones d'influence.

Là, véritablement, la Ligue de Délos ne semble plus avoir de raison d'être mais Athènes maintient en bon ordre l'outil de sa force militaire. En -447, Thèbes inflige une lourde défaite à Athènes (Bataille de Coronée (447 av. J.-C.)) et crée pour se protéger la Confédération béotienne. L'Eubée y voit un signal d'affaiblissement d'Athènes et se révolte en -446. Mais la flotte de la ligue intervient, soumet les cités, et leur impose des régimes démocratiques favorables à Athènes, ainsi que des contributions fiscales à l'alliance (phoros) et même des directives judiciaires (Chalcis).

Le dynamisme d'Athènes accroît les tensions avec Sparte. Après quelques accrochages, une nouvelle paix sparto-athénienne est jurée en -446/-445. Mais l'influence athénienne continue de s'étendre : des colonies sont créées en Italie, en Thrace (Amphipolis, -437), au nord de la Mer Noire et les îles entourant le Péloponnèse font désormais partie de la ligue.

Début de la Guerre du Péloponnèse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Péloponnèse.

Thucydide, notre source principale sur le sujet, constate que les causes de cette guerre sont surtout le dynamisme athénien qui, en menaçant la cohésion de la ligue du Péloponnèse, menaçait finalement l'existence même de Sparte et de sa domination sur les Hilotes.

Mais il note aussi des causes directes :

  • l'alliance avec Corcyre et contre Corinthe. Athènes grignotant davantage le territoire de Corinthe, celle-ci devait soit se battre, soit se laisser mourir. Corinthe vint demander l'aide de Sparte, son alliée ;
  • le siège de Potidée, en révolte depuis qu'Athènes a exigé que ses citoyens abattent leurs murs ;
  • le blocus commercial de Mégare, qui vint demander l'aide de Sparte, son alliée.

La Ligue du Péloponnèse se réunit et, malgré les propos pacificateurs d'Archidamos, roi spartiate, la Ligue déclare la guerre à Athènes. La condition de la paix est l'autonomie des cités de la ligue de Délos, signifiant la dissolution de l'empire athénien. Athènes répondit en demandant l'autonomie des cités du Péloponnèse, signifiant la dissolution de l'empire spartiate.

La Guerre du Péloponnèse, de -431 à -404.

La guerre fut donc lancée en -431 avec le siège de Platées par les Béotiens et Péloponnésiens, et l'invasion de l'Attique. Archidamos mène les invasions lacédémoniennes tandis que les Athéniens restent fidèles à la stratégie dite de Périclès[3] : abandonner le territoire rural de l'Attique, refuser le combat en s'enfermant à l'abri des Longs-Murs protégeant la cité et le port, se faire approvisionner par l'empire maritime athénien en lançant des expéditions punitives sur les côtes du Péloponnèse. -431 et -430 sont ainsi de classiques invasions sparto-lacédémoniennes, Platées étant assiégée. En -430, amplifiée par l'entassement de 500 000 habitants à l'intérieur des Longs-Murs, une fièvre (dite peste, mais qui ne semble pas l'être) tue un tiers des citoyens, dont Périclès, affaiblissant grandement la cité. -428, -427 et -425 sont pareillement des invasions sparto-lacédémoniennes non concluantes. Platées est prise en -427 tandis que l'alliée d'Athènes, Mytilène, fait défection.

Le coup décisif est celui de l'îlot de Sphactérie: 120 homoioi (citoyens spartiates de plein droit) et 420 fantassins lacédémoniens sont assiégés. Sparte demande la paix à Athènes mais Cléon parvient à faire prisonniers, sans combat, les soldats assiégés, ruinant ainsi l'image d'invincibilité de Sparte. Cléon et une bonne partie des Athéniens, conscients de l'avantage de posséder des otages, veulent pousser l'avantage militaire plus loin. Du côté spartiate, Brasidas parvient à déstabiliser les positions athéniennes au nord, en Chalcidique et en Thrace. La mise au point s'effectue en -422, lors de la bataille d'Amphipolis : Sparte l'emporte, mais Brasidas et Cléon trouvent tous les deux la mort, ouvrant une voie vers la paix. La paix de Nicias est finalement jurée[4] en -421, surtout du fait de l'épuisement des deux cités : les cinq sixièmes du trésor athénien ont fondu, plus d'un tiers de la population est morte tandis que Sparte sort discréditée et militairement affaiblie.

Paix de Nicias[modifier | modifier le code]

Pour autant, la période de -421 à -413 n'est pas innocente et pacifique. Athènes s'allie et arme Argos, Élis et Mantinée (nord du Péloponnèse) contre Sparte, afin de dissoudre la cohésion du Péloponnèse et d'occuper Sparte en se laissant le champ libre en Thrace et en Thessalie. Mais l'éclatante victoire spartiate de -418 indique que la confédération du Péloponnèse reste solide.

En -415, persévérant dans la stratégie de renforcement et d'encerclement, Alcibiade propose de lancer l'Expédition de Sicile. Les citoyens athéniens, attirés par la perspective d'un butin facile, votent une expédition massive alors que Nicias, rival d'Alcibiade favorable à la diplomatie, encourage plutôt a renforcer les acquis. À la suite d'une affaire de sacrilège (mutilation des Hermès), Alcibiade fait défection, rejoint Sparte et laisse l'expédition qu'il a initiée au mains de Nicias qui ne l'a pas souhaitée. Finalement, l'aventure est un désastre. En 413, 90 % des Athéniens dépêchés en Sicile y meurent ou sont faits esclaves par les Syracusains.

Guerre d'Ionie, Guerre de Décélie[modifier | modifier le code]

Profitant du marasme de Sicile et des conseils d'Alcibiade, Sparte relance la guerre en -414 en envahissant l'Attique. Sparte cherche cette fois l'aide du satrape perse Tissapherne afin de disposer d'une flotte de guerre puissante et de défaire l'arrière-pays maritime d'Athènes ; Tissapherne et le royaume perse y gagneraient l'affaiblissement d'Athènes et la récupération des cités d'Asie mineure (côte turque actuelle). En -413, Agis, roi de Sparte, prend possession de Décélie, une forteresse du territoire d'Athènes. Dès lors, Agis et les troupes spartiates saccagent méthodiquement l'Attique. En -411, un coup d'État agite Athènes et un régime oligarchique est restauré par les Quatre Cents. Les soldats en poste à Samos refusent ce régime des Quatre Cents, qui s'effondre rapidement de lui-même. Sparte parvient à saisir les détroits (Byzance, l'Eubée en -411) ; pour Athènes, c'est la déroute près d'Érétrie. Une victoire navale dans l'Hellespont permet de sauver l'essentiel : les approvisionnements en céréales. D'autres victoires athéniennes, des pillages locaux et l'instauration d'un péage dans le Bosphore rétablirent la situation au point que Sparte, fatiguée, demanda la paix. Les Athéniens refusèrent.

L'arrivée de Lysandre à la tête de la flotte spartiate et l'aide du Perse Cyrus le Jeune renversent la tendance. La flotte athénienne est défaite sous Alcibiade, puis sous Conon, mais la Bataille des Arginuses est une victoire éclatante des Athéniens. Lysandre revient et lorsque Sparte parvient à détruire la flotte athénienne à la bataille d'Aigos Potamos, en -405, l'approvisionnement en céréales d'Athènes est coupé.

Athènes se rend en -404. Thèbes et Corinthe demandent la destruction d'Athènes mais Sparte préfère finalement, à trois votes d'éphores contre deux, intégrer Athènes à son alliance.

Conséquences immédiates[modifier | modifier le code]

Les conséquences immédiates sont la dislocation de l'empire maritime athénien et l'instauration de la tyrannie des Trente. Lysandre apparaît comme l'homme fort de Sparte mais Agis, le roi, tient à réduire son influence ; lorsque Athènes revient à la démocratie, Agis n'intervient pas. Mais Sparte devient pesante et hégémonique, hésitant entre reconstruire l'empire athénien à son avantage (Lysandre) ou se cantonner à l'ancienne occupation du Péloponnèse (Agis). Corinthe, et surtout Thèbes, sont les nouvelles puissances émergentes.

Le IVe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Les sources[modifier | modifier le code]

Nous connaissons le siècle grâce à l'apport essentiel de Xénophon. Il a continué l'œuvre de Thucydide dans ses Helléniques ; l'œuvre livre un récit presque continu de l'histoire grecque jusqu'en 362, même si elle comporte quelques défauts. Xénophon a vécu, entre autres, auprès du roi de Sparte Agésilas. Sparte était une cité importante au début du IVe siècle.

Nous avons hérité également des travaux de Plutarque, un Béotien qui, dans sa Vie de Pélopidas, donne une version thébaine des évènements du début du IVe siècle. On peut également consulter la narration de Diodore de Sicile.

Enfin, c'est également l'époque où l'épigraphie se développe. C'est une source de premier ordre pour l'étude du IVe siècle et pas seulement pour Athènes, mais pour un certain nombre de cités de Grèce continentale qui édictent des décrets.

Hégémonie, liberté et autonomie des cités grecques[modifier | modifier le code]

La guerre du Péloponnèse constitue un tournant radical dans le monde Grec. Avant 403, les positions étaient claires. Ainsi, il y avait d'un côté Athènes et ses alliés, avec un certain nombre de cités insulaires qui bénéficiaient de la protection maritime d'Athènes. De l'autre, la ligue du Pélopponèse qui combat cette suprématie d'Athènes.

Après 403, les choses deviennent plus compliquées. On voit un certain nombre de cités tenter leur chance et tenter une hégémonie qui veut s'étendre sur d'autres cités, mais ces hégémonies ne sont pas durables.

Le premier de ces retournements est celui opéré par Athènes dès 390, qui lui permet de redevenir une puissance importante sans rattraper sa splendeur passée.

L'hégémonie spartiate : un empire impossible[modifier | modifier le code]

Cette hégémonie a été forte mais courte. En 405, les Spartiates sont maîtres de tout : des alliés d'Athènes, d'Athènes même et leur pouvoir est sans partage. Par la suite, les Spartiates ne songent plus qu'à défendre leur propre cité.

L’empire spartiate[modifier | modifier le code]

À ce sujet, il y a eu un débat entre les citoyens spartiates de plein droit. Pour Lysandre, les Spartiates doivent reconstruire l'empire athénien à leur profit. Or, les lois de Sparte interdisent toute possession de métal précieux. Les transactions s'opèrent par lingots de fer. Les métaux précieux que la cité obtient deviennent la propriété de la cité. Les Spartiates reculent devant les innovations de Lysandre et le redoutent. Il a tiré trop de profit de sa victoire. Par exemple, à Samos, sont organisés des Lysandreia en l'honneur de ce dernier. Il est rappelé à Sparte et à partir de là, ne se charge d'aucune fonction de premier ordre.

On refuse à Sparte de voir Lysandre ou l'un de ses successeurs dominer. Les Spartiates refusent le tribut et l'empire à l'Athénienne. Ils décident après 403 de ne pas soutenir les directives qui avaient été mises en place. Les Spartiates ne veulent pas de l'hégémonie. Ce sont les autres cités qui souhaitent une hégémonie Spartiate.

Agésilas arrive au pouvoir au tout début du IVe siècle. C'est un homme qui ne devait pas régner et qui arrive par accident à la royauté. Il a subi, contrairement aux autres rois de Sparte, l'éducation Spartiate, ce qui lui donne un ascendant sur ces concitoyens. Les Spartiates découvrent une conspiration contre les lois de la cité menée par Cinadon. À l'issue de cette conjuration, ils se rendent compte qu'il y a trop d'éléments dangereux et trop de monde.

Agésilas mène une politique dynamique qui joue sur le sentiment Panhellénique. Il lance une campagne contre l'empire Perse, une campagne marquée par des succès. Mais l'empire Perse réagit. Le roi Perse a recours à l'or. pour soutenir les Athéniens, qui, avec ces subsides, reconstituent leur flotte et remportent un certain nombre de victoires, notamment celle de Cnide. Ils peuvent également reconstruire leurs murailles détruites en 404.

En 394, les autorités de Sparte décident de faire revenir Agésilas en Grèce continentale. Pendant six ans, une guerre oppose les Spartiates aux Corinthiens, aidés partiellement par les Athéniens..

Les Spartiates se rendent compte qu'ils ne peuvent pas lutter sur deux terrains. Ils font donc le choix de l'alliance Perse.

La paix d'Antalcidas (ou paix du Roi) et l'interventionnisme spartiate[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un édit promulgué par le roi Perse. Par lui, il conserve les cités Grecques d'Asie Mineure et Chypre. Les cités Grecques de Mer Égée doivent conserver leur indépendance, sauf Lymnos, Imbros et Skyros, laissée à Athènes. Il oblige la dissolution des systèmes d'alliances et des systèmes confédéraux existant et en interdit la formation de nouvelles. C'est un ultimatum qui fait les affaires d'Athènes, car la cité conserve trois îles. C'est également une bonne affaire pour Sparte car elle est choisie comme garante de cette paix du Roi.

En revanche, cette paix a des conséquences inattendues. En effet, conformément à son contenu, la confédération béotienne est dissoute en 386. Cette confédération était dominée par Thèbes, une cité qui était hostile à la domination spartiate. Sparte mène des opérations de grandes envergures et mène des interventions périphériques en Épire et dans le nord de la Grèce ce qui se solde par la prise de la forteresse de Thèbes, la Cadmée thébaine, après une expédition en Chalcidique et la prise d'Olynthe. C'est un homme politique Thébain qui propose à Phébidas, un chef militaire Spartiate de s'emparer de Thèbes. Ce dernier s'empare donc de la Cadmée. Cet acte fut vivement condamné. Cependant, les Spartiates se sont empressés de ratifier cette initiative individuelle.

En 378, Sphodrias, un harmoste spartiate, tente un coup de main contre le Pirée, dont les portes ne sont pas encore fortifiées. Il échoue à dix kilomètres. Il est acquitté par le tribunal Spartiate. Une alliance est conclue entre Athènes et Thèbes.

L'affrontement avec Thèbes[modifier | modifier le code]

Sparte va devoir lutter contre deux cités alliées. Athènes a dû se relever du désastre de 404. Les Thébains s'efforcent de reconstituer l'ancienne confédération béotienne avec Épaminondas. Dans les années 370, Sparte est en lutte avec Thèbes. Athènes devient méfiante face à la puissance thébaine qui se développe. En 375, les Athéniens sont marqués par le fait que les thébains ravagent la cité de Platées. Les Athéniens changent d'alliance et s'unissent aux Spartiates contre Thèbes en 375. En 371, Sparte perd la bataille de Leuctres, qui lui coûte une bonne partie de son armée, et 400 de ses 2000 citoyens engagés. L'hégémonie Spartiate est ainsi abattue ; la solution de rechange est alors l'hégémonie Athénienne

L'hégémonie athénienne[modifier | modifier le code]

Une tentative de fonder l'empire[modifier | modifier le code]

Les Athéniens s'interdisent tout retour à la position du Ve siècle. Dans le décret d'Aristotélès, le but affirmé est celui de faire contre-pied à l'hégémonie Spartiate. Ces derniers y sont clairement dénoncés comme « fauteur de guerre ». Ce n'est plus un système centralisé mais une alliance où les alliés ont leur mot à dire. Les Athéniens ne siègent pas dans le conseil des alliés et ce dernier n'est pas dirigé par un athénien. Il se réunit de manière régulière et il sert de contrepoids politique et militaire à Athènes. Cette ligue nouvelle est très modérée et est de plus une organisation très lâche.

Le financement de la ligue[modifier | modifier le code]

Il faut effacer les mauvais souvenirs de l'ancienne ligue. Cette ancienne formule n'est pas adaptée. Dans le nouveau système de financement, il n'y a pas de tribut, mais d'un financement irrégulier (syntaxeis) et qui doit servir à l'emploi des troupes envoyées ponctuellement par Athènes et ses alliés. Ces contributions ne sont pas versées à Athènes mais sont perçues par les stratèges athéniens eux-mêmes. À la différence de la ligue du Ve siècle, il n'y a pas de caisse fédérale. Les contributions ont un but précis et sont faites pour être rapidement dépensées. Les Athéniens doivent apporter leur propre contribution, l’eisphora. Ces derniers réforment le mode de versement de cet impôt et créent un système d'avance, la proseiphora, dans laquelle les plus riches doivent faire l'avance du montant de l'impôt et de se faire rembourser par les autres contribuables. Le système est rapidement assimilé à une liturgie. Cette ligue répond à un véritable besoin.

L'échec de l'hégémonie athénienne[modifier | modifier le code]

Dans les faits, la situation n'ont pas beaucoup changées par rapport au Ve siècle. Les stratèges se livrent à des extorsions. Les alliés manifestent leur mécontentement. L'alliance avec Athènes n'est plus aussi attractive.

Il y a tout d'abord des raisons structurelles. Ce qui faisait la valeur de cette alliance, c'est la peur de Sparte, mais après la chute de Sparte en 371, il est manifeste que cette hégémonie perd une de ses raisons d'être. Les Athéniens n'ont plus les moyens de leurs ambitions. Ils ont du mal à financer leur propre marine. De ce fait, ils n'arrivent plus à défendre leurs alliés correctement. Ainsi, le tyran de Phérès détruit un certain nombre de cités sans être poursuivi. À partir de 360, Athènes perd sa valeur d'invincibilité. Un certain nombre d'alliés décident de faire sécession. C'est le cas de Byzance et de Naxos en 364.

En 357, la révolte s'étend et entre 357 et 355, Athènes doit faire face à la guerre des alliés. L'issue de cette guerre est marquée par une intervention décisive du roi Perse qui soumet un ultimatum aux Athéniens. Il exige que ces derniers reconnaissent l'indépendance de ses alliés, sous peine de quoi il envoie 200 trières contre Athènes.

Les Athéniens doivent renoncer à poursuivre la guerre et à laisser la confédération s'affaiblir de plus en plus. Les Athéniens ont perdu sur tous les plans et ont été incapable de proposer une alliance durable.

L'hégémonie thébaine, une tentative sans lendemain[modifier | modifier le code]

Les Thébains n'en sont pas à leur premier coup d'essai. Thèbes est la cité importante de Béotie. La confédération béotienne existait déjà en 447 et elle se reproduit à partir de 386.

La confédération béotienne au Ve siècle (447386)[modifier | modifier le code]

Elle nous est bien connue grâce à un papyrus qui nous fait connaître l'essentiel de la confédération béotienne. Il s'agit de l'Anonyme d'Oxyrhynque. Thèbes y occupe une position prépondérante et met en place un système où les charges sont réparties entre les différentes cités de la confédération. La citoyenneté y est définie en fonction de la richesse. On compte 11000 citoyens actifs.

Elle est divisée en onze districts, chacun fournissant un magistrat fédéral, un Béotarque. Ils fournissent de plus un certain nombre de conseillers. Sur le plan militaire, ils fournissent 1 000 hoplites et 100 cavaliers. Dès le Ve siècle, les béotiens constituent une infanterie puissante de 11 000 hommes. Il existe également un corps d'élite et une infanterie légère; on compte 10 000 soldats béotiens avec des armes légères. Leur puissance vient de la cavalerie, qui compte 1 100 cavaliers dirigés par un magistrat fédéral qu'il faut distinguer des commandants locaux. Ils ont une petite flotte qui a joué son rôle en fournissant 25 trières aux Spartiates pour la guerre du Péloponnèse. À la fin de ce conflit, leur flotte compte 50 trières et est dirigée par un Avarque.

Tout cela constituait une force importante. C'est pourquoi les Spartiates étaient très heureux de dissoudre cette confédération béotienne à l'occasion de la paix du roi. Cette dissolution fut éphémère. Dans les années 370, les thébains n'ont eu de cesse de reformer cette confédération. En 382, ils perdent la Cadmée thébaine.

Le rétablissement thébain[modifier | modifier le code]

Pélopidas et Épaminondas dotent Thèbes d'institutions démocratiques assez proches de celles d'Athènes. Les Thébains reprennent à cette occasion le titre perdu depuis la paix du roi de Béotarque. Pélopidas et Épaminondas affichent leur volonté de reconstituer la confédération béotienne

  • Cet objectif est accompli à la bataille de Leuctres. Ils peuvent dissoudre la puissance Spartiate. Épaminondas débarrasse le Péloponnèse des oligarchies pro Spartiates et y met des partisans de la démocratie. Il fait construire ou reconstruire un certain nombre de cités mises à mal par les Spartiates. Il pousse également à la reconstruction de la cité de Messène grâce à une invasion de la Laconie qui lui permet de libérer les hilotes, de reconstituer la Messénie et de lui donner Messène comme capitale.

Il décide enfin de constituer un peu partout dans le Péloponnèse des confédérations. Ainsi, il constitue une confédération Arcadienne.

La paix du roi de 367366 met à mal la confédération Arcadienne et les Spartiates laissent à Messène son autonomie.

L'affrontement entre Athènes et Thèbes[modifier | modifier le code]

Cela explique les problèmes rencontrés par les Athéniens avec leurs alliés de la seconde ligue. Épaminondas réussi à convaincre ses concitoyens de construire une flotte de 100 trières et pousse des cités à quitter l'alliance athénienne pour rejoindre la ligue maritime béotienne.

Tout s'arrête en 362 à l'issue de la bataille de Mantinée, bataille qui résulte de la difficulté des Thébains à mettre en place des confédérations.

Sparte reste une puissance importante et des cités continuent à se tourner vers elle. Le cadre confédéral est artificiel car une même confédération rassemble des cités qui n'ont jamais pu s'entendre. C'est le cas des cités de Tégée et de Mantinée qui se retrouvent ensemble dans la confédération arcadienne. Les Mantinéens reçoivent le soutien des Athéniens et les Tégéates reçoivent celui des Thébains. Les Thébains triomphent, mais c'est un triomphe sans lendemain car Épaminondas disparaît au cours du combat. Il dira d'ailleurs : « Je laisse à Thèbes deux filles, la victoire de Leuctres et celle de Mantinée ».

Par la suite, les Thébains renoncent à intervenir dans le Péloponnèse. D'ailleurs, Xénophon arrête son histoire du monde grec en 362.

Bilan[modifier | modifier le code]

La confusion est plus grande après qu'avant. C'est un constat d'échec. Selon Xénophon, l'histoire du monde grec n'est plus intelligible.

La notion d'hégémonie disparaît. À partir de 362, il n'y a plus de cité qui puisse postuler au rang de cité hégémonique. Les Spartiates sont très réduits. Les Athéniens ne sont pas en état de faire fonctionner leur flotte et après 365 ils n'ont plus d'alliés.

Thèbes exerce une hégémonie éphémère. Épaminondas a pu vaincre Sparte et Athènes mais il n'a pas les moyens de donner une grande force en Asie mineure.

D'autres forces interviennent, comme le souverain perse qui est installé comme arbitre par les cités grecques elles-mêmes. Cette situation renforce les conflits. Il y a une multiplication des guerres civiles. Le cadre confédéral apparaît et est un facteur permanent de guerre. Les guerres se multiplient et peuvent se déclencher n'importe où. En 370, une guerre se produit en plein hiver, l'invasion de la Laconie, ce qui constitue une première. Les conflits s'allongent et sont de plus en plus meurtriers.

Ce monde des cités va trouver son maître : le roi de Macédoine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

    • Amouretti (M.-C.), Ruze (F.), (dir.). Le Monde grec antique : Des palais crétois à la conquête romaine. Paris, Hachette Supérieur, coll. "Histoire de l'Humanité", 2008.
    • Cabanes (P.). Le monde grec. Paris, Armand Colin, coll. "128, Histoire", 2008.
    • Lefevre (F.). Histoire du monde grec antique. Paris, Le Livre de Poche, coll. "Références", 2007
  • Steve Pasek, Griechenland und Ägypten im Kontexte der vorderorientalischen Großmächte. Die Kontakte zwischen dem Pharaonenreich und der Ägäis vom 7. bis zum 4. Jahrhundert vor Christus. München 2011, ISBN 978-3-89975-744-6.
    • Richer (N.). Le monde grec. Paris, Bréal, coll. "Grand Amphi Histoire; Histoire Ancienne", 2010.
    • Sordi (M.). Le monde grec: de la période archaïque à Alexandre. Aix-en-Provence, Edisud, coll. "Encyclopédie de la Méditerranée. Série Histoire", 2005.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Dites », car l'ensemble semble plutôt avoir lentement émergé entre -510 et -485 environ. L'histoire n'ayant retenu que les « Réformes de Clisthène ».
  2. Claire Girre,Xavier Girre, L'indispensable des notions politiques, 2005, p.52
  3. Stratégie dite péricléenne, car l'idée serait de Thémistocle et peut-être plus ancienne encore. Les Longs-Murs ayant été construits en -458, à la suite de l'augmentation des tensions sparto-athéniennes.
  4. « Jurée », car les paix du monde grec se jurent et ne se signent pas.

Articles connexes[modifier | modifier le code]