Mithridate VI

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Mithridate VI
Illustration.
Tête de Mithridate VI au musée du Louvre
Titre
Roi du Pont
120
Prédécesseur Mithridate V
Successeur Pharnace II
Roi du Bosphore
108
Successeur Pharnace II
Biographie
Dynastie Mithridate
Date de naissance ca. 132 av. J.-C. ou 135 av. J.-C.
Lieu de naissance Sinope
Date de décès
Lieu de décès Royaume du Bosphore
Nature du décès Suicide
Père Mithridate V
Mère Laodicé VI
Conjoint e. a. Monime de Milet et Bérénice de Chios
Enfants Pharnace II, Macharès, Ariarathe IX, Mithridate de Pergame, Drypetina, Mithridate, Athenaïs Philostorgos, Cléopâtre du Pont, Cléopâtre, Artapherne, Cyrus, Oxathres, Darius, Xerxès, Orsabaris, Eupatra, Mithridatis, Nysa

Mithridate VI Eupator, plus connu sous le nom de Mithridate le Grand, en grec Μιθριδάτης Εὐπάτωρ, doit probablement ce surnom d’Eupatôr (« de noble naissance », « bien-né ») à son parent Antiochos V de Syrie. Né vers 132 av. J.-C.[1] ou vers 135 av. J.-C.[2] à Sinope, capitale du Pont, il se suicide en 63 av. J.-C.. Il est le fils aîné du roi du Pont Mithridate V Évergète qui avait été l'allié de Rome lors de la Troisième guerre punique. D’origine perse, il se présente comme un roi hellénisé.

Personnage complexe, ambitieux, inflexible aussi, amateur d'art, Mithridate est souvent comparé à Hannibal pour sa haine de Rome et sa position de symbole des sentiments anti-romains. Il échoue cependant dans sa tentative de renverser la domination romaine en Asie et en Grèce. En effet, il est un des seuls rois à avoir tenu tête à la République Romaine, et ce pendant plus de 25 ans, au cours des guerres mithridatiques (88-65 av. J.-C.). La supériorité militaire de Rome, la qualité des généraux romains comme Sylla, Lucullus ou Pompée, mais aussi l'épuisement des ressources en or, hommes et ravitaillement de son royaume ont eu raison de ses ambitions.

Il est également connu pour être à l'origine du concept de mithridatisation, qui consiste à consommer régulièrement de faibles doses de poison pour y accoutumer l'organisme et y développer une résistance.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Fils aîné du roi Mithridate V, qui est d’ascendance iranienne, et de Laodicé VI, qui est une princesse grecque de Syrie, on lui connaît un frère cadet et cinq sœurs.

Il reçoit une éducation raffinée : il est éduqué dans un milieu où se mêlent traditions perses et influences helléniques, excellant à la chasse, à l'équitation, au tir à l'arc et au javelot. Il se distingue par le don des langues, une éloquence persuasive, le goût des sciences naturelles et médicales.

Mais son adolescence est assombrie par un évènement tragique : son père est assassiné vers 120 av. J.-C., probablement à l'instigation de sa mère, Laodicé VI, régente ambitieuse qui veut exercer seule le pouvoir. Cette mort est suivie d'une compétition féroce autour du jeune roi qui craint pour sa vie : les meurtriers de son père multiplient les pièges contre lui, en tentant de provoquer un accident de cheval et en mélangeant des poisons à ses aliments. C'est dans ce contexte que s'inscrit le désir de Mithridate d'acquérir une connaissance parfaite des poisons et des antidotes, et de s'immuniser totalement contre leurs effets, d'où la notion de « mithridatisation ». D'après la légende, il réussit à s'immuniser en absorbant de petites doses de poisons. Appien rapporte qu'à sa mort, il ne réussit pas à se suicider au poison et demanda qu'on l'aide à mourir[3].

Il est important de souligner que les débuts de Mithridate VI sont embrumés de légendes ce qui s’explique par le fait que Rome a impulsé une propagande contre lui. Ainsi, pour échapper à ses ennemis, le jeune homme se retire alors dans les montagnes du Paryadrès, pratiquant la chasse et l'étude[4].

Le roi conquérant[modifier | modifier le code]

Pièce de monnaie en argent à l'effigie de Mithridate VI.

Il a vingt ans quand, probablement à l'occasion d'un soulèvement du peuple et de l'armée, Mithridate s'empare totalement du pouvoir en 111 av. J.-C. : il met sa mère en résidence forcée et écarte son frère Mithridate Chrestos (« le Bon »[5]) du trône. Selon la coutume perse, adoptée par les cours d’Antioche et d’Alexandrie, la même année, il épouse sa sœur Laodicé.

Reprenant les hommes de son père, il s'entoure de conseillers hellènes, Lagétas et Stratarque[6], tandis que Dorylaos le Jeune, son camarade d'enfance, devient son confident et son ministre de la guerre. Assisté d'instructeurs grecs, Mithridate réorganise l'armée, dont le cœur est constitué d'une phalange de 6 000 hoplites armés à la macédonienne. L'occasion d'affermir son pouvoir se présente avec une première guerre : les Grecs de Chersonèse et de Panticapée en proie à des difficultés avec leurs voisins Scythes, sollicitent le protectorat de Mithridate[7]. Un des conseillers de Mithridate, le Grec Diophante, propose de conduire l'expédition ; vers 110 av. J.-C., le roi le charge d'établir le protectorat pontique sur la Chersonèse Taurique. Diophante construit un fort sur le cap Constantin qui domine la rade face à la ville de Chersonèse, et les Scythes, taillés en pièces, sont contraints de se retirer à l'intérieur de la péninsule (actuelle Crimée).

Ensuite, il a pour objectif de réorganiser son royaume. Il a une politique expansionniste ce qui explique que tout le début de son règne a été occupé à constituer un vaste royaume. En effet, il a la volonté de créer un empire autour de la mer Noire. Cet empire semble former un ensemble composite mais il trouve son unité dans les échanges actifs qui unissaient les cités grecques du Pont-Euxin. Il conquiert ainsi tout l’espace au nord de cette mer, conscient de l’exaspération des Grecs d’Asie contre les exactions des publicains romains. Sa stratégie de conquête tient à sa présentation de roi grec dans le monde hellénistique, sa cour est par conséquent composée de nombreux Grecs.

Il s’empare ainsi en 107 av. J.-C. du Bosphore Cimmérien, chasse le roi Ariobarzane Ier de Cappadoce en 94 av. J.-C. avec l'aide de Tigrane II d'Arménie qui est officiellement son allié depuis qu’il a épousé un de ses filles, puis partage la Paphlagonie avec Nicomède IV Philopator, le roi de Bithynie, en 94 av. J.-C. avant de chasser ce dernier et de s'emparer de son royaume en 88 av. J.-C. L’invasion de la Bithynie et de la Cappadoce sont les éléments déclencheurs des guerres mithridatiques.

Les guerres contre Rome (88-65 av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres de Mithridate.
Le royaume du Pont avant le règne de Mithridate (violet foncé), avec ses conquêtes avant (violet) et pendant la première guerre mithridatique (rose).

Une partie de l’Asie Mineure se trouve au centre des ambitions concurrentes de Mithridate et de Rome, les deux partis ayant la même volonté de conquête et d’expansion. C’est notamment ce qui conduit à la première guerre mithridatique. Plus précisément, la guerre est déclenchée à la suite de l’annexion par Mithridate des royaumes de Cappadoce et de Bithynie (deux royaumes proches de Rome). En effet, Rome a rétabli en 92 av. J.-C. Ariobarzane Ier de Cappadoce sur son trône et Nicomède IV sur le trône de Bithynie. En 88 av. J.-C., après la conquête de la Bithynie et après que Rome eut poussé Nicomède IV à envahir le royaume du Pont sans grand succès, Mithridate fait une entrée triomphale à Éphèse et soulève les Grecs d'Asie mineure. Il ordonne alors le massacre de près de 80 000 Romains (Rhômaioi), selon Appien [8]. puis décide de s’attaquer à la Grèce où il est, semble-t-il, accueilli en libérateur. Cette image du roi du Pont est due, en grande partie, à l’exploitation fiscale romaine des cités grecques au travers des publicains qui exercent une très forte pression sur la population de la province d’Asie. Ainsi Mithridate gagne en popularité bien au-delà de l’Asie, comme en témoigne le cas d’Athènes qui le soutient face à Rome.

La réaction des Romains tarde à se mettre en place car Rome doit faire face à la rivalité politique entre Marius et Sylla qui souhaitent tous deux obtenir le commandement de l’armée contre Mithridate. C’est finalement Sylla, après avoir marché sur Rome, qui est envoyé contre le roi du Pont et s'empare, après un long siège, d'Athènes en 86 av. J.-C., il parvient également à vaincre Archélaos à Chéronée (86 av. J.-C.) et à Orchomène (85 av. J.-C.). Mithridate se voit alors obligé de conclure la paix de Dardanos en 85 av. J.-C. Ce qui l'oblige à abandonner ses conquêtes en Grèce et Ionie et sa flotte en mer Égée, mais lui permet de conserver son royaume et lui laisse toute liberté d'action autour du Pont Euxin, à l'exception de la Bithynie. Il n'hésite pas d'ailleurs à repousser les Romains comme Murena, lieutenant de Sylla, si ceux-ci se montrent trop entreprenants vis-à-vis des territoires restés sous son contrôle. La deuxième guerre de Mithridate débute en 83 av. J.-C. à la suite du legs du royaume de Bithynie Pont à Rome par Nicomède IV. Mithridate n’accepte pas ce legs et poursuit son expansion obligeant Rome à intervenir une nouvelle fois en Asie Mineure.

Cette fois-ci, Rome envoie Lucullus en 74 av. J.-C. après que Mithridate ait relancé les hostilités aidé de son gendre Tigrane II d'Arménie. Il est vainqueur du consul Cotta à Chalcédoine et assiège Cyzique quand il est rapidement chassé de Bithynie puis du Pont par une campagne victorieuse de Lucullus (72-71 av. J.-C.). Battu dès 73 av. J.-C. à Lemnos, Tenedos, où Lucullus détruit une partie de sa flotte, puis à Cyzique et au Granique, Mithridate se réfugie auprès du roi Tigrane d'Arménie. Lorsque ce dernier refuse de livrer Mithridate, Lucullus envahit l'Arménie : de nouveau vainqueur en 69 av. J.-C., il s'empare de la capitale arménienne Tigranocerte. Le conflit s'enlise. D’autant plus que Lucullus est rappelé à Rome et que Mithridate en profite afin de récupérer son royaume. Cependant, il est définitivement vaincu par Pompée en 66 av. J.-C. sur l'Euphrate et se réfugie dans le royaume du Bosphore cimmérien, dans la ville de Panticapée.

La fin du roi Mithridate[modifier | modifier le code]

L’avancée de Lucullus pousse Mithridate à se réfugier en Arménie chez son allié le roi Tigrane. Par la suite, la lex Manilia donne en 66 av. J.-C. le pouvoir de poursuivre Mithridate à Pompée (qui a remplacé Lucullus). Ce dernier renonce finalement à poursuivre Mithridate jusqu'en Crimée où il avait fui une nouvelle fois et se borne à organiser un blocus maritime du royaume du Bosphore. Mithridate échafaude le projet audacieux mais chimérique d'envahir l'Italie avec l'armée de son allié Burebista, roi de Dacie. Mais les cités grecques du Pont Euxin, lasses de la guerre, ainsi que les populations grecques du Bosphore cimmérien se révoltent, Phanagoria en tête. Le roi, entouré d'eunuques et coupé de la réalité, écrase la révolte des Phanagoriotes dans le sang, mais ne peut rien contre Olbia ni contre les cités de Scythie mineure qui lui refusent tout concours.

En 63 av. J.-C., son fils aîné, Pharnace, tente de le renverser. Mithridate, qui n'a pourtant jamais fait preuve d'indulgence à l'égard de ses enfants, pardonne cette fois à son fils favori, sur les instances du général Métrophane. Pharnace, ne se fiant pas au pardon de son père, organise une nouvelle insurrection et parvient à convaincre l'armée de le suivre. Abandonné de tous, Mithridate assiste du haut de son palais au couronnement de son fils. Selon Appien[9], craignant d'être livré aux Romains, il tente alors de se suicider en absorbant du poison. Soit que la quantité ait été trop faible parce qu'il avait partagé le poison avec deux de ses filles, soit que le roi ait été immunisé par l'absorption prolongée de petites quantités de poison, il échoue. Ayant vainement tenté d'en finir en se jetant sur son épée, il sollicite alors l'aide d'un garde du corps galate, qui l'achève. Selon Dion Cassius[10], il est tué par les hommes de Pharnace. Il est embaumé puis enterré à Sinope, sa ville natale.

Famille[modifier | modifier le code]

Appien accuse Mithridate d'avoir fait tuer sa mère Laodicé VI, son frère Mithridate Chrestos, trois de ses fils et trois de ses filles. D'un nombre indéterminé d'épouses, dont sa sœur ou demi-sœur Laodicé, Monime de Milet, Bérénice de Chios, qui se suicident sur son ordre[11], d'Hypsicratie, favorite dont le courage viril est évoqué par Plutarque[12] et dont le monument funéraire a été retrouvé à Phanagoria[13] et de ses autres concubines, Mithridate VI eut de nombreux enfants dont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Si l'on en croit Appien, pour qui Mithridate mourut à l'âge de 68 ou 69 ans
  2. Si l'on en croit Eutrope, pour qui Mithridate vécut 72 ans
  3. « Mithridate sortit alors le poison qu'il portait toujours à côté de son épée et le mélangea. Alors deux de ses filles [...] lui demandèrent de leur laisser une partie du poison d'abord, insistèrent avec énergie et l'empêchèrent de le boire jusqu'au moment où elles en eurent et l'avalèrent. Le poison agit immédiatement sur elles, mais pas sur Mithridate bien qu'il marchât rapidement pour en accélérer les effets parce qu'il s'était accoutumé à d'autres drogues, les essayant sans arrêt comme moyen de protection contre les empoisonnements. On appelle toujours ces poisons les poisons de Mithridate. Voyant un certain Bituitos, un chef galate, il lui dit : « J'ai souvent profité de ton bras droit contre mes ennemis. J'en profiterai encore plus si tu me tues et si tu me soustrais au danger d'être emmené dans un triomphe romain, moi qui fus un autocrate durant tant d'années, et le roi d'un si grand royaume, mais qui ne peux pas mourir maintenant par le poison parce que, comme un imbécile, je me suis immunisé contre d'autres poisons. Bien que j'aie prévu de m'immuniser contre tous les poisons qu'on mélange dans la nourriture, je ne me suis pas immunisé contre ce poison domestique, toujours le plus dangereux pour les rois, à savoir la trahison de son armée, de ses enfants et de ses amis. Bituitos, pris de pitié, rendit au roi le service qu'il demandait. » ; Appien, Mithridatique, Traduction française de Philippe Remacle, sur remacle.org
  4. Justin, XXXVII, 2.
  5. (en) Adrienne Mayor, The Poison King : the life and legend of Mithradates, Rome’s deadliest enemy, Princeton University Press, 2010, p. xvii.
  6. Strabon, Géographie, X, 4, 10.
  7. Strabon, Géographie, VII, 4, 3.
  8. « Les Cauniens qui étaient devenus sujets de Rhodes (…) poursuivirent les Italiens qui s’étaient réfugiés près de la statue de Vesta du Sénat, les arrachèrent à l’autel ; tuèrent les enfants sous les yeux de leurs mères et puis tuèrent les mères elles-mêmes et leurs maris en dernier lieu » XXXVII, 2.
  9. Appien, Mithridatique, 111
  10. Dion Cassius, Histoire romaine, XXXVII, 13
  11. Plutarque, Vie de Lucullus, chapitre XXXII, p. 1133.
  12. Plutarque, Vie de Pompée, chapitre XXXII.
  13. Bongard-Levine Gregori, Kochelenko Gennadi, Kouznestov Vladimir. « Les fouilles de Phanagorie : nouveaux documents archéologiques et épigraphiques du Bosphore ». dans: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 150e année, N. 1, 2006. p. 255-292.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

« les Cauniens qui étaient devenus sujets de Rhodes (…) poursuivirent les Italiens qui s’étaient réfugiés près de la statue de Vesta du Sénat, les arrachèrent à l’autel ; tuèrent les enfants sous les yeux de leurs mères et puis tuèrent les mères elles-mêmes et leurs maris en dernier lieu »

  • Lettre de Mithridate à Arsace reproduite par Salluste contre l'impérialisme romain, une propagande anti-romaine menée par Mithridate
  • Florus, I, 40, 1-12, à propos de Mithridate VI et desguerres mithridatiques, une source qui participe ouvertement à la propagande romaine faite contre Mithridate :

« Il était là, exerçait sa pression, sa cruauté lui tenant lieu de courage. Quoi de plus affreux que cet édit qu'il promulgua, l'ordre qu'il donna de massacrer toute personne qui, en Asie, possédait la citoyenneté romaine ? (…) Mais la terreur qui régnait en Asie ouvrit au roi l'Europe. » (alors que des cités grecques se sont librement mises du côté de Mithridate en réponse à la politique romaine qui les oppresse)

  • Plutarque, Vie de Lucullus, dans La Vie des Hommes illustres, traduction par Amyot, La Pléiade Éditions Gallimard, Paris, 1951, p. 1106-1173.
  • Plutarque Vie de Sylla V, à propos de la volonté expansionniste de Mithridate qui explique les guerres mithridatiques :

« Mithridate, qui se mêlait de tout, et travaillait à se faire un empire du double plus étendu que celui qu’il possédait déjà. »

  • Plutarque XXII, à propos de la paix de Dardanos :

« Sylla, content de sa soumission, la fit aux conditions suivantes : Mithridate devait renoncer à l’Asie et à la Paphlagonie ; restituer la Bithynie à Nicomède, et la Cappadoce à Ariobarzane ; payer aux Romains deux mille talents, et leur livrer soixante-dix galères parfaitement équipées. De son côté, Sylla garantissait à Mithridate la possession de ses autres états, et lui assurait le titre d’allié du peuple romain »

Bibliographie[modifier | modifier le code]