Agonothète

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Dans la monde grec antique, un agonothète (du grec ancien άγών : combat, concours - et τίθεναι : poser, mettre en place) est un magistrat élu chargé d'organiser un ou plusieurs concours (agôn)[1],[2]. Il est le plus souvent nommé seul à cette charge, mais on dispose d'exemples de collèges d'agonothètes, comme à Priène au IIe siècle av. J.-C.[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fois arbitre et organisateur de jeu[4], l'agonothète doit garantir le bon déroulement des épreuves. En tant que responsable de la gestion de l'argent reçue et dépensée dans le cadre du concours, il en dresse à l'issue un bilan financier. Il doit préparer les prix remis aux vainqueurs (si aucun athlothète n'en est chargé) et établit leur liste officielle. Lors des concours de renommée internationale, il est chargé d'organiser l'hébergement des concurrents et des théores[3].

La création de l'agonothésie à Athènes date de la fin du IVe siècle av. J.-C. : Démétrios de Phalère abolit les deux plus importantes liturgies athéniennes, la triérarchie, devenue inutile compte tenu du retrait d'Athènes de la scène internationale après sa défaite de -322[5], et la chorégie, et les remplace alors par cette nouvelle magistrature, élective, la « présidence des concours » (agonothésie), dont le financement était pris en charge par l'État[6]

Cependant, de nombreux décrets honorifiques en l'honneur des agonothètes montrent que les sommes engagées volontairement par pour compléter celles prises en charge par la cité dépassaient largement le coût de l'ancienne chorégie. Ainsi, en -284/-283 à Athènes, l'agonothète élu, le poète Philippidès, renonce à se faire rembourser par la cité les sommes qu'il a avancées[7]. De fait, la dimension liturgique de l'agonothésie s'impose rapidement au cours de l'époque hellénistique[2], le glissement vers des pratiques évergétiques étant de plus en plus marquée au fil des siècles : financement par l'agonothète de travaux de construction, réparation d'édifices sacrés, entre autres[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de Trévoux, 6e édition, 1771
  2. a et b Anne et François Queyrel 1996, p. 11
  3. a, b et c Claude Vial, Lexique de la Grèce ancienne, Armand Colin, 2008, p. 13
  4. Lucien de Samosate 2015, p. 74.
  5. 2007 Baslez, p. 350
  6. Habicht 2000, p. 75.
  7. Habicht 2000, p. 155.

Articles connexes[modifier | modifier le code]