Tibère II Constantin

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Tibère II Constantin
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Tibère II Constantin
Sou d'or de Tibère II
Règne
-
3 ans, 10 mois et 9 jours
Période Dynastie justinienne
Précédé par Justin II
Suivi de Maurice
Biographie
Nom de naissance Flavius Tiberius Constantinus Augustus
Naissance v. 520/ 535
Décès
Constantinople
Épouse Ino Anastasia
Descendance Constantina (impératrice)
Empereur byzantin

Tibère II Constantin (latin : Flavius Tiberius Constantinus Augustus, grec ancien : Τιβέριος Α′ Κωνσταντίνος), (v. 520/ 535 - ), est empereur byzantin de 578 à 582. Thrace d'origine, il appartient à la dynastie justinienne. Tiberius était un général des armées byzantines et commandant des Excubateurs, reconnu pour ses excellentes qualités militaires et diplomatiques. Il se distingue sous le règne de Justin II et parvient à se faire nommer César en 574. À la veille de la mort de Justin II, il se fait nommer Auguste et dirige l’empire à partir de 578. Il nomme Maurice comme Auguste le 13 août 582 qui le succède comme empereur[1].

Tibère parvient à s'immiscer au plus près du pouvoir par le truchement de Sophie, l'épouse de Justin II, qui en fait son fils adoptif. Il est élevé au rang de César le et commence dès lors à exercer les fonctions exécutives de l'État en raison de la folie qui touche l'empereur. Nommé auguste le , il devient seul empereur le 5 octobre et prend le nom de Constantin. Durant son court règne, Tibère II est d'une grande libéralité, il accorde de généreuses baisses d'impôt qui aggravent les finances de l'empire mais lui valent une grande popularité.

Sur le plan militaire il remporte des succès face aux Perses en Arménie, mais doit abandonner Sirmium aux Avars en 581. De même, il ne lui est pas possible d'empêcher les tribus Slaves de pénétrer en Thessalie et en Thrace.

Il meurt (empoisonné ou d'une indigestion ?) le , quelques jours après avoir désigné officiellement son gendre Maurice, époux de sa fille Constantina comme son successeur, en lui accordant le titre de César.

Sa carrière militaire[modifier | modifier le code]

Tiberius est reconnu pour ses qualités en tant que stratège militaire. Il est approché par Justin II, neveu de l’empereur Justinien, durant l’an 562 afin d’avoir un appui important des généraux de l’armée lors de son ascension au trône. Justin II réussi à faire nommer Tiberius au poste de comte des Excubateurs comme second à Marinus en 562, qu’il remplacera à sa mort en 564[2].  Il devient à cette date Commandant des Excubateurs par l’entremise de Justin II en offrant en retour une loyauté à celui-ci pour légitimer la succession à Justinien[3].  La contribution de Tiberius à la légitimité de Justin II est importante dans l’opposition au cousin de Justin II, Justin Germanicus, lorsque l’empereur Justinien laisse le trône vacant en novembre 565[4]

Tiberius est reconnu rapidement parmi les généraux byzantins pour ses prouesses militaires et diplomatiques, notamment contre les Avars sur le Danube et les Perses en Arménie. Justin II nomme Tiberius au commandement des armées contre l’incursion des Avars sur la frontière Danubienne[1].  Tiberius connait des succès militaires sans parvenir à repousser les Avars de la frontière, mais il contient leur incursion sans perdre le poste frontalier de Sirmium ; capitale dans la défense de la région danubienne de l’Empire. 

Il est l’instigateur de la paix acheter avec les Avars en 574, l’empire doit un tribut annuel de 80 000 pièces d’or[4].   Il négocie en simultané la paix de quatre ans avec les Perses (574-578) [5]

L'ascension et le règne[modifier | modifier le code]

Dès l’an 574, Justin II n’est plus en état de diriger l’empire due à ses accès de folie. L’impératrice Sophia se retrouve seule à diriger l’empire et c’est dans cette conjoncture qu’elle va se rapprocher de Tiberius, un proche loyal de Justin II, afin de mieux diriger[4].  Le 7 décembre 574, dans un bref moment de lucidité, Justin II livre un important discours sur sa faiblesse et son échec, et sous la pression notable depuis un temps de Sophia, il nomme Tiberius César ; il devient dès lors successeur légitime. Tiberius devra attendre la mort de Justin II avant d’hériter du trône, mais dirigera par l’entremise de Sophia jusqu’en 578. Le 26 septembre 578, Tiberius est nommé Augustus par Justin II et dirige dès lors l’empire. Il ne tarde pas à se débarrasser de Sophia afin de diriger sans contrainte comme empereur suprême et légitime[6].   

Dès son accession au trône, Tiberius entame une réforme importante de l’armée, peu connue dans les détails, mais dont la nomination de Maurice comme commandant des armées contre les Perses en Arménie est un fait important. Tiberius envoie Maurice s’opposer à Khosro 1er pour défendre contre l’avancée Perse en Cappadoce. Suite à une victoire importante en 578, Tibère envoie Maurice afin de négocier la paix. Ce sera un échec puisque Khosro 1er meurt durant les négociations, et son fils Hormizd IV qui le succède s’oppose virulemment aux byzantins. Il abandonne les négociations et la guerre reprend son cours durant l’année 579, ou Hormizd IV essuie une défaite contre Maurice[4].   La nouvelle offensive Perse de l’année 578 coïncide avec une nouvelle offensive des Avars de la région danubienne de l’empire jusqu’en Thrace[1]

Tiberius se voit aussi confronter à l’avancée des Lombards en Italie durant le conflit Perse. Il finance des armées franques pour livrer combat aux Lombards. Durant l’an 579, Tiberius achète une conciliation avec les Lombards afin de contenir leur avance en Italie. La perte territoriale est importante, l’empire byzantin n’a plus que Ravenne et une partie de la Sicile comme territoire en Italie. L’achat de la conciliation et le financement des armées franques nuisent au trésor de l’empire déjà en situation précaire[1].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Tiberius et Maurice doit gérer une nouvelle offensive des Avars et des Slaves durant l’année 582[6].  Ses armées se confrontent à celles de Khagan Baïanos afin de défendre Sirmium, une ville capitale dans la défensive de la province Danubienne de l’empire[4].  C’est un échec pour les armées de Maurice et Tibère doit abandonner Sirmium et il doit offrir un important tribut annuel aux Avars. Il tombe malade peu de temps après, et se voit obliger de nommer un nouveau César pour le succéder. Le 5 août 582, il nomme son général Maurice comme César afin de lui succéder. Sa santé se désagrège rapidement et ainsi il déclare Maurice Auguste le 13 août 582. Il meurt le lendemain[4].  

Tiberius-Constantinus II était reconnu pour avoir été un empereur réaliste qui comprend les problèmes majeurs de la frontière Est menacée par les Perses de Khusru et de Hormizd IV[1].  Critiqué pour ses politiques irréfléchies à certains égards, il est tout de même vue comme un sauveur de la décadence byzantine et de la folie de Justin II ; ‘’The savior who died too soon’’[4].  Il est aussi critiqué par l’aristocratie byzantine afin d’avoir conféré trop de pouvoir à la faction populaire de la capitale au dépourvu des aristocrates. Les nombreuses campagnes militaires pour défendre les acquis territoriaux de l’empire et les paiements en tributs aux Avars rongent les finances de l’empire et affaiblie durablement sa prospérité[1]

Tiberius II n’est que très peu mentionné dans les sources de l’époque. Il est mentionné brièvement par Agathias comme étant empereur des Romains aillant nommé Maurice à la tête des armées d’Orient pour faire incursion dans la région d’Arzamène, pillant et incendiant toute la région jusqu’au fleuve Zirma[7].  L’historien égyptien John de Nikiou a mentionné ceci sur Tiberius: « It was owing to the sins of men that his days were so few; for they were not worthy of such Godloving emperor, and so they lost this gracious and good man »[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Bosko Bojovic, Le millénaire byzantin 324-1453, Paris, Ellipses, , 272 p., p. 35-37
  2. Ernest Stein, Histoire du Bas-Empire Tome II; de la disparition de l'Empire l'Occident à la mort de Justinien (476-565), Paris-Bruxelles-Amsterdam, Desclées de Brouwer, , 746 p.
  3. Ernest Stein, Histoire du Bas-Empire Tome II; de la disparition de l'Empire d'Occident à la mort de Justinien (476-565), Paris-Bruxelles-Amsterdam, Desclées de Brouwer, , 746 p.
  4. a, b, c, d, e, f et g (en) J.W Barker, Justinian and the later Roman Empire, Minnesota, The University of Wisconsin Press, , 255 p., p. 203-224
  5. Elisabeth Yota, Byzance, Paris, Infolio, , p. 56
  6. a et b Jean-Claude Cheynet, Histoire de Byzance, Paris, Presses Universitaires de France, , p. 42
  7. Agathias, Histoires, Guerres et Malheurs Du Temps Sous Justinien, Paris, Les Belles Lettres, , p. Livre IV, 29, 8
  8. (en) R.H. Charles, The Chronicles of John, Bishop of Nikiu, London, , p. 151