Concile de Sardique

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Le concile de Sardique est convoqué par les empereurs en 343 par les empereurs Constant et Constance II, sur l’instance du pape Jules Ier.

Le motif de ce synode était l'examen du conflit entre les évêques occidentaux orientaux catholiques, d'une part, et des orientaux arianisants, persistant depuis le Premier concile de Nicée qui avait en 325 déclaré l'arianisme anathème.

Date et lieu[modifier | modifier le code]

Le concile de Sardique a lieu à Sardica ou Serdica, actuelle Sofia, en Bulgarie.

La date du concile est controversée. Suivant Socrate le Scolastique et Sozomène, il aurait eu lieu en 347. Toutefois l’Historia acephala, la chronique alexandrine, nous apprend le retour d’exil en octobre 346 de saint Athanase, patriarche d'Alexandrie, qui se trouve être postérieur à la tenue du concile. Selon les sources, la date varie entre 342 et 343.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 325, l'empereur Constantin Ier avait convoqué le Premier concile de Nicée dans l'objectif de résoudre les problèmes qui divisaient alors les Églises d'Orient, problèmes disciplinaires et surtout problème dogmatique mis en évidence par la controverse entre Arius et son évêque Alexandre. Il réunit des représentants de presque toutes les tendances du christianisme, ce qui en fit le premier concile œcuménique . Après plusieurs mois au cours desquels les évêques ne parvinrent pas à se mettre d'accord sur un texte décidant de la nature de la relation du Christ au Père, l'empereur menaca les quatorze récalcitrants. Trois restent fidèles à leurs conceptions, dont Arius, et sont excommuniés.

Les héritiers de Constantin le Grand, ses fils Constant et Constance II, ne défendent pas les mêmes options théologiques, le second étant plus enclin à défendre un arianisme modéré, traduisant l'opposition entre les évêques occidentaux et la plupart des orientaux, largement plus nombreux. Il faut noter que le courant appelé arien par ses détracteurs est extrêmement hétéroclite et que les évêques taxés de la sorte par leurs détracteurs se refusent à être qualifiés de la sorte. Constant exige auprès de son frère qu'un concile réunisse les évêques des deux parties de l'Empire. Au printemps 343, Constance accède à la demande et envoie à Sardique[1] un nombre restreint d'évêques orientaux accompagnés de trois hauts fonctionnaires[2].

Le concile[modifier | modifier le code]

Ossius de Cordoue, venu avec un peu moins de cent évêques occidentaux, doit coprésider ce concile de Sardique en compagnie de Maximin de Trèves, dans un attelage montrant que le concile allait être contrôlé par Constant. Les évêques orientaux se rassemblent préalablement à Philippopolis (aujourd'hui Shahba, en Syrie) où ils tiennent réunion pour préparer leur stratégie. La réunion de Sardique se passe mal et, malgré les propositions de médiation d'Ossius, est rapidement boycottée par les évêques orientaux[2] parce que les évêques occidentaux, très minoritaires à l'époque malgré l'importance supposée d'Ossius[3], insistent sur la présence d'Athanase d'Alexandrie, principal opposant à l'arianisme, et de Marcel d'Ancyre - dont l'opposition à l'arianisme le conduira au sabellianisme[4] - avec lesquels refusent de siéger les orientaux.

Les partisans d'Eusèbe quittent précipitamment le concile - à la faveur de l'annonce dune victoire de Constance II sur les Perses-, se réunissent à Philippopolis où ils rédigent une encyclique confirmant la condamnation d'Athanase et de Marcel, excommuniant en outre Ossius, l'évêque de Rome Jules et Maximin et réitérant leur profession de foi basée sur le quatrième Credo du Concile de la Dédication[2] tenu à Antioche en janvier 341[5].

Les évêques occidentaux continuent de siéger à Sardique et c'est à cette occasion qu'Ossius fait rétablir Athanase dans ses fonctions et aurait proposé, vainement, le célibat pour les prêtres, inaugurant un débat qui opposera là encore christianismes occidentaux et orientaux, ainsi que la prééminence de l'évêque de Rome pour trancher des conflits entre évêques[6].

La réunion de Sardique est donc un non-concile n'ayant pas réuni une assemblée unique délibérante. Ces discordes théologiques et canoniques témoignent des profondes divergences entre les divers courants des communautés chrétiennes de l'époque (dont les membres ne dépassent guère plus de cinq pour cent de la population de l'Empire, essentiellement en Orient et dans les provinces africaines[7]) qui traduisent plus généralement la différence de culture et de tradition intellectuelles entre l'Orient grec et l'Occident latin[8] dont Ossius est le représentant.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sardica ou Serdica, actuelle Sofia, en Bulgarie
  2. a, b et c Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. La Découverte, 2004, pp. 185-188
  3. Son rôle a peut-être été exagéré par les historiens de l'Église et du dogme, cf A. Lippold, Bischof Ossius von Cordova und Konstantin der Grosse, in Zeitschrift für Kirchengeschichte Stuttgart, 1981, vol. 92, no1, pp. 1-15
  4. Selon d'autres versions, ce sont les occidentaux qui, refusant la condamnation d'Athanase désertent le concile et font sécession, cf Michel Grandjean, Histoire du christianisme, Faculté autonome de théologie protestante, Université de Genève, cours n°5, janvier 2001 résumé en ligne
  5. Richard E. Rubenstein, op. cit., p. 181
  6. Cette prééminence deviendra canonique pour le catholicisme romain, cf Heinrich Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Joseph Hoffman (dir. pour l'édition française), Paris, Éd. du Cerf, 1996 en ligne
  7. Yves Modéran, La conversion de Constantin et la christianisation de l'empire romain, conférence pour la Régionale de l’APHG en juin 2001, texte en ligne
  8. Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. La Découverte, 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]