Achéens

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Combat des Achéens contre les Amazones. Musée Pio-Clementino.

Les Achéens (en grec ancien Ἀχαιοί, Akhaioí) sont un peuple de la Grèce antique. Selon le contexte, cela peut désigner différents groupes :

Origine[modifier | modifier le code]

  • les Achéens sont probablement l'un des premiers peuples de langue indo-européenne à s'être établi en Grèce continentale. Ils y apparaissent vers 1900 av. J.-C.. Originaires de régions plus septentrionales, et probablement venus des Balkans, ils y arrivent par l'ouest, et s'installent d'abord en Épire, puis descendent en Thessalie. Ils repoussent les anciens habitants, les Pélasges, grâce à leur suprématie militaire — usage de l'épée au lieu du poignard, et surtout du bronze. Ils dominent ensuite les populations de Béotie, d'Attique, et enfin du Péloponnèse, où ils s'arrêtent en Argolide. Un groupe va même former la population ionienne d'Asie mineure ;
  • dans les épopées homériques, le terme désigne l'ensemble des Grecs rassemblés devant Troie, dirigés par les rois Ménélas et Agamemnon. Les autres noms utilisés sont « Danéens » ou « Argiens ». Leurs principaux centres de pouvoir sont les cités d'Argos, Tirynthe, Pylos mais surtout Mycènes, d'où l'association qu'on a faite avec la civilisation mycénienne (période qui va du XVIIe siècle av. J.-C. au XIIe siècle av. J.-C. environ). L'identification de la civilisation mycénienne aux Achéens de l'épopée n'est cependant qu'en partie pertinente. Selon certains spécialistes, le terme hittite (Ahhiyawa) interprété littéralement « le pays des Achéens », mentionné dans des chroniques du royaume hittite se référerait aux Achéens de la tradition homérique ;
  • une des tribus de la Grèce antique descendant d'Hellen. Leur ancêtre éponyme est Achaïos. Le terme « Ionien[1]» vient de Ion, frère d'Achaïos. Ils peuplaient une région montagneuse appelée Achaïe, au Nord-Ouest de l'Argolide, abritant des cités comme Sicyone, Patras, Erymanthe (voir Mont Érymanthe) et plus au sud, Élis et Olympie, ainsi qu'une région du sud de la Thessalie ;
  • la ligue achéenne est une confédération de villes d'Achaïe ;
  • les Achéens, considérés comme les premiers grecs[2] — du fait que c'est de leur langue que vient le grec moderne — ont eu une interaction particulièrement forte avec les Crétois, ou ceux qu'ils appelaient les « Minos » (en référence au roi de Crête Minos). Le peuple achéen se distingue rapidement des autres peuples qui l'environnent par sa puissance militaire, et par ses compétences en matière d'exploration et de commerce.
  • vers 1200 avant J.C., les Achéens font face à d'importants problèmes migratoires. C'est le début de la période dite des Âges Sombres qui va durer environ 400 ans. Cette période, qu'on a voulu lier à une invasion de (ou un soulèvement ?) de populations "doriennes" porteuses d'une culture plus fruste, est probablement un facteur majeur du déclin des Achéens.

Structure sociale[modifier | modifier le code]

Les Achéens, après leur migration en Grèce, qu'on situe vers , s'y installent et leurs élites dominent alors les populations indigènes. Leur langue, le grec, s'impose dans la région, et les premières écritures apparaissent dans cette langue. Au départ, les Achéens sont groupés en petites communautés rurales, puis connaitront un essor continu, bénéficiant en partie de l’influence de l'héritage culturel de la civilisation crétoise.

Les Achéens et les Crétois nouent rapidement des liens marchands et diplomatiques. La construction de palais dit « cyclopéens » est une des caractéristiques de ces premiers grecs. Leurs palais sont puissamment fortifiés, avec d'épais murs constitués de blocs colossaux, comme s'ils avaient été bâtis par les légendaires cyclopes de la mythologie grecque. Ces palais vont jouer un grand rôle politique et économique pour les anciens grecs, et leur taille ne fait que croître au fil des siècles. Le roi porte alors le titre de « wanax ». Il est secondé par un « conducteur du peuple » (lavagétas). Ce dernier devait être semblable à un vizir, ou un général en chef. Le roi, quant à lui, est à la foi despote et une quasi-divinité (un dieu porte le même nom). Il contrôle ainsi la vie économique et religieuse. Enfin, toute une série de dignitaires, officiers et administrateurs, assurent le soutien du pouvoir en place. Le territoire étant subdivisé en provinces, ces cadres du pouvoir permettent de maintenir l'ordre et de gérer les affaires locales.

Expansion[modifier | modifier le code]

L'influence achéenne va s'étendre rapidement aux îles grecques, puis la Crète, carrefour commercial important, est finalement conquise. Toutefois, cette île conservera en partie son indépendance, et continue son propre développement, désormais sous influence achéenne. Les Achéens vont ensuite se mesurer aux riches empires orientaux, et en premier à l'empire Hittite. Ils créent des comptoirs un peu partout le long des côtes de l'Anatolie et du ̥Moyen-Orient, mais aussi ailleurs en Méditerranée occidentale et en Mer Noire. Ces colonies pouvaient assurer richesse et prospérité à leurs cités métropoles, ou prendre plus tard leur autonomie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Larousse encyclopédique en couleurs., vol. 1, France Loisirs, 1977-79 (ISBN 2724204735, 9782724204735 et 2724201647, OCLC 689524905, présentation en ligne), p. 53-54
  2. Pierre Lévêque, La naissance de la Grèce : des rois aux cités, Gallimard, dl 1990, cop. 1990 (ISBN 2070531104 et 9782070531103, OCLC 708317177, présentation en ligne)