Tramway de Brest

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'ancien réseau de tramway (1898-1944), voir Ancien tramway de Brest.
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Tramway de Brest
Image illustrative de l'article Tramway de Brest

Situation Brest et son agglomération
Drapeau de la France France
Type Tramway
Entrée en service 23 juin 2012
Longueur du réseau 14,3 km
Longueur additionnée des lignes 14,3 km
Lignes 1
Stations 28
Rames Alstom Citadis
Fréquentation 35 000 voy/jour
Propriétaire Brest Métropole Océane
Exploitant Bibus
Site internet http://www.bibus.fr
Vitesse moyenne 20 km/h
Lignes du réseau   A  

Image illustrative de l'article Tramway de Brest

Le tramway de Brest est un réseau de TCSP de Brest Métropole Océane dont la première ligne a été mise en service le 23 juin 2012.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien tramway de Brest (surnommé le péril jaune) sur le pont National, avant 1905

En 1898 furent ouvertes les deux premières lignes du premier tramway brestois. Le réseau fut exploité jusqu'en 1944 au moment des bombardements de la ville. En 1947, des trolleybus exploitent le réseau. À partir de 1963, des bus sont introduits afin de moderniser le parc. En 1965, de nouveaux bus permettent une exploitation à un seul conducteur au lieu de deux agents pour les trolleybus. Cela conduit à leur disparition. Le dernier finira son service le 9 novembre 1970.

À partir de 1984, l'idée de créer un nouveau tramway à Brest, lancée par Georges Lombard, fait son chemin, même si son rejet au référendum consultatif organisé en 1990 la met en sommeil pour une dizaine d'années, jusqu'à sa reprise dans le programme de François Cuillandre en 2001[1].

Une première ligne en 2012[modifier | modifier le code]

La ligne A du tramway en 2011

La ligne A actuelle a été approuvée par les élus de l'agglomération en 2004. Son coût est estimé à 300 millions d'euros. Les travaux ont débuté le 6 juillet 2009[2], pour une mise en service le 23 juin 2012. La phase de construction de la plateforme a débuté en mars 2010. Le réseau (annonces sonores, en-tête de carte, noms des stations, fiches horaires) a la particularité d'être trilingue (Français, Anglais et Breton). 29 mai 2008

Le 3 octobre 2012, le tramway de Brest a été récompensé par l’Association britannique des tramways en recevant le deuxième prix du «Meilleur projet international de tramway de l’année» lors de la cérémonie "Light rail awards"[3].

La SemTram[modifier | modifier le code]

Tram Place de la Liberté

La SemTram est maître d'ouvrage délégué au nom et pour le compte de Brest métropole océane. Il s'agit d'un groupement d'entreprises constitué des entreprises SEM du TCSP (SEM du transport en commun en site propre de la communauté urbaine de Brest) et Egis Rail. La SEM du TCSP est une société d'économie mixte locale au capital de 150 k€, créée en avril 2006[4] sur délibération du 16 décembre 2005, qui a pour but d'assurer la maîtrise d'ouvrage des travaux de la première ligne de tramway de Brest. Elle réunit sept partenaires qui sont[5] :

Financement[modifier | modifier le code]

Le coût du projet est de 290 000 000 euros (en 2006) répartis de la manière suivante[5] :

  • ingénierie études de maîtrise d'ouvrage : 53 000 000 euros ;
  • construction du centre de maintenance : 19 000 000 euros ;
  • achat du matériel roulant : 63 000 000 euros ;
  • construction des ouvrages d'art : 7 000 000 euros ;
  • construction des infrastructures voies et équipements : 156 000 000 euros

Le financement est assuré par le versement transport collecté par l'agglomération, l'emprunt, les subventions venant de l'État ou de la région, des recettes d'exploitation du réseau actuel et celles venant de la publicité[5].

Tracé[modifier | modifier le code]

Le tracé de la ligne de tramway correspond à un axe sud-ouest/nord-est. De la route du Conquet au sud-ouest, il dessert les quartiers de Saint-Pierre-Quilbignon, Recouvrance puis traverse le pont de Recouvrance (qui a fait l'objet d'une profonde transformation[6]), puis emprunte la rue de Siam jusqu'à la place de la Liberté avant de remonter la rue Jean-Jaurès jusqu'à la place de Strasbourg. Dans le quartier de Recouvrance, la ligne franchit des pentes importantes dont la rue Saint Exupéry à 8,59 %, unique en France[7]. Deux branches se séparent, l'une vers la zone commerciale et industrielle de Kergaradec et l'autre vers le Froutven.

Ligne A

Stations[modifier | modifier le code]

La ligne déroule 28 stations sur une distance de 14,3 km[8],[9], soit une station tous les 500 mètres environ[9].

Les noms, pour nombre d'entre-eux choisis par vote en ligne de la population sur des propositions des élus et des conseils consultatifs de quartiers, ont été dévoilés le 22 juin 2011, à l'exception de la station Polygone, un an avant l’inauguration du tramway[10]. Cette stratégie d'association d'un public aussi large est une spécificité brestoise, bien que d'autres réseaux aient également sollicité la population (comme Besançon).

Ligne A
Ligne A du tramway de Brest
uKBHFa
Porte de Plouzané
uHST
Fort Montbarey / "Krenvlec'h Montbarey"
uHST
Keranroux / "Kerarrouz"
uHST
Coat Tan / "Koad Tann"
uHST
Vali-Hir / "Ar Vali Hir"
uHST
Polygone / "Poligogn"
uHST
Dupuy de Lôme
uHST
Les Capucins / Ar Gapusined
uHST
Saint-Exupéry
uHST
Mac Orlan
uHST
Recouvrance / "Rekourans"
uWBRÜCKE
Pont mobile de Recouvrance sur la Penfeld
uHST AETRAM
Château / Kastell Projet de téléphérique vers les Capucins
uHST
Siam
uHST
Liberté / Frankiz Croisement avec l'éventuelle ligne B
uHST
Jean Jaurès
uHST
Saint Martin / "Sant Varzhin"
uHST
Octroi / Aotre
uHST
Pilier Rouge / Pilier Ruz
uHST
Place de Strasbourg
uHST
Menez Paul / Menez Paol
uHST
Europe / Europa
uHST
Pontanézen / "Pontanezen"
uSTRrg uABZrl uSTRlg
Eau Blanche / Dour Gwenn
uHST uHST
Mesmerrien / "Mesmerien"
Kerlaurent / "Kerlaorans"
uHST uHST
Kergaradec / Kergaradeg
Porte de Guipavas
uKBHFe uKBHFe
Porte de Gouesnou

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Le 29 mai 2008, un jury de 123 personnes a choisi le design des futures rames brestoises. Les rames sont de couleur vert anis, avec à l'intérieur du rouge framboise et du bleu. Le design extérieur rappelle la forme d'une vague, avec de grandes surfaces vitrées[11].

Après avoir cédé le design de ses rames à la communauté d'agglomération dijonnaise, qui envisage également de créer son propre réseau de tramway à l'automne 2012, Brest Métropole Océane et le Grand Dijon ont signé le 27 novembre 2008 une convention de groupement de commande permettant de passer un appel d'offres commun pour l'acquisition du matériel roulant, afin de passer un marché de 53 rames en tout au lieu des seules 20 rames du futur réseau brestois[12],[13],[14].

Le 15 septembre 2009, il est annoncé par les communautés urbaines de Brest et de Dijon qu'Alstom a remporté l'appel d'offres pour la fourniture des rames de tramway de ces deux agglomérations (20 pour Brest, 33 pour Dijon), pour un coût total de 106 495 483 euros (42,6 M€ pour Brest et 63,8 M€ pour Dijon), « soit une économie de 24 % par rapport aux estimations faites et de près de 30 % par rapport aux marchés signés récemment dans le domaine, comme à Marseille par exemple », ont annoncé les élus des deux intercommunalités[15].

Station Château /Kastell

Fréquentation[modifier | modifier le code]

La fréquentation attendue est de 45 000 voyageurs par jour[5]. Elle est actuellement de 30 000 à 35 000 voyageurs par jour en semaine et de 26 000 voyageurs le samedi[16]. On notera cependant qu'elle en a transporté près de 100 000 le jour de l'inauguration et plus de 60 000 chaque jour lors des Tonnerres de Brest, avec même une pointe lors du 14 juillet 2012 à 85 000 voyageurs[17].

Une seconde ligne en projet[modifier | modifier le code]

Brest métropole océane a confirmé en février 2010 que les études étaient déjà lancées pour la construction d'une seconde ligne. Le maire, François Cuillandre a d'ailleurs précisé de cette ligne : « Nous sommes convaincus qu'on nous la demandera dès que la première sera en service ».

Tracé[modifier | modifier le code]

En effet, elle pourrait relier le CHRU de la Cavale Blanche au port selon un axe nord-ouest/sud d'environ 8 kilomètres (itinéraire correspondant à l'actuelle ligne n°2 du réseau Bibus). Mais cette liaison tramway pourrait être complétée par une circulation en mode tram-train afin de desservir Le Relecq-Kerhuon voire Landerneau ou même Morlaix si un accord est trouvé avec le conseil général du Finistère[18].

Lors de la construction de la première ligne, en 2011, différents équipements ont déjà été mis en place afin de faciliter la construction de la deuxième ligne sans interrompre grandement la circulation sur la première : ainsi, place de la Liberté, on trouve un croisement à angle droit boulevard Clemenceau[19], et un aiguillage sur la voie montante permettant un futur raccordement de service entre les deux lignes[20].

Cependant des problèmes plus importants que lors de la construction de la première ligne se posent (notamment la restructuration de la Place Albert Ier et de son tunnel, le passage des ponts Robert Schuman et de la Villeneuve si la ligne se poursuit jusqu'à la Cavale Blanche. .

Une autre solution à cette deuxième ligne serait un tronc commun du port à la Place Albert Ier. Une branche desservirait les quartiers la Faculté, Bellevue, l'École de Commerce pour finir à la Cavale Blanche toujours par l'itinéraire de la ligne n°2. La seconde emprunterait la rue Paul Doumer, puis le Boulevard Léon Blum pour desservir les quartiers de Kerichen, Lambézellec et Loscoat[21].

Stations[modifier | modifier le code]

Si le nom et l'emplacement des stations ne sont pas encore définis, cette seconde ligne pourrait reprendre un grand nombre des stations composant l'actuelle ligne 2 du réseau Bibus dans sa partie entre la gare et Bellevue.

Ainsi, elle pourrait desservir l'hôpital de la Cavale Blanche, l'école de commerce, la patinoire, les universités, la place Albert-Ier, la place de la Liberté (où elle serait en correspondance avec la première ligne), la gare SNCF ainsi que le port du château et le port de Commerce.

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Si cette deuxième ligne doit assurer une mission de transport péri-urbain, alors elle devra être équipée d'un matériel plus lourd que les rames de tramway traditionnelles.

Les tensions électriques circulant dans les lignes aériennes du réseau SNCF (25000 V alternatif, parfois 1500 V continus) diffèrent de celles utilisées sur les tramways urbains (750 V continus).
Il est donc nécessaire que le matériel roulant soit adapté à ces 2 types d'alimentation.

À titre d'exemple, les rames Alstom Citadis Dualis équipent déjà la ville de Nantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rappel historique sur le tramway brestois, Brest Ouvert
  2. « Tramway : le grand chantier démarre le 6 juillet », Ouest-France,‎ 2009 (consulté le 1er octobre 2009). En réalité, quelques travaux préalables avaient été menés le mois précédent afin de permettre les modifications de circulation liées au travaux (retrait de mobilier urbain, de bordures de trottoir, dispositions préparatoires pour mise à double sens de voies jusque là à sens unique…), et les travaux mentionnés ne sont pas, officiellement, ceux du tramway, ce qualificatif nécessitant la déclaration préalable d'utilité publique du projet. La première phase de travaux est donc une phase de « dévoiement de réseaux ».
  3. « Le tramway récompensé à Londres », Le Télégramme,‎ 2012 (consulté le 20 novembre 2012)
  4. Bilansgratuits.fr La SemTram La SemTram sur Bilans gratuits]
  5. a, b, c et d Le futur tramway de Brest sur le site de l'agglomération Brest métropole océane.
  6. Site officiel du tram de Brest - modification du pont de Recouvrance
  7. Au fil du tram - le journal du tramway de Brest métropole océane: http://www.letram-brest.fr/medias/11/25/1317895893.pdf
  8. Le Moniteur no 5490 du 13 février 2009, page 48
  9. a et b Site officiel du tram de Brest - Le tram en chiffres
  10. letrambrest.fr - donnons un nom à nos stations
  11. « Un tramway à Brest », Ouest-France (consulté le 5 juin 2008)
  12. Sarah Morio, « Tramway. Appel d'offres commun pour Brest et Dijon », Le Télégramme,‎ 2008 (consulté le 19 novembre 2008)
  13. Yannick Guérin, « Brest et Dijon font rames communes », Ouest France,‎ 2008 (consulté le 28 novembre 2008)
  14. Charles Gautier, « Dijon et Brest font tramway commun », Le Figaro,‎ 2008 (consulté le 28 novembre 2008)
  15. Sarah Morio, « Alstom. L'industriel va fournir le tramway de Brest et Dijon », Le Télégramme,‎ 2009 (consulté le 1er octobre 2009)
  16. Article sur brest.letelegramme.com du 6 février 2013, consulté le 13 avril 2013.
  17. Article sur www.letelegramme.com du 23 juillet 2012, consulté le 13 avril 2013.
  18. Article sur www.brest.maville.com du 18 février 2010.
  19. Forum Skyscrapercity
  20. « La deuxième ligne sur les rails », article d'Alain Coquil du 28 février 2011 sur www.letelegramme.com, consulté le 13 mars 2011.
  21. « Les deux tracés possibles pour la 2e ligne de tram » article sur www.brest.maville.com du 6 décembre 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]