KorriGo

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Un valideur KorriGo à la gare de Pontchaillou.

KorriGo est une carte de billettique multimodale utilisée en Bretagne. Cette carte jaune est, pour l'usager, un unique titre de transport rechargeable, pour tous ses déplacements en transports en commun. Elle peut servir de titre de transport à l'unité ou contenir un abonnement à durée limitée. Son nom provient de la première version mise en place dans l'agglomération rennaise par Keolis Rennes en 2006. La carte a ensuite été étendue à plusieurs agglomérations de la région Bretagne pour devenir la « carte bretonne des déplacements ».

Le nom « KorriGo » est inspiré par les lutins celtes appelés Korrigans et le verbe « aller » en anglais (« to go »).

Historique[modifier | modifier le code]

Le système a demandé une longue mise au point, plusieurs réseaux et exploitants étant concernés. C'est avec la charte signée en 2003 entre Rennes Métropole, le Conseil général d'Ille-et-Vilaine et le Conseil régional de Bretagne que la mise en œuvre a été véritablement décidée.

Lancée le par Keolis Rennes, la carte à puce RFID KorriGo permet de voyager en bus et métro à Rennes, puis dans les cars Illenoo du conseil général (rentrée 2007) et les Transports Express Régionaux (TER) en Bretagne (fin 2006). Cependant, à l'exception des titres Unipass qui permettent d'emprunter bus, métros et TER autour de Rennes, il n'existe aucune autre complémentarité : il faut toujours plusieurs titres de transports pour emprunter les différents modes.

Le Conseil régional de Bretagne, le Conseil général d'Ille-et-Vilaine, Rennes Métropole ont participé aux investissements nécessaires, en particulier pour l'adaptation des systèmes de la SNCF.

Le , une nouvelle convention est signée, amenant à l'adoption de la carte KorriGo par Brest Métropole, Quimper Communauté, Lorient Agglomération et le département des Côtes-d'Armor[1].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Carte KorriGo.

La carte KorriGo est une carte à puce CD97 de la famille CALYPSO qui communique sans contact dans la gamme des radio-fréquences (RFID) (norme ISO 14443).[réf. souhaitée] ; il suffit de la passer à dix centimètres ou moins des bornes de lecture, même dans une poche ou un sac, pour valider un nouveau titre de transport.

La billettique propose des tarifs différenciés, en particulier en fonction de :

  • l'affluence (« heures de pointe ») ;
  • la fréquence des déplacements (abonnement classique) ;
  • la famille (tarif « famille nombreuse » classique).

Acquisition et usage de la carte[modifier | modifier le code]

La carte KorriGo est personnelle : le demandeur doit donner ses nom, prénom, date de naissance, ainsi qu'une photo d'identité et une pièce d'identité, la date de naissance permettant de profiter de tarifs particuliers.

La carte, gratuite, permet de charger des abonnements à des prix préférentiels selon l'âge (pour le réseau STAR de Rennes).

Une carte à données anonymisées est disponible, au prix de 5 euros. Elle permet l'achat d'abonnements hebdomadaires, mensuels ou annuels à tarif normal (gamme Itinöa).

En fonction des moyens de déplacement qu'il compte utiliser, l'utilisateur charge les titres de transport requis.

L'utilisateur peut recharger sa carte aux distributeurs automatiques dans les stations de métro et dans les points de vente habituels (buralistes dépositaires...) ; le paiement par prélèvement automatique est possible.

En cas de perte ou de vol, l'ancienne carte est neutralisée et une nouvelle carte est émise (participation de 8 euros) avec l'intégralité des titres de transport présents sur l'ancienne carte KorriGo. Ce service n'est pas possible avec la carte à données anonymisées.

La validation de la carte doit être renouvelée en cas de correspondance.

Mise en service et développement des prestations[modifier | modifier le code]

Diffusion des formulaires de carte billettique KorriGo[modifier | modifier le code]

Depuis le 1er mars 2006, la carte KorriGo est indispensable pour utiliser le métro ou les bus rennais si on est abonné (hebdo, mensuel ou annuel), les autres possibilités sont l'achat de ticket « à l'unité » ou par carnet de 10 ainsi que le ticket journée.

Depuis le 20 novembre 2006, le carnet 10 voyages tout en continuant à exister sous sa forme papier devient quand on le télécharge sur la carte KorriGo un titre « Ganéo », d'une valeur de 10,50 (plus économique que la formule papier) qui permet de bénéficier de tarifs réduits à certaines heures : 0,80 le voyage les dimanches, les jours fériés et entre 21 h et h en semaine ; 0,90 en semaine de h à 12 h. Cette formule n'est plus en vente depuis septembre 2013[2].

Début 2007, le titre « Compliss » (penser à « complices ») permet un tarif dégressif pour des familles ou groupes inférieurs à sept personnes ; la réduction n'intervient qu'à partir de trois personnes. Un des voyageurs doit avoir chargé le titre sur sa carte et ceux qui bénéficieront des réductions doivent avoir une carte KorriGo. Ce dispositif requiert l'usage d'un bouton dédié sur le valideur.

Depuis septembre 2007, la carte permet de voyager dans les cars du réseau Illenoo.

Extension du réseau[modifier | modifier le code]

Depuis octobre 2006, cinq lignes de Train Express Régional partant de Rennes sont accessibles avec KorriGo (Unipass également disponibles en tickets unités et journée sous forme papier) , à destination de La Brohinière, Messac, Montreuil-sur-Ille, Retiers, Vitré. Cependant, en dehors de la liaison vers Montreuil-sur-Ille, le périmètre Unipass se limite aux frontières de Rennes Métropole, le système ne trouvant pourtant son intérêt que principalement sur les communes n'étant pas desservies par le réseau de bus.

Depuis le 20 janvier 2009, la carte KorriGo est acceptée dans les TER Bretagne jusqu'à Saint-Brieuc, Vannes, Châteaubriant, Saint-Malo et sur la ligne Dol-Dinan-Lamballe[3].

Depuis le 1er juin 2012, la carte est acceptée dans le réseau Bibus de Brest Métropole.

Depuis le 3 décembre 2012, les réseaux Qub (Quimper Communauté) et CTRL (Lorient Agglomération) utilisent la carte sur leur réseaux respectifs.

Depuis le 17 novembre 2014, le réseau TUB de Saint-Brieuc Agglomération utilise la carte sur son réseau[4].

Avertissement de la CNIL de janvier 2009[modifier | modifier le code]

La CNIL a délivré un avertissement à Keolis Rennes, responsable du passe KorriGO, dont une version est à données anonymisées, mais celle-ci fait l'objet de très peu d'information et est de plus payant. Selon la CNIL, « depuis 2006, 53 passes anonymes ont été vendus pour 186 650 passes nominatifs (...) la Commission relève qu’il n’existe, aujourd’hui, aucun véritable choix entre les deux titres KorriGo et qu’en l’état, la mise en œuvre quasi exclusive d’un passe nominatif constitue un manquement à l’article 1er de la loi du 6 janvier 1978 et aux finalités figurant dans l’autorisation unique no 15. »[5]. Les données de validation des passes (anonymes ou non) sont conservées à des buts statistiques; toutefois, et malgré les déclarations de Keolis, elles ne sont pas anonymisées, permettant une traçabilité des individus. Ces aspects, ainsi que les irrégularités du fichier « Gestion des fiches clients », ont été relevés par la CNIL qui a prononcé, en janvier 2009, un avertissement à son égard[5]. En cas de réquisition judiciaire, les données de validation (trajets, numéros de carte, horaires, etc.) des dernières 24 heures sont communiquées aux forces de l'ordre[5]. En conclusion, la CNIL considère qu'« il résulte de ce qui précède, eu égard aux manquements constatés relatifs au respect de la vie privée et à la liberté d’aller et venir, à la finalité du traitement, à la durée de conservation des données, à l’information des personnes et à la sécurité et la confidentialité des données, que la société Keolis Rennes verra prononcer à son encontre un avertissement. »[5]

« La carte KorriGo change les habitudes des Rennais... »[modifier | modifier le code]

Durant le mois de mars 2006, une vingtaine de témoignages d'utilisateurs ont été publiés par le quotidien Ouest-France dans sa page Vivre à Rennes. Ces témoignages posent la question du progrès apporté en définitive par cette innovation ; ils sont cependant à relativiser par le fait qu'il s'agit uniquement de clients du réseau Star (métro et bus) et non de l'ensemble du dispositif prévu au plan local.

  • La récrimination la plus nette provient des ex-abonnés à une carte annuelle ou mensuelle[6] ; « grands voyageurs », ils doivent valider la carte KorriGo à chaque montée, alors qu'il leur suffisait d'avoir leur carte en poche auparavant[7].
  • Cette contrainte paraît accrue par la relative difficulté de la validation, qui serait loin de fonctionner du premier coup ; ce qui entrainerait souvent un ralentissement supplémentaire de la montée des voyageurs[8].
  • La surveillance possible de leurs déplacements contrarie plusieurs des témoins[9].

Deux autres usagers n'ont semblé voir que ces inconvénients au point d'envisager de reprendre leur voiture[10]. Un mois après sa mise en service, la question posée est bien : « Carte KorriGo : où est le progrès ? »[11]. Une utilisatrice conclut en disant : « Cette carte aura donc éventuellement un intérêt futur pour le consommateur, mais elle est surtout destinée pour l'instant à faciliter le travail des organismes chargés des transports en commun, sans contrepartie pour l'usager. »[12]

Toutefois, un autre témoignage est plus nuancé et pense qu'il s'agit d'un progrès une fois les nouvelles habitudes prises[13].

De leur côté, les voyageurs qui n'utilisaient auparavant des tickets ne semblent pas avoir été contrariés par l'usage de la carte ; d'ailleurs, contrairement à ce qui a été annoncé, les carnets de dix tickets sont toujours commercialisés.

Habitudes des contrôleurs aussi...

Les contrôleurs ont eu également de la peine à accepter le système, au point de se mettre en grève[14]. Ils étaient principalement mécontents :

  • de la dégradation des conditions de travail liée au propre mécontentement des usagers lors du contrôle des cartes ;
  • d'être eux-mêmes suivis à la trace par le LDP, d'autant plus qu'un paramétrage anonyme avait été préféré dans d'autres villes.

Leur mécontentement leur aura couté 52 avertissements et six blâmes.

En octobre 2006, partageant le courrier des lecteurs avec deux mécontents, Daniel Delaveau, vice-président de Rennes-Métropole délégué aux déplacements et aux transports, invite les usagers à considérer la validation comme une participation volontaire à la lutte contre la fraude ainsi qu'à la connaissance de la fréquentation du réseau. C'est ainsi que selon lui, il faut considérer l'amende modique (pour les gens ayant une carte mais sans l'avoir validée) comme une incitation à cette coopération et non comme la sanction d'une forme de fraude. Il termine en affirmant la conformité du système aux recommandations de la CNIL[15].

Le surlendemain de cette intervention, un courrier émanant d'associations de consommateurs signale qu'un cahier de doléances a été ouvert dans leur local, en particulier pour appuyer la suppression de l'amende pour non-validation (suppression qu'elles ont demandée vainement au mois de juillet lors d'une rencontre avec Daniel Delaveau)[16].

Autres systèmes français[modifier | modifier le code]

Des systèmes proches de billettique multimodale ont été lancés en Rhône-Alpes (carte OùRA!), en Midi-Pyrénées (carte Pastel), en Nord-Pas-de-Calais (carte Pass Pass) et en Île-de-France (passe Navigo).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Région Bretagne, La carte KorriGo s'étend à toute la Bretagne
  2. « Bus et métro: le Star modifie les tarifs au 1er juillet »
  3. Les nouveaux services KorriGo, présentés sur le site du Conseil Régional de Bretagne
  4. « Saint-Brieuc Agglomération : TUB : une nouvelle billettique »
  5. a, b, c et d CNIL, Délibération no 2009-002 du 20 janvier 2009 de la formation restreinte à prononçant un avertissement à l’encontre de la société Keolis Rennes.
  6. Ouest-France du samedi-dimanche 18-19 mars 2006. « Le ticket mensuel procurait un sentiment de liberté [...] »
  7. Ouest-France des 11-12 mars 2006 : « Ça ne va pas du tout. La carte annuelle était beaucoup plus pratique. Il suffisait de l'avoir sur soi et de la montrer au contrôleur quand il la demandait. Maintenant, il faut sortir la carte KorriGo à chaque entrée dans le bus ou le métro et même pour les correspondances. On risque de la perdre [...] »
  8. Ouest-France du mardi 21 mars 2006. « Petite astuce : pour que le voyant soit vert à chaque fois, il suffit de laisser la carte posée à plat sur la machine au niveau de la flèche de droite. En laissant la carte dans le porte-monnaie, ça marche aussi. »
  9. Ouest-France des 11-12 mars 2006 : « [...] J'ai l'impression qu'on est continuellement sous surveillance et qu'on peut nous pister à tout moment. »
  10. Ouest-France du mercredi 15 mars 2006 et du lundi 20 mars 2006.
  11. Ouest-France du jeudi 16 mars 2006.
  12. Ouest-France du vendredi 17 mars 2006.
  13. Ouest-France du mardi 21 mars 2006. Autre témoignage favorable le lundi 27 mars 2006.
  14. Ouest-France du mardi 18 avril 2006.
  15. Ouest-France du jeudi 19 octobre 2006. Propos partiellement démentis ou infirmés par deux nouveaux courriers publiés dès le lendemain.
  16. Ouest-France des 21-22 octobre 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]