Anatole Leroy-Beaulieu

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Anatole Leroy-Beaulieu, né le à Lisieux (Calvados) et mort le à Paris (Île-de-France), est un historien et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Anatole Leroy-Beaulieu est issu d'une famille de parlementaires et d'orléanistes. Son père, Pierre Leroy-Beaulieu, est un avocat et homme politique ; préfet du Lot, il avait été plusieurs années député du Calvados. Son grand-père, François Leroy, avait lui-même été député du Calvados sous la monarchie constitutionnelle française. Son frère, Paul Leroy-Beaulieu, est économiste.

Il épouse le 20 juillet 1870 Antoinette Dailly[1], fille du banquier Adolphe Dailly et d'Adélaïde Frochot (petite-fille du comte Nicolas Frochot). Il est le beau-père de Jean Thureau-Dangin.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Anatole Leroy-Beaulieu est l’auteur d’Une troupe de comédiens, roman historique sur le Risorgimento paru en 1866, puis d’un Essai sur la restauration de nos monuments historiques devant l’art et devant le budget (1875), qui traite en particulier de la restauration de la cathédrale d'Évreux. Son ouvrage Un Empereur, un roi, un pape, une restauration, paru en 1879, est une analyse et une critique de la politique du second Empire.

Il visite ensuite la Russie afin de rassembler des documents sur l’organisation politique et économique des nations slaves et, à son retour, fait paraître dans la Revue des deux Mondes (1882-1889) une série d’articles réédités peu après sous la forme d’un ouvrage intitulé L’Empire des tsars et les Russes (4e éd., révisée en 3 t., 1897-1898).

Un homme d’État russe (1884) relate l’histoire de l’émancipation des serfs par Alexandre II.

Plusieurs de ses livres, tels que Les catholiques libéraux, l’Église et le libéralisme (1890), La Papauté, le socialisme et la démocratie (1892), Les Juifs et l’Antisémitisme, Israël chez les Nations (1893), Les Arméniens et la question arménienne (1896), L’Antisémitisme (1897), Études russes et européennes (1897), sont des recueils d’articles et de conférences à l’intention du grand public.

En 1881, Leroy-Beaulieu est élu professeur d’histoire contemporaine et des affaires d’Orient à l'École libre des sciences politiques. Il y enseigne jusqu'en 1910. Lorsqu'Albert Sorel, le directeur, meurt, il devient directeur de l'établissement à sa place. Il conserve ce poste pendant six ans, de 1906 à 1912[2]. Son épouse peut alors suivre les conférences d'André Tardieu depuis l'extérieur du grand amphithéâtre de l'établissement, fermé aux femmes[3]. Son nom a été donné à un amphithéâtre de la rue Saint-Guillaume.

En 1887, il devient membre libre de l’Académie des sciences morales et politiques et membre titulaire en 1906. Il est candidat à l'Académie française en 1893[4].

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Anatole Leroy-Beaulieu était opposé à l'antisémitisme[5]. Chrétien pratiquant et patriote[5], il a été, après 1901, le dernier président de la Ligue nationale contre l'athéisme.

Libéral convaincu, il est toutefois en faveur d'une séparation nette du spirituel et du temporel : « Il n'y a pas de vraie liberté politique ni religieuse sans distinction entre le spirituel et le temporel »[6].

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Cathédrale d’Évreux. La restauration de nos monuments historiques devant l’art et devant le budget, Paris, Piccard, 1875
  • Christianisme et démocratie, christianisme et socialisme, Paris, Bloud, 1905
  • Collectiviste et anarchiste : dialogue sur le socialisme et l’individualisme, Paris, [s.n.], 1898
  • Études russes et européennes, Paris, Lévy, 1897
  • Israël chez les nations, Paris, Calmann-Lévy, 1893
  • L’Empire des tsars et les Russes, Paris, Hachette, 1881-1889, (ISBN 9782221065976)
  • La France, la Russie et l’Europe, Paris, Calmann Lévy, 1888
  • La France, Paris, Lévy, 1888
  • La Liberté d’enseignement, Paris, Comité de défense et de progrès social, 1890
  • La Papauté, le socialisme et la démocratie, Paris, Calmann Lévy, 1892
  • La Patrie française et l’internationalisme, Paris, Comité de défense et de progrès social, 1897
  • La Révolution et le libéralisme, Paris, Hachette, 1890
  • La Russie et la crise russe, Rouen, Société normande de Géographie, 1907
  • L’Antisémitisme, Paris, C. Lévy, 1897
  • Le Pays et les habitants, Paris, 1890
  • Les Arméniens et la question arménienne, Paris, Clamaron-Graff. 1896
  • Les Catholiques libéraux ; l’Église et le libéralisme de 1830 à nos jours, Paris, E. Plon, Nourrit, 1885
  • Les Doctrines de haine, l’antisémitisme, l’antiprotestantisme, l’anticléricalisme, Paris, Calmann-Lévy, 1902
  • Les Immigrants juifs et le judaïsme aux États-Unis, Paris, Librairie nouvelle, 1905
  • Questions d’Autriche-Hongrie et question d’Orient, Paris, Plon-Nourrit, 1903
  • Un Empereur - un roi - un pape - une restauration, Paris, Charpentier, 1879
  • Un Homme d’État russe (Nicolas Milutine) d’après sa correspondance inédite ; étude sur la Russie et la Pologne pendant le règne d’Alexandre II (1855-1872), Paris, Hachette, 1884

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Quelques illustrations de la lignée des Leroy-Beaulieu », sur www.thierryprouvost.com (consulté le )
  2. Marie Scot, « 1906 - 1912 : Succéder à Boutmy, le directorat d’Anatole Leroy-Beaulieu », sur Sciences Po (consulté le )
  3. Marie Scot, « 1919 : Entrée des femmes à l’ELSP », sur Sciences Po (consulté le )
  4. Paul Aron, « Les candidatures de Zola à l'Académie française : une obstination significative », Les Cahiers naturalistes, no 91,‎ , p. 282 (lire en ligne).
  5. a et b Jean Baubérot et Valentine Zuber, Une haine oubliée, ALBIN MICHEL, (ISBN 978-2-226-20587-2, lire en ligne)
  6. Winfried Becker, Les « chrétiens modérés » en France et en Europe (1870-1960), Presses Universitaires du Septentrion, (ISBN 978-2-7574-2285-4, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]