Humanum genus

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Humanum genus est une encyclique du pape Léon XIII donnée le qui condamne le relativisme philosophique de la franc-maçonnerie.

Contenu[modifier | modifier le code]

Le texte reprend les principales reproches des papes antérieurs et ajoute que les franc-maçons agissent au nom du diable. Les membres des loges sont accusés de vouloir anéantir l'œuvre de Jésus-Christ, de pervertir la jeunesse et de briser les espérances du monde futur.

Les évêques catholiques sont priés de 1) démasquer la maçonnerie 2) lutter contre les sectes 3) enseigner la philosophie chrétienne 4) faire preuve de vigilance envers la jeunesse.

Les références citées sont Arcanum Divinae, Quo Graviora, Diuturnum et Quod apostoli muneris.

Citation[modifier | modifier le code]

« Le but fondamental et l'esprit de la secte maçonnique avaient été mis en pleine lumière par la manifestation évidente de ses agissements, la connaissance de ses principes, l'exposition de ses règles, de ses rites et de leurs commentaires auxquels, plus d'une fois, s'étaient ajoutés les témoignages de ses propres adeptes. En présence de ces faits, il était tout simple que ce Siège apostolique dénonçât publiquement la secte des francs-maçons comme une association criminelle, non moins pernicieuse aux intérêts du christianisme qu'à ceux de la société civile. Il édicta donc contre elle les peines les plus graves dont l'Église a coutume de frapper les coupables et interdit de s'y affilier. »

Critique[modifier | modifier le code]

Jean-Philippe Schreiber explique que l'encyclique formalise et officialise - en les intégrant au discours officiel de l'Église catholique - les discours complotistes antérieurs tenu à charge des francs-maçons, notamment par l'abbé Barruel. il considère que « Humanum Genus développe une vision anxiogène du monde, une pensée paranoïde qui généralise le soupçon » et conclut que « même s’il faut se garder de voir l’antimaçonnisme comme un système de pensée structuré et cohérent, il a cette caractéristique de contenir en germe l’essentiel du discours sur la conspiration qui se propagera au XXe siècle et d’avoir permis de séculariser des arguments théologiques ou apologétiques — le complot contre la Vérité, la doctrine secrète et l’hérésie, la Révolution contre l’eschatologie, le mensonge diabolique — qui ont contribué à donner à la théorie du complot une force performative peu ordinaire[1] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les origines religieuses des théories du complot, Jean-Philippe Schreiber, Observatoire des Religions et de la Laïcité,

Lien externe[modifier | modifier le code]