Au milieu des sollicitudes

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Au milieu des sollicitudes (Inter Sollicitudines) est une encyclique publiée d'abord en français, contrairement à l'usage habituel du latin, le par le pape Léon XIII. Cette encyclique est destinée en premier lieu à l'épiscopat de France, au clergé et aux catholiques français. Son sous-titre est : L'Église et l'État en France.

Elle reprend la thématique développée dans Nobilissima Gallorum Gens de 1884. Son objectif principal est d'inciter tous les catholiques de France à se rallier à la République. Elle fait suite au célèbre toast d'Alger, porté par le cardinal Lavigerie en 1890, qui fit scandale dans les milieux monarchistes.

Une encyclique politique[modifier | modifier le code]

L'Église de France était alors concordataire. Mais la jeune Troisième République menait une politique anti-cléricale, fermant écoles catholiques et couvents, tandis que la majorité des catholiques pratiquants (dans une population à 90 % baptisée) était encore royaliste.

Le pape souhaitait panser définitivement les blessures du passé et renforcer la position de l'épiscopat malmené par l'État en rapprochant l'Église des représentants de l'autorité politique.

Lorsque l'arrivée de députés républicains à la Chambre en 1889 mit les conservateurs - mais aussi les radicaux - en minorité, le pape considéra qu'il était temps d'approuver la légitimité de la Constitution républicaine et de poser la question du ralliement. Il ne fallait pas laisser la République à l'extrême gauche. Le ralliement ne signifiait pas l'approbation des lois anti-catholiques, mais seulement l'acceptation du système républicain. Des députés catholiques aux préoccupations sociales pourraient ainsi peser sur le processus législatif.

Dans cette encyclique Léon XIII exhorte les chrétiens français à s'unir dans la république : « Nous croyons opportun, nécessaire même, d'élever de nouveau la voix pour exhorter plus instamment - nous ne dirons pas seulement les catholiques - mais tous les Français, honnêtes et sensés, à repousser loin d'eux tout germe de dissentiment politique afin de consacrer uniquement leurs forces à la pacification de leur patrie. »

Le 3 mai 1892, Léon XIII, dans une lettre aux évêques, fut encore plus explicite : « Acceptez la république […] »

Des députés, tels le comte Albert de Mun et Jacques Piou, se conformèrent aux vues du Saint-Siège et créèrent l'Action libérale populaire, jetant ainsi les bases de la future démocratie chrétienne. Leur adhésion est connue sous le nom de « ralliement ».

Article détaillé : Ralliement.

Cependant les milieux légitimistes et la majorité des évêques restèrent réticents.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fernand Mourret, Les Directives politiques, intellectuelles et sociales de Léon XIII, Paris, 1920.
  • Jean Lecanuet, L'Église de France sous la IIIe République, vol. II, III, IV, Paris, 1930.
  • Roberto de Mattei, Le ralliement de Léon XIII : l'échec d'un projet pastoral, Paris, Cerf, 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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