Jean de Dieu

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Jean de Dieu
Image illustrative de l’article Jean de Dieu
Saint, fondateur
Naissance
Montemor-o-Novo, Drapeau du Royaume du Portugal Royaume de Portugal
Décès (à 55 ans) 
Grenade, Banner of the Kingdom of Granada.svg Royaume de Grenade
Nationalité Drapeau : Portugal Portugais
Ordre religieux Ordre des hospitaliers de Saint Jean de Dieu
Vénéré à Basilique San Juan de Dios à Grenade
Béatification  à Rome
par le pape Urbain VIII
Canonisation  à Rome
par le pape Alexandre VIII
Vénéré par l'Église catholique
Fête 8 mars
Saint patron des malades et des hôpitaux depuis 1886 (avec Camille de Lellis) et des infirmiers et infirmières depuis 1930

Jean de Dieu, né João Cidade le 8 mars 1495 à Montemor-o-Novo au Portugal et mort le 8 mars 1550 à Grenade, est un religieux espagnol d'origine portugaise, qui se consacra aux indigents et fonda l'ordre des Hospitaliers. Il est vénéré comme saint par l'Église catholique, et donné pour patron des malades (avec Camille de Lellis) et des professionnels du soin. Il est fêté le 8 mars.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et vie aventureuse[modifier | modifier le code]

Jean naît en 1495 à Montemor-o-Novo près d'Évora dans l'Alentejo au Portugal d'André Cidade et de Teresa Duarteau, famille anciennement importante, religieuse, mais appauvrie. À l'âge de 8 ans, il suit à l'insu de ses parents, un voyageur qui a pour but de se rendre à Madrid. Ayant perdu l'inconnu qu'il suivait, il trouve refuge chez l’intendant des troupeaux du comte d’Oropesa (province de Tolède) qui l'accueille dans sa famille et l'installe comme berger. À 27 ans, désireux de vivre une vie plus palpitante, il décide de s'engager comme militaire.

Dans l’armée espagnole de Charles Quint, il participe à la reprise de Fontarrabie alors occupée par les troupes de l'armée franco-navarraise de François Ier et d'Henri II. Après avoir frôlé la mort deux fois, fait une mauvaise chute de cheval et être condamné pour n'avoir pas soi-disant gardé correctement le butin de guerre, il redevient berger. De son expérience, il reste perplexe et troublé, entre recherche de gloire et faveurs militaires, insuccès et découverte de la souffrance humaine. Avec le temps, il s'enrôle une seconde fois en 1532 pour lutter contre les Turcs de Soliman le Magnifique qui tentent d'assiéger Vienne puis participe à une autre opération militaire au Pays-Bas. En plus d'être du côté des vainqueurs du Saint-Empire germanique, cette fois-ci, il ne démérite pas, et à son retour il décide d'aller revoir ses parents au Portugal.

Il découvre alors par un oncle que ses parents ne sont plus, sa mère est morte peu après son départ et son père, après avoir décidé de devenir Franciscain, s'est éteint lui aussi. À nouveau déstabilisé entre passé révolu, sentiment de culpabilité et ambition personnelle, il rejoint le sud de l'Espagne et reprend un travail chez un éleveur de moutons près de Séville. Continuant de méditer sur sa vie, il commence à se rendre compte que cette occupation ne le satisfaisait plus et il ressent le désir d'aller découvrir l'Afrique du Nord, en allant pourquoi pas donner sa vie en martyr pour libérer les chrétiens qui y sont asservis. Et ainsi, il franchit le détroit de Gibraltar tout en abordant une nouvelle étape de sa vie.

À 40 ans, en 1535, il se met à travailler comme tailleur de pierre pour la fortification de la ville de Ceuta au Maroc espagnol. Il aide, avec ses maigres revenus, une famille noble portugaise qui vivait ruinée. Plus tard, il part pour Gibraltar, où il se fait vendeur ambulant de livres et de timbres. Puis il déménage définitivement à Grenade en 1538 et ouvre une petite librairie. C’est là qu’il a ses premières révélations en relisant des livres religieux.

Conversion et asile[modifier | modifier le code]

Le 20 janvier 1537, à l’âge de 42 ans, il se rend à un sermon de saint Jean d'Avila, par curiosité. Il est bouleversé et décide de se convertir. Il brûle tous ses livres, se détache de tous ses biens, s'habille comme un misérable et passe ses journées dans la prière et la mortification. Une partie de la population le prend même pour un fou.

Jean dilapide tout son argent pour l'agrandissement de l'asile où il a décidé de vivre parmi les fous et les indigents. Encouragé par saint Jean d'Avila, il décide de consacrer sa vie à les servir.

Fondation[modifier | modifier le code]

Peinture représentant le Saint secourant les malades

Pour nourrir les indigents de l'asile, il parcourt la ville pour mendier des aliments, en criant : "Mes frères, pour l'amour de Dieu, faites-vous du bien à vous-mêmes." S'il croise des mendiants sur son passage il se dépouille de ses vêtements pour les couvrir. Son amour des pauvres le pousse à fonder son propre asile, en 1537, selon des conceptions très hardies pour son temps. Il est a juste titre considéré comme le précurseur de l'hôpital moderne. Il n'est alors plus considéré comme un fou mais respecté par la population et les autorités ecclésiastiques, au point qu'on le surnomme Jean de Dieu. Des disciples affluent, et se crée alors une communauté autour de lui, qui deviendra l'Ordre des Hospitaliers.

Malgré le succès de son œuvre, Jean de Dieu accentue sa vie de pauvreté et de mortification. On lui prête des expériences mystiques, comme la couronne d'épines qu'il aurait reçu de la Vierge Marie au cours d'une vision, et dont il garda jusqu'à sa mort les stigmates. De même, alors qu'il agonisait, il serait allé détacher un homme qui s'était pendu, averti par un ange. Épuisé par sa vie de pénitences et de service, il meurt le 8 mars 1550, à 55 ans.

Vénération[modifier | modifier le code]

Urne contenant les reliques du Saint dans la basilique Saint-Jean-de-Dieu de Grenade.

Au terme de l'enquête canonique sur la sainteté de Jean de Dieu, le pape Urbain VIII le proclame bienheureux le 21 septembre 1630[1], au cours d'une messe solennelle célébrée dans la Basilique Saint-Pierre.

Après la reconnaissance de 2 miracles attribués à l'intercession de Jean de Dieu, il est proclamé saint le 16 octobre 1690 par le pape Alexandre VIII[1], au cours d'une messe solennelle célébrée dans la Basilique Saint-Pierre.

En 1886, le pape Léon XIII le proclame patron des malades, des hôpitaux et des ordres hospitaliers[1]. En 1930, le pape Pie XI le nomme patron des infirmiers, infirmières[1] ainsi que des imprimeurs, relieurs et libraires. Les personnes alcooliques sollicitent aussi son aide pour guérir leur dépendance.

Il est commémoré le 8 mars selon le Martyrologe romain[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Saint Jean de Dieu - Fondation Saint Jean de Dieu », sur www.fondation-saintjeandedieu.fr (consulté le )
  2. « Saint Jean de Dieu », sur nominis.cef.fr (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]