Histoire de la télévision française

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'histoire de la télévision française résume par grandes étapes l'évolution scientifique, économique et sociale de ce dispositif technique en France, devenu un média de masse.

Pionniers et développement : années 1920 et 1930[modifier | modifier le code]

La période de la guerre[modifier | modifier le code]

  •  : après les sabotages réalisés par la Résistance en juin juste avant leur arrivée, la radiodiffusion et la télévision françaises sont prises en main par les autorités allemandes en zone occupée.
  • vers 15 h, la première émission de Fernsehsender Paris est émise depuis le 13-15 rue Cognacq-Jay (ancienne pension de famille). Les prises de vue sont faites depuis un vaste studio aménagé rue de l'Université dans l'ancien « Magic City » transformé «ad hoc». Pour cela un émetteur Telefunken est installé au sommet de la Tour Eiffel. Ces émissions régulières en français et partiellement en allemand dureront jusqu'au . Elles étaient reçues par un millier de récepteurs en 441 lignes, essentiellement installés dans les hôpitaux et les foyers pour soldats.
  • 1944 : réfugié à Lyon, Henri de France met au point la définition de la télévision à 819 lignes. À la CDC à Montrouge pendant les années d'occupation, René Barthélemy atteindra 1 029 lignes.

La Libération[modifier | modifier le code]

  •  : reprise des émissions de télévision après la libération de Paris. Les émissions sont diffusées en circuit fermé dans les locaux de Cognacq-Jay.
  • 1945 : après restitution du sommet de la tour Eiffel par les troupes américaines, les émissions de télévision reprennent avec une définition variant de 441 lignes (matériel Telefunken) à 450 lignes (matériels Grammont et CDC d'avant-guerre) en fonction des équipements mis à l'antenne.
  •  : premier direct en dehors des studios depuis le théâtre des Champs-Élysées à Paris.
  •  : la définition du futur réseau national est fixée par le décret Mitterrand à 819 lignes (image positive et modulation d'amplitude), les émissions commencent fin 1949 dans cette définition avec un programme (limité à une heure par jour au début) différent du 441 lignes.
La France sera finalement le seul pays à adopter cette définition de diffusion en 819 lignes, avec uniquement en complément, ses voisins immédiats en langue française (le Luxembourg avec Télé Luxembourg en 1955, Monaco avec Télé Monte-Carlo dès novembre 1954 et enfin la Belgique francophone avec la RTB dès 1955). Le Royaume-Uni gardant son 405 lignes et les tous autres pays européens (sans exception) vont progressivement choisir les 625 lignes, image négative et modulation de fréquence, variante du 525 lignes américain adapté au courant alternatif européen à 50 Hz).

RTF : Radiodiffusion-Télévision Française[modifier | modifier le code]

Le la RTF retransmet le couronnement d'Élisabeth II. Le beffroi de Lille est le « centre nodal » du réseau avec la conversion des images anglaises à 405 lignes en 819 lignes vers Paris (qui les reconvertit ensuite en 441 lignes) et vers la Belgique francophone, et en 625 lignes vers la Belgique flamande, l'Allemagne et le Danemark.
Le un émetteur local est inauguré en urgence rue Lauth, près de la Place de Bordeaux, en plein centre de Strasbourg, de crainte que les Alsaciens (dont certains ont suivi le couronnement sur l'émetteur de Baden-Baden) ne s'équipent de récepteurs allemands en 625 lignes qui ne capteraient pas la RTF. Ce sera ainsi, le troisième émetteur français (après Paris Tour-Eiffel et celui de Lille Beffroi) à entrer en service et il restera opérationnel jusqu'au lancement en 1965 du puissant Émetteur TV de Nordheim-Strasbourg qui le remplacera.
Mise en service de l'émetteur local de Lyon sur la tour de Fourvière, et de celui de Marseille sur le massif de l'Etoile, qui est reçu jusqu'à Avignon, Nîmes et Montpellier. Sur la Côte d'Azur, la RTF est devancée par la mise en service de la chaîne monégasque Télé Monte-Carlo, également en 819 lignes et captée jusque dans les quartiers hauts de Marseille et dans le nord de la Corse.
  • 1955 : mises en service des relais locaux de Reims, Nancy et Grenoble, et du puissant émetteur de Lyon Mont Pilat, reçu dans la vallée du Rhône, le Sud de la Bourgogne, une partie des Alpes et du Massif central. Dans l'Est, en plus de la concurrence allemande, la RTF doit désormais affronter celle de Télé-Luxembourg dont le puissant émetteur 819 lignes de Dudelange est capté jusqu'à Reims, Épinal et l'ouest de Strasbourg.
  • 1956 : on atteint cinq cent mille récepteurs de télévision. L'émetteur 441 lignes, victime d'un incendie le 3 janvier, qui devait fonctionner jusqu'en 1958, n'est pas reconstruit. Ses téléspectateurs sont indemnisés pour l'achat d'un récepteur 819 lignes.
De puissants émetteurs régionaux sont mis en service à Mulhouse (Belvédère), Caen (Mont Pinçon), Metz (Luttange), Cannes (pic de l'Ours), et Toulon (cap Sicié) pour contrer la concurrence de la Télévision allemande et de la Télévision suisse, de Télé-Luxembourg, de Télé Monte-Carlo et même de la chaîne publique britannique BBC et de la chaîne privée britannique ITV Channel Television depuis l'émetteur de Jersey. S'y ajoutent les émetteurs de Rouen (Grand-Couronne) et de Bourges (Neuvy Deux Clochers).

Le , l'émetteur 819 lignes d'Alger (cap Matifou) est inauguré. Une astuce technique permet la diffusion simultanée du son en deux langues (français et arabe) pour certaines de ses émissions. Celles-ci sont entièrement réalisées sur place, aucun relais n'étant possible avec la métropole.

Dans le Nord, l'émetteur situé dans le beffroi de Lille est remplacé par le nouveau et puissant émetteur du grand centre de Bouvigny, près de Lens, qui émet sur deux canaux différents, l'un vers Lille et le Nord-Pas-de-Calais, l'autre vers Amiens et la Picardie.
Courant 1964-1965, inaugurations par le ministre de l'Information Alain Peyrefitte, d'un Centre d'actualités télévisées (CAT) dans chaque province de France. Deux possèdent deux CAT : la future région des Pays de la Loire (Nantes et Le Mans), et la future région PACA avec Marseille (qui couvre aussi l'actualité en Corse) et Nice. Deux stations locales sont aussi inaugurées à Millau (Quercy) et Grenoble (Alpes).

ORTF : Office de radiodiffusion-télévision française[modifier | modifier le code]

Ses programmes, très réduits, ne commencent qu'à 19 heures pour finir vers 22 heures. Ils sont surtout composés de productions des différentes stations régionales et de documentaires.

L'après-ORTF et le maintien du monopole de télévision pour trois chaînes publiques autonomes[modifier | modifier le code]

Fin du monopole des chaînes publiques[modifier | modifier le code]

L'avènement de la télévision numérique[modifier | modifier le code]

Création de France Info (chaîne de télévision) la 1ere chaîne de télévision du service public sur le canal 27 de la TNT

Avec la multiplication des chaînes proposées, et les évolutions de comportement des téléspectateurs vis-à-vis d'internet, des smartphones et des tablettes en particulier, se pose dans les années 2010 la question de l'avenir des chaînes généralistes[10].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La télévision : de ses débuts à aujourd'hui », sur lyc-galois-sartrouville.ac-versailles.fr
  2. La Télévision, Paris, Étienne Chiron éditeur, 25 numéros, nov. 1928 - juil. 1932.
  3. Le prix d'un récepteur de télévision à cette époque est de 100 000 anciens francs alors que le SMIG mensuel est de 15 000 anciens francs. Source : Jean-Jacques Ledos, Dictionnaire historique de télévision: de ABC à Zworykin, Editions L'Harmattan, , p. 519
  4. Marie-Françoise Lévy, La télévision dans la République : les années 50, Editions Complexe, , p. 112
  5. Documentaire Des femmes enchaînées, des femmes déchaînées, réalisé par Pascale Clark et Jean-Pierre Devillers, diffusé sur France 3 le .
  6. http://www.tousaunumerique.fr/ou-et-quand/ma-region/region/nord-cotentin/
  7. http://www.tousaunumerique.fr/ou-et-quand/
  8. http://www.tousaunumerique.fr/ou-et-quand/ma-region/region/languedoc-roussillon/
  9. http://outremer.tousaunumerique.fr/territoires/
  10. « TF1 finira-t-elle comme France Soir ? La télévision généraliste va-t-elle vivre les affres de la presse écrite ? » (consulté le 19 juin 2013)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]