Les Riceys

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Les Riceys
Image illustrative de l'article Les Riceys
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Aube
Arrondissement Troyes
Canton Riceys
Intercommunalité Communauté de communes de la Région des Riceys
Maire
Mandat
Jean-Claude Mathis
2014-2020
Code postal 10340
Code commune 10317
Démographie
Population
municipale
1 289 hab. (2014)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 32″ nord, 4° 22′ 04″ est
Superficie 42,93 km2
Localisation

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Les Riceys est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est. Avec ses 866 ha de vignes, c'est la commune qui possède la plus importante superficie viticole de toute la Champagne[1].

Les Riceys est la seule commune champenoise à détenir 3 AOC viticoles : pour le champagne, les coteaux champenois, et le rosé des Riceys que l'on connaissait à la table de Louis XIV [2],[3]. Auparavant on fit goûter à Henri IV un vin venant des Riceys[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune du Sud du département de l'Aube (10) située en Barrois champenois viticole, Les Riceys sont composés de trois bourgs, étagés au fil de la Laigne : Ricey-Haut (au sud), Ricey Haute Rive (en position intermédiaire, mais proche de Ricey-Haut), et Ricey-Bas (au nord). C'est la commune la plus méridionale de l'appellation Champagne.

Histoire et toponymie[5],[6][modifier | modifier le code]

Ricey-Bas fut fondé à l'époque gallo-romaine sur la pertica de la Civitas des Lingons, Ricey-Haute-Rive et Ricey-Haut étant plus récents. Le nom de la localité est attesté sous la forme Riciaco à l'époque mérovingienne. Il s’agit d'un type toponymique gallo-roman, basé sur le nom d'homme latin (porté par un Gaulois) Riccius suivi du suffixe gaulois de propriété -*ako(n)[7].

À l'époque carolingienne, Les Riceys relevaient du Pagus du Lassois en territoire bourguignon[8], ce qui a généré une controverse quant à l'intégration de ce terroir dans l'appellation Champagne[9]. Puis les Riceys sont liés aux comtes de Tonnerre.

Du XIe au XIVe siècle, plusieurs familles tiennent les Riceys, dont celle des seigneurs principaux, à Ricey-Bas (Saint-Pierre), qui portent le nom de « Ricey » (la grand-mère maternelle de St Bernard de Clairvaux, Humberge femme de Bernard de Montbard, serait de cette famille) ; dans l'île de Ricey-Bas, se trouvait aussi le prieuré de Notre-Dame du Faux, dépendant de l'abbaye St-Pierre-le-Vif.

À Ricey-Haut (St-Vincent, fief tenu des évêques de Chalon-sur-Saône ; il y avait aussi le fief de l'île St-Louis possédé par l'abbaye de Molesme), on trouve les comtes de Nevers, Auxerre et Tonnerre (la branche des comtes de Nevers, se fondant dans la famille ducale de Bourgogne en 1369 ; et en 1435, le duc Philippe acquiert les comtés d'Auxerre et de Bar-sur-Seine par le traité d'Arras) : ainsi, on trouve au XIIIe siècle Marguerite reine de Sicile ou Pierre de Courtenay ; et au XIVe siècle, Mahaut de Châlon-Auxerre, fille du comte Jean III, et son mari Jean II d'Antigny sire de Savigny et Sainte-Croix, mariés en 1364, sans postérité.

Au XVe siècle, le célèbre Nicolas Rolin (vers 1376-1462), chancelier de Bourgogne et fidèle du duc Philippe le Bon, fondateur des Hospices de Beaune avec sa femme Guigone de Salins, est seigneur de Ricey-Bas et de Bagneux-la-Fosse (par acquisition vers 1420 ? ; en 1403-1404, c'est Claudin de Hellevilliers qui est sire de Ba(i)gneux et qui lui donne une charte). Après Nicolas et Guigonne, on trouve leur fils Guillaume († 1488) < François Rolin († 1521).

À la fin du XVe siècle, les Rolin perdent Ricey au profit de Marie de Chaumont d'Amboise, par une vente probablement. On peut remarquer que Marie est la nièce d'Anne d'Amboise, femme de Jacques Antoine de Chazeron de Châtelguyon (d'une famille spoliée par les Rolin, et qui retrouve ensuite ses biens : Martigny-le-Comte ; Les Rohan-Guéméné, eux, retrouveront Gyé confisqué au profit du chancelier Rolin. Alors que la Guerre de Cent Ans s'est terminée par la victoire des rois Valois et la défaite puis la mort de leur ennemi le duc de Bourgogne, auquel les Rolin étaient indéfectiblement attachés, on assiste à une sorte de liquidation de leur puissance en Bourgogne et Champagne, d'autant que le sang des Rolin légitimes s'épuise et que cette famille va presque disparaître).

Depuis 1491, on trouve Marie d'Amboise († 1519) dame des Riceys et de Bagneux (fille de Charles Ier), et par elle ses deux maris : Robert IV comte de Roucy, puis Jean VI de Créquy († 1513) fils de Jean V. Par George Ier, fils de Marie et Jean VI, les Créqui gardèrent Bagneux et la baronnie des Riceys jusqu'au XVIIe siècle : < George II, époux d'Anne de Laval (fille de René II de Laval-Bois-Dauphin et sœur du maréchal Urbain ; grand-tante de Guy, seigneur de Villemaur et Saint-Liébault par son mariage avec Marie-Madeleine Séguier fille du chancelier Pierre, duc de Villemaur : voir ci-dessous) < Anne (fils de George II de Créqui et d'Anne de Laval Bois-Dauphin) < Urbain († 1621/23), époux de Marie Vignier (fille de Jacques Vignier sire de Villemaur et Saint-Liébault avant Pierre Séguier : voir ci-dessous ; remariée à François de Clermont comte de Tonnerre).

Vers 1622-23, le père de Marie, Jacques Vignier (sire de Villemaur et de St-Liébault, † 1631 à Ricey), dans la liquidation des affaires de son gendre Urbain décédé, se porte acquéreur des Riceys, d'où : < Nicolas < Louis, marquis des Riceys en 1659, avec Bagneux-la-Fosse et Beauvoir ; son frère Abel-Jean est marquis de Haute-Rive.

Deuxième moitié du XVIIe siècle : Alors que Villemaur et St-Liébault restent dans la postérité des Séguier (le maréchal d'Aloigny de Rochefort, puis La Rochefoucauld d'Estissac), les Vignier cèdent la seigneurie des Riceys à André Baron, puis à son parent Auguste-Robert de Pomereu[10] (1627-1702) seigneur de Saint-Nom-la-Bretèche, baron des Riceys (fils de François de Pomereu sire de St-Nom et La Bretèche, et de Marie fille de Pierre Baron héritier d'André) < Jean-Baptiste de Pomereu (1656-1732, marquis des Riceys en 1718) < Michel-Gervais-Robert (1685-1734) puis son frère Jean-André (1687-1753) < Armand-Michel (1734-84), d'où postérité.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Les Riceys.svg

Les armes de la ville se blasonnent ainsi : d’azur semé de fleurs de lys d’or à l’écusson du même brochant en abîme, au chef de gueules, à la bande componée d’argent et de sable de six pièces brochant sur le tout.

Économie[modifier | modifier le code]

Les Riceys possède 276 exploitants viticoles, 2 coopératives et plusieurs négociants[réf. souhaitée].

Particularités de géographie viticole[modifier | modifier le code]

La plupart des vins de Champagne proviennent du département de la Marne (sur terrains crétacés), de la vallée de la Marne (jusqu'à l'Ouest de Château-Thierry), et sur une série de terroirs à cheval sur les terrains Tertiaires et Crétacés (Avize, Vertus, Sézanne...)

Les champagnes de l'Aube sont considérés comme excentrés et méridionaux, par rapport aux autres Champagnes, et sont sur des terrains jurassiques. Ce sont donc des champagnes particuliers. Cette aire des champagnes de l'Aube regroupe d'autres communes voisines des Riceys, dont Bar-sur-Seine et Bar-sur-Aube qui relèvent de la Côte des Bar.

Leur appellation "Champagne" date en fait des années 1920, à la suite d'une révolte de vignerons qui voulaient y être rattachés et ne plus être considérés comme Bourgogne[9]. Il existe, en plus des champagnes, un Rosé des Riceys, dont les qualités sont franchement bourguignones. Qui plus est, comme en Bourgogne, la petite propriété domine, à l'inverse des vignobles de Champagne plus septentrionaux. Il faut dire qu'on est presque sur l'espace décrit par Balzac dans Les Paysans, où l'on voit comment les intrigues de ces ruraux très revendicatifs aboutissent au morcellement de la propriété et à la formation d'un bocage.

Ce fait géographique, précisément, montre que cette zone est une aire curieuse pour le Champagne : quand on suit la route de Montbard (21) vers Les Riceys, on voit progressivement le bocage bourguignon se relâcher, s'élargir. On le voit mourir à l'approche de la forêt de Laignes (21), mais il reparaît timidement aux Riceys.

Répartition des surfaces viticoles par cépage :

  • Pinot Noir : 716
  • Pinot Meunier : 7
  • Chardonnay : 26

Les Riceys est la seule commune à détenir les 3 AOC viticoles champenoises : pour le champagne, les coteaux champenois, et le rosé des Riceys[11].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 en cours Jean-Claude Mathis[12] UMP Députe-Maire,Conseiller général
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[14],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 289 habitants, en diminution de -4,09 % par rapport à 2009 (Aube : 1,56 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 968 3 865 3 830 3 612 3 564 3 532 3 455 3 519 3 558
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 208 3 225 3 188 2 957 2 810 2 725 2 691 2 505 2 408
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 296 2 290 2 140 1 722 1 629 1 616 1 566 1 593 1 602
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 565 1 567 1 525 1 505 1 421 1 376 1 395 1 344 1 289
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Évènements[modifier | modifier le code]

  • Route touristique du Champagne en fête (1995, 1996, 1999, 2008, 2015)
  • 24H Moto Rétro des Riceys (chaque année)
  • Randonnée des cadoles (1er mai)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Honoré de Balzac, Les paysans, Paris, Garnier-Flammarion, 1970, 379 p.
  • Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle. Paris, Flammarion, 1959, 768p + 15p de planches.
  • Charles Pomerol, Terroirs et vins de France – Itinéraires œnologiques et géologiques, Orléans, BRGM, 1990 (3e édition), 350 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Andrée Corvol, Forêt et vigne, bois et vin. XVIe-XXe siècles, L'Harmattan, 2002, pp. 155-159
  2. Roger Brunet, Atlas et géographie de Champagne, pays de Meuse, et basse Bourgogne, Flammarion, 1981
  3. Charles Frankel, Terre de vignes, Seuil
  4. Tallemant des Réaux, Historiettes, Paris, Nrf, bibliothèque de la Pléiade, 1960, p.11 ː Ceux d'Erissé , en Champagne, luy apporterent du vin et luy dirent que c'estoit le meilleur vin de son royaume...
  5. « Recueil de notes et de pièces historiques pour servir à l'histoire des Riceys », sur Les Riceys, par Lucien Coutant, 1840
  6. « Les Riceys, p. 125 sq, par l'abbé Charles Lalore, en partie d'après Charles Vignier 1646. », sur Mémoires de la Société académique de l'Aube, tome IX, 1872
  7. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 567a
  8. Jean-Jacques Dubois et Jean-Pierre Renard, « Forêts et frontières, quelques réflexions pour une étude causale et évolutive » dans Espaces, Populations et Sociétés, , chap. 1984-1, p 32
  9. a et b Charles Pommerol, Terroirs et vins de France – Itinéraires œnologiques et géologiques, Orléans, BRGM, , chap. 1984-1
  10. « Fonds Pomereu », sur Archives départementales de Seine-maritime
  11. Site Vignerons des Riceys
  12. Site officiel de la préfecture de l‘Aube
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  17. Circuits des cadoles sur le site Aube-Champagne.com. Un de ces circuits se développe dans les vignes autour des Riceys.
  18. sa biographie sur le site de l'Assemblée nationale